1103/10 août 1917: les Russes isolés dans la Creuse

Les Russes envoyés au camp  de la Courtine (Creuse)

(…)Pour éviter une mutinerie, les Russes sont envoyés au repos, dans un premier temps, au camp de Neufchâteau (Vosges) et à Blaye (Marne). Loyalistes partisans du nouveau gouvernement et communistes s’opposent, poussant l’état-major français à les éloigner du front fin juin début juillet 1917 au camp militaire de La Courtine, dans la Creuse.

Une mutinerie réprimée par les armes

Plus de 16 000 s’installent à La Courtine où rapidement une crise éclate entre la 1ère brigade composée majoritairement de communistes et la 3ème composée de loyalistes. Cette dernière, pour éviter tout débordement, est envoyée au village de Felletin, à 25 kilomètres de La Courtine.

Craignant une contagion dans les rangs français, l’état-major français achemine dans la nuit du 3 au 4 août 1917 des troupes françaises pour rétablir l’ordre à La Courtine. Le ministre de la Guerre, Paul Painlevé, décide d’organiser un blocus avec l’aide des Russes loyalistes. Face à ce nouvel échec, la 3ème brigade est envoyée à partir du 10 août au camp de Courneau, près de Bordeaux. Le 12 septembre, la population civile voisine est évacuée et un dernier ultimatum de soumission avant le 16 septembre est lancé. Les mutins le rejettent une nouvelle fois.

source: https://lelaboratoireanarchiste.noblogs.org/post/2016/11/07/note-1917-les-mutins-du-camp-de-la-courtine-creuse/

La loi Mourier concernant les affectations des militaires

Le texte complet sur : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6138115j

10 août 1917: la police surveille le Palais-Royal

Le Palais-Royal est devenu un quartier parisien mal famé. Les soldats s’y font dévaliser nous rapporte Le Figaro du 10 août 1917.

«La police continue la besogne d’épuration de Paris, lourde besogne, car nombreux sont les endroits où il y aurait besoin d’intervenir vigoureusement.

Après les gares, où la surveillance est maintenant quotidienne, c’est au Palais-Royal qu’on vient d’opérer. Sur la plainte de plusieurs commerçants qui signalaient que les galeries et les bars voisins étaient envahis par des femmes qui attiraient les soldats et les dévalisaient, M. Duranton, commissaire de la police judiciaire, a effectué une rafle et arrêté toute une série d’individus suspects.

Après examen, dix hommes et quinze femmes ont été envoyés au Dépôt.» écrit Le Figaro du 10 août 1917.

A lire sur http://www.lefigaro.fr/histoire/centenaire-14-18/2014/08/10/26002-20140810ARTFIG00083-10-aout-1917-la-police-surveille-le-palais-royal.php

A propos de la liberté de réunion

Dans ses conclusions sous l’arrêt « Baldy » du 10 août 1917 , le commissaire du gouvernement Corneille avait considéré qu’en matière de police administrative, « La liberté est la règle, la restriction de police l’exception ». Cette formule empreinte d’un esprit libéral a dominé la jurisprudence du Conseil d’Etat dans de nombreuses situations.

Cela a notamment été le cas en matière de conflit entre une liberté fondamentale telle que la liberté de réunion et la protection de l’ordre public par l’exercice des pouvoirs de police.

Dans son arrêt « Benjamin » la Haute juridiction a estimé que le maire devait concilier l’exercice de ses pouvoirs de police avec le respect de la liberté de réunion. En l’espèce, il ne pouvait interdire une conférence publique susceptible de provoquer des troubles, alors que le maintien de l’ordre pouvait être assuré par des mesures de police.

source: http://esquisse-droit-administratif.weebly.com/grands-arrecircts/category/interdiction

Carnets de guerre du vendredi 10 août à travers Le Miroir


En Belgique, nous avons réalisé de nouveaux progrès au sud de Langemarck, et fait quelques prisonniers.
Activité des deux artilleries dans le secteur Panthéon-épine de Chevregny, dans la région des Monts, près d’Auberive et sur les deux rives de la Meuse.
Un coup de main exécuté par nous à l’est de la ferme de Noisy nous a permis de ramener des prisonniers.
Dans la région des Eparges, au nord de Vaux-les-Palomeix, un de nos détachements a pénétré dans les tranchées allemandes et après un vif combat au cours duquel il a infligé de lourdes pertes à l’adversaire et bouleversé ses organisations, il est rentré au complet dans ses lignes.
Malgré le mauvais temps, nos escadrilles ont effectué de nombreuses sorties et bombardé les terrains d’aviation de Colmar et d’Habsheim. Tous les objectifs ont été atteints.
Les Anglais ont repoussé un détachement ennemi qui tentait d’aborder leurs lignes près de Roeux; ils leur ont infligé des pertes. Ils ont, eux-mêmes, réussi plusieurs coups de main dans la région de Lens. Canonnade près d’Ypres.
En Macédoine, les Bulgares ont subi un échec près du lac Prespa, laissant des prisonniers entre nos mains. Canonnade sur le Vardar et la Cerna.
Les troupes de Mackensen accentuent leur pression sur les Russo-Roumains en Moldavie, au nord de Focsani.

Journal de Joseph Rossignol

 10 Août.
Garde aux gazs devant l’entrée de notre abri. Le vent est contraire. La terre calcinée par le soleil se fendille, des traînées de vapeur flottent dans l’espace… floc … floc… floang… Nous, silencieux après un court sifflement des obus à gaz éclatent sur le marais, des marmites creusent le sol des coteaux couvrant de leurs monstrueux éclatements le bruit faible des bouteilles. Des geysers glauques sortent de terre. Travail sournois. Les boches s’acharnent. Nos mines causent des pertes, chez eux et ce sont les bombardiers qu’ils visent. En un violent colloque les fusants claquent, cloutant le ciel, les percutants fouillent ardemment les ravins. Qu’importe ! nos torpilles filent toujours hachant leurs réseaux, crevant les abris. Alors ils essayent de l’intoxication lente. Pas de nappes délétères réservant des surprises inattendues. Qui prévoit le geste du vent ! Donc des obus. Un but fixe le marais dont la situation encaissée forme réservoir ; et ça clapote durant des heures. Un voile soufre et bleu stagne au ras des herbes d’élève lentement, entretenu en densité par les arrivées nouvelles. Aux premières sautes du vent, il s’éclaircit, circule, pénètre et flâne dans les boyaux et les tranchées, s’insinue dans les retraites, empoisonne homme, bêtes et choses. Au fond de la gorge naît un goût d’ail, chloré, spécial… Alerte ! Une cloche tinte grêle. Un clakson rugit. Figures étranges, les poilus revêtent le masque plat. Respiration courte, yeux embués, sueur au front… la torture du masque commence.

 

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