Archives pour la catégorie Actualité

L’Assemblée nationale vote pour la réhabilitation des «fusillés pour l’exemple»

(article du Figaro du 14 janvier 2022

Les parlementaires ont voté pour que les noms de plus de 600 soldats soient inscrits sur les monuments aux morts et qu’un monument national soit érigé.

L’Assemblée nationale a voté dans la nuit de jeudi à vendredi 14 janvier une proposition de loi demandant la réhabilitation de plus de 600 soldats «fusillés pour l’exemple», une page sombre de la Première guerre mondiale.

Le texte, qui avait été rejeté en commission de la Défense au Palais Bourbon début janvier, a été adopté dans l’hémicycle par 39 voix contre 26 et 9 abstentions. Il était proposé en première lecture dans le cadre d’une journée réservée au groupe LFI par le député Bastien Lachaud.

«Refermer les blessures mémorielles»

Les votes favorables sont venus de tous les bancs de droite comme de gauche. Plusieurs députés LREM ont également voté pour, même si la plupart des membres du groupe majoritaire ont voté contre. Le MoDem s’est aussi retrouvé divisé. «Plus de cent ans après, il faut refermer les blessures mémorielles», a affirmé Bastien Lachaud, professeur d’histoire de formation, à la tribune. Le secrétaire d’État Adrien Taquet, au nom du gouvernement, a fait valoir les étapes déjà franchies pour une meilleure connaissance historique et un apaisement sur ce dossier. «Le ministère des Armées s’est engagé depuis longtemps dans une démarche d’histoire et de transparence» sur ce sujet, a-t-il avancé. Sophie Beaudouin-Hubière (LREM) a mis en garde contre une «lecture politisée et empreinte des idées modernes» sur cette page d’histoire, en pointant que certains fusillés étaient «des multirécidivistes de la désertion».

Mais la séance a aussi été marquée par l’intervention du LR Philippe Gosselin, évoquant des sanglots dans la voix la mémoire de son grand-père, officier de réserve, qui avait assuré «à la lueur d’une bougie, dans une salle de classe» la défense lors de leur jugement expéditif de soldats exécutés en mars 1915. Son témoignage permit leur réhabilitation en 1934.

«Réhabilitation générale»

«Les militaires en service dans les armées françaises du 2 août 1914 au 11 novembre 1918 ayant été condamnés à mort pour désobéissance militaire ou mutilation volontaire (…) et dont la condamnation a été exécutée, font l’objet d’une réhabilitation générale et collective, civique et morale», stipule le texte. «La Nation reconnaît que ces soldats ont été victimes d’une justice expéditive, instrument d’une politique répressive, qui ne respectait pas les droits de la défense et ne prenait pas en compte le contexte de brutalisation extrême auquel les soldats étaient soumis», poursuit la proposition de loi, qui demande que les noms des intéressés soient inscrits sur les monuments aux morts et qu’un monument national soit érigé.

Un habitant des Vosges retrouve une pierre gravée par des soldats russes en 1918

Un habitant de Saulxures sur Moselotte dans les Vosges retrouve une pierre gravée par des soldats russes employés comme bûcherons dans des compagnies disciplinaires. Un épisode méconnu de la première guerre mondiale.

Le chemin des Russes dans la forêt de Saulxures-sur-Moselotte • © Eric Molodtzoff/ France3 Lorraine

un article de France3 Grand Est Publié le 23/11/2021

Accéder à la roche gravée par les travailleurs russes en 1918, cela se mérite. Compter deux heures de marche depuis le centre de Saulxures-sur-Moselotte mais l’effort est récompensé car la balade est magnifique au milieu des sapins géants.

Jacky Villière, le découvreur de la roche et sportif accompli, est aussi notre guide. Le club vosgien n’est pas en reste, ses membres nous font escorte. Chaque sentier ou virage est un régal pour les yeux et les parfums.

