1085/23 juillet 1917:des civils gazés à Armentières

Lettre d’Albin Castanié à Jane

23 juillet 1917.-

Ma chère Jane.

Il ne faudra pas m’en vouloir si de deux jours je ne t’ai pas écrit, il y a eu chez moi un peu de laisser-aller. J’aurais pu t’écrire je le reconnais.

Nous arrivons à l’instant de passer une revue devant le général Gouraud. Toute la division y assistait. Tout s’est bien passé et je suis content d’avoir vu pour la 1ère fois ce glorieux soldat (NB: Le général Gouraud a été gravement blessé en avril 1915 dans les Dardanelles, il est amputé d’un bras. Noter les propos d’un soldat envers un général.). Il nous a fait, paraît-il, un superbe discours, je te dirai quant à moi que je n’ai pas entendu une seule des paroles qu’il a prononcées (NB: il n’y avait pas de micro!) .

Toujours en bonne santé et je t’aime beaucoup. Comment allez vous vous-même. Je n’ai rien reçu aujourd’hui si ce n’est qu’une lettre de Louis B…….

Ne m’attends pas encore, les permissions sont suspendues jusqu’au jour où nous serons installés à notre nouvelle et prochaine position.

Bonjour à tous. Mille gros baisers de ton chéri.

Albin.

source: http://www.famille-castanie.net/histoires-famille/correspondance-albin-revel/lundi-23-juillet-1917

Armentières, la première ville où l’on a lourdement gazé des civils en 1917

(voir aussi journée du 22 juillet 1917)

Sur cette image d’époque, on aperçoit les stocks d’obus dans les jardins armentiérois.

Difficile de savoir combien de victimes civiles a fait le bombardement de l’été 1917 : on parle de soixante-trois décès par obus et de soixante par exposition à des gaz. « Mais mille sept cents personnes touchées ont été évacuées, on ne sait pas combien sont mortes  », explique Hans Landler. On sait que parmi les personnes atteintes, il y avait Marie Lecocq, Mademoiselle from Armentières, qui victime de ce gaz, recevra une carte de mutilé de guerre.

Hans Landler évoque des scènes terribles : un hôpital à ciel ouvert, avec huit à neuf cents personnes avec des problèmes de vue qui se tiennent les unes aux autres. Il montre des documents d’époque qui attestent de l’ampleur de cette catastrophe civile. «  Les Allemands ont fait à Armentières l’expérience d’un bombardement massif, avec des dosages différents, une sorte de centre d’essai, avec des conséquences redoutables  », raconte-t-il.

Des analyses dans les labos du lycée

À Armentières, on déversera en quelques jours toutes sortes d’obus à gaz, dont le redoutable ypérite, ou gaz moutarde (à cause de sa couleur jaunâtre), qui provoque des irritations, des brûlures et atteint le système pulmonaire. S’il s’appelle ypérite, c’est qu’il a été utilisé pour la première fois par les Allemands dans la nuit du 11 au 12 avril 1917 à Ypres. Et si l’on connaît les différents dosages envoyés par l’ennemi, c’est que l’École nationale professionnelle, qui deviendra le lycée Eiffel, a mis à disposition ses laboratoires et ses personnels pour en analyser les substances. Ce qui lui vaudra deux distinctions, la première par le Commonwealth en 1925, la seconde par l’État français, avec la remise de la Légion d’honneur, fait rare pour un établissement scolaire !

La suite sur le site de la Voix du Nord: http://www.lavoixdunord.fr/region/armentieres-la-premiere-ville-ou-l-on-a-lourdement-ia11b49726n3664186

Carnet du lundi 23 juillet 1917 à travers Le Miroir

Sur le front de l’Aisne, canonnade au nord de Braye-en-Laonnois, dans les secteurs de Cerny, de Hurtebise et de Craonne. Des bombardements très violents ont été suivis, en de nombreux points, d’attaques ou de tentatives d’attaques. Partout nos feux, dirigés avec précision et la vigilance de nos troupes ont fait échouer le projet de l’ennemi. Au nord de Braye, nous avons rejeté après une courte lutte, quelques fractions qui avaient pris pied dans notre ligne.
Au sud-est de Cerny, l’attaque ennemie, menée en force, a donné lieu a un violent combat. Les Allemands, à deux reprises, ont pénétré dans notre tranchée avancée sur un front de 250 mètres, mais, par deux fois, une vigoureuse contre-attaque les en a chassés entièrement.
Au sud-ouest de Cerny, une tentative allemande a également échoué malgré l’emploi de lance-flammes. Au nord d’Ailles, nos grenadiers ont brisé net deux attaques successives.
Les Anglais ont réussi un coup de main au nord de Roeux : des raids au sud-ouest de la Bassée et au sud d’Armentières. Ils ont repoussé une tentative ennemie au nord du bois d’Havrincourt, une autre près d’Armentières.
Les Russes ont reculé au sud de Dwinsk.
Les Roumains, à l’embouchure de Rymnik, ont brisé une offensive.
M. Kerensky a remplacé le prince Lvof à la présidence du conseil à Petrograd.

source: http://grande.guerre.pagesperso-orange.fr/juillet17.html

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s