1207/22 novembre 1917

Ernest Olivié,  aux premières lignes, zone de Burnhaupt (Alsace) 

– Jeudi 22 novembre 1917.- Rien à signaler en dehors du petit train habituel.
– Vendredi 23 novembre 1917.-On commence déjà à dire que l’attaque projetée sur le Kalberg n’aura pas lieu ; il paraît que les Boches sont déjà trop bien renseignés et que, par conséquent, on craint trop d’aller à un échec ; peut-être y a-t-il en réalité d’autres raisons. Le fait est que les canons de tranchées ainsi que les projectiles arrivés en grand nombre ont été à nouveau transplantés en arrière.
Au fond, nous n’en sommes pas mécontents, car ces affaires-là sont toujours désagréables.
Je vais au poste de secours du bataillon de gauche, au point où devait se faire l’attaque. Le secteur est moins agréable que le nôtre, plus humide, moins bien organisé.
 Samedi 24 novembre 1917.- L’abbé Jouanno part en permission de 10 jours. Donc je serai seul pour assurer les messes demain. Je démarche auprès du commandant pour qu’il fasse descendre l’abbé Ressiguier au moulin : il y dira la messe de 8 h. J’irai moi-même en dire une à la 5e compagnie et l’autre à la 7e.

Lettre de Grialou à Ernest.

Le 24 novembre 1917                                                                    Bien cher Olivié,

Ta bonne lettre du 6 est venue me trouver juste au moment où on nous annonçait que le 237e allait être dissous. C’est maintenant chose faite. J’ai bien regretté ce bon régiment dont le colonel avait réussi à faire une grande famille. J’aimais surtout ma compagnie, la 14e , où j’étais l’officier le plus ancien et connaissant le mieux les poilus. Mais la guerre est faite de séparations, et souvent bien plus terribles que celles-là. J’ai pu amener avec moi les deux séminaristes qui étaient à ma compagnie, et mon meilleur camarade parmi les officiers est au même bataillon que moi. Je suis affecté à la 3e Cie du 75e Rég.
Mon nouveau milieu paraît assez sympathique. Le colonel est paraît-il très chic, le chef de bataillon un peu fantasque mais bon ; les autres officiers de bons camarades. Le médecin du bataillon est un fervent chrétien qui fait la Ste Communion chaque matin. Avec cela, deux

prêtres au bataillon, dont l’un infirmier, l’autre faisant fonction d’aumônier. Ce dernier, qui a un peu des allures monastiques, paraît assez peu débrouillard. Mais ne faisons pas de jugements téméraires ; je crois cependant que j’aurai de la peine à retrouver un aumônier comme celui du 4e Bataillon du 237e R. C’était un phénomène dans son genre : très débrouillard, saint prêtre, ayant toujours le bon mot pour rire, bien avec tout le monde, surtout avec les voyous qui ne lui auraient jamais manqué de respect, en un mot l’aumônier des poilus.
J’ai été heureux d’apprendre que tu te trouvais dans un secteur tranquille, tant mieux pour vous. Nous sommes actuellement au repos à 25 km de Paris et un de ces jours, j’espère aller voir Estéveny qui est près de Coulommiers. Nous causerons un peu de tous les amis.

 Je n’avais eu encore l’occasion de te féliciter pour ta citation lors de l’attaque. Tu es en train de devenir un as mais tu es trop modeste.   Continue à prier pour moi. Je ne t’oublie pas de mon côté. Bien affectueusement à toi en NS

Grialou – 3 e Cie – 75 e Rég. – SP 114.

source: http://a-pyrenean-story.pagesperso-orange.fr/websiteX5/Preview/alsace-1917–2.html

