1075/13 juillet 1917: un coup de main en Argonne du 341ème R.I. emmené par le Capitaine Calliès

Exécution du capitaine Estève

(La date du 1″ juillet n’est pas certifiée)

Lire sur le forum :http://pages14-18.mesdiscussions.net/pages1418/forum-pages-histoire/capitaine-vincennes-juillet-sujet_8593_1.htm

Un sujet du bac dans l’air du temps

Le 13 juillet 1917 Le Figaro nous relate cette information.

«La session du baccalauréat touche à sa fin. On ne reprochera plus à la Sorbonne de donner aux jeunes candidats des sujets archaïques.

Un des derniers sujets de composition française était “Acceptez-vous cette affirmation de Renan: L’épopée disparut avec l’héroïsme individuel, il n’y a plus d’épopée avec l’artillerie”?

Il ne peut y avoir sujet de plus brûlante actualité. L’opinion est d’ailleurs très discutable. Un candidat a soutenu que Renan a raison, il a écrit deux ou trois fois Renan avec un t, et il a été reçu.

Que l’on vienne nous parler après cela de la sévérité abusive du jury, nous n’y croirons pas» écrit Le Figaro le 13 juillet 1917.

source: Le Figaro: http://www.lefigaro.fr/histoire/centenaire-14-18/2014/07/13/26002-20140713ARTFIG00079-13-juillet-1917-un-sujet-du-bac-dans-l-air-du-temps.php

Journal du vendredi 13 juillet 1917 à travers Le Miroir

Lutte d’artillerie assez vive au nord de Jouy.
Dans la région de Sapigneul et en Champagne, nous avons repoussé deux attaques en faisant des prisonniers.
Canonnade sur la rive gauche de la Meuse aux abords de la cote 304.
En Woëvre, nous brisons une offensive allemande accomplie en force.
Les Anglais ont subi une vigoureuse attaque sur leurs positions du front de Nieuport. La violence des tirs convergents de l’artillerie allemande a réussi à détruire entièrement les organisations défensives du secteur des Dunes, près de la côte. Sur ce point, l’ennemi a pénétré dans les tranchées britanniques sur un front de 1300 mètres et une profondeur de 600, en sorte, qu’il a pu atteindre la rive droite de l’Yser, près de la mer.
Plus au sud, il a été mis en échec près de Lombaertzyde.
Les Allemands ont continué à bombarder Furnes sur le front belge.
Violente activité d’artillerie autrichienne dans le Trentin. L’artillerie italienne a riposté avec énergie. Echec des Germano-Bulgares à l’ouest de Monastir.
Les aviateurs britanniques, après avoir repéré le Goeben devant Constantinople, l’ont attaqué et atteint à coups de bombes. Ils ont aussi bombardé le ministère turc de la Guerre.
Les Russes ont occupé Halicz, rejetant les Autrichiens sur la rive gauche du Dniester. Ils ont pris encore trois villages, capturé 2000 hommes et 30 canons. Leur butin, en trois jours, monte à 10000 hommes et 80 canons.

source: http://grande.guerre.pagesperso-orange.fr/juillet17.html

Carnet d’Ernest Olivié

Jeudi 12 juillet 1917 –Ste Messe à Testet, et préparation de départ, toujours fort ennuyeuse et bien triste. La pauvre Maman contient assez bien les sursauts de son cœur : pauvre Mère ! Combien elle a souffert toute sa vie, depuis qu’elle est mère surtout, pour nous élever ! Et pourtant, elle avoue que tout cela n’était rien à côté de ce qu’elle souffre à présent. Que Dieu veuille tenir compte de toute cette immense douleur et lui préparer une place de choix dans le ciel ! Qu’il daigne aussi – si telle est sa volonté – lui épargner trop de malheurs !
A 17 h, en route. A Aubin, Rosa veut prendre place à côté de moi pour m’accompagner jusqu’à Capdenac, où elle trouvera sa mère. A Capdenac, j’ai quelque peine à me tirer des mains des gendarmes et des contrôleurs qui gardent les issues. Je m’en tire cependant en enjambant une barrière, et me voilà chez ma sœur jusqu’à demain au soir.
– Vendredi 13 juillet 1917 –Ste Messe à Capdenac à 7 h. Journée délicieuse, quoique très chaude, en compagnie de ma sœur et de sa petite famille. A 19 h, nouvelle séparation, qui me laisse encore le cœur gros. Heureusement que je fais la rencontre d’un confrère soldat, l’abbé Bouby, qui fait route avec moi jusqu’à Troyes. On cause un peu de tout et de tous. Je ne l’avais pas vu depuis au moins cinq ans. Le voyage est rapide, sans longs arrêts dans les gares, sans trop de bris de vitres surtout. (?)

