Archives pour la catégorie Témoignages

1/Grâce à Pétain, Adrien Leclerc, grand-père de Jean-Hugues Crétin n’a pas perdu le Nord

Hasard de la vie, le Rémois Jean-Hugues Crétin, de Reims,  a eu trois grands pères. Trois grands pères qui ont fait la guerre 14 et dont il est loin de connaître tous les faits de guerre. Dont il a envie de parler, dont il souhaite en savoir plus, notamment pour son grand père paternel Lucien Crétin, né à Cambrai en 1869, chef de bataillon du génie puis colonel, directeur des services du Génie en 1918 et dont il aurait tant voulu que son père lui raconte un peu sa guerre.

LECLERC ADRIEN - copie

C’est donc du côté maternel que le dentiste rémois a recherché des souvenirs de la Première guerre mondiale.

Mort d’un abcès dentaire

 « J’ai une affection particulière pour le premier mari de ma grand-mère, Adrien Leclerc,

Mort en 1924 d’un abcès dentaire et que je n’ai donc pas connu »note jean-Hugues Crétin.

2LECLERC ADRIEN - copie

« Parisien, il avait fait l’école des officiers de réserve et il était chargé des communications, de la télégraphie et de l’écoute dans les tranchées. On le qualifiait à l’époque d’officier chimiste. Il a circulé un peu partout dans la Somme, mais aussi dans notre secteur comme en témoigne plusieurs photos. Il s’est retrouvé à Prosnes, la ferme de Moscou, Livry sur Vesle près de Beaumont-sur-Vesle. Il faisait énormément de photos avec un gros appareil très imposant ayant la forme d’un cube. Il a même fait des photos en trois dimensions. J’ai aussi une étonnante photo panoramique de toute la montagne à proximité du mont Cornillet. En la grossissant à l’ordinateur on peut voir un boche qui regarde à quelques centaines de mètres des premières lignes françaises. C’est rare vous savez d’avoir des photos directement du front car c’était hyper dangereux de s’aventurer à vouloir faire des images. »

3LECLERC ADRIEN - copie

C’est marrant d’ailleurs car en regardant aujourd’hui sur Google earth, on peut voir très distinctement les emplacements des tranchées sous les champs, tout autour de Reims.

Un cadeau de Pétain

7J HUGUES CRETIN
Jean-Hugues Crétin a conservé la boussole que son grand père a reçu des mains du Général Pétain

Au cours de la guerre, Adrien Leclerc aura eu trois cadeaux. Il n’est pas mort au front comme tant d’autres. Le deuxième, c’est la reconnaissance par un des collaborateurs américains du général Pershing de pouvoir travailler dans les lignes américaines. Le troisième, Jean-hugues Crétin la garde comme un trésor. Il s’agit d’une boussole que lui a offert le Général Pétain dans son QG de Souilly en 1916.

Alain MOYAT

2.- Maurice Leefson: de Cayenne aux tirailleurs sénégalais

1leefson 1915 - copie 2

Le Rémois Jean-Hugues Crétin a beaucoup d’affection aussi pour Maurice Leefson, le second mari de sa grand-mère maternelle dont le parcours a été très singulier, bien qu’il n’en connaisse pas les détails.

« Il était né en août 1894 à Cayenne en Guyane. Il était déjà engagé pour quatre ans dans l’armée au 27e Dragons quand il y a eu la déclaration de guerre » raconte Jean Hugues Crétin.

« Il a fait toute la première guerre mondiale et a terminé sous lieutenant.

Sa particularité, c’est qu’à partir de mai 1915, caporal, on l’a affecté d’abord dans un régiment colonel, puis à partir de 1917 il a été aux 73e, 72e, 104e, 77e et 31e bataillons de tirailleurs sénégalais et même du 20 novembre 1917 au 8 décembre 1917 dans le 24e bataillon d’Indochinois.

Il a notamment participé à la libération de Vouziers. Mon grand père racontait qu’il fallait surtout qu’il connaissent bien les différentes ethnies de façon à ne pas les faire trop se côtoyer dans certains cas. »

2leefson - copie

De plus l’armée utilisait les noirs pour des missions de nuit » ajoute le dentiste rémois. Mon grand père a écrit dans un carnet qu’alors qu’il se trouvait près d’une rivière à Lanfroicourt, en Meurthe-et-Moselle, il a dû, avec des tirailleurs, aller chercher une barque cachée au bord de la Seille, l’utiliser pour faire traverser les trois quarts de la section avant de la ramener au bois de Ramon. »

Pour ses faits de guerre Maurice Maurice Leefson a été plusieurs fois cité à l’ordre de sa brigade ou de son régiment. « Le 1er novembre, ce jeune officier plein de courage et d’entrain a cours des combats étant commandant de compagnie a brillamment enlevé son unité à l’assaut des lignes ennemies dans une zone particulièrement difficile. S’est emparé des objectifs désignés. »

Sitôt la guerre, Maurice Maurice Leefson est resté dans l’armée. En Algérie comme officier d’ordonnance du gouverneur général de l’Algérie M.Violette, puis au Maroc et en Tunisie avant d’être officier de Police au Cameroun « où il assistait au décapitation » précise Jean Hugues Chrétien.

