Mutins fusillés en 1917: histoires de famille

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Jean Truton a posé le dossier sur la table de la salle à manger de son appartement d’Alfortville (Val-de-Marne). Il en sort une vieille carte postale, avec un timbre à 5 centimes. Elle date de la Première Guerre mondiale. Sur la photo, sept soldats sont alignés. « À gauche, avec le clairon, c’est mon grand-oncle », explique le retraité.

Ce moustachu en uniforme s’appelait Albert Truton. Il est l’un des 26 soldats français fusillés en 1917 pour avoir participé à une mutinerie. Longtemps, son petit-neveu, aujourd’hui âgé de 73 ans, n’a pas entendu parler de ce destin brisé. « Je pense que mon père connaissait cette histoire, mais il devait ne pas vraiment en être fier », raconte-t-il.

C’est l’historien Denis Rolland, spécialiste du sujet, qui l’a éclairé, comme il l’a fait avec d’autres descendants en les invitant à une cérémonie commémorative dans l’Aisne en 2007. Depuis, Jean Truton s’est rendu sur les lieux de l’exécution et s’est plongé dans les archives familiales. Il a aussi signé un appel pour la réhabilitation des fusillés. « Je ne crois pas trop que cela débouchera », soupire-t-il.

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Honorer leur mémoire

De fait, les projets de réhabilitation générale sont systématiquement rejetés. « D’un point de vue juridique, cela n’aurait aucun sens, estime l’historien André Loez, qui a participé à la rédaction d’un rapport sur la question pour le gouvernement en 2013. Tous les fusillés ont participé à des mutineries. Il y a eu un jugement. Les réhabiliter reviendrait à dire qu’ils n’ont rien fait. En revanche, il faut honorer leur mémoire. C’est une autre démarche. »

C’était le sens du discours prononcé en 1998 par Lionel Jospin, alors premier ministre, souhaitant que ces morts « réintègrent pleinement notre mémoire collective nationale ». À l’époque, cette prise de parole avait déclenché des réactions très virulentes. Dix ans plus tard, Nicolas Sarkozy, devenu président de la République, avait poursuivi dans la voie de l’apaisement en affirmant que les mutins « ne s’étaient pas déshonorés ».

la suite sur http://www.la-croix.com/France/Mutins-fusilles-1917-histoires-famille-2017-04-14-1200839603

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Une réflexion sur “ Mutins fusillés en 1917: histoires de famille ”

  1. Mon grand père François -Félix CHARBONNIER était CLAIRON au Chemin des dames de 1914 à 1918. Il est revenu de ces 4 ans de guerre avec « une capote » trouée en 3 endroits……….mais il est revenu. Je possède son clairon entouré de la bannière 14-18.
    Immensément lourd d’images et de souvenirs.
    2014-2016 je l’ai prêté pour une exposition à la Tour des Anglais à Saugues en Haute Loire.

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