1050/18 juin 1917: Georges Kugé condamné à mort

Carnets de guerre de Lucienne Courouble

Lundi 18 juin 1917

Orages. Canon enfin.

Annonce du logement dans quelques jours. Les matelas sont conduits à Sains. Ils renvoient les laines de couleurs et laines mélangées de crins. Après qu’on s’est esquinté à tout découdre et conduire ! Quel dé triage pour reconnaître les siens chacun !

Pas de farine encore. 150 gr de pain aujourd’hui.

Mardi 19 juin 1917.-Orages.

Canon nuit et jour. Perquisition.

Annonce :Ø  Les 24 personnes acceptées pour partir en France, partiront demain par nuit à 1 h du matin.

Cette fois seule la petite laine mélangée avec du crin ou petite laine de couleur n’est pas prise.

Le canon donne partout. Est-ce enfin l’offensive ?

Mercredi 20 juin 1917.-Chaud, averses.

Tous les fruits sont réquisitionnés. Payés ?

Déclarer tout le linge de maison et les lits de 1 personne. Les troupes arrivent demain ! ?. 20 000 à Fourmies Wignehies.

Perquisitions rue du Moulin, prennent une gouttière démontée !!

Demandent les baromètres ou thermomètres à mercure.

Canon moins fort, cesse déjà le soir.

La farine arrive enfin. Nous aurons du pain demain. (Pas trop tôt !)

Jeudi 21 juin 1917.-Pluie. Canon. Pain. Charbon.

Toute la laine est conduite.

Vendredi 22 juin 1917.-Canon.

Les rapatriés partis hier matin stationnent à Fourmies jusque mercredi.

Déclarer toutes les voitures à 2 roues et 4 roues.

Samedi 23 juin 1917.-Pas de canon. Désolation.

12 gardes champêtres nommés devront patrouiller toutes les nuits.

Demain conduire toutes les vaches déclarées sèches (Gare aux fraudeurs !)

Dimanche 24 juin 1917.-Aéros le matin. Pas un coup de canon.

Prennent 100 vaches. Faut 4 canards.

Lundi 25 juin 1917.-Aéros soir canon forme garde de nuit. En cas d’incendie de foin 4 otages enlevés. Ils disent que la Russie demande la paix ?

Comme on n’a pas fourni de cerises ni fraises, 50 marks d’amendes là où on en trouve. (Puisqu’il leur faut tout, qu’ils aillent quelque part il y en a !)

Mardi 26 juin 1917.-Canon après-midi.

Vont voir les cuves à la brasserie et les cuvelles pour la laiterie ou pour marmelade.

Soir, grand gendarme vient, visite la remise, regarde la voiture, l’écurie et c’est tout.

Les téléphonistes sont partis ce matin.

Mercredi 27 juin 1917.-Matin, un pilleur de métal veut prendre les garnitures de cuivre d’une armoire et les portes-bougies du piano et une patère.

À la brasserie enlèvent la cuve guillotine pour la laiterie.

Ordre arrive d’enlever tous les métaux.

Jeudi 28 juin 1917.-Viennent chercher 71 tonneaux, le reste suivra. Me promettent 1 bon.

Canon fort. On raconte qu’on va faire des lits partout, même dans l’église.

Les planches arrivent sans cesse. Pour ? Troupes ? Évacués ?

Les gendarmes trouvent et prennent 700 marks dans une maison. 13 soldats de la colonne partent demain ; le poste parti, des vieux remplacent.

La suite sur http://www.chtimiste.com/carnets/Courouble/Lucienne%20Courouble%201917%201918.htm

Chemin des Dames: « Albert, caporal du 75e RI, c’est la tombe 1774, pareille aux autres. Un soldat mort le 18 juin 1917 et c’est tout »

Français, Allemands, Italiens, Britanniques, Russes, Danois et Sénégalais reposent dans 21 cimetières autour du Chemin des Dames. En paix.

Elles font partie du paysage, ces vastes étendues de croix, de stèles, de plaques, chauffées par les printemps qui se succèdent depuis 1918 et glacées par autant d’hivers. Glaçantes aussi parfois en plein été. De froides traces de la guerre, de la Grande, « et quand on dit grande, c’est qu’il faut se rendre compte du massacre que ça a été », plante d’emblée Yves Fohlen, guide à la Caverne du Dragon.

Les cimetières militaires, 14 pour les seuls morts français, plantés dans le périmètre du chemin des Dames, racontent autant d’histoires qu’ils comportent de tombes.

Les cimetières, quelle rigueur ! mais quel désordre ça a été. La France n’en avait jamais créé de pareils

À Cerny, on croise Jean-Louis Chardonnet, Oulmane Mouloud- Michel Nivelle ou encore Albert Trutton. Albert, caporal du 75e RI, c’est la tombe 1774, pareille aux autres. Un soldat mort le 18 juin 1917 et c’est tout. Il faut chercher pour découvrir qu’ Albert Trutton, lui, a été « fusillé pour l’exemple », comme vingt-cinq autres de ses camarades (un autre s’est suicidé, un dernier s’est évadé).

