1449/22 juillet 1918


Parution de La vie parisienne


La grippe espagnole frappe la Belgique

Si la première vague de grippe est moins mortelle que la seconde, elle n’en reste pas moins handicapante pour l’armée belge, et traumatisante pour ses soldats. Ceux-ci commencent à tomber malades en avril-mai 1918. Les militaires atteints sont bientôt envoyés systématiquement à l’hôpital Cabour d’Adinkerke, dans le but d’éviter autant que possible la contagion dans les autres centres de soins. Les récits belges décrivent une maladie qui s’abat soudainement sur les malades, les laissant immédiatement sans force et les soumettant à une très forte fièvre pendant deux ou trois jours (ce qui justifie le nom de  » three day fever  » rapidement donné à cette première vague dans l’armée britannique). La plupart des malades – pas tous cependant ! – survivent à cette fièvre de cheval et se rétablissent en l’espace de deux semaines.

C’est le cas de l’artilleur Edouard Froidure, que la grippe saisit le dimanche 2 juin en pleine messe célébrée par un aumônier militaire à Nieuport. Il perd connaissance et doit être emmené sur une civière par des brancardiers. On le met rapidement à l’écart des autres malades dans la baraque des  » sortants « , c’est-à-dire de ceux qui avaient de grandes chances de mourir : « Je demeurai ainsi trois jours, avec quarante degrés de fièvre, entre vie et mort. Le plus dangereux encore, le véritable coup mortel pour les plus résistants (car curieusement, en réchappaient les garçons estimés les plus faibles ou, du moins, réputés moins forts), c’était de tomber d’une température de 39 à 40 degrés à une autre de 35. Cette chute vous envoyait au cimetière… Pendant deux ou trois jours donc, je délirai, abruti ou agité selon les heures« . Le 15 juin, Froidure est tout à fait rétabli. Il l’a échappé belle. D’autres malades se rétablissent plus rapidement, comme Gustave Tiberghien qui, après trois jours de fortes fièvres à la fin juin, reprend – difficilement – son service après un seul jour de repos. La deuxième vague de l’automne laissera moins de chances à ses victimes.

Parmi elles, le grenadier Gustave Groleau. Grièvement blessé au début de l’année 1918, il doit ronger son frein à l’arrière au lieu de participer à l’offensive finale. Eloigné des rafales et des obus, il est brusquement confronté à un tout autre type de mort. Le 1er octobre, son journal traduit bien l’étonnement et la tension suscités par l’épidémie :

« Vers 9 h, j’apprenais une mauvaise nouvelle : le camarade sergent Gustave Van Erp, un Borain, venait de mourir d’une broncho-pneumonie. Que se passe-t-il dans le camp ! Les invalides augmentent journellement et tout le monde est inquiet. Les docteurs eux aussi voudraient être fixés. On ne sait au juste. D’autres de mes amis sont atteints de ce mal néfaste : les premiers sergents majors Beckaert et Vincke, le sergent-major Moetaert et le fourrier Bernier, tous quatre de forte corpulence. Quel serait ce mal qui ne pardonne pas et nous a déjà enlevé le lieutenant Touret [?] On prenait peur« .

Vincke meurt dès le lendemain : « La mort fauche parmi les sous-officiers et ma table est particulièrement atteinte. Nous sommes huit à chaque table. A la nôtre, il y a cinq malades, dont quatre très gravement ; parmi ces derniers, deux sont morts« .

source: https://www.rtbf.be/14-18/thematiques/detail_la-grippe-espagnole-frappe-la-belgique-1918-1919?id=8262630

Journal du lundi 22 juillet 1918

Nos troupes sont entrées dans Château-Thierry.
Des combats violents sont en cours au nord et au sud de l’Ourcq et entre la Marne et Reims. Malgré la résistance acharnée des Allemands, nous avons continué à progresser.
Les Anglais ont capturé quelques prisonniers et des mitrailleuses, au cours de raids et le rencontres de patrouilles au sud-ouest de la Bassée et dans les secteurs de Merville et de Dickebusch.
En Macédoine, l’ennemi a tenté sur les positions italiennes dans la boucle de la Cerna des coups de main, qui ont été brillamment repoussés. Les Bulgares ont subi des pertes sérieuses.
Les aviations alliées ont exécuté avec succès les bombardements sur les étab1issements au nord d’Okrida.
Les Italiens ont obtenu un nouveau succès dans les montagnes d’Albanie.
Un détachement d’avions de la marine anglaise a bombardé les hangars à zeppe1ins de Tondern (Slesvig). Un double hangar a été complètement détruit. Un second Hangar a été attaqué : il a été impossible de vérifier si la destruction était complète. Quatre avions ne sont pas rentrés, mais on sait que trois d’entre eux ont atterri sur le sol danois.
Nos alliés ont bombardé à nouveau les usines de Mannheim.

source: http://grande.guerre.pagesperso-orange.fr/juillet18.html

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