Pourquoi ils veulent réhabiliter les fusillés pour l’exemple

Trois associations considèrent que les soldats fusillés en 14-18 pour avoir refusé le combat doivent être réhabilités compte tenu de ce qu’a été le conflit.

Fusillé pour l’exemple. Même si ça semble aujourd’hui presque inconcevable, c’est ce qui est arrivé pendant la guerre 14-18 à 612 soldats condamnés pour avoir refusé le combat.
Parmi eux, cinq sont originaires de la Vienne : Jean Bourcier, Fernand Duverger, Fernand Ferrand, Emmanuel Pairault et Georges Ravault.
« Ce ne sont pas des gens qui se sont soustraits » A l’occasion du centenaire du conflit, la Ligue des droits de l’homme (LDH), l’association La Libre Pensée et l’Association républicaine des anciens combattants viennent d’écrire aux maires de Châtellerault, Gouëx, Loudun et Neuville-de-Poitou pour demander l’inscription sur les monuments aux morts du nom de quatre d’entre eux (voir encadré), cela ayant déjà été fait pour Fernand Ferrand à Scorbé-Clairvaux. Pourquoi une telle demande si longtemps après ?
« Le but, c’est de réintroduire dans la cité l’honneur de ces hommes, explique Philippe Pineau, président de la section châtelleraudaise de la LDH et membre du comité central de l’association. Ces hommes ont été écartés de la cité, ils ont été considérés comme des lâches. Mais ce n’en était pas. On affirme que les tribunaux militaires ne peuvent être pourvoyeurs que d’une justice militaire, qui n’est pas une vraie justice. Il n’y a pas eu vraiment de défense. A chaque fois qu’un témoin se présentait, on lui disait « Vous devez vous taire ». » L’État a d’ailleurs annulé certaines condamnations. « Sur les 612 personnes comptabilisées par le ministère des Armées, il y a eu quelques cas de réhabilitation, souvent grâce aux démarches entreprises par les familles », indique Philippe Pineau.
En l’occurrence, une quarantaine de fusillés ont été réhabilités. Comme justement Jean Bourcier, dont la LDH souhaiterait aussi donner le nom à un « espace public ».
Une reconnaissance morale et citoyenne Dans un premier temps, l’annulation des condamnations des fusillés a été demandée à l’État. Cette demande s’avérant compliquée à honorer, selon Philippe Pineau, les trois associations demandent pour chacun des fusillés « que la collectivité prenne sous sa responsabilité le retour à une reconnaissance morale et citoyenne ».
Certaines des communes concernées le feront peut-être. Mais certains pourraient être choqués de voir le nom de ces fusillés à côté de ceux des morts pour la France. D’ailleurs, le méritent-ils ? « Ce ne sont pas des gens qui se sont soustraits. Ils étaient sur le front, ils avaient déjà combattu », souligne Philippe Pineau.
Une participation, qui, selon lui, justifie à elle seule leur réhabilitation compte tenu de la « boucherie » qu’a été la Première Guerre mondiale.

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Les quatre fusillés pour l’exemple

Jean Bourcier. Il a été fusillé le 7 mai 1915 à Breit-First (Haut-Rhin) pour « abandon de poste en présence de l’ennemi ». S’il est né à Poitiers (1er septembre 1871), les trois associations ont demandé l’inscription de son nom à côté de ceux des morts pour la France à Châtellerault, où il a longtemps vécu.

La suite sur http://www.centre-presse.fr/article-564884-pourquoi-ils-veulent-rehabiliter-les-fusilles-pour-l-exemple.html

Lire aussi http://www.laprovence.com/article/edition-alpes/4702836/fusilles-pour-lexemple-ces-soldats-tues-pour-et-par-la-france.html

Voir en vidéo aussi : http://www.francetvinfo.fr/sciences/histoire/premiere-guerre-mondiale-les-fusilles-de-1917_2463552.html

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