1028/27 mai 1917: La barbe d’un soldat tué en 1917 au Mont Cornillet (Marne)conservée par son petit-neveu

Une lettre de Marcelin Cailleau du 27 mai 1917

 Marcelin Cailleau revient d’une attaque. Dans une lettre envoyée à ses parents, il y raconte la dureté des conditions de vie avec le manque de nourriture. On y trouve la lassitude sur la durée de la guerre, la baisse du moral et l’attente d’une permission.

Le texte ci-dessous reprend l’intégralité du texte en conservant la mise en page, l’orthographe et la syntaxe.

Chers parents

Vous allez trouvés le temps long que je n’écrit pas. Mais vous pouvez croire que ce n’est pas de ma faute. Nous venons d’attaquer et vous pouvez croire que dans des moments pareils on a pas le temps d’écrire. Mais maintenant vous pouvez être tranquille nous sommes arrivés au repos de hier et j’espère bien que nous allons y restés quelques temps. Nous avons très bien réussis dans notre attaque alors le général est très content de nous. Il va nous donner du repos et beaucoup de permissions et sa sera bien gagné car je vous assure que nous en avons vu des dures pendant tous ces temps. On ne mange pas tous les jours. Vous pouvez croire que l’on a guère engraisser. J’ai pu mangé les asperges avant de partir à l’attaque.

Je me suis très bien régaler moi et les copains. Elles étaient très bonnes

La m’aurait bien facher si elles avaient été perdues. Allons chers parents vous pouvez être tranquille maintenant. Je suis au repos je vais me reposer et bien manger pour rattrapper letemps perdu. C’était temps de sortir des tranchées car personne ne pouvez plus marcher tellement nous étions fatigués. Maintenant c’est la perme que j’attends avec impatience. Mais il faudrait que sa serai la bonne, ne plus retourner. Enfin sa finira peut être un jour quand même. Allons au revoir chers parents.

Je termine en vous embrassant de tout cœur encore de bien loin mais dans quelques temps j’espère aller le faire de plus près.

Votre fils qui vous aime.

Marcelin Cailleau

source: http://lettres14-18.ouvaton.org/spip.php?article6

Photos de l’offensive du Chemin des Dames (Le miroir du 27 mai 1917)

http://www.memorial-chemindesdames.fr/pages/batailles_photos.asp?id_bataille=3&bataille_nom=L%27OFFENSIVE+NIVELLE+%2816+avril+1917%29&index=2

Mutinerie au 18 ème RI

Le 18e Régiment d’Infanterie (R.I.) placé en réserve au moment de l’assaut du16 avril 1917, il est engagé à partir du 4 mai, lors de la prise de Craonne et du plateau de Californie, combats au cours desquels il perd 40% de ses effectifs. Traumatisés, ses hommes, alors au repos à Villers-sur-Fère, refusent de rejoindre le front le 27 mai 1917, initiant ainsi les premières mutineries.

Douze soldats sont déférés devant le conseil de guerre le 7 juin ; cinq sont condamnés à mort au motif de « révolte sous les armes », dont un est gracié, un autre s’échappe et trois sont fusillés, le 12 juin à Maizy. La colline de Craonne est classée zone rouge, au même titre que 18 000 autres hectares dont les sols ont été totalement détruits par l’intensité des combats, et dont la plus grande partie allait être confiée à l’Office national des forêts. Des pins y ont été plantés.

source: http://www.cheminsdememoire.gouv.fr/fr/plateau-de-californie

Jules Revon écrit une lettre d’adieu à son épouse Marie: « Si je meurs, je n’ai fait de mal à personne »

« 27 mai 1917 Ma bien cher Marie
Aujourdhui, ças ne cerras pas un beaux jours pour moit et nit pour toit. Enfin, ci je mœurs, je n’est fait du mal a personne car ci j’ait etté poussé a ce poingt (si j’ai été poussé à ce point) c’est que pour deux simple courroies et j’en avait une que j’avait trouver, et c’est tous mes camarades qui mon fait ce quout las (ce coup là). 
Alors, sant me demander (passage illisible) et pourtant nous avons fais notre devoir de toute manière car il y en a bauquout qui aurrons pas tempt fait (il y en a beaucoup qui n’en aurait pas tant fait).
Ma cher Marie, prents courage et soigne toit bien apres. Je te donne tous ce que j’ait comme argent mais je te recommande de soigner ou de penser a ma Mère tant que tu pourras. Nous avons qu’une mort a faire mais j’ait l’espoir de te retrouver dans le ciel.
Adieu cher Marie, c’est cette maudite guerre qui en est…..ci on ce separre.
Adieux, Adieux….te protege et la Ste Vierge….c’est plutôt involontairement….plus confiance en un camarade qui eus…ce sont tous des laches car je ne me suit jamait…pour faire quelque chose et eux ont trays (ont trahi ?) ».

source: https://www.histoire-genealogie.com/Si-je-meurs-je-n-ai-fait-de-mal-a-personne-Les-dernieres-annees-du-soldat-Jules-Revon-3e-episode

Journal du dimanche 27 mai 1917 à travers Le Miroir

Actions d’artillerie intermittentes sur la plus grande partie du front, assez vives dans la région a l’est de Vauxaillon et en Champagne, dans le secteur du Mont-Haut et du Téton.
Un coup de main ennemi sur nos petits postes, au nord-est de Vauxaillon, a complètement échoué.
Au nord de Cerny, nos batteries ont pris sous leur feu et dispersé des rassemblements ennemis.
Nos pilotes ont abattu dix avions ennemis; dix-sept autres appareils allemands ont été contraints d’atterrir. Nos escadrilles ont bombardé les gares de Mars-la-Tour, Chambley, Conflans, Vouziers, Anizy; les bivouacs de la région de Laon, etc, 13000 kilos d’explosifs ont été lancés.
Les Anglais ont repoussé des coups de main au nord de Gouzeaucourt et à l’est d’Armentières. Ils ont progressé sur la rive droite de la Scarpe. Canonnade de Croisilles à la Scarpe.
Un raid d’avions allemands dans les comtés du sud-ouest de 1’Angleterre, a fait un grand nombre de victimes, surtout des femmes et des enfants.
Les Italiens, s’avançant toujours sur le Carso, ont porté à 22419 le total de leurs prisonniers en dix jours.

