1035/3 juin 1917: les Russes en Haute-Marne: l’anarchie

Mutineries à la 170 ème division d’infanterie (suite)

http://www.chtimiste.com/regiments/mutineries/mutineries3.htm

Avant la bataille de Messines (Franche-Comté)

Le 3 juin 1917, les tirs de barrage sont momentanément stoppés, afin de permettre à l’observation aérienne britannique de pouvoir correctement identifier les batteries allemandes dissimulées au sol.

Une nouvelle interruption aura également lieu le 5 juin 1917. Cette dernière trêve permettra, entre autre, l’identification d’un plus grand nombre encore de batteries allemandes soustraites au regard des observateurs au sol.

La ligne de front avant la bataille de Messines (7 au 14 juin 1917)…

source: https://www.horizon14-18.eu/bataillemessines.html

Les Russes en Haute-Marne: l’anarchie

C’est ainsi que du 25 au 27 mai 1917 plus de 16 000 soldats russes débarquèrent dans les villages des cantons de Bourmont et de Saint-Blin, et plus particulièrement dans ceux qui étaient implantés le long de la voie ferrée. Après un trajet de plus de 9 heures, les soldats arrivent par petits groupes dans les villages pour loger dans des écuries et des granges.

La 1re division spéciale d’infanterie russe [5] est alors cantonnée dans le secteur de Bourmont pour la 1re brigade [6] tandis que la 3e brigade s’installe aux alentours de Saint-Blin [7].

Cette dernière brigade est dans sa majorité partisane de Kerensky, donc loyaliste, tandis que la 1re brigade semble gagnée au bolchevisme. Un des soldats russes raconte que peu après son arrivée à Goncourt le comité révolutionnaire se réunit sous la présidence de Baltais et que la séance est rapidement devenue houleuse avec les officiers à tel point que lorsque le colonel Netchvolodov [8] lui ordonne de se taire et de se mettre au garde à vous. Baltaïs lui répondit : « c’est à vous de vous lever et de vous mettre au garde à vous ». Le colonel se lève alors et déclare « je suis monarchiste » [9] avant de se retirer définitivement. Le soldat qui raconte cet épisode précise qu’ils n’ont jamais revu le colonel et qu’ils sont restés pratiquement deux mois sans commandement tandis que les officiers étaient partis loger quelques rues plus loin. Ils n’avaient plus aucune influence sur des hommes gagnés par les idées révolutionnaires.

Forcément l’arrivée de ces soldats souvent bruyants, portant un uniforme inconnu, parlant une langue étrangère, est diversement appréciée dans nos paisibles villages haut-marnais. A Goncourt, les soldats russes logent à l’entrée sud du village, au 31 rue du Moulin et les officiers au 28 rue de la Vaux. Globalement ils sont bien accepté par la population. Ce n’est pas le cas à Illoud où les femmes n’osent plus se rendre à Saint-Thiébault car des Russes désœuvrés rôdent en leur jetant des regards menaçants.

A Graffigny-Chemin et à Nijon, les villageois sont touchés par le sort injuste qui est réservé à ces soldats venus de si loin pour aider la France à combattre l’ennemi allemand. Pour une partie d’entre eux, ce sont des soldats en provenance d’un hôpital de la région parisienne et qui sont ici en convalescence et attendent leur retour en Russie. Il en est de même pour les militaires de la 3e brigade qui font peur à la population de Prez sous Lafauche.

A Saint-Blin, l’Etat major commandé par le général Volodia Marouchewsky [10] semble avoir moins de problèmes avec ses troupes. L’instituteur du village les décrit comme étant « d’une civilisation très primitive les russes mangent dans un énorme baquet avec des cuillères de bois. Ce sont de grands alcooliques buvant même l’eau de Cologne et la peinture à base d’alcool. » Ce n’est pourtant pas tout à fait ce que l’on pense à Goncourt où si les enfants sont étonnés de les voir manger avec des cuillères et des fourchettes en bois, les russes améliorent leur ordinaire en chinant des épices aux habitants et se pavanent « dans les rues avec des cannes au pommeau d’argent d’où pendent des bourses finement brodées » [11].

Mais la nouvelle installation est loin de satisfaire les vœux de la troupe et la colère gronde. Les hommes, fatigués des déplacements et des changements de cantonnements avaient demandé à être placés dans un camp doté d’infrastructures correctes or ils se trouvent être dans des conditions aussi précaires que précédemment [12].

