1400/3 juin 1918

Correspondance et photos de Gabriel Turquet

Le 4 mai, Gabriel est dans son dépôt à Orléans et se prépare à partir le lendemain au front. En arrivant au Bois des Buttes près de Craonne dans l’Aisne, il est assez impressionné par ce qu’il voit « Oh, quel spectacle ! Chers parents, je vous enverrai mes photos.  » (14 mai). Il loge dans une sape (sorte de tranchées creusées sous terre) et passe ses journées dans sa batterie. Pour lui, le plus dur est le manque d’hygiène et le fait de devoir garder ses vêtements tous les jours (vues 14-16).

Sa batterie bombarde les lignes allemandes :  » nous tirions par rafales, j’ai fait le chargeur. Il faut être vif et habile pour s’écarter du recul de la culasse et du renvoi de la douille  » (23 mai). Il décrit aussi son poste de tir :  » un groupe comprend quatre batteries soit seize canons, quatre par batteries « . Il doit souvent porter un masque à gaz à cause des obus à gaz allemands et trouve cela inconfortable pour écrire.
Il commente ses photographies :  » la petite colline que vous voyez dans certaines vues est le fameux Bois des Buttes percé de trois tunnels, du haut duquel nous pouvons voir Laon et le Chemin des Dames dont on parle tant  » (23 mai). Fin mai, il s’étonne du manque de réactions des Allemands, qui ne répondent pas à leurs tirs et pense que ces derniers préparent une offensive. Le moral des troupes est bas et à son goût, il entend trop souvent l’Internationale (31 mai). Le 3 juin, il reçoit l’ordre d’assurer la liaison entre le commandant et le colonel qui est à Pontavert (Aisne) ; surpris en chemin entre des tirs croisés, il se retrouve coincé dans les boyaux sous des feux, s’en sortant miraculeusement en se cachant dans une sape. Les Allemands sont de nouveau très actifs par leur artillerie et leur aviation.

Le 4 juin, Gabriel apprend sa nouvelle affectation en tant que téléphoniste :  » je ne serai plus sous les pièces, je serai 200 mètres plus en arrière « , et explique à ses parents qu’il écrira moins souvent car il aura davantage de travail. Ce poste lui permet d’avoir des nouvelles de la situation générale : il reçoit beaucoup de dépêches de la TSF et apprend le déroulement d’une offensive alliée du côté de Messines (Belgique, 8 juin). Le 11 juin, il part à l’arrière au bois de Gernicourt et pense à son ami Henri Vessière mort récemment dans les environs ; il ne s’y habitue toujours pas.

Le 24 juin, il a pu aller à la messe mais a passé une soirée bien mouvementée entre les obus à gaz et un pilonnage intensif qui l’a empêché de dormir. Il reste fasciné par ce spectacle :  » malgré le danger et malgré l’inquiétude du moment, je n’ai pas pu m’empêcher de trouver cela magnifique  » (vues 52-53). La relève des positions se déroule sous des obus asphyxiants ; l’odeur est très forte et se fait sentir plusieurs jours après. L’artillerie lourde est appelée en renfort pour pilonner les batteries allemandes à l’origine de ces tirs. Il aurait bien aimé avoir un appareil de cinéma pour filmer ce qu’il voit.

L a suite sur: source: http://recherche-archives.vendee.fr/archives/archives/fonds/FRAD085_1Num416/view:all

La bataille du bois Belleau (Aisne)

Le 3 juin, toute la 2ème division est positionnée en face des Allemands sur une ligne de 7 kilomètres s’étalant de Marigny-en-Orxois et le hameau de Thiolet en passant par Lucy-le-Bocage, à proximité du Bois Belleau.

Le même jour, les Allemands attaquent la partie gauche du dispositif américain mais ils sont refoulé avec des pertes importantes. Le 4 juin, toute la 2ème division américaine est au contact de l’ennemi et l’avance allemande est définitivement endigué.

En apprenant la présence de troupes américaines dans le secteur de Château-Thierry, le commandement allemand opte pour une stratégie qui aura le but d’infliger un maximum de dégâts à ces nouveaux adversaires.

De leur côté, les américains se fixent l’objectif de reprendre certaines positions importantes récemment capturé par les Allemands. Les combats sont alors des plus violents car aucun des deux camps ne veut céder le moindre centimètre de terrain à son ennemi.

Dans la nuit du 5 au 6 juin, la 4ème brigade des Marines du général Harbord et le 23ème régiment d’infanterie américaine montent en ligne à leur tour pour contre-attaquer et reprendre en premier lieu le bois Belleau.

source: https://www.guerre1914-1918.fr/bataille-du-bois-belleau-1er-au-26-juin-1918-02-aisne/

Journal du lundi 3 juin 1918

La pression allemande s’est poursuivie avec intensité sur le front entre l’Oise et la Marne.
Des tentatives extrêmement violentes dans la région lisière nord du bois de Carlepont et Moulin-sous-Touvent, ont été enrayées par nos troupes, qui ont rejeté l’ennemi au nord de cette dernière localité. Le mont de Choisy, attaqué à quatre reprises par les Allemands et pris par eux, a été enlevé de nouveau à la baïonnette par nos soldats, qui en sont restés maîtres.
Entre Vierzy et l’Ourcq, l’ennemi s’est emparé de Longpont, Corcy, Faverolles et Troesnes, mais, par un énergique retour offensif, nos troupes out occupé à nouveau ces localités.
Sur la Marne, les Allemands ont atteint les hauteurs à l’ouest de Château-Thierry; nous tenons la partie de la ville située sur la rive gauche.
De violents combats se sont livrés aux abords de la route de Dormans à Reims que les Allemands ont dépassée légèrement au sud d’Olizy-Violaine et de Ville-en-Tardenois.
Les Anglais ont exécuté un raid heureux au sud-est d’Arras. Ils ont fait vingt-sept prisonniers. D’autres raids, couronnés de succès, ont été effectués par eux au sud-est de Lens et au nord de Béthune.
Activité d’artillerie dans le secteur de Villers-Bretonneux.

source: http://grande.guerre.pagesperso-orange.fr/juin18.html

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