1564/13 novembre 1918

Le général Fayote récompense les braves

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Série cartes postales « Selecta » ayant lien avec le défilé de la 17e Division, le 13 novembre 1918, la remise de la fourragère au drapeau du 90e RI et de la Croix de guerre à celui du 68e.

source: http://indre1418.canalblog.com/albums/13_novembre_1918___aisne/index.html

 

Lettre d’Eugène Poézévara à ses parents

Le soir arrive, il nous faut rester là, mais on allume un grand feu et les rescapés se rassemblent ; tout le monde est content mais triste : la mort plane encore dans l’air.

…/…Les dernières quarante-huit heures ont été terribles.

Le 9 à 10heures du matin on faisait une attaque terrible dans la plaine de la Woëvre. Nous y laissons les trois quarts de la compagnie, il nous est impossible de nous replier sur nos lignes ; nous restons dans l’eau trente-six heures sans pouvoir lever la tête ; dans la nuit du 10, nous reculons à un kilomètre de Dieppe ; nous passons la dernière nuit de guerre le matin au petit jour puisque tout le reste de nous autres est évacué ; on ne peut plus se tenir sur les jambes ; j’ai le pied gauche noir comme du charbon et tout le corps violet ; il est grand temps qu’il vienne une décision, ou tout le monde reste dans le marais, les brancardiers ne pouvant plus marcher car les boches tirent toujours ; la plaine est plate comme un billard.

A 9 heures du matin le 11, on vient nous avertir que tout est signé et que ça fini à 11 heures, deux heures qui parurent durer des jours entiers.

Enfin, 11 heures arrivent ; d’un seul coup, tout s’arrête, c’est incroyable.

Nous attendons 2 heures ; tout est bien fini ; alors la triste corvée commence, d’aller chercher les camarades qui [y] sont restés. Le soir arrive, il nous faut rester là, mais on allume un grand feu et les rescapés se rassemblent ; tout le monde est content mais triste : la mort plane encore dans l’air. Le 12, nous sommes relevés à 2 heures et c’est fini.

Eugène

Eugène Poézévara avait dix-huit ans en 1914. Il écrivait souvent à ses parents, des Bretons, qui habitaient Mantes-la-Jolie. Eugène a été gazé sur le front, et il est mort d’épuisement dans les années 20.

source: https://blogs.mediapart.fr/eugenio-populin/blog/111116/le-13-novembre-1918-chers-parents

Les souverains belges font leur entrée à Gand

Le 13 novembre, dans la matinée, le roi fait son entrée à Gand. Il est accompagné de la reine Élisabeth et du prince héritier. Ils assistent à un défilé sur la place d’armes. De nombreuses personnalités sont présentes, notamment le général français Degoutte qui participa à la libération des villes belges au sein du groupe d’armées des Flandres, dirigé par Albert Ier.

Le roi s’entretient à Gand avec Francqui en personne. Il semble que le leader du Comité national de Secours et d’Alimentation ait réclamé la démission immédiate du gouvernement de guerre et son remplacement par un gouvernement d’union nationale fondé sur un programme de réformes.

Pendant ce temps, les ministres délibèrent à Bruges et se déclarent prêts à remettre leur démission dès leur retour à Bruxelles. Mais à la stupéfaction de ses collègues, Cooreman remet la démission de son cabinet l’après-midi même, après un entretien avec le roi, entre-temps rentré au château de Loppem où il s’est installé avec sa famille.