Parution de la baïonnette

ÉTIENNE LE RALLIC – Donnerwetter ! c’est pas l’filon par ici ! Filons ! …

http://labaionnette.free.fr/1917/b125.htm

L’histoire de Clovis Andrieu

Le 22 novembre 1917, le général Dantant, commandant la XIIIe région adresse un rapport circonstancié au ministre de la guerre:  » Le soldat Andrieu se livre depuis longtemps à  une propagande dont je ne veux retenir que le caractère antipatriotique. C’est un meneur, un excitateur. Monsieur Lallemand, ancien Préfet de la Loire, aujourd’hui Chef de cabinet au Ministère de la Guerre, me faisait encore savoir qu’il fallait de toute urgence éloigner Andrieu des organisations ouvrières de la Loire. Ce serait un très bon exemple si ce soldat était rappelé à  reprendre sa place dans un corps de troupe et je renouvelle ma demande du 11.6.1917. »

De ce rapport, on peut retenir que l’action d’Andrieu préoccupait les autorités et cela depuis longtemps: en fait depuis les premières luttes de masse sur les salaires. Et que, comme le pensait Andrieu, le Préfet Lallemand avait mal encaissé le recul auquel il avait été contraint lors de la discussion du bordereau. Andrieu, bien que conscient du caractère inéluctable de la répression (lire plus haut) continue cependant sa propagande. Le 29 septembre, il avait déclaré que le but de l’organisation syndicale était la reprise des relations internationales et s’en prend aux majoritaires syndicalistes et socialistes « qui ont fait cause commune avec les partis bourgeois dans l’Union sacrée ». Le 25 novembre, lors d’une réunion du Bâtiment de Firminy, il fustige Lallemand:  » Il ne faut pas se contenter de l’indemnité de vie chère que l’on vous propose: elle ne correspond pas à  votre valeur… Les patrons n’ont pas respecté l’accord signé en juin dernier chez sa majesté Lallemand. Les pouvoirs publics sont à  la solde des capitalistes. Unissons-nous pour résister à  nos exploiteurs ! Si un de nous tombe, il s’en trouve un derrière lui, prêt à  prendre sa place pour combattre. Le peuple devait être souverain et il ne l’est pas. Comme dans cette salle, dans l’atelier, il y a une nuée de mouchards et nous ne l’avons pas voulu. Notre gouvernement actuel, dans l’entourage duquel gravite Monsieur Lallemand, est constitué de responsabilités hostiles aux aspirations de la classe ouvrière. Quand le peuple élit des maîtres, il donne des verges pour se faire battre… »

toute l’histoire sur : https://www.forez-info.com/encyclopedie/histoire-sociale-de-la-loire/21086-lhistoire-de-clovis-andrieu.html

Journal du jeudi 22 novembre 1917 à travers Le Miroir

Nous avons réussi plusieurs incursions dans les lignes allemandes au nord et au sud de Saint-Quentin et ramené des prisonniers.
Une opération sur la Miette nous a valu de faire 175 prisonniers, et de progresser sur un front d’un kilomètre.
L’attaque anglaise entre Saint-Quentin et la Scarpe a été couronnée de succès. Les troupes britanniques ont pénétré dans les positions allemandes sur une profondeur de 6 à 8 kilomètres et sur une longueur considérable. Elles ont fait plusieurs milliers de prisonniers et capturé un certain nombre de canons.
Le premier système de défense de la ligne Hindenburg a été enlevé, puis, à 1500 mètres de là, le deuxième système. Les hameaux de Bonain, la Vacquerie, Rebecourt, Flesquières, Havrincourt, Marcoing, et le Bois-Neuf, Grancourt et Anneux ont été occupés. A l’est d’Epehy il y a eu aussi une avance sensible.
Les Italiens ont repoussé dans les montagnes, entre Brenta et Piave, une nouvelle succession d’attaques austro-allemandes.
Les troupes britanniques sont arrivées à 9 kilomètres de Jerusalem.
Les commissaires du peuple maximalistes de Petrograd ont prescrit l’ouverture de négociations avec les Austro-Allemands en vue de la conclusion d’un armistice.

l’éphéméride complet sur http://grande.guerre.pagesperso-orange.fr/novembre1917.html

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s