1437/10 juillet 1918

Journal de La Huronne: à propos des pillages

10 juillet 1918.

Un député a voulu interpeller sur les actes de pillage commis par les troupes pendant la retraite, dans les localités qu’elles abandonnèrent et qui ne furent pas occupées par l’ennemi. Le gouvernement s’est opposé à ce que ces plaintes fussent apportées à la tribune. Elles sont malheureusement justifiées et montrent une fois de plus que la guerre en elle-même déchaîne la sauvagerie des combattants. Ils obéissent à l’instinct du viol plus qu’à celui du vol, car ils ne peuvent rien emporter. Mais ils détruisent tout, malgré les consignes mortelles. C’est un délire. Dans certaines maisons, pas un tiroir qui n’ait été vidé, pas un meuble qui n’ait été forcé, pas une glace, un battant d’armoire, une porte qui n’aient été brisés. Les lettres, les livres, les albums, déchirés, gisent en monceaux entassés au milieu des pièces. Le linge, les vêtements de femme, les nippes vénérables, ont servi à de folles mascarades…

source: https://fr.wikisource.org/wiki/Le_Journal_de_la_Huronne/La_Houille_rouge/Juillet_1918

Mémoire des monts de Champagne: le rapport du sergent Darnant

« Le 10 juillet, on commença à étudier un coup de main profond et en utilisant notamment les groupes de grenadiers d’élite du Bataillon qu’on devait reconstituer pour la circonstance. J’étais alors sergent à la 14e Compagnie ; ma section était en réserve sur la gauche (ouest) du Mont-sans-Nom, quand on vint me prévenir de me présenter à mon chef de Bataillon, au P.C. Ham. Je trouvai là le lieutenant Balestié, le sous-lieutenant Villet et l’adjudant Seray, de la 13e Compagnie ; les anciens chefs de groupe des grenadiers étaient présents également : 5e Bataillon : sergent Castel, 6e Bataillon : adjudant Dubien.

Je reprenais le commandement du groupe de mes grenadiers du 4e Bataillon. Le commandant Besnier nous annonça que nous devions exécuter une opération d’assez grande envergure, que le temps pressait un peu et que nous nous préparerions en ligne même. Il étala un plan directeur sur sa table et nous donna quelques explications (grandes lignes).

Les questions de détail furent réglées ensuite par le lieutenant Balestié et par les gradés des différents groupes. Tous les jours, nous nous réunîmes au P.C. de la 13e Compagnie qui était en ligne et qui occupait le secteur où devait se dérouler l’affaire. Ardemment, nous nous mîmes au travail ; nous commençâmes à étudier sérieusement le terrain, les cartes et photos. En première ligne, d’un petit observatoire blindé, nous pouvions mieux nous rendre compte. Le terrain se présentait ainsi : les tranchées allemandes (occupées) étaient distantes d’environ 300 à 350 mètres des nôtres ; entre les positions adverses, se trouvait une légère dépression et le terrain était rempli de vieux réseaux et d’anciennes tranchées françaises et allemandes. L’impression ne fut guère favorable, car l’ennemi occupait une crête et disposait de bons observatoires. De retour au P.C., le lieutenant Balestié nous mit au courant des moindres détails, que nous discutâmes ensemble. Chacun y mit tout son savoir et tout son cœur et les plus ardents répondirent aux objections des autres.

Mission. Elle fut toute simple et pourtant bien difficile. Ramener des prisonniers coûte que coûte, rapporter des renseignements sur l’attaque et détruire du matériel.

source: https://www.memoiresdesmontsdechampagne.fr/rapport-du-sergent-darnand

Journal du mercredi 10 juillet 1918

Entre Montdidier et l’Oise, nous avons effectué une opération locale à l’ouest d’Antheuil.
Sur un front de près de 4 kilomètres, nos troupes, appuyées par des chars d’assaut, ont pénétré dans les lignes ennemies, enlevé la ferme Porte et la ferme des Loges, et réalisé une avance de 1.800 mètres environ en certains points. Une contre-attaque ennemie sur la ferme des Loges a été repoussée. Nous avons maintenu tous nos gains. Le chiffre des prisonniers atteint 540.
Activité des deux artilleries à l’ouest et au nord de Château-Thierry, notamment à la cote 204.
Nos patrouilles ont ramené des prisonniers en Champagne, dans le secteur des Marquises et vers la butte de Souain.
Les troupes de Londres ont exécuté un raid heureux à l’est d’Arras et capturé quelques prisonniers et une mitrailleuse.
Les Italiens ont fait 1.300 prisonniers en Albanie.

