1343/7 avril 1918

Carnet de guerre d’Edouard Coeurdevey

Le 7 avrilG.C. Siam.

          Après un temps d’arrêt, la bataille reprend acharnée. On sent la farouche résolution chez l’ennemi d’en finir par notre écrasement à n’importe quel prix. On éprouve dans l’armée française la résolution désespérée de se faire hacher sur place plutôt que de céder. Et la nation, serrée derrière le courageux vieillard qui incarne l’âme indomptable de la race, tient le coup avec une sorte de ‘sursum corda » dans la douleur.

          Malgré moi je songe aux heures tragiques de Vercingétorix, de Jean le Bon. La bravoure inouïe, surhumaine d’alors, n’arrêta pas la catastrophe.

          La France est en danger à cause de sa déplorable et désastreuse maladie de morale. L’appétit du bien-être et la crainte des enfants. Or, je ne vois aucune volonté de se guérir.

          Tous ceux qui ne voulaient pas d’enfants persistent dans leur résolution arrêtée d’en avoir le moins possible. Ceux qui n’avaient pas de projet contre leur progéniture à naître déclarent que « pour les faire tuer on en a toujours trop ».

          Les vraies et sincères familles nombreuses restent des phénomènes. Dans le Midi, on montre du doigt les mères de quatre enfants. Se rappeler la conversation : Lacaque, Barbier du P.P n°7, devant le bois Neutre, à sept heures du matin.

          De Foch : « Le flot expire sur la grève ». Une bien rassurante image… pourvu qu’elle soit vraie !…

http://atelca.fr/remy/transit/edouard/htm/carnet11A-part2.htm

Parution du Miroir

Journal du dimanche 7 avril 1918

La lutte d’artillerie s’est maintenue violente sur le front de l’Oise et de la Somme. L’ennemi a prononcé une forte attaque sur nos positions entre Mesnil-Saint-Georges et à le Monchel. L’attaque, brisée par nos feux, a complètement échoué. De nombreux cadavres sont restés devant nos lignes.
Plus au nord, nos batteries ont dispersé des rassemblements ennemis dans le bois au sud de Hangard et dans la région de Dumuin.
Dans le secteur de Noyon, les Allemands, après un bombardement par obus de gros calibre, ont tenté de nous arracher nos gains au nord du mont Renaud. Après un combat très vif, nos troupes ont gardé l’avantage et conservé le terrain conquis.
Sur la rive gauche de l’Oise, la journée a été marquée par une série de violentes attaques lancées par les Allemands sur le front Abbecourt, sud de Chauny-Barisis. Nos troupes ont résisté sur nos lignes d’avant-postes, et, après avoir infligé des pertes élevées aux assaillants, sont venues occuper conformément aux ordres reçus, des positions préparées.
En Argonne, dans la région de Saint-Mihiel et au Ban-de-Sapt, activité des deux artilleries.
Sur le front anglais, continuation de la lutte au sud d’Ayette.
L’ennemi a constamment renouvelé ses attaques avec des forces considérables, mais elles n’ont pas eu plus de succès que précédemment.
Nos alliés ont légèrement amélioré leur position au sud de la Somme, près de Hangard, par une contre-attaque.

source: https://www.google.fr/search?q=6+avril+1918&safe=active&ei=vDmyWrreE-GOgAa5jIaYBg&start=170&sa=N&biw=1280&bih=605

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