l’énigme du tunnel de Winterberg relancée

Des officiers allemands dans une tranchée près de la grotte du dragon (photo extraite du livre d’Alain Malinowski: « le chemin des dames. 1 la caverne du dragon »

ISABELLE BOIDANGHEIN du quotidien Aujourd’hui a publié le 10 décembre 2020 un article à propos de la découverte annoncée par trois membres d’une même famille de l’entrée d’un tunnel dans lequel auraient péri près de 200 soldats allemands au Chemin des Dames.

JEAN, Erik et Pierre Malinowski, un père et ses deux fils, tous historiens amateurs, en sont persuadés : ils ont mis au jour, à l’aide d’une pelleteuse puis à la main, l’une des ouvertures du mystérieux tunnel de Winterberg, sur le chemin des Dames (Aisne), un des hauts lieux des combats de la Première Guerre mondiale. C’est dans ce tunnel oublié d’environ 300 m de long, creusé dans la craie dans l’actuelle forêt domaniale de Vauclair, que le 4 mai 1917 ont été piégés à mort entre 200 et 250 soldats allemands tombés sous une pluie d’obus. Certains, face à la mort, se sont suicidés, d’autres ont demandé à des camarades d’abréger leurs souffrances… Seuls trois auraient survécu. L’un a laissé un témoignage écrit glaçant. Cette découverte, si elle se confirmait, serait un aboutissement pour la famille Malinowski . Jean, le mai re d’Orainville, une commune du Chemin des Dames, emmenait déjà ses deux fils, lorsqu’ils étaient enfants, pour de longues marches à la recherche des soldats reposant sur ces terres meurtries à jamais. Après l’annonce de leur trouvaille, le Sesma (Service d’entretien des sépultures militaires allemandes), qui travaille avec l’Office national des anciens combattants, affiche la plus grande prudence : « Nous y sommes allés cet été, raconte Carole Novy, déléguée pour la France du Sesma. Nous avons utilisé un géoradar. Les résultats n’ont pas été probants. Nous attendons toutes les autorisations nécessaires de la Direction des affaires culturelles (Drac) et de l’Office national des forêts (ONF), propriétaire du lieu, pour revenir prochainement avec d’autres appareils. « 

« La zone est interdite, il y a des obus partout « 

A ce jour, insiste Carole Novy, rien ne prouve que c’est le tunnel qui a été découvert. Mais, si c’était le cas, ce serait juste de pouvoir offrir une sépulture aux soldats. » Pierre Malinowski — président de la Fondation franco-russe des initiatives historiques, à qui l’on doit notamment d’avoir mis au jour le 10 juillet 2019, à Smolensk, en Russie, le cercueil du général Gudin, fidèle de Napoléon, mort là-bas en 1812 — tombe des nues. « Le 2 janvier (NDLR : jour de la « découverte » ), nous avons vu apparaître des planches complètement écrasées, des caisses de cartouches de masques à gaz, des corps momifiés. Nous avons ensuite rebouché puis avons prévenu la Drac. » « Ces fouilles sont le fruit de vingt-cinq ans de recherches menées d’abord par mon père grâce à des cartes de l’armée française. Sans les moyens modernes de localisation, je n’aurais pas trouvé le lieu précis, renchérit Erik, son frère. Nous espérons maintenant être associés à la suite des opérations. » Erik Malinowski a identifié plus de 180 noms de soldats. Par l’intermédiaire d’un ami vivant en Allemagne, il va publier un avis de recherche dans la presse d’outre-Rhin, afin de retrouver des familles. Pour un spécialiste des guerres souterraines tenant à rester discret, la découverte du tunnel par les Malinowski est quasi certaine. Mais le sujet est sensible au niveau diplomatique.

Rondes de gendarmerie et des agents de l’ONF

Depuis la « révélation », les rondes de gendarmerie et d’agents de l’ONF sont plus nombreuses, par peur des pillards et aussi d’accidents. Car la zone est encore classée rouge et interdite d’accès : « Il y a des obus partout, souligne Carole Novy. Un coup de pelle ou de pioche et ça peut éclater. Il y avait un dépôt de munitions à l’entrée du tunnel. Seuls des professionnels peuvent intervenir. » Pierre Malinowski, lui, persiste et signe : « Si on n’avait pas agi de cette manière, rien ne serait arrivé. Le plus important est de leur donner une sépulture, soit en France, soit en Allemagne. Comme le dit le philosophe russe Vladimir Soloviov, la guerre n’est pas terminée tant que le dernier soldat n’est pas enterré. » L’énigme du tunnel de Winterberg relancée Trois membres d’une famille de l’Aisne affirment avoir découvert le tunnel où ont péri dans d’atroces souffrances 200 soldats allemands en 1917. Leur annonce embarrasse les autorités.

Un livre référence sur la grotte du dragon

Pour les amateurs d’histoire, vous ne pouvez pas faire l’impasse sur l’ouvrage d’ d’Alain Malinowski:

« le chemin des dames. 1 la caverne du dragon »

Imprimé sur les presses des imprimeries de Champagne à Langres
Cimetière « boche » dans l’entrée d’une caverne au Chemin des Dames. Photo extraite du livre d’Alain Malinowski

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