Durant la seconde guerre mondiale, il a été fait prisonnier le 17 juin à Château-Landon et envoyé en camp en Allemagne

Indigènes oubliés

Dans un texte intitulé : « Les soldats indigènes, oubliés de la 1re guerre mondiale », page internet :http://crdp.ac-reims.fr/memoire/enseigner/soldatsindigenes/01bilan.htm on en apprend un peu plus sur ces soldats oubliés. Le corps des Tirailleurs sénégalais a été créé en 1857 par Louis Faidherbe, gouverneur général de l’Afrique de l’Ouest Française. Les tirailleurs étaient loin d’être tous sénégalais. Ils venaient de l’ensemble des colonies françaises d’Afrique.

Au total, entre 1914 et 1918, plus de 275.000 soldats indigènes ont servi dans l’Armée coloniale : 181.512 Sénégalais, les plus nombreux, répartis au sein de 141 Bataillons de tirailleurs sénégalais qui constituaient l’essentiel de ce que le général Mangin appelait « la Force noire »; 41.355 Malgaches; 2434 Somalis; 48.922 Indochinois; 1;067 Canaques et Polynésiens. À la fin de la guerre en janvier 1918, leurs pertes totales s’élevaient à 28.700 morts et 6.500 disparus.

Armée d’Afrique. -Au total, entre 1914 et 1918, plus de 290.000 soldats nord-africains ont combattu au service de la France : 17.3019 Algériens, les plus nombreux; 80339 Tunisiens; 40398 Marocains.À la fin de la guerre, en Janvier 1918, leurs pertes s’élevaient à 28200 morts et 7700 disparus.

A.M

Poncé-sur-le-Loir: il publie les lettres de son grand-père, Poilu de 14-18

A retrouver sur le site du Petit Courrier- L’écho de la calée du Loir

Jean-Louis Letellier publie sur internet les courriers envoyés il y a 100 ans, par son grand-père, Louis Lahoreau, soldat de la Première Guerre Mondiale (…)

(…) Né en 1888 à Lavenay, Louis Lahoreau a exercé comme charron à Poncé-sur-le-Loir et Saint-Pierre-du-Lorouër. Mobilisé comme des millions d’hommes, il a entretenu une correspondance régulière : il aurait ainsi envoyé près de 900 courriers entre 1914 et 1918, à l’encre ou au crayon, sur une simple feuille de papier ou sur des cartes postales militaires.

(photo entête: Louis, à gauche, au début de la guerre, trinquant avec du « pinard » que les Poilus appréciaient tant.)

LA SUITE SUR/http://www.lecourrier-lecho.fr/2014/11/06/il-publie-les-lettres-de-son-grand-pere-poilu-de-14-18/

Toulouse «Ma grand-mère (rémoise)a voulu «témoigner pour les morts»

A retrouver sur le site de la dépêche du midi.fr

L’exposition «14-18. Fragments de guerre» fait revivre un patrimoine précieux, prêté par des familles de Poilus. Marie-Jeanne Jarry a retrouvé le journal intime de sa grand-mère, dont le mari était au front.

Marie-Jeanne Jarry, Toulousaine d’adoption, fait partie des contributeurs qui ont participé à la grande collecte 14-18. Le «Carnet de guerre pour Maurice» de sa grand-mère, Germaine de Sainte-Marie, est présenté à la bibliothèque d’étude et du patrimoine.

EXTRAIT: « Ma grand-mère avait une trentaine d’années en 1914. Elle appartenait à une famille bourgeoise de Reims, qui avait une fabrique de capsules de champagne. En 1914 son mari, mon grand-père, Maurice, a été mobilisé comme brancardier et elle a dû s’occuper de l’usine, qui a été assez transformée en hôpital de campagne »

LA SUITE SUR:

http://www.ladepeche.fr/article/2014/10/25/1979223-centenaire-14-18-grand-mere-voulu-temoigner-morts.html

100 ans plus tard, la cathédrale vous parle par la voix d’Estelle Bertot

En ce centième anniversaire de l’incendie de la cathédrale de Reims, Dominique Lebrun, président du club de la presse nous adresse via Facebook l’article d’Estelle Bertot salué par le prix de l’espoir de la presse Champagne-Ardenne 2014. Une belle façon de donner non seulement du corps mais aussi de l’esprit à ce fabuleux monument !

