818/29 octobre 1916: De Gaulle s’évade de l’hôpital d’Ingolstadt

Carnets du rémois Paul Hess

Rien à ce jour

Journal de guerre du dimanche 29 octobre à travers le Miroir

Sur le front de la Somme, canonnade intermittente.
Au nord de Verdun, lutte très vive dans la région de Douaumont. Nos troupes ont brillamment enlevé à la grenade une carrière organisée par l’ennemi au nord-est du fort de Douaumont.
Les Anglais ont pris possession de plusieurs tranchées importantes au nord-est de Lesboeufs. Le tir de l’artillerie britannique a été très efficace et l’ennemi a été pris sous la fusillade de nos alliés au moment où il abandonnait ses positions. 63 prisonniers ont été faits. L’artillerie allemande s’est montrée active vers Eaucourt-l’Abbaye et Martinpuich. L’artillerie anglaise a bombardé les lignes ennemies dans la région de Messines-Armentières, Guinchy, Hohenzollern et Gomécourt.
Les Italiens ont fait un nouveau bond sur le Carso et l’Autriche ressent une inquiétude croissante du côté de Trieste.
Les Russes ont perdu deux hauteurs près de Dorna-Vatra.
Les Roumains ont consolidé leur position en Moldavie et fait des contre-offensives heureuses à la frontière de Valachie. Leur succès a été surtout marqué dans la vallée du Jiul. Au total, ils ont fait 1800 prisonniers.
Trois sous-marins allemands gardent l’entrée du fjord de Christiania. C’est la provocation directe à la Norvège.

De Gaulle s’évade de l’hôpital Ingolstadt

Le départ est fixé au dimanche 29 octobre 1916, parce que le dimanche, les allées et venues sont particulièrement nombreuses à l’hôpital. A la nuit tombante, Dupret revêt la casquette et le pantalon allemands et passe une grande blouse d’infirmier. De Gaulle conserve sa tenue réglementaire. Ils franchissent le poste de garde de l’annexe sans éveiller l’attention des sentinelles et pénètrent dans l’enceinte de l’hôpital. Là, munis de la clef du soldat électricien, ils se glissent dans l’atelier. Bientôt habillés en civils, ils se mêlent aux visiteurs et sortent de l’hôpital le plus paisiblement du monde. Les voilà en ville, libres !

Leur projet était de gagner à pied l’enclave suisse de Schaffhouse située à 300 kilomètres, en prenant la précaution de ne marcher que la nuit, demeurant le jour cachés dans les bois. Hélas, il pleut sans discontinuer. Le 5 novembre, vers 21 h 30, ils atteignent Pfaffenhofen, grosse bourgade à une trentaine de kilomètres d’Ulm, ayant parcouru les deux tiers de leur route. Mais c’était un dimanche. Les rues qui auraient dû être désertes sont pleines de monde : «En arrivant sur la place centrale, nous nous trouvâmes au milieu de la jeunesse du bourg qui polissonnait dans la rue. Une semaine de vie sauvage nous avait donné une mine patibulaire qui fut aussitôt remarquée. La foule nous poursuivit, bientôt rejointe par le garde-champêtre à bicyclette et par des gendarmes en permission. Arrêtés, nous fûmes conduits au violon municipal où l’on n’eut pas de peine à découvrir notre identité. » Quelques jours plus tard, ils sont jetés dans les oubliettes du fort IX d’Ingolstadt.

Pour s’être évadés, de Gaulle et Dupret écopent en effet de soixante jours d’arrêts de rigueur : « fenêtres closes par volets métalliques, pas de lumière, régime alimentaire spécial, rien pour lire, ni pour écrire, une demi-heure de promenade par jour dans une cour de cent mètres carrés ».

Le document complet sur http://www.charles-de-gaulle.org/pages/l-homme/dossiers-thematiques/1890-1940-la-genese/la-grande-guerre/analyses/les-cinq-evasions-du-capitaine-de-gaulle.php

Le néo-zélandais John Braithwaithe fusillé

blargies
Le cimetière britannique de Elargies

John Braithwaithe a 32 ans, quand il s’engage pour aller combattre en Europe. Auparavant, il était journaliste et fils de l’ancien Maire de Dunedin.

De mai 1915 à Janvier 1916, il est en phase d’intégration et de formation. Il rejoint l’Otago Regiment. Après un long voyage, il rejoint l’Egypte. Il y est nommé ‘lance-corporal’ et en Avril embarque pour la France.

1 mois plus tard, premier avertissement pour 24 heures d’absence sans autorisation. Il n’est plus lance-coporal.
15 jours plus tard, il récidive. Il est arrêté mais s’échappe. Nouvelle arrestation, nouvelle évasion. Après sa capture, il est condamné à deux ans de travaux forcés.
15 jours après nouvelle fuite et nouvelle condamnation à deux ans de travaux forcés en sus des précédents. Il est alors interné à Blargie.

En réalité, le modeste village de Blargies était un dépot logisitique mais aussi l’emplacement de deux prisons pour soldats britanniques ou du Commonwealth.

Situé au Nord du village, le camp N°1 fut l’objet de mutineries que nous allons évoquer ci-dessous.

La prison n’est pas telle que l’on peut s’imaginer à priori, avec cellules et portes de fer. Non, il s’agissait d’un camp de prisonniers vivant dans des tentes et qui fonctionnait avec une certaine collaboration entre les prisonniers et leurs gardiens.

Trois cent prisonniers vivaient dans vingt cinq tentes. Ils étaient condamnés à des mois de travaux forcés pour des fautes diverses. Une trentaine de cellules en durs servaient pour les récalcitrants, qui pouvaient alors être enchainés et menotés.

Les conditions d’internement étaient spartiates et les gardiens plutôt sévères. Quelques douches peu de WC entrinaient une promiscuité qui étaient ferments de tensions et d’énervement.

Une première mutinerie éclate le 14 août 1916, où 70 prisonniers refusent d’aller au travail. Des mots violents sont échangés. L’origine du problème est dans des différences de traitements entre les prisonniers australiens et les autres (des affaires de rasoirs !). Le lendemain après un nouveau refus, l’affaire se calme petit à petit. Un des mutins à l’origine de l’incident, W.Lewis sera exécuté à Rouen en Octobre.

La suite sur:

http://moulindelangladure.typepad.fr/monumentsauxmortspacif/spultures/

 

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