Comme tous les habitants de Saulxures-sur-Moselotte, Jacky Villière amoureux de la Russie et dont l’épouse est ukrainienne, avait eu vent de cette histoire de soldats russes vivant et travaillant dans la forêt pendant la première guerre mondiale.

Le massif escarpé qui fait aujourd’hui la joie des randonneurs fût aussi le bagne des travailleurs russes. La mémoire s’estompant avec la disparition des anciens, Jacky se met en tête de retrouver la fameuse roche gravée par les forçats en souvenir de leur passage.

Je savais qu’elle existait. J’ai cherché longtemps sur le chemin des Russes mais ce n’était pas le bon endroit 

Jacky Villière

Une compagnie de travailleurs russes dans une carrière près de Lure. Collection privée. Eric Molodtzoff • © Eric Molodtzoff/ France3 Lorraine

« Le chemin des Russes » lui, est bien connu des Saulxuronnes et Saulxurons. Car ce sont les travailleurs russes de la compagnie 7/8 qui l’on aménagé afin de descendre les bois vers les scieries de la vallée. L’historien déodatien Jean-Claude Fombaron explique : « La compagnie de travailleurs russes 7/8 arrive au col de Morbieux en avril 1918. L’armée a besoin de beaucoup de bois pour l’aménagement des tranchées, la construction des baraquements, les roues de transport etc.. » Ces travailleurs militaires font partie des 20.000 soldats du corps expéditionnaire russe envoyés par le Tsar en 1916 pour combattre auprès des français sur le front de Champagne.

A l’annonce de la Révolution de février 1917 et de l’abdication du Tsar, Ils s’organisent en soviets et exigent leur retour en Russie. Craignant la contagion aux troupes françaises, l’Etat-major décide de les retirer du front et de les isoler au camp de la Courtine dans la Creuse.

En septembre 1917, ils sont bombardés pendant trois jours et désarmés. A l’issue de cet épisode tragique et totalement méconnu, les mutins sont regroupés dans des compagnies de travailleurs militaires dans les Vosges et en Franche-Comté afin d’exploiter les bois à destination des nombreuses scieries travaillant pour l’armée.

Lire la suite sur le site de France3

https://france3-regions.francetvinfo.fr/grand-est/vosges/epinal/vosges-un-habitant-de-saulxures-sur-moselotte-retrouve-une-pierre-gravee-par-des-soldats-russes-en-1918-2347213.html

La guerre 14-18 au jour le jour

Cà s’est dit ou passé un 21 novembre des années1914, 1915, 1916, 1917 et 1918.

Pour le savoir il suffit de mettre la date souhaitée dans la section RECHERCHE de ce blog

pour ce jour par exemple vous trouverez des infos puisées sur divers site:

https://reims1418.wordpress.com/?s=21+novembre+1914

https://reims1418.wordpress.com/?s=21+novembre+1915

https://reims1418.wordpress.com/?s=21+novembre+1916

https://reims1418.wordpress.com/?s=21+novembre+1917

https://reims1418.wordpress.com/?s=21+novembre+1918

Beine-Nauroy (51) : la sculpture: « l’homme d’éclats inaugurée

200 éclats d’obus constituent cette sculpture

Article publié dans l’Union de Reims

L’inauguration de la sculpture grandeur nature symbolisant l’amitié franco-allemande a eu lieu ce 11 novembre en présence de nombreux militaires français et allemand au village détruit de Nauroy.

Baptisée l’homme d’éclats », elle est composée de 200 éclats d’obus soudés ensemble et rappelant les soldats de la grande guerre. Elle a été offerte par l’artiste Reiner Schulz au village de Nauroy.

Partenariat franco-allemand

Cette cérémonie a été rendue possible grâce à un partenariat franco-allemand avec l’association Les Amis de Nauroy. Une recherche visuelle est nécessaire pour distinguer, de côté, le soldat allemand et, de face, un poilu: tous deux dans leur tenue réglementaire.

Comme des milliersde soldats l’arrière-grand-père de l’artiste, Philippe Hoffmann, a trouvé la mort en 1917. Une lettre datant du 2 mai de la même époque lui a permis de retracer son parcours qui se termine à Nauroy.