« Nous sommes en 2014, c’est l’occasion pour moi d’évoquer avec vous l’un de mes souvenirs les plus marquants. Il se trouve qu’hier, du haut de mes 87 mètres, j’ai cru entendre un jeune homme demander à ses amis « Pourquoi se souvenir de la Première Guerre Mondiale? Que représente-t-elle, un siècle plus tard? ». Il est vrai que n’ayant probablement lu que des témoignages dans ses livres d’histoire, il pouvait s’interroger sur les différentes manifestations qui avaient lieu dans sa ville à ce sujet. En effet, ces derniers temps à Reims, on entend fréquemment parler du devoir de mémoire à l’occasion du centenaire de cette première guerre totale. J’aurais voulu lui expliquer, mais ne trouvant pas les mots, j’ai préféré penser. J’aurais voulu lui dire que pour des milliers de futures victimes, c’était un véritable cauchemar qui avait commencé le 3 Septembre 1914. J’avais tout de suite su ce jour là que je ne serais en aucun cas épargnée. Les habitants de la Cité des Sacres, ceux du monde entier et moi-même fûmes pour la première fois considérés comme semblables: sans âme. J’aurais voulu demander au garçon s’il savait ce que l’on ressentait lorsqu’on entend l’impact des bombes à quelques mètres de soi, s’il pense qu’il est utile de se savoir en pierre à cet instant-là, ou s’il savait que contempler ce qui restait de moi signifiait pour l’ennemi contempler fièrement la destruction accomplie de tout un symbole. Si mes fondations sont solides, je les sens pourtant vaciller rien que d’y repenser. Ces souvenirs sont pour tout un chacun douloureux.
C’est pourquoi je trouve fou qu’aujourd’hui encore, pendant que nous commémorons ces évènements et rendons hommage à nos héros de guerre, des terres soient bombardées, des enfants sacrifiés, des familles décimées. Si nous ne devons pas oublier cette première guerre mondiale c’est pour ne plus causer l’irréparable. Je suis l’exemple même de ce que l’Homme peut réaliser de plus beau et pourtant je sais que depuis la fin de la première guerre mondiale, ce dernier a plusieurs fois replongé le monde dans le chaos. Si de mon parvis, je vous vois sereins, je vous demande de ne pas oublier que nous avons déjà connu cet enfer et qu’un siècle plus tard nous commettons toujours des erreurs semblables à ce dernier.
Rappelons-nous aussi que si nous avons pu nous reconstruire, c’est grâce aux aides venant du bout du monde. C’est grâce à elles si aujourd’hui je me tiens droite, glorieuse, magnifique. C’est grâce à l’union de ces personnes courageuses qui ont surmonté cette innommable épreuve que je ne suis plus qu’un martyr mais aussi la fierté de Reims, le symbole de la reconstruction. Bien sûr, rien n’efface jamais les dégâts que peut faire une guerre, humains ou matériels, les pertes subies et les souvenirs douloureux; mais le devoir de mémoire sait les rendre utiles à l’avenir. Il nous montre qu’après le pire, les Hommes ont déjà su s’unir pour tout reconstruire. S’ils en ont été capables je ne doute pas qu’ils puissent aussi n’engendrer que le meilleur. Alors, si je n’ai pu répondre à cet homme en devenir, je suis heureuse de savoir que d’autres font aujourd’hui en sorte de lui transmettre mon histoire, et qu’il le fera à son tour quand il en aura l’occasion. Si les cathédrales parlaient, je conseillerais à tous de se mobiliser pour mettre un peu de leur coeur dans chaque hommage rendu. Car si je suis encore debout pour voir l’histoire avancer, nombreux sont ceux qui, de ces terribles guerres, ne reviendront jamais. »
Estelle Bertot

(Dans L’union) Sa grand-mère était une héroïne en septembre 1914 à Reims

A lire dans L’Union l’article de Marie-Christine Lardenois

Marie Drouet sauvait les blessés avec une voiture à âne. Son petit-fils a retrouvé un article de L’union de 1963 relatant les actes de courage de son aïeule.

http://www.lunion.presse.fr/region/sa-grand-mere-etait-une-heroineen-septembre-1914-ia3b24n410496

les édifiants carnets du capitaine Dosnon

A lire sur le site du quotidien « L’Est  Eclair » un article de Clément BATTELIER

En cette année de centenaire de la Grande Guerre, les témoignages ressurgissent. Exemple remarquable avec le journal de guerre de ce militaire originaire de Lagesse.

http://www.lest-eclair.fr/bar-sur-seine/guerre-14-18-les-edifiants-carnets-du-capitaine-dosnon-ia0b0n277375