« Saint Blin ressemble à un vrai camp de bohémiens à la tombée de la nuit. Tous très bons musiciens et excellents chanteurs se promènent nonchalamment dans les rues jouant mandoline ou accordéon. De jour ils sont couchés et toute la nuit ils se promènent. Aucune discipline. L’appel journalier est impossible. D’un tempérament paresseux, ils n’ont aucune énergie et pour la plupart illettrés, ils se laissent facilement entraîner. C’est le début de leur agitation révolutionnaire. Des conférenciers viennent essayer de les soulever. Batailles journalières et sanglantes entre les soldats à cocarde rouge et les autres. » Cette description fournie par l’instituteur de Saint Blin montre bien que les idées révolutionnaires sont ancrées dans les deux brigades même si elles se sont enracinées plus rapidement dans la 1re, peut être à la faveur des informations en provenance de leur pays comme l’affirme le maître d’école de Semilly. « Ces hommes assez corrects au début sont devenus indisciplinés surtout à la nouvelle de la révolution russe. L’autorité militaire a du les distancier pour éviter de graves inconvénients. La plupart d’entre eux étaient paresseux ».

Il y a surtout un véritable clivage : Si les russes blancs acceptent de continuer à se battre en France, les russes rouges veulent rejoindre leur pays et se battre pour la Révolution. C’est ce qui ressort du rapport du général de Castelnau [13] qui vient visiter les cantonnements dans la région le 3 juin 1917 : « c’est l’anarchie, il semble que tout ressort de la discipline militaire et toute tendance vers le bien soit abolie dans l’esprit et le cœur des soldats russes …. Je doute fort qu’il soit possible en France de leur rendre l’équilibre moral qu’ils ont totalement perdu. Il est indispensable d’envisager leur retour dans leur pays d’origine, dont ils disent avoir la nostalgie ».

https://www.histoire-genealogie.com/Les-russes-en-Haute-Marne-en-1917

La Une du Miroir consacrée au Chemin des Dames

Pétain favorise le sport

Dans une directive datée du 3 juin 1917, le général Philippe Pétain encourage même les pratiques sportives afin de reconquérir la confiance des hommes et empêcher les mutineries qui se multiplient.

http://www.france24.com/fr/20140611-grande-guerre-football-sport-roi-popularise-tranchees-coupe-monde-jules-rimet

Lettre d’un soldat  de la 12ème compagnie du 90 ème territorial

Chère épouse et parents,

Aujourd’hui samedi, je vous écris pour faire savoir que nous sommes toujours à Magnac à l’heure qu’il est. Nous ne sommes pas encore tous habillés, car dans le régiment que nous allons former qui est le 90ème territorial, nous sommes plusieurs classes 95-96-97-98 et 99 « qui est moi » des plus jeunes.

La réserve d’active a été composée comme nous de plusieurs classes. Ils sont partis aux environs de paris, tandis que nous, on dit que nous partons lundi sans savoirla direction. Tout reste secret, les uns disent que nous allons même en Afrique remplacer la troupe qui est rentrée, les autres à la Rochelle ou à paris dans les forts. On dit même que nous allons faire les moissons dans la Champagne et c’est là que nous allons boire du bon vin.

J’ai vu Lucien le même jour dans la soirée qui venait d’arriver. Nous sommes à peu près fini d’habiller… nous on s’est habillé à notre guise, personne ne nous dit rien.

On se couche dans la paille et on dort ; puis on mange comme des cochons. On pourrait aller coucher chacun chez soi en attendant l’ordre du départ ;

Moi, je suis à la 12ème compagnie. Il y a encore deux ou trois classes de réserve d’armée active à rentrer qui viendra nous dépasser en chemin. Nous nous sommes des bons et ne vous pas de mauvais sang car si vous nous voyiez, on s’en fait guère, nous !Je vous écris couché sur l’herbe sortant de faire un somme. Ne vous faites pas de mauvais sang et à bientôt .

Je vous embrasse

https://centenaire1418hautlimousin.jimdo.com/lettres-des-poilus/lettres-de-poilus-et-des-familles/

 

Carnet du dimanche 3 juin 1917 à travers Le Miroir

Activité des deux artilleries dans la région au nord de Laffaux vers Hurtebise et sur le plateau de Californie et de Craonne.
Depuis le 16 avril, le nombre des prisonniers faits par les troupes franco-anglaises sur le front occidental dépasse 52.000 dont plus de 1000 officiers. Parmi l’énorme matériel pris sur l’ennemi pendant ce même laps de temps se trouvent 446 canons lourds et de campagne, un millier de mitrailleuses et un chiffre considérable de canons de tranchées.
Cinq avions allemands sont tombés en flammes ou se sont écrasés sur le sol à la suite de combats avec nos pilotes.
Sur le front d’Orient, dans la région de Lumnica, l’ennemi avait réussi à prendre pied momentanément dans un élément de nos tranchées : il en a été rejeté.
M. Isvolski, ambassadeur russe à Paris, a démissionné.

http://grande.guerre.pagesperso-orange.fr/juin17.html

 

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s