1056/24 juin 1917

Le Figaro défend le droit de vote des femmes

Samson n’est plus en colère. Un bel élan de générosité l’emporte. Il ne dispute plus aux femmes des droits qu’elles n’ont plus besoin de revendiquer. Cette révolution s’accomplit à l’amiable. La lutte serait-elle achevée, que Vigny croyait éternelle? Verrons-nous le temps où les deux sexes ne se jetteront plus, de loin, un regard irrité?

A vrai dire, les hommes ont un peu l’air de donner aux femmes un prix. Ils ne reconnaissent pas les droits de la femme pour des raisons de métaphysique: l’expérience de la guerre les oblige d’avouer son mérite, et ils daignent le récompenser.

Ils octroient aux femmes leur dû, comme un souverain par la grâce de Dieu octroie la Constitution. Ils le font de meilleure grâce et sans la moindre réserve mentale; on ne les soupçonne point de penser reprendre un jour ce qu’ils donnent; mais ils «l’octroient», il y a une nuance.

Qui résigne son droit divin l’affirme par-là même implicitement. Le protocole final de ce motu proprio n’est point: «Et ce sera justice» mais: «Parce que tel est notre bon plaisir»- notre dernier bon plaisir.

Cette, nuance est bien égale aux femmes. Elles ne sont aucunement ce qu’on appelle formalistes, et leur politique est celle des résultats. Leur ruse, cette fameuse ruse dont se plaint si amèrement Samson, et qu’il ne sait pas définir, a consisté précisément, depuis les siècles des siècles, à nous persuader tout le contraire. Nous les avons crues.

la suite sur http://www.lefigaro.fr/histoire/centenaire-14-18/2014/08/29/26002-20140829ARTFIG00073-les-femmes-ont-gagne-le-droit-de-voter-1917.php

A propos de la chanson de Craonne

La première version publiée est parue sous le titre « Une chanson de soldat » dans la Gazette des Ardennes du 24 juin 1917.
Sous sa forme actuelle — c’est-à-dire mentionnant Craonne — la première version connue est antérieure à l’offensive du 16 avril 1917 :
retrouvée dans le carnet du soldat François Court, elle y est suivie de la mention « chanson crée le 10 avril 1917 sur le plateau de Craonne ».
Cette version fait la transition avec celles de la Chanson de Lorettepuisqu’elle comporte comme elles un couplet supplémentaire absent du texte classique de la Craonne.
La chanson de Craonne a été écrite sur la musique de « Bonsoir M’amour » (procédé fort utilisé pendant la Grande Guerre), sur un mouvement de valse lente.
Elle demeure aujourd’hui, la chanson-type de l’antimilitarisme, mais elle a été dépassée par plusieurs autres dont, « Quand un soldat » de Francis Lemarque en 1953 ou encore, le très célèbre « Déserteur » de Boris Vian en 1954.
LA CHANSON DE CRAONNE
Chanson anonyme
Paroles diffusées par Raymond Lefebvre
1919
Quand au bout d’ huit jours le r’pos terminé
On va reprendre les tranchées,
Notre place est si utile
Que sans nous on prend la pile
Mais c’est bien fini, on en a assez,
Personne ne veut plus marcher,
Et le cœur bien gros, comm’ dans un sanglot,
On dit adieu aux civ’lots *.
Même sans tambour, même sans trompette
On s’en va là-haut en baissant la tête.
Refrain :
Adieu la vie, adieu l’amour,
Adieu toutes les femmes.
C’est bien fini, c’est pour toujours,
De cette guerre infâme.
C’est à Craonne sur le plateau,
Qu’on doit laisser sa peau,
Car nous sommes tous condamnés,
Nous sommes les sacrifiés.
Huit jours de tranchée, huit jours de souffrance,
Pourtant on a l’espérance
Que ce soir viendra la r’lève,
Que nous attendons sans trêve
Soudain dans la nuit et dans le silence,
On voit quelqu’un qui s’avance
C’est un officier de chasseurs à pied
Qui vient pour nous remplacer.
Doucement dans l’ombre, sous la pluie qui tombe
Les petits chasseurs vont chercher leurs tombes.
Refrain :
Adieu la vie, adieu l’amour,
Adieu toutes les femmes.
C’est bien fini, c’est pour toujours,
De cette guerre infâme.
C’est à Craonne sur le plateau,
Qu’on doit laisser sa peau,
Car nous sommes tous condamnés,
Nous sommes les sacrifiés.
C’est malheureux d’ voir sur les grands boul’vards
Tous ces gros qui font la foire.
Si pour eux la vie est rose,
Pour nous c’est pas la même chose.
Au lieu d’ se cacher tous ces embusqués
F’raient mieux d’monter aux tranchées
Pour défendre leur bien, car nous n’avons rien
Nous autres, les pauv’ purotins *.
Tous les camarades sont enterrés là,
Pour défendr’ les biens de ces messieurs là.
Refrain :
Ceux qu’ont l’pognon, ceux-là r’viendront,
Car c’est pour eux qu’on crève.
Mais c’est fini, car les trouffions
Vont tous se mettre en grève.
Ce s’ra votre tour, messieurs les gros,
De monter sur l’ plateau,
Car si vous voulez faire la guerre
Payez-la de votre peau !…
 * Civelot = civil, en argot,
* Purotin = personne dans la gêne, dans la misère.
Journal du dimanche 24 juin 1917 à travers Le Miroir
Violent bombardement, suivi d’une nouvelle série de tentatives allemandes sur les points attaqués les jours précédents, d’une part dans la région de Vauxaillon, d’autre part au sud et au sud-est de Filain. Toutes ces attaques ont été repoussées et n’ont valu à l’ennemi que des pertes sérieuses sans aucun avantage.
La lutte a été particulièrement vive entre la ferme de la Royère et la ferme Froidmont. Les Allemands qui avaient élargi leur front d’attaque à l’est de l’Epine de Chevregny jusqu’au nord de la ferme Froidmont, ont multiplié leurs efforts pour enlever les positions contre lesquelles ils s’étaient brisés la veille.
Les vagues d’assaut, disloquées par nos feux n’ont pu aborder nos lignes ni déboucher du saillant où elles avaient pénétré. D’autres tentatives ennemies, à l’est de Chevreux, à l’est des Cavaliers-de-Courcy et dans le secteur des Chambrettes, ont également échoué. De notre côté, nous avons fait dans les lignes allemandes plusieurs incursions qui nous ont valu des prisonniers.
Les Allemands ont jeté 1200 obus sur Reims.
Les éclaireurs russes ont réussi à occuper plusieurs tranchées allemandes.
M Venizelos est arrivé au Pirée sur l’invitation de M. Jonnart, pour conférer avec M. Zaïmis. Sur le front roumain de Moldavie, la lutte s’intensifie.

source: http://grande.guerre.pagesperso-orange.fr/juin17.html

 

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