Samedi 14 juillet 1917A 5 h environ à Orléans, 9 h à Troyes. Vers 16 h à Jessaint, gare régulatrice, d’où nous repartons à 17h, pour St-Dizier.
Nous arrivons à Revigny (-sur-Ornain) vers 21 h 30. Le temps de sortir, d’aller boire un petit jus, et de nouveau nous partons pour Bar-le-Duc, terme de mon voyage. A Bar, nous arrivons vers 23 h. Notre bataillon se trouve à Fains, à 3 km de Bar-le-Duc. Comme je ne connais pas le chemin, je passe la nuit dans une salle aménagée exprès, près de la gare.
  Dimanche 15 juillet 1917A 6 h, je pars pour Fains où j’arrive une heure après. Bar, avec sa ville haute et sa ville basse, présente un aspect pittoresque. Tout autour, des coteaux verdoyants d’où surgissent de nombreuses villas. Dans la vallée, marchant parallèlement, le canal et la voie ferrée à 4 voies. Fains est aussi très gracieux. C’est un petit village de 2000 habitants en temps normal. Ses habitants accueillent bien les soldats, parait-il. En y arrivant, je vais célébrer la Ste Messe : charmante église bien tenue et vaste ; j’ai tout de suite bonne impression.
Mais quand je retrouve ma section, je suis profondément attristé que la plupart de tous les camarades que j’avais laissés en partant en permission, sont remplacés par d’autres que je ne connais pas. Ma pauvre compagnie a été rudement éprouvée dans les contre-attaques du 30 juin et du 1er juillet faites au Mort-Homme ( Croix de Fontenoy) pour reprendre aux Boches du terrain perdu : 6 morts en tout, dont l’adjudant, mort à l’ambulance, une
quarantaine de blessés, presque tous de ma section. Ces nouvelles m’affligent profondément.
A 9 h, grand-messe militaire, plusieurs civils, 200 soldats environ sur près de 2000 hommes. Beaucoup de solennité dans les chants et la musique surtout. Orgues tenues magistralement par M. Leconte, médecin auxiliaire, prix du Conservatoire ; violon par Coudougnan, caporal infirmier : tout cela est très beau et chante dignement la louange de Dieu. M. le Curé prêche d’une façon parfaite. A 10 h 30, messe paroissiale à laquelle je n’assiste pas, parce qu’il y a le repas à ce moment-là.
A 13 h, M. le Curé veut bien nous recevoir chez lui, nous paye diverses douceurs, et surtout nous égaye un bon moment par ses saillies et sa conversation pleine d’esprit ; c’est un bien bon curé, comme on n’en rencontre pas à chaque pas.

Vêpres à 15 h, bien chantées par les enfants de la paroisse. Salut à 8 h du soir, comme d’habitude.
Lundi 16 juillet 1917Rien de spécial à noter. Un peu de cafard, mais pas excessif. Le repos est d’ailleurs propre à le dissiper. Nous ne faisons pas grand-chose en tant que brancardiers ; au contraire, les camarades armés font un entraînement intense.

source: http://a-pyrenean-story.pagesperso-orange.fr/websiteX5/Preview/repos-a-fains.html

Argonne: Un coup de main du 341ème R.I. emmené par le Capitaine Calliès

C’était en Argonne, à l’est du Four de Paris, dans le secteur des Sapins.