Ce dimanche 21 novembre à la rencontre des Poilus d’aujourd’hui à Meaux

Ce dimanche 21 novembre à partir de 14H30 des membres de la société des Amis du musée et de l’association Scènes-et-Marne 14 en tenue d’époque vous invitent à découvrir le quotidien des soldats de la Grande Guerre.

L’uniforme du soldat, l’équipement, l’alimentation… Une visite vivante et interactive à partager en famille.

par un Ami du musée de la Grande Guerre et les reconstituteurs de l’Association Scènes-et-Marne 1914

Durée : 1h30
Horaire : 14h30
Billet d’entrée du musée + 2.5 euros
Réservation : obligatoire – pass sanitaire demandé 

Ce samedi visite guidée des collections permanentes à 10 H 30

« La guerre des Lulus » : adaptation en film de la BD de Régis Hautière et Hardoc en tournage dans les Hauts de France

Un article de Gontran Giraudeau publié sur le site de France 3 Hauts de France. Photos de C FTV Gontran Giraudeau

Le réalisateur Yann Samuell tourne actuellement dans les Hauts-de-France l’adaptation de la série de bandes dessinées « La guerre des Lulus ». Ce succès de librairie qui retrace la vie d’orphelins pendant la Première Guerre mondiale est l’oeuvre des Amiénois Régis Hautière et Hardoc.

Tom « Lucas » Castaing, Mathys « Luigi » Gros, Paloma « Luce » Lebeaut, Léonard « Ludwig » Fauquet et Loup « Lucien » Pinard, des Lulus plus vrais que nature sur le tournage de l’adaptation de « La guerre des Lulus », le 10 août 2021 à Saint-Michel-en-Thiérache (Aisne). • © FTV

Des adolescents en culottes à bretelles jouent au rugby avec un ballon en cuir rétro, avant de s’arrêter brusquement au « coupez ! » du réalisateur.

Au milieu des jeunes, François Damiens interprète un curé, protecteur de ces orphelins, dont le destin sera bientôt bouleversé par le premier conflit mondial. L’acteur belge ne boude pas son plaisir : « C’est toujours intéressant de tourner avec des enfants, parce qu’ils ont une spontanéité que nous n’avons plus . Et puis cela fait film de vacances dans un décor magnifique« .

Ce décor magnifique, c’est l’abbaye de Saint-Michel-en-Thiérache près de Hirson dans l’Aisne, où l’équipe de 90 personnes du réalisateur Yann Samuell a pris ses quartiers depuis quelques jours. Une abbaye qui devient pour l’occasion un orphelinat.

Un tournage 100% Hauts-de-France

Les producteurs de cette adaptation de la série de bandes dessinées La guerre des Lulus sont originaires de La Fère dans l’Aisne. L’idée de délocaliser en Europe de l’est, comme cela arrive souvent, ne leur est pas venue à l’esprit une seconde : « On a tenu à ce que ça se passe vraiment sur les lieux, où la guerre a eu lieu et sur ces lieux de champs de bataille, de villages détruits, massacrés ou en tout cas évacués en 1914, lorsque la guerre a éclaté sur le nord de la France et en Thiérache plus particulièrement. (…) On a choisi des décors qui étaient assez proches de la BD, sans être ceux de la BD, puisqu’ils n’existent pas en fait« , explique Eric Boquého, producteur artistique à l’initiative du projet.

En effet, le village de Valencourt où vivent les Lulus est fictif. Mais il est inspiré des communes du nord de la France. Différents décors de la région servent d’ailleurs au film, d’Arras, préfecture du Pas-de-Calais, à Ors dans le Nord en passant par Tertry, Trefcon, Sissonne ou encore le Familistère de Guise dans l’Aisne.

