1341/5 avril 1918: l’intendance ne suit pas: les Allemands arrêtent leur offensive

L’intendance ne suit pas: les Allemands arrêtent leur offensive

Le 21 mars 1918 commença l’offensive Michael entre Arras et la Fère. En une semaine, l’avancée allemande atteignit 65 km sur un front de 80 km. Le front menaçait de rompre. Le général français Pétain envoyait des divisions françaises soutenir les Britanniques.  Heureusement pour les Alliés, l’avance allemande ralentit et s’arrêta le 5 avril 1918 par manque de ravitaillement et par manque de suivi de l’artillerie qui peinait à se déplacer rapidement.

http://guerre1418.org/html/1918.html

La bataille des monts de Flandre (avril-mai 1918)

Colonne de réfugiés lors de la Bataille de la Lys Avril 1918. Original Source: © IWM (Q 357) . Article associé:
https://memoiredhistoires.com/2015/09/26/recit-dun-exode-des-flandres-avril-1918/

La 5 avril, après quinze jours d’une lutte gigantesque, l’offensive allemande s’arrêtait. Le flot, comme disait Foch, venait mourir devant Amiens. La rupture ne s’était pas faite entre l’armée française et l’armée britannique. L’ennemi arrivait sur l’Avre à bout de course, en grand désordre, et offrant sur sa gauche un flanc dangereusement vulnérable dont nous pouvions être tentés de profiter. Le 7 avril, dans la nuit, le bruit du canon se réveillait plus au Nord. Le 9, à huit heures du matin, les Allemands attaquaient sur un front de li> kilomètres, entre la Lys et le canal de la Bassée.

Nous n’avons sur cet épisode excentrique de la campagne, que les Allemands appellent la bataille d’Armentières et les Anglais celle de la Lys, que des renseignements incomplets. A distance, les raisons de cette manœuvre inexplicable ne sont pas plus claires qu’au premier jour. Si ce fut, comme tout porte à le croire, une manœuvre de circonstance, quelles étaient les circonstances à la date du 7 avril ?

Des cinq armées anglaises qui tenaient le front face à l’Est, du saillant d’Ypres à Moreuil, la IVe (Rawlinson) sortait de la bataille fort malmenée, la Ve (Gough) anéantie. Pour tenir sur la Somme, le maréchal Haig avait dû y faire venir douze divisions retirées en hâte du front des Flandres et découvrir sa gauche pour renforcer sa droite. Ces divisions avaient été, faute de réserves fraîches, relevées dans leurs anciens secteurs par des troupes épuisées. Nul n’ignore que c’était alors en Angleterre le moment aigu de la crise des effectifs. L’armée anglaise, pour quelques mois, se trouvait dans un état tragique. Dans ces conditions, était-elle capable de supporter un nouvel assaut ? En écrasant la gauche anglaise après la droite, les Allemands ne faisaient qu’achever l’adversaire : l’ouvrage était à moitié fait, il n’y avait qu’à redoubler les coups. L’armée anglaise s’offrait d’elle-même à cette espèce de « poursuite. » Ainsi l’ennemi, par un brusque changement de direction, poursuivait en réalité le même dessein fondamental, qui est la destruction des forces de l’adversaire.

https://fr.wikisource.org/wiki/La_Bataille_des_Monts_de_Flandre_(avril-mai_1918)

Carnet de guerre d’Edouard Coeurdevey

Le 5 avril  G.C. Siam.

          Encore une alerte avant le jour. Du petit poste de gauche on a entendu très distinctement dans l’oseraie voisine, sur le derrière de la ligne, des coups de cisaille, des bruits suspects de fils heurté, d’herbes froissées…

          Laborieuse mise en place pour le dispositif de combat : les dormeurs lambinent, les guetteurs s’affolent, les caporaux agissent comme de bons soldats, mais de 2ème classe et sans initiative. J’attends la tentative d’enlèvement du petit poste. Piège tendu à l’ennemi. Je voudrais bien que la machine prête se déclanche et fonctionne. Mais le jour vient tout seul, sans l’événement attendu. Ni traces, ni remarques révélant le Boche. Pourtant ce n’était pas une illusion que ces bruits insolites.

          7 heures. Au jus. Réunion des caporaux pour semonce.

          8 heures. Arrivée du Commandant de Compagnie avec le Capitaine Cléret. Contraste entre les deux hommes. Droz ne me tend pas la main et répond négligemment à mon salut. Un seul mot bourru : « Vous viendrez avec nous Cœurdevey… »

          Cléret élégant, œil clair et voix douce de mousmé.

          Misère de nos journaux : « Échec du plan de Lüdendorf ; ce qu’il espérait ». Parce que Paris n’est pas pris, on s’efforce de montrer que les Boches ont subi un échec complet.

          « Une visite du roi d’Angleterre à son armée » : copie niaise des correspondants de guerre, ne trouvant à dégager que les qualités d’infirmière de l’empereur et roi ; opposant sa simplicité à la morgue sanguinaire de Guillaume ! Ou, déclaration de M. Pachitch sur la victoire inéluctable du Droit avec un D majuscule, sur la libération des peuples opprimés par la tyrannie germano-hongroise… Et nos théâtres ! Hélas affichent : Xantho chez les courtisanes, la petite bonne d’Abraham!

     Le 6 avrilG.C. Siam.

          Disparition de mon stylo. (Maréchal de logis Grenier observant Peyneau, Martin, 27ème Bataillon 252…)

          Encore la révoltante indigence et bêtise plate de nos « Grands Quotidiens ». Voici le numéro du Matin. Sur une seul page je cueille ceci en attendant l’heure d’alerte, après une ronde :

          Un article sur « l’aviation dans la bataille ». Notre infériorité lamentable voilée par des phrases creuses et menteuses. « L’œil des armées » : « hécatombe d’appareils ennemis ». « Quatre-vingt un appareils boches abattus en huit jours ». Un épisode imaginaire (combat heureux d’un observateur contre sept chasseurs ennemis) pour conclure : « Pas plus qu’à terre, le nombre ne compte pour nous valeureux poilus de l’air ! » Où sont hélas les cent mille avions américains pour le printemps 1918 ?…

          Un autre article sur « deux coups de main en Lorraine ». Attaque ennemie = échec complet. Riposte française = succès au prix de pertes extrêmement légères.

          « Nos zouaves ont voulu, à leur tour, montrer aux Allemands ce dont ils étaient capables ». Nos zouaves ? Ah ! Les malheureux, ils voulaient ce qu’on leur ordonne de faire. Ils l’acceptaient virilement, c’est entendu, et pas tous, sûrement ; mais il faut la phrase ronflante finale : « Autant l’attaque allemande avait été piteuse, autant la riposte fut nette et fructueuse ».

http://atelca.fr/remy/transit/edouard/htm/carnet11A-part2.htm

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