294/journal de la grande guerre: 25 mai 1915

Carnets du rémois Paul Hess (extraits)

Aujourd’hui, bombardement. A 21h 1/2, par une nuit très claire, j’entends voler un éeroplane et à 22 heures, il laisse tomber quelques bombes, du côté du canal, de la porte de Paris, de la Place Clovis.

Les bâillons pour lutter contre les gaz  peu performants

Le saillant d’Ypres est à nouveau victime d’attaques allemandes par vagues de chlore ; quatre au début du mois de mai et une particulièrement importante dans la nuit du 23 au 24 mai. Les bâillons distribués depuis peu s’y montrèrent peu performant. On déplora de nombreuses victimes. Le 23 mai, le général en chef, dans une lettre adressée au ministre de la Guerre, demande d’augmenter leur taille et de changer la matière les constituant pour les rendre plus performant. André Kling, chargé de mener au front les études relatives à la guerre des gaz, adresse également un rapport au ministre de la Guerre le 25 mai 1915, qui reprend les mêmes conclusion. Ainsi, le 27 mai, il est décidé de modifier les engins de protection. Leur tailles est augmentée à la dimension de 13cm par 25. Pour assurer une meilleure filtration de l’air au travers, on garnit le nouvel engin d’étoupe à défaut de toute autre substance, et on l’appel désormais compresse. La fabrication du nouveau type d’appareil est immédiatement lancée ; ils se substitueront progressivement aux bâillons à partir du milieu du mois de juin 1915. Il subsiste cependant de nombreux défauts aux nouvelles compresses.

http://www.guerredesgaz.fr/Protection/Lesmasques/France/Premiers/Compresses/compresses.htm

Poème: à ceux de l’Argonne

Poême signé de Marthe B. paru dans le journal de tranchée « Rigolboche » n°11, le 25 mai 1915

O vous les combattants de la forêt guerrière,

Si les ordres du chef doivent être obéis

Quand il vous interdit un regard en arrière

Ecoutez cependant la clameur du pays.

Nous sommes vos femmes, vos mères

Applaudissant à vos exploits

Et, pour en être solidaires,

Nous vous crions, Fils des Gaulois

Nos redoutez pas nos étreintes,

Car nos bras d’un geste fervent

Vous excitant aux luttes saintes,

Nos bras sont tendus en avant

Vers les guérets et les frontières

Souillés par les envahisseurs,

Par les lâches incendiaires

Qui martyrisèrent nos sœurs…

………………………………………………

Dans chaque foyer, vide et morne

Depuis que l’époux est parti,

Notre rêve d’amour se borne

Au sacrifice consenti.

Chaque maman parle du père ;

Pour qu’il revienne triomphant

Elle joint en une prière

Les mains de son petit enfant…

……………………………………………….

Et le soir, ayant fait très simplement nos tâches,

Des lettres de l’absent, nous ouvrons le coffret.

Parfois un pleur aux cils nous fait paraitre lâches,

Mais c’est un pleur d’orgueil et non pas de regret.

Oh ! ces lettres de guerre, ces lettres de gloire

Où jamais ne parait une trace d’ennui !

Comme vous attendez fermement la victoire !

Comme nous y croyons avec vous aujourd’hui !

Marthe B

http://argonne1418.com/category/poemes/

Marine: le Dupleix devant Bodrum

Le 25 mai 1915, le Dupleix se présente avec le destroyer anglais Kennet devant Boudroum, où l’on croit que les Turcs ont préparé un approvisionnement de pétrole pour sous-marins, et demande à visiter les goélettes mouillées dans le port. Les autorités lui promettent une réponse pour le lendemain ; plein de confiance dans leurs bonnes dispositions, il revient, seul, le 26 mai ; la baleinière qu’il envoie à terre, commandée par le lieutenant de vaisseau Matha, est accueillie par des salves de mousqueterie ; tous ses hommes sont tués ou blessés, et elle dérive vers le fond du port. Un canot parti pour la secourir est reçu de la même manière et doit s’abriter derrière un rocher sur lequel sautent les hommes valides. Le Dupleix vient les reprendre, sous une vive fusillade qui tue le lieutenant de vaisseau Bernadac et blesse plusieurs marins de l’équipage. Après avoir vainement hissé le pavillon de parlementaire pour tâcher de négocier la remise de ses hommes, il bombarde le port pendant trois heures et rentre à Moudros. Cette affaire lui a coûté huit morts, onze blessés, dont le capitaine de frégate de Saint-Seine, commandant, et dix-neuf disparus.

http://ecole.nav.traditions.free.fr/officiers_bernadac_georges.htm

 

 Lu dans le Miroir en date du mardi 25 mai 1915

Les Allemands ont prononcé des attaques a l’aide de gaz asphyxiants entre Steenstraete et Ypres. Ces attaques ont été repoussées.

Les Anglais ont progressé au nord de La Bassée. Nous avons infligé de lourdes pertes à l’ennemi dans la région au nord d’Arras, à Neuville-Saint-Vaast principalement.
L’Allemagne a déclaré la guerre à l’Italie. Les ambassadeurs des deux empires auprès du Quirinal et auprès du Vatican ont quitté Rome.
La flotte autrichienne a pris l’offensive contre le littoral italien. Des torpilleurs et des avions austro-hongrois ont paru à Venise, Ancône, Barletta, etc.; leur attaque n’a produit que des dégâts insignifiants, et ils ont dû se retirer aussitôt. Par contre, un destroyer italien a opéré avec succès à Buso, à la frontière de la Vénétie. Il a capturé un certain nombre de soldats autrichiens.
L’offensive austro-allemande sur le San est réellement arrêtée. Les Russes ont fait, au cours des dernières journées, beaucoup de prisonniers et les bulletins officiels de Berlin sont devenus d’un laconisme absolu en ce qui concerne le front oriental.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s