source: http://www.commemorer14-18.be/index.php?id=11216

Journal du mercredi 13 novembre 1918

La proclamation de l’armistice a provoqué dans toutes les capitales du monde une profonde émotion. M. Lloyd George a fait une déclaration aux Communes. M. Wilson a prononcé un discours au Congrès de Washington pour dire que tous les buts de la guerre étaient atteints, saluer le changement qui s’était produit en Allemagne et ajouter que les Alliés devaient désormais un secours amical aux peuples émancipés.
La révolution continue en Allemagne. La république a été proclamée à Dresde. A Berlin, le gouvernement provisoire, qui s’est formé en attendant la Constituante, comprend trois socialistes majoritaires et trois minoritaires. La plupart des journaux de Berlin ont changé de titre pour prendre des dénominations démocratiques ou révolutionnaires.
Guillaume II a été consigné à la frontière hollandaise, en attendant que le cabinet de la Haye prît une décision sur son cas. Il aurait d’abord songé à se rendre à l’Angleterre.
Hindenburg s’est mis à la disposition du nouveau gouvernement de Berlin.
Les troupes italiennes atteignent le col du Brenne. Du 24 octobre au 4 novembre, elIes ont fait prisonniers 10.658 officiers et 416.116 hommes de troupes.

source: http://grande.guerre.pagesperso-orange.fr/novembre18.html

Un mois de salaire aux femmes qui quittent leur emploi

Lorsque le conflit débute à l’été 1914, les ouvrières sont 4 800 000 dans l’industrie, chiffre qui fléchit à moins de 4 400 000 en 1915. En cause, la fermeture d’usines causée par le départ des ouvriers à la guerre et le chômage dans d’autres tournants au ralenti. En 1916, le nombre de femmes au travail est près de 6 00 000, puis 6 200 000 en 1917, pour redescendre à moins de 6 00 000 en 1918, puis à moins de 5 00 000 au début de l’année suivante.

La démobilisation des femmes dans les usines de guerre est brutale dès la fin des hostilités. Une circulaire ministérielle du 13 novembre 1918, deux jours après l’Armistice, informe qu’une prime, un mois de salaire, est offerte à toutes celles qui auront quitté leur emploi avant le 5 décembre 1918. Des entreprises privées suivent l’exemple de l’État. Catherine Olmès, dans Ouvrières parisiennes, marchés du travail et trajectoires professionnelles au 20e siècle, parle de débâcle rapide et massive pour l’emploi féminin. A titre d’exemple, elle cite les chiffres de l’Inspection du travail de Paris annonçant une chute de 56,8% et un taux de féminisation des effectifs industriels reculant de dix points depuis l’Armistice. Si, dans les services publics et administratifs, le nombre des femmes a doublé durant le conflit, dans les usines, il est revenu au niveau de 1906, les munitionnettes étant les plus touchées par le chômage.

Après avoir encouragé le patriotisme des femmes pour combler la pénurie de main-d’œuvre masculine, elles sont renvoyées dans leur foyer pour repeupler la France ou reprendre leur rôle de ménagère auprès de leurs époux.

Pour celles qui restent à travailler, les salaires, qui avaient connu une hausse, dégringolent. L’abattement pour les femmes en région parisienne est de 31% en 1921 ; il passe de 22 à 42% à Toulouse et de 16 à 37% au Havre. Et les employeurs ne peuvent que se féliciter de l’hostilité au travail féminin venue en grande part des syndicats et des ouvriers.

Le Front populaire, par la signature des conventions collectives, corrige cet abattement. Or les rémunérations des femmes demeurent inférieures à celles des hommes jusqu’en 1946.

source: http://www.le-blog-de-roger-colombier.com/2018/01/le-travail-des-femmes-apres-la-premiere-guerre-mondiale.html

Strasbourg: le drapeau rouge flotte sur la tour de la cathédrale

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« Depuis midi le drapeau rouge flottait sur la tour de la cathédrale, mais l’orgue n’en jouait pas mieux pour autant. Seuls quelques passants levèrent les yeux ».

Vu comme cela, on a plutôt envie de dire : Tu parles d’un évènement. Quelques courts plans d’un court métrage. Pourtant, nous sommes à Strasbourg, le 13 novembre 1918. Strasbourg et avec elle le reste de l’Alsace vivront de courts instants d’une révolution. Cela mérite tout de même d’être relaté.
L’humour est celui d’Alfred Döblin.

Je croiserai son témoignage avec celui de Carl Zuckmayer et de Charles Spindler  et  les traces du passage à Strasbourg dans La mise à Mort d’Aragon, autre médecin fut-il auxiliaire

L’extrait cité provient du tome 1 Bourgeois et soldats du grand roman de Döblin, Novembre 1918, une révolution allemande.