Le Bataillon se trouvait au repos, cantonné dans le village des Islettes. La perspective de six jours de tranquillité réjouissait les poilus. Certes, ce secteur ne se montrait pas trop agité depuis quelques mois, cependant la première ligne demeurait toujours la première ligne avec la menace constante d’une balle, d’une grenade, d’une torpille ou des gaz. Il y avait surtout la menace de la surprise d’un coup de main et celle de la mine, de la mine qui sautait, s’épanouissait comme un geyser, vous faisant faire deux ou trois pirouettes en l’air, vous écrasant ou vous enterrant vivant dans votre abri qui s’effondrait ! Quand on était là-haut dans la tranchée, on éprouvait une impression d’angoisse, malgré l’habitude, en entendant les pionniers allemands creuser leurs galeries. Dans les gourbis on collait l’oreille aux parois pour mieux percevoir le travail de ces taupes humaines. Parfois c’était le bruit sourd et saccadé des pics et on eût dit des coups de becs dans un cercueil, parfois le vrombissement rageur de la perforeuse. L’ennemi polluait jusqu’aux entrailles de notre sol.

Il y avait des spécialistes du Génie qui s’enfonçaient sous terre pour écouter avec des instruments spéciaux qui amplifiaient les sons et donnaient des directions. On les interrogeait et ils répondaient laconiquement : « Les Boches creusent toujours ». Ou bien : « Ils chargent », ou bien encore : « Ils ont fini de charger, ce sera pour bientôt » « Ils creusent toujours » ! La terre geignait et suffoquait de ce sacrilège. Quand elle se taisait comme évanouie dans sa blessure interne, on savait alors que les fourneaux de la mine se gavaient de mélinite par centaines de kilos.

« Ils chargent ; ils ont fini de charger ! ». On attendait, anxieux, impuissant devant l’inévitable. La mort qui vous fauchait à l’air libre en vous regardant droit dans les yeux n’avait pas cet aspect horrible. Maintenant, comme une gueuse, elle vous prenait par derrière, par en dessous, traîtreusement ; elle devenait une vilenie. Alors l’inquiétude durait parfois plusieurs jours, et pendant tout ce temps, dès l’aurore, les sentinelles évacuaient les petits postes. Tout le monde alerté hors des abris se tenait, pendant quelques heures, dans les tranchées de deuxième ligne, équipé, prêt à combattre. Aux premiers rayons du soleil quand la nature s’éveille dans la brise fraîche et la joie de vivre, certains matins le sol ondulait, grondait puis crachait brusquement des pierres, de la terre, des matériaux divers. Tout cela retombait comme une pluie de lave au milieu de laquelle les piquets ou les madriers tournoyaient ressemblant à de pauvres membres arrachés. Un énorme entonnoir s’ouvrait dans une épaisse fumée. Par les boyaux bombardés de torpilles, on se précipitait pour occuper, les premiers, les lèvres de ce cratère. On échangeait des coups de feu et des grenades avec le Boche ; au moyen de sacs de terre on faisait vivement un barrage. On s’organisait tant bien que mal au milieu des éboulis en attendant la nuit qui permettrait de faire des travaux sérieux et de placer des fils de fer. Il y avait souvent des blessés malgré les précautions prises, parfois des tués surtout quand l’ennemi s’acharnait à occuper l’entonnoir ou profitait de l’explosion pour tenter un coup de main avec des lance-flammes. Il fallait alors livrer un petit combat qui durait des heures.

La loi de la guerre a des rigueurs mais le cauchemar de l’attente, de l’inconnu était fini. Quel soulagement ! Lorsque la relève arrivait, on disait aux camarades : « Vous avez de la chance ! Hier matin on a sauté. Pas grand mal heureusement ! Deux abris ont souffert et la tranchée a été comblée sur cent mètres. On a déblayé comme on a pu, mais il reste encore du travail ». Les nouveaux venus ne répondaient que des phrases aimables sur le moment, mais quand les autres étaient partis ils se récriaient : « Ils n’ont rien fichu dans ce secteur ; tout est à refaire ! C’est dégoûtant ! Nous, nous avons toujours les sales corvées ! ». Puis ils se penchaient vers le sol pour écouter si l’ennemi ne creusait pas une autre mine.

Bien sûr, ce genre de guerre, qui se pratiquait surtout de Vauquois à Reims et qui en Champagne avait creusé des entonnoirs où l’on pouvait dissimuler quatre pièces de canon, semblait presque bénin quand on le comparaît aux opérations du Chemin des Dames ou de Verdun. C’est pour cela d’ailleurs que le secteur d’Argonne, après avoir eu son heure de tragique célébrité en 1915, était considéré, deux ans plus tard, comme un secteur tranquille, où l’on envoyait les troupes éprouvées se refaire.