La suite sur https://france3-regions.francetvinfo.fr/hauts-de-france/aisne/la-guerre-des-lulus-l-adaptation-en-film-de-la-bande-dessinee-en-tournage-a-saint-michel-en-thierache-dans-l-aisne-2210359.html

Voir aussi sur you tube : https://www.youtube.com/watch?v=2PpoIGX1ZLg

La guerre des « Lulus »s’arrête aussi au Familistère de Guise.

Le film a été aussi tourné à Ors et au célèbre Familistère de Guise (photo Aisne nouvelle)

A lire dans l’Aisne Nouvelle du vendredi 19 novembre 2021

Plus de 800 obus déterrés entre Haucourt et Cagnicourt

Un article de Théo Boscher, France Bleu Nord

Une opération de dépollution est en cours entre Haucourt et Cagnicourt (Pas-de-Calais), mercredi 10 novembre 2021. Une étape obligatoire avant la construction d’un parc de 11 éoliennes par l’entreprise Valeco et qui a permis de déterrer plus de 800 obus de la Première Guerre mondiale depuis juillet.

Armé d’un détecteur de métaux, Grégory ratisse chaque centimètre carré d’un champ à Cagnicourt (Pas-de-Calais). Lorsqu’un « bip » strident retentit, il marque la terre d’un point orange. À quelques centimètres sous ses pieds, se trouve peut-être un obus, une munition ou un vestige de la Première Guerre mondiale.

Grégory est chef de chantier pour l’entreprise Cardem, spécialiste de la dépollution des sols. Mercredi 10 novembre, il entame la dernière parcelle de 5.000 m² carrés, où se dressera dans quelques mois une éolienne. Depuis le mois de juillet, les équipes de Cardem ont déterré plus de 800 obus et un millier de munitions, entre les communes de Cagnicourt et d’Haucourt.

Beaucoup de précautions

C’est avec précaution que son collègue Aymeric creuse à la pelleteuse ou à la bêche : « Il doit y avoir de la confiance entre Grégory et moi pendant que je creuse, je suis ses instructions, je vais doucement, couche par couche. » Car si l’envie de déterrer un possible objet de guerre est présente, c’est surtout l’esprit de responsabilité qui les anime.

On fait quand même de la sécurisation, on n’y va pas franco ! On fait en sorte de rentrer à la maison le soir !

Un tas de ferraille rouillé rend compte de leurs trouvailles. « Il y a sans doute un reste de tranchées, peut-être un poste de tir, décrit Grégory. Quelques éclats d’obus et ça, c’est une ogive anglaise. » En tout, une petite dizaine d’objets ou de morceaux de tôle : « Ce n’est pas beaucoup« , estime-t-il. Sur certains chantiers, il a pu déterrer jusqu’à une dizaine de milliers d’armements.

Encore 700 ans pour tout déterrer

Parfois même, ce sont des corps de soldats qu’ils trouvent et cela reste le souvenir le plus fort de Grégory. « Sur le chantier de l’hôpital de Lens, à Loos-en-Gohelle, on est tombé sur six soldats écossais. C’était très impressionnant, avec leurs porte-monnaie ou des blasons qui sont auprès d’eux. Et puis on est content de pouvoir participer aux recherches pour trouver des descendants.« 

« C’est toujours satisfaisant de faire avancer l’histoire »

Pour le chantier Cagnicourt-Haucourt, l’entreprise Valeco qui construit les éoliennes a déboursé 500 000 euros. La plupart des objets trouvés sont récupérés par une autre entreprise spécialisée qui les traite et les détruit ensuite. Il y en a beaucoup dans ce secteur car la zone a été occupée dès octobre 1914 et s’est retrouvée ligne de front entre les forces alliées et l’armée allemande.

Philippe Dubus, le maire d’Haucourt, est habitué à ces opérations de dépollution qu’il aime suivre : « D’après les études, on en a encore pour 700 ans à tout remonter. On a l’habitude de ces procédures, on prend nos précautions. » Son ambition :  conserver quelques vestiges bien entretenus pour les mettre un jour en vitrine dans sa commune.

(photo de une: archives)