1583/2 décembre 1918

Journal de guerre de 1918 du soldat canadien  Charles Robert Bottomley

2 décembre 1918 — Sommes partis de Tohogne vers 7 h. Avons traversé une région très accidentée et à l’allure sauvage; avons passé notre temps à monter et à descendre. Avons traversé un village appelé Bomal. Nous sommes arrêtés dans un village appelé Harre et avons dormi dans une école.

3 décembre 1918 — Sommes partis de Harre vers 9 h. Avons traversé un terrain très accidenté et à l’allure sauvage. Sommes arrivés vers 4 h à un endroit appelé Lierneux. N’avons pas eu de vivres avant 21 h. Avons acheté un peu de steak et avons mangé. Ai logé chez un couple âgé. Dernière ville belge.

4 décembre 1918 — Avons quitté Liemeux. Sommes passés par Corrone, Veilsalm et Pethihier et sommes entrés en Allemagne à 13 h 20. Pendant l’après-midi, le général Currie et son état-major nous ont pris en charge. Sommes entrés dans un village allemand appelé Recht et avons dormi en haut de la maison d’un fermier. Un peloton d’infanterie nous a été affecté. Avons passé la frontière à Valsalm.

5 décembre 1918 — Avons passé toute la journée à Recht pour faire reposer les chevaux et nettoyer les véhicules et les pièces. Étions assez bien logés. Les vivres ont commencé à arriver un peu plus régulièrement.

6 décembre 1918 — Avons reçu l’ordre de partir. Avons quitté Recht, avons traversé Born et nous sommes arrêtés dans un village appelé Bullingham. Ai logé chez un fermier allemand . C’était amusant de voir le soldat allemand retourné à la vie civile saluer nos sergents. La dame de la maison a préparé des pommes de terre et du chou. Le village et les routes sont très sales.

7 décembre 1918 — Avons quitté Bullingham à 5 h. Avons traversé la Rhénanie, qui est très accidentée et très belle. Sommes arrivés à 16 h dans un village appelé Reiffersherd. Certains de nos gars ont fait du raffut dans un estaminet. Le village ne paie pas de mine. Ai logé chez une famille composée de six enfants, du mari et de la femme. Passcherdale.

8 décembre 1918 — Avons quitté le village vers 7 h pour une courte marche. Avons traversé une très belle région. Les Allemands revenaient de l’église et se sont mis en ligne pour nous regarder passer. Avons traversé Gall et sommes entrés dans un village appelé Schever au sommet d’une colline. Ai logé chez des gens très sympathiques.

9 décembre 1918 — Avons quitté Scheven vers 7 h. Avons traversé une très belle région. Avons atteint une grande ville de caserne appelée Fuskuchen. Avons logé dans la caserne. Ai rencontré Jack Morton et un ou deux autres gars d’Oshawa.

source: http://www.veterans.gc.ca/fra/remembrance/those-who-served/diaries-letters-stories/first-world-war/Bottomley/dec1918

Après la bataille de Tiérarche, Pétain à Hirson

Du 28 septembre au 18 octobre 1918, les soldats du 412 ème ont forcé le passage de l’Oise jusqu’alors tenu par l’ennemi. CIté à l’ordre de la 1ére armée, le 412e régiment, est-il précisé,  » a livré sans répit une série de combats acharnés, repoussant chaque jour l’ennemi, crevant la « Hermann Stellung » et s’emparant de haute lutte des glacis du plateau de Ferrière ».

Jusqu’à la dernière minute, précise encore l’ouvrage, le 412e eut à livrer dix attaques en dix-sept jours sans compter celles de la poursuite. Le bilan des pertes s’élevait à 54 tués, dont deux officiers et 615 blessés, dont vingt-trois officiers.

A la suite de ces opérations, le 2 décembre 1918, lors d’une prise d’armes solennelle sur la place d’Hirson, le Maréchal Pétain, alors Commandant en chef des armées françaises; accrocha lui-même la fourragère au drapeau du régiment.

