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209/Journal du 1 mars 1915: l’imprimerie Matot-Braine en feu

Carnets du rémois Paul Hess (extraits)

« La nuit dernière a été calme. A partir de 17 h 30 bombardement des différents quartiers de la ville et forte cannonade toute la soirée.« (…) A 22 heures Paul Hess est  réveillé par les détonations de plus en plus violentes de nos pièces. Un peu plus tard il doit se lever et retourner comme il y a huit jours dans le sous-sol de la rue Bonhomme. Il entend les obus tomber rue des Marmousets, de Luxembourg, Legendre, rue Eugène Desteuque.

Des obus incendiaires tombent et provoquent des incendies rue Cérès, sur la rue Couteaux, non loin des halles vers la rue Saint Crépin. A  2 heures 1/2 le tir commence à se ralentir. « Depuis un moment notre artillerie riposte ferme et dans le vacarme de ce duel au canon, se mélangent des coups de fusil. »

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L’hôtel de M.Raoul de Bary

Paul Hess voit les pompiers arriver rue Couteaux. Il reconnaît la voix flûtée de Marcelo, le chef fontainier du service des eaux de la ville. Vers 3 heures il retourne rue Bonhomme. Il voit flamber entièrement le café Louis XV 5, rue Cérès, puis deux maisons au 33 et 35 rue Eugène Desteuque, une dépendance de la maison Philippe, 7, rue Ponsardin. Il voit aussi en feu  l’école communale 46, rue Couteaux ainsi que l’hôtel Raoul de Bary, 3, Bd Lundy.

Vers 4 heures il entend nos pièces reprendre leur tir jusqu’à 5 heures. Après une nuit blanche, à 6 heures Paul Hess, debout , repart pour une tournée. « L’importante imprimerie Matot-Braine, 6, 8, rue du Cadran Saint-Pierre, brule à cette heure sur toute son étendue, jusque dans l’impasse Saint-Pierre. Il en est de même de l’école, 7, bis rue du Carouge, en feu, en haut et en bas (…)Le grand magasin « A la ville d’Elboeuf, 19, rue de l’Arbalète est aussi entièrement en flammes (…) »Arrivé Place de l’hôtel de ville il voit brûler la maison Fournier, 2, rue de Mars. Plus loin il voit se consumer le fond de la maison Bonnefoy, au 7, de la rue (…)

(photo entête: le 19 septembre 1914 l’imprimerie avait déjà été la cible de bombardement)

« Le feu a fait des dégâts considérables cette fois. Il y a encore des victimes, c’est fatal, car si les habitants peuvent à la rigueur essayer, dans certains cas, de préserver leurs maisons de l’incendie, ils sont malheureusement tous- malgré les précautions – à la merci de l’obus aveugle qui sème la mort à tort et à travers. »

Dans le Matot-Braine on peu lire pour cette journée du 1 mars:

 Canonnade peu nourrie dans la matinée et nul bombardement jusqu’à la nuit. A six heures moins un quart, les allemands font pleuvoir sur la ville une cinquantaine d’obus. Vers 9 heures un engagement a lieu entre les belligérants du côté de la Pompelle. L’ennemi, après avoir subi des pertes importantes et laissé des prisonniers entre nos mains, est refoulé dans ses tranchées. Furieux de cet échec, vers une heure et demie du matin, il lance à profusion ses bombes incendiaires sur la ville. On relève plus de vingt-cinq foyers d’incendie. Parmi les immeubles détruits on compte l’imprimerie Matot-Braine, rue du Cadran-Saint-Pierre, la maison de Confection à la Ville d’Elbeuf, rue de l’Arbalète, l’Hôtel de Bary ; boulevard Lundy, les Ecoles de la rue Courmeaux, etc. Trois morts, plusieurs blessés.

Mars au 28 ème RI au combat à  Sapigneul, Berry-au-Bac et à la côte 108

Carte_berry_findec14Le régiment relève le 24e I (1) dans le secteur de Berry au Bac. Cette relève doit s’effectuer pour un bataillon dans la nuit du 1er, et pour les deux autres dans la nuit du 2.
Dans la soirée, le 1er Bataillon est relevé par un Bataillon du 24e I dans le secteur de Sapigneul (Sapigneul) et se porte dans les abris de Moscou – Bois des Geais du secteur de Berry au Bac.
3 évacués.

http://vlecalvez.free.fr/jmomars1915.html

Les combats en mars 1915 à Mesnil les Hurlus

1 mars 1915, même cantonnement qu’en février 1915: Felcourt et La Chapelle, état sanitaire laissant toujours à désirer, 44 évacuations.

2 mars 1915, le régiment se met en marche à 7h du matin pour rejoindre Somme Tourbe où il arrive vers les 11h30. Installations des 1er et 3e bataillons vaux abris de Somme Tourbe, le 2e bataillon aux abris à l’ouest de la Salle. Etat sanitaire peu satisfaisant, 23 évacuations.

3 mars 1915, les bataillons du 72e RI rejoignent de nouveau les abris Guérin, le 1er bataillon s’installe aux abris de la côte 147.

