1078/16 juillet 1917: Il faut continuer à construire des chars

L’écrivain Georges Duhamel sur le front

Georges Duhamel est aide-major sur le front. Sa Vie des martyrs est le fruit d’une longue station dans ces formations sanitaires où les blessés affluent.

Une langue nette et simple, des observations précises rendues avec cette vérité imagée qui est un des plus attrayants parmi les acquêts modernes de la littérature, et, par-dessus tout, on sent que malgré le détachement apparent et le souci d’observer impartialement, une pitié profonde domine cet ouvrage dont l’importance est capitale au point de vue de la psychologie de cette longue guerre.

Je n’ai pas eu l’occasion de lire Le Feu d’Henri Barbusse. Mais j’ai vu de bons esprits qui, se plaisant à faire la comparaison du livre d’Henri Barbusse avec celui de Duhamel, ne cachaient pas qu’ils mettaient la Vie des martyrs beaucoup plus haut que Le Feu.

Duhamel qui a sondé ici les abîmes de souffrances humaines que la guerre a creusés, n’y a pas été par quatre chemins. Il est profondément descendu dans les régions qu’il voulait explorer. Mais il a su garder un ton qui n’est pas le moins du monde sentimental et presque toujours cette sorte de bonne humeur qui est le propre de tous ceux qui ont fait la guerre.

Les bons morceaux abondent dans la Vie des martyrs. Il y en a de rapides comme la balle qui atteint à vol d’abeille l’isolé qui marche à côté du boyau, il y en a de longs où sont étudiés ces types merveilleux de blessés que sont les « bonhommes ».

Le vocabulaire est excellent. Il n’exagère point le pittoresque langage de nos poilus, tout en en faisant état chaque fois qu’il y a lieu. Duhamel n’a pas reculé devant l’argot des formations sanitaires du front et il parle de « pistolet » avec cette simplicité qui est l’apanage des bons écrivains. La qualité particulière à cet ouvrage, c’est qu’on y trouve à chaque page cette sorte de sang-froid que les médecins acquièrent au contact de la souffrance. On sent que l’auteur considère les blessés comme des enfants qui ont besoin qu’on soit affectueux pour eux, mais aussi qu’on les gourmande sans méchanceté et qu’on ne les prenne pas trop au sérieux, car leur avenir en dépend.

Soignant leur corps, le médecin se distingue, à l’égard des blessés, du prêtre qui leur enseigne la résignation et l’oubli des injures. Duhamel n’a rien non plus du pédagogue qui réprime de mauvais penchants. C’est plutôt une sorte de frère aîné, vigoureux et qui amuse tout en pansant le bobo. C’est un médecin, il soigne des blessures, elles sont souvent affreuses. Et les sentiments fraternels se compliquent parfois d’une grande tristesse, mais d’une tristesse qui se montre le moins possible et ne risque pas de donner le cafard.

C’est pourquoi la lecture de ce livre a quelque chose de réconfortant. Outre le plaisir littéraire, elle donne une confiance dans la vie qui se répare si près de la mort. À un plus haut degré que les prêtres, le corps médical a été le grand consolateur de cette guerre.

Voyant les yeux des grands blessés qui imploraient son aide, Duhamel, vous n’avez nullement songé à écrire le martyre des victimes, mais destiné à les guérir et déterminé à tout faire pour atteindre ce but rédempteur, c’est de vie que vous avez écrit, de la vie des martyrs.

Il faut continuer à construire des chars

la suite sur http://louisrenault.com/2015/11/24/necessites-de-lheure-a-legard-de-la-construction-de-chars-dassaut-16-juillet-1917/

Carnet du lundi 16 juillet 1917 à travers Le Miroir

Les Allemands ont prononcé une attaque sur nos positions au sud de Courcy. Après un vif combat, nous avons repris à l’ennemi quelques éléments de tranchées où il avait pris pied, à l’exception d’un petit poste qui est resté entre ses mains.
Vive activité des deux artilleries en de nombreux points du front. A la cote 304 et dans les régions du Mont-Haut, du Casque et du Téton, le bombardement a atteint une grande violence.
Reims a reçu 2.000 obus. Il y a eu 2 blessés.
L’artillerie allemande a violemment bombardé les tranchées belges et les voies de communication dans la région de Hetsas. Des avions ennemis ont jeté des bombes sur Furnes.
Sur le front de Macédoine, des patrouilles bulgares ont été repoussées dans la région de la Strouma. Activité moyenne d’artillerie dans la région du Vardar.
L’ennemi a lancé deux attaques pour déloger nos alliés de la région de Kalusz. Il a été repoussé.
Les Russes out occupé un nouveau village dans le même secteur.
Un détachement d’alpins italiens a surpris et enlevé un poste ennemi dans le val Camonica. Canonnade entre les vallées de l’Adige et de l’Astico.

source: http://grande.guerre.pagesperso-orange.fr/juillet17.html

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