Une histoire parmi des dizaines de milliers, évoquée -l’Elysée avait peu goûté l’initiative –, par Lionel Jospin lors de sa venue le 5 novembre 1998. Les « mutins », les rebelles, « pas des lâches en tout cas », signale le guide, sont dans la mémoire collective cent ans plus tard, mais toujours pas été réhabilités.

Les cimetières, quelle rigueur ! Mais quel désordre ça a été. La France n’en avait jamais créé de pareils avant. Des milliers de croix et de plaques. Les dates de naissance des tués ne figurent nulle part. « Ils étaient ou très jeunes, ou âgés », résume Yves Fohlen.

Des stèles musulmanes pas orientées vers la Mecque (à l’Est), des tombes indochinoises estampillées musulmanes et des Russes orthodoxes sous des croix chrétiennes, c’est aussi cela les nécropoles du Chemin des Dames. Tous les soldats ne sont enterrés dans ces cimetières. Des familles sont parfois revenues chercher les corps. D’ autres, bien identifiés, sont encore sur le champ de bataille. Un soldat originaire de Mexico repose derrière le monument des Basques. Reçoit-il autant de visites que ses compagnons d’arme ?

Yves Klein

Dans L’Union : http://www.lunion.fr/23821/article/2017-04-02/leur-dernier-abri-sous-des-hectares-de-terre-du-chemin-des-dames

Georges Kugé condamné à mort

 

Georges Kugé est né le 10 juin 1890 à Lessines. Ils est le fils de Charles Kugé, un horloger allemand d’Aix-la-Chapelle. Il commence sa formation d’horloger avec son père à l’âge de quatorze ans. Il se fera ensuite embaucher à Bruxelles puis, deux ans plus tard, ira se perfectionner en Allemagne.
A 21 ans, il retourne en Belgique et effectue son service militaire au 9e régiment de ligne.  Il travaille ensuite en Allemagne puis rentre à Lessines au chevet de son père souffrant. Au début de la guerre, il combat dans l’armée belge mais est réformé suite à une blessure reçue à Aerschot. Une fois rétabli, il s’installe à Bruxelles où il fait la rencontre du gendarme Victor Rémy qui le fait entrer en contact avec un service d’espionnage : de septembre 1915 à avril 1916, il va recueillir des renseignements dans tout le Hainaut avant de reprendre la direction du service. Le 14 octobre 1916, Georges Kugé est arrêté, ainsi que plusieurs de ses complices, et est conduit à la prison St. Gilles à Bruxelles où il passera 8 mois à se faire interroger. Il est condamné à mort le 18 juin 1917. Le 23 juin, son appel en grâce est rejeté. Il sera fusillé le matin du 25 juin 1917 au Tir National.

lu dans http://www.lessines-14-18.be/?page_id=64

Le caporal Truton fusillé

partie des hommes s’étaient cachés et une condamnation à mort prononcée.
Les mutins du 75e RI: après la mutinerie de Pargnan, le caporal Truton est condamné à mort par le Conseil de guerre le 10 juin 1917 pour «refus d’obéissance, étant commandé pour marcher contre l’ennemi». Il sera exécuté le 18 juin et inhumé au cimetière de Cerny-en-Laonnaois

Lire sur https://amicale2rima.fr/index.php/traditions/histoire-militaire/1495-la-faute-du-petit-caporal

Journal de guerre du lundi  18 juin 1917 à travers Le Miroir

Dans la région au nord-est de Cerny, l’ennemi a déclanché un feu violent sur nos positions de la Bovelle, tandis que ses détachements d’assaut se rassemblaient dans les tranchées. Notre artillerie a fait avorter ces préparatifs d’attaque et ramené le calme.
Plus à l’est, la lutte d’artillerie a pris un caractère d’extrême intensité dans le secteur d’Hurtebise. Des reconnaissances allemandes ont été dispersées par nos feux à l’est de Reims et au nord d’Emberménil.
En Woevre et dans les Vosges, à l’Helsenfurst, nous avons réussi des coups de main qui nous ont permis de ramener des prisonniers et de détruire de nombreux abris.
Sur le front britannique, canonnade près de Croisilles, aux abords de Lens et aux environs d’Ypres.
7 avions allemands ont été détruits par nos alliés.
Un zeppelin a été abattu au cours d’un raid sur l’Angleterre.
Les éclaireurs russes ont manifesté de l’activité dans la région de Lusetz. Fusillade sur le front roumain.
Activité d’artillerie sur le front Italien, en Carnie. Les batteries autrichiennes ont tiré contre les positions de nos alliés au Val Piccolo et au Val Grande. L’ennemi a subi des pertes en plusieurs rencontres partielles.

 

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