Donc ce 13 juillet 1917, après six jours passés en tranchées, le bataillon dormait tranquillement dans ses cantonnements, mangeait chaud, tuait ses poux, se rasait et lavait son linge. Puis en prévision de la fête nationale, il écourtait l’exercice quotidien pour préparer une revue, des jeux et des divertissements. En plus des compétitions sportives ordinaires, il devait y avoir des courses en sac et à la chandelle, un mât de cocagne couronné de bouteilles, et divers amusements qui plaisent aux soldats parce qu’ils demeurent de bonnes farces gauloises qui soulèvent un rire franc et jeune. Des corvées préparaient des terrains pour les sauts, d’autres tressaient des guirlandes de feuilles pour orner la rue principale du village. Des musiciens, descendus du ravin des Sapins, répétaient des airs d’opérette et la Madelon pour donner un concert de fantaisie. Les cuisiniers qu’on appelait les « cuistots » se promettaient de confectionner un repas étonnant, chaque cuisine-roulante voulant faire mieux que sa voisine. Le soir, en allant boire un verre au petit café où servaient quelques civiles, les poilus parlaient de la fête en clignant de l’œil. C’était un vrai repos, je vous dis, et qui remettait le moral en place.

Les trois groupes d’élite du régiment se trouvaient là eux aussi. On les appelait ainsi parce qu’ils étaient composés de volontaires qui exécutaient les missions dangereuses. Chacun comprenait une vingtaine d’hommes, vingt gars jeunes et décidés commandés par un officier et des sergents ardents. Ils sortaient presque toutes les nuits en patrouille entre les deux lignes, tendaient des embuscades, allaient écouter ce que l’ennemi disait ou quel travail il effectuait. Une fois tous les deux mois environ, les trois groupes réunis sous le commandement du Capitaine CALLIES, ils se précipitaient, ordinairement en plein jour, sur la tranchée allemande, poussaient jusqu’à la deuxième ou troisième ligne, raflaient tout ce qu’ils trouvaient, détruisaient avec des pétards de cheddite ce qu’ils ne pouvaient pas ramener et vous faisaient des prisonniers comme on cueille des pommes.

La suite sur https://argonne1418.com/2015/01/27/15-juillet-1917-un-coup-de-main-du-341eme-regiment-dinfanterie-emmene-par-le-capitaine-caillies/

Création de la médaille de la reconnaissance française

Créée à titre temporaire par décret, le 13 juillet 1917, la Médaille de la Reconnaissance française était destinée à témoigner publiquement de la « gratitude portée à toutes les initiatives individuelles ou collectives, qui se sont manifestées en France, chez les Alliés et dans le monde entier, pour venir en aide aux blessés, aux malades, aux familles de militaires tués au combat, aux mutilés, aux invalides, aux aveugles, aux orphelins et aux populations chassées et ruinées par l’invasion. »

Selon l’esprit du décret, seuls les initiatives et les actes « qui comportent un effort personnel, soutenu et volontaire, de ceux qui ne consistent pas simplement en l’accomplissement d’obligations militaires légales ou en une simple libéralité ou même en une participation occasionnelle à quelque œuvre de bienfaisance ou d’assistance », pouvaient constituer des titres favorables en vue de l’attribution de la médaille.
A cette époque, les militaires ne pouvaient recevoir la Médaille de la Reconnaissance française, car celle-ci était réservée aux civils uniquement.
Elle comportait trois classes ( 3e classe en bronze, 2e classe en argent et 1re classe en vermeil ) décernées, par décret du Président de la République, contresigné par le ministre de la Justice ( pour les personnes résidant en France ) ou par le ministre des Affaires étrangères ( pour les personnes résidant à l’étranger ).

Les dossiers de candidature étaient examinés par une commission spéciale, siégeant au ministère de la Justice, et présidée par un membre du Conseil de l’Ordre de la Légion d’honneur. Cette commission comprenait, par ailleurs, un ambassadeur ou un ministre plénipotentiaire, un conseiller d’État, un membre de l’Institut et un conseiller à la Cour de cassation. La décision définitive d’attribution ou de rejet revenait au ministre.

source: http://www.france-phaleristique.com/medaille_reconnaissance_francaise.htm

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