http://jjthomas.canalblog.com/archives/2007/03/22/4387558.html

Le conseil municipal de Saint Avold (Moselle)  recomposé

Entrée des troupes françaises le 21 novembre 1918 à Saint-Avold

Dans la matinée du jeudi 21 novembre, Saint-Avold acclame le 129e régiment d’infanterie et son chef de corps le colonel Weiler. Monté sur une estrade installée place du Marché (actuelle place de la Victoire), Théodore Paqué, président du comité de réception et futur maire, prononce un discours patriotique en présence de l’ensemble du conseil municipal, des associations et de la population. Après avoir rappelé les souffrances de la guerre et de l’annexion, il exprime la confiance que les Naboriens ont toujours eue envers la France : « Séparés de notre patrie, la noble France, depuis près d’un demi-siècle, nous avons vécu sous la domination d’un peuple qui ne nous a marchandé ni tristesses, ni humiliations. Tous nos souvenirs, toutes nos aspirations ont été foulés aux pieds, être Lorrain était un titre de réprobation ! Aussi, pendant ces 40 longues années, que de fois nous somme-nous demandé : la France nous a-t-elle oubliés ? Cependant, à la longue, le patriotisme s’engourdissait, nos aînés disparaissaient, et l’indifférence menaçait de s’implanter dans le cœur de nos enfants élevés dans les écoles de nos dominateurs. Mais lorsqu’en août 1914 éclata la plus terrible des guerres, notre patriotisme français se réveilla, comme sous un coup de fouet plus vif et plus ardent que jamais ! Si quelque chose nous a aidés à supporter ces quatre années de guerre, c’est la confiance inébranlable que la France venait enfin nous reprendre, pour ne plus jamais nous perdre. (…) Et ce jour tant attendu est enfin arrivé ! Saint-Avold, patrie de tant de brillants officiers de l’armée française, est fier de l’honneur que vous lui faites en ce jour (…) ».

Sur sa lancée, Théodore Paqué adresse au Président de la République un télégramme exprimant la joie de la population et le témoignage de sa fidélité à la France. En retour, le Président Raymond Poincaré envoie directement à Théodore Paqué un télégramme de remerciements.

Si, en ce jeudi 21 novembre 1918, les Naboriens laissent éclater leur joie c »est surtout parce que cette guerre abominable est enfin terminée et qu’ils espèrent des jours meilleurs. Tous, cependant, ne partagent pas cette allégresse : certains volets restent clos derrière lesquels on devine des familles inquiètes pour leur avenir. Si le retour à la France répond aux espoirs entretenus par les francophones, il nécessitera une importante réadaptation des germanophones dans un milieu national qui leur est désormais étranger.

Le conseil municipal confirme le maire, Joseph Koestel, dans une délibération du 30 novembre 1918. Rappelons que celui-ci est élu, en vertu de la loi de 1895, jusqu’au 30 septembre 1920. Il est néanmoins démis de ses fonctions par les autorités françaises le 2 décembre 1918. Les quatre autres membres allemands du conseil, qualifiés de renégats, sont expulsés et remplacés par cinq personnes extérieures, en application des mesures transitoires du gouvernement français. Théodore Paqué est élu maire par un conseil municipal recomposé. On procède à la francisation des noms des rues et des places à qui on donne souvent des noms de généraux et d’officiers qui se sont illustrés pendant les quatre années de guerre. La place centrale de la ville, la place du Marché (ancienne place Saint-Nabor) devient la place de la Victoire, nom qu’elle porte encore de nos jours.

Journal du lundi 2 décembre 1918

Guillaume II a enfin et réellement abdiqué à la date du 28 novembre. Il déclare qu’il renonce pour toujours à tous ses droits à la couronne de Prusse et aux droits connexes à la couronne allemande. Il rejette, d’autre part, la responsabilité de la guerre sur ses ministres de 1914.
La situation paraît de plus en plus chancelante à Berlin où le comité des commissaires du peuple est attaqué à la fois par l’extrême gauche et par les impérialistes. Les élections à la Constituante ont été fixées au 16 février, sous réserve de ratification de cette date par le congrès général des comités ouvriers et soldats qui siégera le 16 décembre. Le groupe Spartacus s’est rendu maitre des stations de T.S.F. de toute l’Allemagne.
Les 70.000 hommes de Mackensen ont été internés en Hongrie.
La flotte russe de la mer Noire a été remise aux Alliés.
Le Danemark a décidé de poser la question du Slesvig devant la conférence de la paix.
L’amiral Koltchak, qui s’est proclamé dictateur à Omsk, et qui a fait arrêter les membres du directoire panrusse, affirme qu’ils étaient d’accord avec les bolchevistes.
Le comte Czernin, après Bethmann-Hollweg, essaie de se disculper. Il veut démontrer que si la guerre s’est prolongée, le cabinet de Berlin et Ludendorf en sont seuls responsables.
D’après les évaluations faites, 200 sous-marins allemands ont été détruits au cours de la guerre.
Le dernier budget américain s’est élevé à 40 milliards.
Le dernier emprunt français a recueilli 28 milliards.

Source: http://grande.guerre.pagesperso-orange.fr/decembre18.html

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