Plus de 800 obus déterrés entre Haucourt et Cagnicourt

Un article de Théo Boscher, France Bleu Nord

Une opération de dépollution est en cours entre Haucourt et Cagnicourt (Pas-de-Calais), mercredi 10 novembre 2021. Une étape obligatoire avant la construction d’un parc de 11 éoliennes par l’entreprise Valeco et qui a permis de déterrer plus de 800 obus de la Première Guerre mondiale depuis juillet.

Armé d’un détecteur de métaux, Grégory ratisse chaque centimètre carré d’un champ à Cagnicourt (Pas-de-Calais). Lorsqu’un « bip » strident retentit, il marque la terre d’un point orange. À quelques centimètres sous ses pieds, se trouve peut-être un obus, une munition ou un vestige de la Première Guerre mondiale.

Grégory est chef de chantier pour l’entreprise Cardem, spécialiste de la dépollution des sols. Mercredi 10 novembre, il entame la dernière parcelle de 5.000 m² carrés, où se dressera dans quelques mois une éolienne. Depuis le mois de juillet, les équipes de Cardem ont déterré plus de 800 obus et un millier de munitions, entre les communes de Cagnicourt et d’Haucourt.

Beaucoup de précautions

C’est avec précaution que son collègue Aymeric creuse à la pelleteuse ou à la bêche : « Il doit y avoir de la confiance entre Grégory et moi pendant que je creuse, je suis ses instructions, je vais doucement, couche par couche. » Car si l’envie de déterrer un possible objet de guerre est présente, c’est surtout l’esprit de responsabilité qui les anime.

On fait quand même de la sécurisation, on n’y va pas franco ! On fait en sorte de rentrer à la maison le soir !

Un tas de ferraille rouillé rend compte de leurs trouvailles. « Il y a sans doute un reste de tranchées, peut-être un poste de tir, décrit Grégory. Quelques éclats d’obus et ça, c’est une ogive anglaise. » En tout, une petite dizaine d’objets ou de morceaux de tôle : « Ce n’est pas beaucoup« , estime-t-il. Sur certains chantiers, il a pu déterrer jusqu’à une dizaine de milliers d’armements.

Encore 700 ans pour tout déterrer

Parfois même, ce sont des corps de soldats qu’ils trouvent et cela reste le souvenir le plus fort de Grégory. « Sur le chantier de l’hôpital de Lens, à Loos-en-Gohelle, on est tombé sur six soldats écossais. C’était très impressionnant, avec leurs porte-monnaie ou des blasons qui sont auprès d’eux. Et puis on est content de pouvoir participer aux recherches pour trouver des descendants.« 

« C’est toujours satisfaisant de faire avancer l’histoire »

Pour le chantier Cagnicourt-Haucourt, l’entreprise Valeco qui construit les éoliennes a déboursé 500 000 euros. La plupart des objets trouvés sont récupérés par une autre entreprise spécialisée qui les traite et les détruit ensuite. Il y en a beaucoup dans ce secteur car la zone a été occupée dès octobre 1914 et s’est retrouvée ligne de front entre les forces alliées et l’armée allemande.

Philippe Dubus, le maire d’Haucourt, est habitué à ces opérations de dépollution qu’il aime suivre : « D’après les études, on en a encore pour 700 ans à tout remonter. On a l’habitude de ces procédures, on prend nos précautions. » Son ambition :  conserver quelques vestiges bien entretenus pour les mettre un jour en vitrine dans sa commune.

(photo de une: archives)

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