source: http://grande.guerre.pagesperso-orange.fr/mai17.html

L’hôpital de Mont-Notre-Dame (02) sous la botte allemande

 

L’HoE de Saint-Gilles de 2 405 lits avait pu alors replier ses blessés avant que les Allemands n’atteignissent la Vesle ; l’hôpital de Mont-Notre-Dame décrit dans cet article n’eut pas cette opportunité. L’HoE n° 32 de Mont-Notre-Dame, de 3 300 lits, « superbement aménagé » (Mignon) avec ses services spécialisés de stomatologie, d’oto-rhino-laryngologie et ses importantes réserves constituées en prévision d’une offensive alliée fut rapidement débordé. Avant d’être pris, le 27 mai, avec 700 blessés couchés et une grande partie de son personnel (425 sanitaires), il expédia 800 blessés à pied vers Fère-en-Tardenois.

Le témoignage de l’officier d’administration Gouachon qui suit, décrit, non sans humour et de manière imagée, chauvine et caricaturale ?, l’occupation et le pillage systématique de l’HoE n°32 par les formations sanitaires allemandes : Feldlazarette n° 22, 26, 37 et le Kriegslazarett n° 52.

L’HoE 32 pillé dans les règles… germaniques

« [p. 413](…) Si les cent docteurs et professeurs allemands qui ont vécu à l’hôpital de Mont-Notre-Dame H.O.E. 32 ne nous ont pas dissimulé leur enthousiasme de constater l’avance rapide des armées impériales, après la percée du Chemin des Dames, « Nach Paris », aucun n’a caché la surprise que lui causait la visite d’un hôpital du front magnifiquement agencé, prêt à traiter 3600 blessés, et doté des groupes [p. 414] opératoires les plus perfectionnés. Rien de semblable n’existait chez eux, avouaient-ils.

Mais l’examen des cuisines, de la dépense, du magasin d’approvisionnement de denrées, leur causa plus que de la surprise. Une mine d’or s’ouvrait devant eux ; ils l’exploitèrent sans tarder.

La suite sur http://hopitauxmilitairesguerre1418.overblog.com/2013/11/l’hopital-d’evacuation-de-mont-notre-dame-hoe-32-sous-la-botte-allemande-27-mai-27-juillet-1918.html

La barbe d’un soldat tué en 1917 au Mont Cornillet (Marne), précieusement conservée par son petit-neveu

Henri Botteau de Marbaix prête à une exposition sur la guerre de 14-18 en novembre le diplôme, la lettre et la barbe de son grand-oncle Charles Desoblin tué en 1917 dans la Marne.

La guerre de 14-18 a marqué bien des familles. Des deux côtés. À Marbaix, Henri Botteau, historien local, garde des documents sur le conflit. Des articles de journaux, des lettres… Et des archives de sa propre famille. Son grand-oncle côté maternel, Charles Desoblin, tombe le 27 mai 1917 à Montcornillet (Marne). Il habitait Fesmy-le-Sart. Il était marié et père d’une fille Marguerite qu’Henri n’a pas connue. Mobilisé en août 14, Charles Desoblin est incorporé au 151 RI d’infanterie. Il passe au 130ème RI le 13 août 1916. Il est tué le 27 mai 1917 à Montcornillet. «  Entre les lignes. Ça veut dire qu’on n’a jamais retrouvé son corps  ».

Une histoire de masque à gaz

Alors comment se fait-il qu’Henri Botteau lui ait conservé la barbe de ce parent  ? «  Il était mobilisé. Il a laissé poussé sa barbe. En 1916, on a donné des ordres pour qu’ils coupent leur barbe pour des histoires d’étanchéité avec les masques à gaz. Donc il a coupé sa barbe et il l’a envoyée à sa femme. En lui disant qu’il aurait bien voulu se faire photographier avec. Sa femme a gardé sa barbe en souvenir. Étant collectionneur, la sœur de ma grand-mère, veuve, habitant Marbaix, m’a un jour donné la barbe de mon grand-oncle et le diplôme avec médailles qu’il avait obtenues à titre posthume. Il a eu la Croix de guerre et la médaille militaire. Ça fait plus de cinquante ans que j’ai tout ça  ».

Tout ça c’est aussi la lettre du poilu Desoblin. Elle date du 27 février 1916. Il s’y dit en bonne santé. Parle de cette barbe qu’il faut couper. À travers les mots, perce une lassitude. «  Dire que l’on est seulement pas libre de soi-même, mais vivement la paix, comme cela on ….. être libre…  ». La lettre se termine par les pensées d’un soldat à son épouse et à sa fille. «  Je termine en t’embrassant de loin en attendant de le faire de plus près ainsi qu’à notre petite Marguerite. Ton mari qui t’aime et qui pense à vous deux, heureusement que vous êtes là  ». Témoignage poignant d’un poilu qui ne reviendra pas de la guerre.

source: http://www.lavoixdunord.fr/archive/recup%3A%252Fregion%252Fmarbaix-la-barbe-d-un-soldat-tue-en-1917-ia12b45207n2454993

 

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s