1034/2juin 1917: les mutineries de Coeuvres arborent le drapeau rouge

2 et 3 juin 1917 : les mutineries de Coeuvres arborent le drapeau rouge

Dans la mémoire française, les mutineries du printemps 1917 ont occulté toutes les autres formes de lutte des poilus. En réalité, elles ne constituent que la partie émergée de l’iceberg, la forme extrême de la résistance que les fantassins des tranchées ont opposé tout au long de la première guerre mondiale à la machine militaire et à l’extermination. Désobéir ou marcher au combat ? Les « bonshommes » se sont trouvés confrontés à cette alternative lors de toutes les attaques. Quel choix offrait la meilleure chance de survie ? Les stratégies d’évitement des poilus empruntaient des formes variées visant toutes au même but : retarder l’échéance fatale, le moment où il faudrait courir sus à l’ennemi. Une fois les hommes engagés dans la parallèle de départ, les refus collectif de monter à l’assaut – l’ultime sursaut – leur valaient parfois un sursis bien illusoire. Ces rébellions de la dernière chance se produisaient lorsque les soldats avaient la conviction que franchir le parapet équivalait à la mort. Jusqu’au printemps 1917, elles étaient toujours restées isolées et sporadiques.

Une révolte du désespoir

Les grandes mutineries de 1917 débutent dans le secteur de Soissons après l’hécatombe du Chemin des Dames, alors que Robert Nivelle, successeur de Joffre à la tête de l’armée française, entend continuer malgré tout d’attaquer. C’est la concentration des troupes rassemblées pour l’offensive qui va transformer des refus spontanés de monter en ligne en une épidémie qui va parcourir tous les corps d’armée le long du front, huit semaines durant.

Le 29 avril, les premiers symptômes de la mutinerie qui couvait depuis quatre jours apparaissent : des régiments cantonnés dans la zone des étapes refusent de monter en ligne pour attaquer sur un terrain que les rescapés décrivent comme un enfer où des dizaines de milliers d’hommes ont déjà péri sans résultat. Partie du secteur de Soissons où continue l’offensive (elle ne cesse que le 5 mai), la révolte s’étend tout au long du mois de mai pour atteindre son paroxysme début juin. Elle concerne avant tout les unités engagées dans les combats du Chemin des Dames et celles qui sont menacées de participer à de nouvelles attaques. 68 divisions sur 110, plus de la moitié de l’armée, sont diversement touchées, mais cinq seulement connaissent des troubles graves. Dans le même temps des mouvements d’insubordination affectent les armées britannique, italienne, allemande (dont des mutineries dans la marine), sans parler de l’armée russe….

Des incidents éclatent dans les gares et les trains de permissionnaires : des soldats chantent l’Internationale, brandissent des drapeaux rouges ; des officiers sont pris à partie, insultés, frappés. Au front, le mouvement reste cantonné à la zone des étapes et ne se propage pas aux premières lignes. Des bataillons s’égaient dans les bois vers l’arrière, d’autres unités refusent de quitter leur cantonnement, des soldats abandonnent leur poste. Des groupes d’hommes montent de force dans les trains. Sans autre but que d’échapper à une mort certaine dans des attaques suicidaires, les mutins n’entreprennent aucune action organisée. Certaines unités se dissolvent dans le pinard, d’autres entament des négociations avec les officiers et rédigent des pétitions où les protestataires demandent à être mieux traités, ainsi que le retour des permissions. Les mots d’ordres et les comportements radicaux restent très minoritaires.

Le pouvoir frôle pourtant la catastrophe le 2 juin. Plusieurs compagnies du 310e R.I. se mutinent à Cœuvres et tentent de rejoindre d’autres unités en forêt de Compiègne afin de marcher sur Paris ; les mutins, détournés et bloqués en chemin par des régiments de cavalerie, se laissent désarmer.

Les soldats des divisions d’Orléans, de Saint-Dié et de Chaumont crient « à bas la guerre », et défilent derrière des drapeaux rouges au son de l’Internationale. 150 chasseurs à pied du 70e bataillon de Grenoble scandent « vive la Russie », poursuivent leurs officiers et tentent, en vain, d’entraîner d’autres unités. Á la 41e division du Jura, le général Bulot, accusé d’avoir fait tirer à la mitrailleuse sur les mutins, est molesté, frappé. Dans cette division, 2 000 soldats participent aux troubles, ce qui parait exceptionnel, les groupes de mutins actifs dépassant rarement les 200 hommes.

http://www.gauchemip.org/spip.php?article12681

Lire aussi

source:http://www.bdic.fr/desobeir/les-mutineries-de-1917

http://lescahiers.classe1914.bzh/les-mutineries-de-la-meuse-en-1917-2/

André Citroën se plaint des grèves auprès du ministre

Lire la suite sur http://louisrenault.com/2015/11/23/andre-citroen-a-monsieur-le-ministre-de-larmement-paris-le-2-juin-1917/

http://www.lafeuillecharbinoise.com/?p=12820

Journal du samedi 2 juin 1917 à travers Le Miroir

L’artillerie ennemie, contre-battue par la nôtre, a bombardé nos premières lignes au nord du moulin de Laffaux. Une attaque allemande dans cette région a pu prendre pied en quelques points de notre tranchée avancée. Nos contre-attaques ont réussi à rejeter l’ennemi de la majeure partie des éléments qu’il avait occupés.
La lutte d’artillerie s’est poursuivie dans plusieurs secteurs du front.
Une tentative d’attaque sur nos positions du Casque a valu des pertes aux assaillants sans leur donner aucun résultat. L’ennemi a laissé entre nos mains une vingtaine de prisonniers. Nous avons enlevé un poste ennemi au sud de Chevreux et fait des prisonniers.
Du 17 au 31 mai, trente-deux avions allemands ont été complètement détruits sur notre front; cinquante-sept autres ont été sérieusement touchés.
Les Autrichiens ont échoué dans une violente attaque qu’ils ont tentée sur le Vodice, dans le Carso. Ils ont subi de lourdes pertes et laissé des prisonniers aux mains des Italiens.
Les Russes ont repoussé deux compagnies turques sur le front du Caucase.
La situation est devenue critique en Chine, où les gouverneurs de certaines provinces ont pris position contre le Parlement.

source: http://grande.guerre.pagesperso-orange.fr/juin17.html

Parution de la revue Le Rire

source: http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/rire_rouge1917/0261?sid=534426bf993d26d0918d89b04a764248

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s