LA SUITE: http://laurent59.canalblog.com/archives/2007/03/02/4178650.html

Ecrivain mort à la guerre

Paul De Mougins-Roquefort (Jean D’Aulon) – 1863 – 1er mars 1915; rédacteur de la revue Critique

Lu dans Le Miroir du 1 mars 1915

Belgique.-L’artillerie belge démolit deux ouvrages ennemis près de Dixmude, tandis que l’infanterie belge progresse sur la rive droite de l’Yser; nous arrêtons une attaque près d’Albert.
France.-L’ennemi se venge de ses défaites en lançant 60 obus sur Reims et 200 sur Soissons.
Nos progrès sont importants en Champagne, dans les régions de Perthes et de Beauséjour : ouvrages enlevés, contre-attaques brisées, plus de 2000 mètres de tranchées occupés: plus de 1000 Allemands capturés; combat d’artillerie sur les Hauts-de-Meuse. En Argonne, succès sérieux; nous prenons 300 mètres de tranchées à l’ouest de Boureuilles et notre infanterie s’installe sur le plateuu de Vauquois.
L’offensive russe se déploie victorieusement sur le front de Pologne. Nos alliés ont réoccupé Prasznisch, en infligeant d’énormes pertes aux troupes de Hindenburg

 

 

Festival: la guerre et la paix au coeur de Reims scènes d’Europe

A voir sur le site TLC

Du 6 au 21 février se tenait à Reims la 6ème édition d’un festival international et pluridisciplinaire où plusieurs spectacles phares abordaient la Première Guerre mondiale. Évocations poétiques de l’événement largement commémoré à l’occasion de son centenaire : Front de Luk Perceval fut en ouverture un poignant oratorio crépusculaire à la mémoire des poilus et 1914 un cabaret formidablement outré et grimaçant de Bob Wilson pour clôturer en beauté les manifestations. 

Inspiré par deux romans, A l’Ouest, rien de nouveau d’Erich Maria Remarque et Le Feu de Henri Barbusse ainsi que divers documents d’archives, Luk Perceval propose dans Front une forme extrêmement belle et forte de redonner corps et voix aux combattants de la guerre 14-18. Il opte pour une forme concertante, une polyphonie linguistique et musicale dénuée de toute velléité spectaculaire mais bien plutôt caractéristique d’un geste qui est le sien à la simplicité radicale et magnifique. Soutenus par une puissante création aux sonorités sourdes et métalliques, des acteurs blafards, postés à la rampe derrière des pupitres et dans une quasi-immobilité, se livrent écorchés comme suspendus entre la vie et la mort et parviennent à restituer avec une éloquence incandescente les conditions de vie des soldats dans les tranchées de part et d’autre du front alors que l’assaut est imminent, la mutilation des corps, les atrocités de la guerre et la mort qui envahit et dévaste tout.

LE RESTE SUR: http://toutelaculture.com/spectacles/festival-la-guerre-et-la-paix-au-coeur-de-reims-scenes-deurope/

Expo jusqu’au 31 août à Limoges: « Etre artiste dans la Grande guerre

A voir sur le site New Press

La Ville de Limoges et son musée de la Résistance présentent une exposition inédite : Limoges 14-18. Être artiste dans la Grande Guerre. Remarquable par le nombre et la diversité des oeuvres présentées, l’exposition offre au grand public l’évocation de la période de la Grande Guerre à Limoges, à travers le regard des artistes et des industriels d’art qui l’animaient alors.

Cette exposition, dont le commissariat a été confié à Jean-Marc Ferrer, historien d’art, consacre la Ville de Limoges comme un foyer national essentiel des arts avant et après la Grande Guerre.

L’exposition Limoges 14-18 : Être artiste dans la Grande Guerre met ainsi en exergue la vie culturelle active à Limoges durant la période avant-guerre. Les réseaux entre artistes, galeries et collectionneurs sont pour la première fois ici évoqués, tout comme les relations entre la capitale limousine et les artistes post-impressionnistes de la vallée de la Creuse.

Exposition ouverte au public du 14 février au 31 août 2015 Musée de la Résistance – 7 rue Neuve Sainte-Etienne 87000 Limoges – jusqu’au  14 juin : tous les jours sauf le mardi de 9 h 30 à 17 heures
le dimanche de 13 h 30 à 17 heures – 15 juin – 30 août : tous les jours de 10 h à 18 heures.

L’ article complet sur: http://www.newspress.fr/Communique_FR_286603_850.aspx

Craonnelle: La vigne et la guerre intimement liées

A voir sur le site de L’Union

Ce musée présente les machines qui servaient autrefois à la vinification. L’occasion aussi de découvrir des photographies du village avant et après la Grande Guerre.

Sa propriétaire l’avoue tout de go, la scénographie du musée de la société vinicole de Craonnelle aurait grand besoin d’être améliorée. Heureusement, la bonne humeur et l’entrain de Céline Goosse font un peu oublier le reste. « Le musée se situe dans le cellier, le seul endroit qui ait subsisté aux bombardements de la Première Guerre mondiale. Le château lui-même a été entièrement rasé, de même que toutes les vignes. »

http://www.lunion.com/region/la-vigne-et-la-guerre-intimement-liees-ia3b26n490016

Les taxis de la Marne : quand la France devait perdre la guerre

Sur le site de la RTBF.be culture

L’épisode des taxis de la Marne est certes connu. Mais ici, il est totalement remis en perspective. Avec un vrai talent, et un souci de précision historique

Force est de reconnaître que, pendant bien longtemps, lorsqu’un album de bd s’intéressait à la guerre, quelle qu’elle soit, c’est d’héroïsme, de courage, de patriotisme qu’il s’agissait surtout. Et puis, fort heureusement, dans la lignée d’un film comme  » Les sentiers de la Gloire  » de Kubrick, les choses ont changé. Et Tardi est et reste l’auteur essentiel pour qui la guerre ne peut se voir, s’imaginer, qu’au-delà des grands sentiments, des grandes déclarations, à hauteur d’homme, à hauteur d’horreur, dans la profondeur boueuse du désespoir.

http://www.rtbf.be/culture/article/detail_les-taxis-de-la-marne-septembre-1914-quand-la-france-devait-perdre-la-guerre?id=8832986