828/8 novembre 1916: Mailly: des artistes envoyés sur le front

Carnets du rémois Paul Hess

Rien à ce jour

Journal du mercredi 8 novembre 1916 à travers Le Miroir

Au nord de la Somme, nous avons réalisé des progrès entre Lesboeufs et Sailly-Saillisel. Au sud de la Somme, une attaque de nos troupes, vivement menée malgré une pluie violente qui gênait les opérations, nous a valu des gains sérieux. Sur un front de 4 kilomètres, nous avons enlevé les positions ennemies depuis le bois de Chaulnes jusqu’au sud-est de la sucrerie d’Ablaincourt. Les villages d’Ablaincourt et de Pressoir en entier ont été conquis par notre infanterie. Poussant nos lignes à l’est d’Ablaincourt, nous avons conquis le cimetière de ce village, fortement organisé; et avons porté nos positions jusqu’aux abords de Gomiécourt : 500 prisonniers ont été dénombrés.

Canonnade intermittente sur le front de Verdun. Sur le front britannique, la pluie est tombée avec force. Grande activité de l’artillerie allemande dans le secteur de Lesboeufs.

Les Roumains ont durement combattu dans les vallées de l’Olt, du Buzeu et du Jiul. Ils ont progressé sur tout le front en Dobroudja.

Les Italiens ont repoussé une série d’attaques autrichiennes.

Les Russes ont remporté un succès important et pénétré en Hongrie, au sud de Dorna-Vatra.

Un sous-marin anglais a torpillé deux dreadnoughts allemands.

source: http://grande.guerre.pagesperso-orange.fr/novembre16.html

Mailly: des artistes envoyés sur le front

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Une oeuvre de Félix Vallotton

En pleine guerre des tranchées, le 8 novembre 1916, l’État français décide de missionner des artistes volontaires, dégagés de leur obligation militaire (c’est-à-dire d’âge mûr). D’une durée d’un mois, ces missions devaient permettre de documenter la vie au front tout en constituant pour l’État une collection de tableaux d’histoire. C’est dans ce contexte que Félix Vallotton, artiste nabi reconnu, rejoint les lignes de feu en juin 1917. Là, frustré de ne pouvoir combattre, il tient son Journal et dessine des croquis à partir desquels il peindra, à son retour à Paris, quatorze toiles dont celle-ci.

     Sa composition fut esquissée lors d’une visite au camp de Mailly dans la Marne, où il fut accueilli avec ses compagnons par le général Maitrot. Vallotton précise dans son Journal : « On nous a servi les Sénégalais dans leurs exercices, danses, jeux. » Posés sur un fond uni très clair, les soldats sénégalais au repos, dans des poses souvent nonchalantes, sont étagés sur les différents plans du tableau, creusant l’espace pour donner une illusion de perspective. Les lignes rigoureuses des baraquements soulignent encore cet effet. Implacable dans sa structure et synthétique dans son dessin, cette peinture vaut aussi pour son jeu de contrastes de couleurs : la peau intensément noire des soldats répond au sol crayeux du camp ; les chéchias rouges tranchent avec les uniformes kaki ; au premier plan l’alternance de la chéchia bleu, de la terre blanche et de la chéchia rouge joue ironiquement avec les couleurs du drapeau français.

La suite sur http://mudo.oise.fr/collections/details/oeuvre/soldats-senegalais-au-camp-de-mailly/

A quoi rêvent les Allemandes?

Le Figaro du 8 novembre 1916 s’amuse du peu de patriotisme des femmes allemandes, plus intéressées par la fête des fleurs biarrote que par leurs soldats qui sont au front.

«On pourrait croire qu’elles sont toutes préoccupées par l’élaboration de leurs pénibles menus, trop heureuses lorsqu’une illumination géniale leur inspire soit une combinaison moins triste que l’ordinaire, soit une manière imprévue de “tourner la carte”. On pourrait croire encore qu’elles songent au mari, aux fils, aux amis absents et exposés aux balles ennemies. On pourrait s’imaginer beaucoup de choses encore, excepté la réponse que l’une d’elles fit récemment à un rédacteur du Berliner Tageblatt […].

-Madame, lui demandait l’écrivain, si vous aviez la certitude de voir exaucer votre vœu le plus fervent, que demanderiez-vous aujourd’hui?

Sans l’ombre d’une hésitation, la dame répliqua: d’assister à une fête des fleurs, à Biarritz.

Délicieuse mentalité de guerre et très flatteuse pour nous. Mais le journaliste boche n’est pas encore remis de sa stupeur.» écrit Le Figaro du 8 novembre 1916.

source: http://www.lefigaro.fr/histoire/centenaire-14-18/2014/11/08/26002-20141108ARTFIG00102-8-novembre-1916-a-quoi-revent-les-allemandes.php

Récit d’une écoute française dans le secteur de la Harazée (Argonne)

747_001-1Les 8 et 9 novembre 1916 un poste d’écoutes français, installé dans le secteur de la Harazée, capte de nombreuses conversations téléphoniques échangées par les allemands à la suite d’une attaque par gaz déclenchée contre eux dans la nuit du 8 au 9 ; conversations qui donnent des renseignements détaillés sur les résultats de l’attaque, les pertes, les noms d’officiers et hommes de troupe occupant le secteur. Le détail des conversations est donné par le procès verbal d’écoutes suivant :

 

8 novembre 1916.