Dans le journal qu’il tenait à l’époque des faits, Charles Spindler note à la date du 9 novembre 1918 :

« C’est aujourd’hui samedi, et je suis attendu chez mon ami Georges à la Robertsau. A la fin du dîner, un des comptables, la figure toute décomposée, vient nous annoncer que la révolution est à Kehl, qu’on s’est battu près du pont pour empêcher les délégués du Soldatenrat de Kiel de passer, mais que l’émeute a triomphé. Les marins sont en route pour Strasbourg et probablement déjà arrivés.
Mon ami n’est pas sans inquiétude : au lieu des Français, nous allons avoir des Conseils de soldats et Dieu sait à quels excès ils vont se livrer. L’unique chose qui pourrait nous sauver ce serait de hâter l’arrivée des Français ».

Charles Spindler : L’Alsace pendant la guerre 1914-1918 (Editions Place Stanislas. Nancy)

Ils se hâteront. Ce sera fait le 22 novembre.

La convention d’armistice signée le 11 novembre 1918, stipulait entre autre l’évacuation de l’Alsace Lorraine par les troupes allemandes dans un délai de quinze jours. L’Alsace était annexée à l’Allemagne depuis depuis le Traité de Francfort de 1871. Quant aux excès, ils consisteront pour l’essentiel à dégrader les officiers. Cette révolution sera d’abord une révolution contre la guerre. Restons encore un moment avec les considérations de l’ami Georges. Il  s’inquiète que « les idées bolchéviques aient pu contaminer l’armée française ; cela peut amener la révolution en France »
Horreur !

source: http://www.lesauterhin.eu/strasbourg-13-novembre-1918-depuis-midi-drapeau-rouge-flottait-tour-cathedrale-lorgue-nen-jouait-pas-mieux-autant-alfred-do/

Une délégation du Wafd revendique l’indépendance de l’Egypte

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Saad Zaghloul

Le 13 novembre trois parlementaires égyptiens, Saad Zaghloul, Ali Chaaraoui et Abdelaziz Fahmy, demandent à Sir Reginald Wingate, haut-commissaire britannique en Égypte, l’autorisation d’aller plaider la cause de l’indépendance égyptienne devant la Conférence de la Paix qui doit se tenir à Paris. Responsable du Foreign Office, Lord Balfour refuse et les trois leaders du Wafd, nom donné à cette « délégation », sont arrêtés et exilés. Une vague d’agitation sans précédent se déclenche alors dans tout le pays. Les sabotages se multiplient, trente Anglais et un millier d’Égyptiens sont tués au cours des troubles qui suivent.

source: http://egyptophile.blogspot.com/2014/06/le-13-novembre-1918-une-delegation-du.html

Journal du mercredi 13 novembre 1918

La proclamation de l’armistice a provoqué dans toutes les capitales du monde une profonde émotion. M. Lloyd George a fait une déclaration aux Communes. M. Wilson a prononcé un discours au Congrès de Washington pour dire que tous les buts de la guerre étaient atteints, saluer le changement qui s’était produit en Allemagne et ajouter que les Alliés devaient désormais un secours amical aux peuples émancipés.
La révolution continue en Allemagne. La république a été proclamée à Dresde. A Berlin, le gouvernement provisoire, qui s’est formé en attendant la Constituante, comprend trois socialistes majoritaires et trois minoritaires. La plupart des journaux de Berlin ont changé de titre pour prendre des dénominations démocratiques ou révolutionnaires.
Guillaume II a été consigné à la frontière hollandaise, en attendant que le cabinet de la Haye prît une décision sur son cas. Il aurait d’abord songé à se rendre à l’Angleterre.
Hindenburg s’est mis à la disposition du nouveau gouvernement de Berlin.
Les troupes italiennes atteignent le col du Brenne. Du 24 octobre au 4 novembre,  elIes ont fait prisonniers 10.658 officiers et 416.116 hommes de troupes.

source: http://grande.guerre.pagesperso-orange.fr/novembre18.html

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