BD: Tardi repart à l’assaut

Le conflit de 14-18 continue de hanter l’auteur d’Adèle Blanc-Sec. La preuve en musique, avec Dominique Grange, et en dessins à travers une exposition.

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Leurs quatre grands-pères ont tutoyé l’horreur. Tous traumatisés, sinon tué, lors de la première guerre mondiale. Le conflit de 14-18 continue de hanter Jacques Tardi et sa femme Dominique Grange. Leurs aïeux leur ont raconté, ou des proches, et ils en tremblent encore. D’effroi, de colère, d’indignation. Lui, son grand-père paternel, gazé, plusieurs fois blessé, était tombé les mains en avant dans les viscères d’un soldat mort. Elle, se souvient de sa réaction de gosse, à la fois terrifiée et fascinée, quand l’un des ses papys, jeune chirurgien, évoquait des scènes d’amputation. De ce dégoût commun pour la connerie humaine lorsqu’elle tourne en boucherie, Tardi et Dom, comme il appelle son épouse ont conçu un spectacle-concert, Putain de guerre! – Le dernier assaut, plaidoyer vigoureux contre les destructions et les massacres, présenté dans le cadre de Bang!, événement consacré à la bande dessinée genevoise.

A partir des images des albums Putain de guerre! et Le dernier assaut, le couple s’est associé au groupe Accordzéâm pour entremêler lecture de textes, chansons et projections de dessins. «Ça prend aux tripes», lâche un specttateur qui l’a vu, vendredi soir à l’Alhambra. Sur scène, la connivence est patente entre Tardi et sa muse. Les textes qu’il lit, extraits de ses livres, possèdent une force peu commune, décuplée par les images projetées sur un écran géant. L’accordéon et la contrebasse viennent épauler les mots, les morts que chantent Dominique Grange, le poing serré. Du violon, de la guitare aussi, avant le cliquetis d’une batterie inspirée. Il est bon, le band d’Accordzéâm. Les chants d’horreur dédiés à ces pauvres zigs dézingués au champ d’honneur disent la folie, les sacrifiés, les cris de désespoir. La salle en reste muette, avant une longue salve d’applaudissements.

Avant sa prestation sur scène, on avait croisé Tardi (70 ans) en l’Ile, où la galerie Papiers Gras lui consacre une vaste exposition rétrospective. Interview.

L’interview sur le site de La tribune de Genève: http://www.tdg.ch/culture/ile-lalhambra-tardi-repart-lassaut/story/30832927

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http://the-dissident.eu/11681/lassaut-de-tardi-grange-contre-guerre/

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