22h24 :

Allô le secteur. Allô le groupe. Alerte. Attaque au gaz. Il nous faut le soutien de .l’artillerie.

Que les batteries n’aillent pas tirer trop court !

Qu’elles augmentent plutôt la distance.

Ici le Central. N’ouvrez pas le feu encore.

22 h 31 :

Groupe I : ouvrez le feu.

Toutes les batteries : Ouvrez le feu. Central, l’observateur III, je vous prie.

22 h 54 :

L’affaire n’a pas marché dans l’infanterie.

S’ils avaient rendu compte de la chose immédiatement, le tir de notre artillerie aurait pu y mettre ordre dès le début.

Dis donc, j’ai une nouvelle cartouche à mon masque heureusement et j’en étais bien content. Nous avons à nous plaindre de l’infanterie. Il y a bien une espèce de cloche pour l’alarme, mais elle n’a sonné que longtemps après. Il m’a fallu courir de tous les côtés ; j’ai fini par les trouver ; ils étaient assis tous sur les escaliers et ne savaient plus que faire. J’espère que cela ne se reproduira plus.

23 h 05. 

Ici l’observatoire I. Donc à 10h15 tout le monde a été alerté, puis l’observatoire II a demandé un tir d’artillerie de sa propre autorité, sans seulement nous en avertir.

La nappe arrivait assez dense et tous avaient les masques. Dans mon secteur il ne s’est rien passé. Je ne suis pas loin du Commandant de compagnie, si vous avez quelque chose pour lui mon lieutenant ?

23 h 35 :

Puis-je avoir le lieutenant Schmidt ? Ici l’observateur II, sous-officier Hufland de l’observatoire II. Observateur, j’étais personnellement là-bas, sur la banquette de tir avec le Commandant de compagnie et j’ai pu observer toute l’action. La nappe de gaz était très dense, mais évidemment trop courte. Ensuite tout s’est voilé et l’artillerie ennemie s’est mise à tirer.

La suite sur https://argonne1418.com/2011/05/25/8-et-9-novembre-1916-recit-dune-ecoute-francaise-dans-le-secteur-de-la-harazee/

 

Le destroyer britannique Zulu coulé

zubian1_s Le 8 novembre 1916, le destroyer anglais ZULU venant de Douvres saute à 14H30 sur une mine à deux milles au nord-ouest de Gravelines.
Le navire est à peu près coupé en deux, la partie arrière sur une longueur de 25 mètres ne tient plus à l’avant que par quelques tôles du pont. Heureusement, les cloisons étanches de l’avant résistent.
Le torpilleur 322 et le MELH ainsi que deux patrouilleurs se portent tout de suite à son secours. La plus grande partie de l’équipage et les blessés sont ramenés à Dunkerque.

Le patrouilleur français NELLY prend le ZULU en remorque et gagne Calais, mais en cours de route l’arrière se détache de l’avant et coule. On vit alors ce spectacle peu ordinaire : la moitié d’un bateau continue à naviguer, il entre au port tel quel.
Le commandant du ZULU n’avait pas quitté sa passerelle. En débarquant, il déclara que c’était la première fois qu’il perdait une  » chose aussi importante au cours d’un voyage « .

La suite sur http://www.clubplongeeaa.net/zulu.html

842 habitants de Soignies (Belgique) déportés

Une stèle élevée à la mémoire des victimes
Une stèle élevée à la mémoire des victimes

Fin octobre 1916, une affiche placardée par ordre de l’autorité allemande informait et ordonnait aux personnes de sexe masculin, âgées de 18 à 60 ans de se rendre, au jour et heure fixés, sur la place Guillaume munies de leur carte d’identité. Seul, un homme de 79 ans se présenta… Le lundi 6 novembre, une nouvelle affiche ordonnait aux hommes de se présenter deux jours plus tard, dès 7 heures du matin, au couvent des sœurs Franciscaines, rue de la Station, munis d’un bagage à main. Il y était précisé que des sanctions seraient prises contre les réfractaires: amende, peine d’emprisonnement et déportation en Allemagne. Le 8 novembre, jour des couronnés, dès l’aube naissante, on vit se presser dans les rues plus de 2.000 hommes, serrés les uns contre les autres, sous une pluie battante, silencieux, anxieux de connaître le sort qui les attendait.

842 sonégiens réfractaires au travail furent envoyés en Allemange dans le camp de Soltau d’où 35 ne revinrent jamais.

http://www.bel-memorial.org/cities/hainaut/soignies/soignies_plaque_martyrs_soltau.htm

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