La fac des sciences de Lille, la seule de France occupée par les Allemands en 1914-18

A lire sur le site de La Voix du Nord

L’Université de Lille a payé un lourd tribut à la Grande Guerre, en hommes, en cerveaux, mais aussi en locaux et en savoir scientifique. L’Espace culture a compilé ces heures noires dans une exposition, à voir jusqu’au 17 février.

Les soldats prennent la pose sur le dôme de l’observatoire d’Hem. Cette coupole est un cadeau des parents de Robert Jonckheere à leur fils féru de sciences. L’amateur éclairé, doté d’un matériel dernier cri, le met à la disposition de la faculté des sciences. Pendant toute la durée de la guerre, les Allemands y installent un casino-restaurant. Une bravade à tous les cerveaux lillois, privés d’observation du ciel : l’occupant sait que la menace ne viendra pas de là. Ils ne craignent pas les bombardements anglais. Les Alliés connaissent la valeur scientifique de la Coupole.

L’ennemi prend aussi ses quartiers à la fac des sciences, située en plein cœur du Lille occupé (elle ne déménagera à Villeneuve-d’Ascq qu’au milieu des années 1960), d’octobre 1914 à octobre 1918. Les universitaires sont abasourdis, eux qui travaillaient de concert avec leurs homologues teutons. Les modèles pour les cours, comme cette gentiane en papier mâché, qui servait aux cours de botanique, est un modèle allemand. Beaucoup d’ouvrages spécialisés sont écrits dans la langue de Goethe.

Si les Allemands occupent l’université, ils laissent toutefois les enseignements s’y dérouler. Mais ils sont réduits, en raison des effectifs étudiants faibles et jeunes : les plus âgés sont partis au front ou ont trouvé refuge en zone non-occupée. Car pour la première fois dans l’Histoire, les hommes se livrent une guerre « scientifique ». Les savants sont sommés de prendre parti Outre-Rhin. Côté français, Paul Painlevé, formé à Lille, joue un rôle politique important. Ministre, puis président du Conseil, il crée la Direction des inventions intéressant la défense nationale.

Dans le Nord, les scientifiques résistent. Certains sont déportés, la plupart se battent pour reconstruire des locaux et des équipes dévastés après la Guerre. Ce n’est qu’à partir de 1924 que l’université ne sera véritablement remise en état, sous la houlette du recteur Albert Châtelet.

La suite sur http://www.lavoixdunord.fr/103378/article/2017-01-14/la-fac-des-sciences-la-seule-de-france-occupee-par-les-allemands-en-1914-18

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