887/journal du 6 janvier 1917: un rapport sur l’agonie de (la cathédrale de ) Reims

Carnets du rémois Paul Hess

Rien à ce jour

Journal du samedi 6 janvier 1917 à travers Le Miroir

En Champagne, rencontre de patrouilles en divers points.
Sur la rive gauche de la Meuse, nous avons repoussé aisément une attaque contre un des petits postes à l’est de la cote 304.
Assez grande activité des deux artilleries sur notre front de la Woëvre.
Journée calme sur le reste du front. Canonnade dans les secteurs belges.
Un détachement allemand a réussi à pénétrer dans les lignes anglaises au sud de Loos. A la suite d’un violent engagement, l’ennemi a été rejeté, laissant un certain nombre de morts.
Nos alliés ont fait exploser avec succès un fourneau de mine au nord de Givenchy.
Grande activité d’artillerie à Lesboeufs, à Gueudecourt, à l’ouest de Gommécourt et dans la région de la côte 50.
Les Italiens ont accompli par surprise un bond de 200 mètres sur le Carso.
Les Russes ont dû se replier sur le Sereth et au sud de Braïla.
Une attaque allemande a été repoussée sur la Duna.
La conférence interalliée a commencé à Rome où sont arrivés MM. Briand, Albert Thomas et le général Lyautey.
M. Beau, ambassadeur de France à Berne a affirmé au Conseil fédéral la volonté de la France de respecter la neutralité suisse.

source: https://www.google.fr/?gws_rd=ssl#q=5+janvier+1917&start=190

L’agonie de Reims: un rapport de M.Withney Warren sur la cathédrale de Reims

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Messieurs,

J’arrive de Reims, où j’ai passé deux jours à examiner la cathédrale et à la visiter en détail, ainsi que le reste de la ville ; j’ai interviewé les habitants et consulté les documents relatifs au bombardement, afin de compléter mon rapport du 25 septembre 1914

La statistique montre que, depuis lors, 39000 obus sont tombés sur la ville, sans compter ceux qui sont perdus dans les quartiers déserts et évacués ; au total, on peut estimer le nombre des obus à 60000 au moins ; 545 civils ont été tués, dont 86 enfants et 192 femmes ; les blessés sont au nombre de 642.

Chaque fois que les Français obtiennent un succès, quelque part, l’ennemi se venge sur l’otage que représente Reims : ceci sans crainte qu’on lui riposte, car toute riposte serait un prétexte pour un anéantissement général.

Après la reprise de Douaumont, à la suite du bombardement effectué en l’honneur de cet événement, 1260 obus furent relevés et il faut bien en compter 2000, si l’on additionne ceux qui forcément, n’ont pu être dénombrés. A cette occasion, la cathédrale reçut pour sa part 3 obus de 150 sans énumérer ceux qui sont tombés sur les voûtes et qui ont échappé à la vérification..

Le 12 juillet, un obus de 210 perça les voûtes du transept sud ; autrement, comme je l’ai déjà constaté, la carcasse de la cathédrale, construite avec la solidité d’une forteresse, a noblement résisté, mais les trois hivers qui se sont écoulés, depuis l’incendie du toit, ont eu beau jeu pour tout abîmer, étant donné que les voûtes sont sans protection. L’eau s’est accumulée derrière le haut parapet qui couronne le monument et elle pénètre tout autour de la cathédrale, comme à travers un crible. Combien de temps les voûtes résisteront-elles ? C’est un problème. Il est de toute nécessité de les garantir avec du ciment, ou avec un toit provisoire en papier, mais les autorités militaires se refusent à cette tentative, parce que si les aéroplanes ennemis constataient ces travaux, ils braqueraient leurs canons sur la cathédrale ; ainsi, le plus parfait monument de l’art médiéval français se trouve dans la plus fâcheuse posture, et dans l’alternative d’être détruit soit par les éléments, soit par l’ennemi ; si le moindre effort est fait pour sauver ses ruines. L’Allemand peut se vanter devant le monde d’avoir abîmé un des plus merveilleux édifices que l’homme ait élevés à la gloire de Dieu.

On a dit que la cathédrale avait été utilisée comme observatoire. Mgr le cardinal Luçon, évêque de Reims qui a bien voulu m’accorder deux longues entrevues, et qui a vécu dans l’ombre de la cathédrale depuis son retour du conclave de Rome, en septembre 1914, le cardinal Luçon, dis-je, fait serment, sur l’honneur, qu’aucun observatoire d’aucune sorte n’a existé depuis la suppression d’un poste sans fil, bien avant l’arrivée des Allemands dans la ville. Aucune artillerie, aucune troupe n’a stationné dans le voisinage. Le cardinal Luçon affirme qu’il n’y a d’excuse ni pour le bombardement initial, ni pour les suivants. La cathédrale a reçu au moins 199 obus, et tout ce qui l’entoure a été annihilé. La modeste propriété du cardinal a reçu 16 obus, dont 5 sont tombés sur sa maison même. Par miracle les habitants ont pu échapper à la mort. Parmi tous les héros de la guerre, il n’est pas de plus pure figure que celle de ce prince de l’Eglise, sans peur, sans amertume, fidèle au poste, comme le commandant d’un dreadnought en action.

Ce qui est pitoyable, c’est de penser que cette nef magnifique est uniquement un otage. Que les Français fassent un mouvement, et immédiatement des représailles s’organisent contre cette victime spirituelle !

Dieu merci, vous allez chasser les Barbares ; ils ne laisseront que des ruines, mais l’âme de ces ruines restera immortelle !

 Rapport lu à la séance du 6 janvier 1917 à l’Académie des Beaux-Arts, Paris, Firmin-Didot, 1917, 5 p.

 source: http://catreims.free.fr/mem/annexe07.html

Condamnés à mort pour automutilation le 6 janvier 1917  inspire « un long dimanche de fiancailles

Dans les tranchées de la Somme, pendant la Première Guerre mondiale, cinq soldats français sont accusés de s’être auto-mutilés pour échapper à leur devoir. Condamnés à mort par une cour martiale, ils sont conduits jusqu’à un avant-poste nommé « Bingo crépuscule »1 et abandonnés à leur sort dans le no man’s land qui sépare les deux camps. Ils sont apparemment tous tués.

http://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/6437

voir aussi https://www.franceculture.fr/emissions/fictions-le-feuilleton/un-long-dimanche-de-fiancailles-710

Un point de vue sur le livre:

3213506677_1_4_lupviarsCinq soldats français condamnés à mort en conseil de guerre, aux bras liés dans le dos. Cinq soldats qu’on a jetés dans la neige de Picardie, un soir de janvier 1917, devant la tranchée ennemie, pour qu’on les tue. Toute une nuit et tout un jour, ils ont tenté de survivre. Le plus jeune était un Bleuet, il n’avait pas vingt ans.
À l’autre bout de la France, la paix venue, Mathilde veut savoir la vérité sur cette ignominie. Elle a vingt ans elle aussi, elle est plus désarmée que quiconque, mais elle aimait le Bleuet d’un amour à l’épreuve de tout, elle va se battre pour le retrouver, mort ou vivant, dans le labyrinthe où elle l’a perdu. Tout au long de ce qu’on appellera plus tard les années folles, quand le jazz aura couvert le roulement des tambours, ses recherches seront ses fiançailles. Mathilde y sacrifiera ses jours, et malgré le temps, malgré les mensonges, elle ira jusqu’au bout de l’espoir insensé qui la porte.

http://x-miss-beatles-disney-x.skyrock.com/3213506677-Un-Long-Dimanche-de-Fiancailles-Sebastien-Japrisot.html

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