source: http://grande.guerre.pagesperso-orange.fr/juillet18.html

La carte postale du jour

source image: https://www.google.fr/search?q=10+juillet+1918&safe=active&source=lnms&tbm=isch&sa=X&ved=0ahUKEwjpzfDQmbfbAhVBOSwKHf5ZC4A4yAEQ_AUICygC&biw=1280&bih=605#imgrc=ITKmaNV-tdLm9M:
Publicités

1436/9 juillet 1918

Vaincus par des grenouilles collabos !

Le 9 juillet 1918 Le Figaro relate cette information.

«Les grenouilles sont pro-boches. Elles en ont bien l’air. Y a-t-il rien de laid comme une grenouille? avec ses yeux de Herr Doctor et son ventre de buveur de bière. Les grenouilles donc sont germanophiles. Elles l’ont prouvé au Chemin des Dames.

Ce sont leurs coassements, à en croire le correspondant du Lokal Anzeigef (mais est-on forcé de le croire?), qui auraient permis aux Allemands d’avancer sans éveiller l’attention des guetteurs français. Ces chétives pécores auraient couvert de leurs voix le bruit des troupes en marche.

Le Kaiser va-t-il leur donner des croix de fer?» écrit Le Figaro du 9 juillet 1918.

Correspondance et photographies de Gabriel Turquet, en Picardie

Le château de Pierrefonds

Gabriel Turquet est rappelé d’urgence sur le front de la Somme, suite à l’offensive allemande du printemps (mars à mai 1918), avant d’occuper des positions de défense de nouveau dans l’Aisne, où il participe à la seconde bataille de Noyon (août 1918). Il se retrouve pour finir en Champagne-Ardenne lors des grandes offensives françaises de la Marne (septembre – octobre 1918), secteur où il apprend l’armistice le 11 novembre 1918.

Il voue une véritable passion à la photographie, ce qui le conduit à prendre de nombreux clichés durant toute cette période : ses camarades, les secteurs où il est passé, les lieux de vie… Son reportage photographique est un formidable témoignage de la guerre vue par un soldat.

Lettres et images à voir sur le site des archives de la Vendée: http://recherche-archives.vendee.fr/archives/fonds/FRAD085_1Num416

Mort de James Thomas Byford McCudden, as de la royal Air Force

James Thomas Byford McCudden est un as de la Royal Air Force, né le 28 mars 1895 à Gillingham dans le Kent. Il meurt dans un accident le 9 juillet 1918. Il fut l’as le plus décoré de la première guerre mondiale avec 57 victoires en combat aérien. Le major Mac Cudden débute comme mécanicien dans une escadrille à Amiens puis comme observateur, participant à de nombreux combats durant la première année de la guerre. Il passe son brevet de pilote de chasse à partir d’août 1916 et obtient sa première victoire le 6 septembre en abattant un avion biplace allemand. Il inaugure ainsi sa propre méthode de combat : le tir à distance. En août 1917, il est nommé à la tête du Flight B du squadron 56, qui comprend de nombreux pilotes d’exception. En mars 1918, il obtient la Victoria Cross. Après 57 victoires, il décède le 9 juillet 1918 trahi par la mécanique lors d’une mission. McCudden, inconscient, est retiré des restes de son appareil avec une importante fracture du crâne. Il décède le soir même, aux environs de 20 h, sans avoir repris connaissance.

source: http://racontemoi1418.fr/james-mccudden/#1

Médaille: création de la Silver star

La Silver Star (étoile d’argent) est une médaille créée le 9 juillet 1918. Elle est attribuée pour « Bravoure en opération contre un ennemi des États-Unis ».

source: http://www.memorialgenweb.org/mobile/fr/medailles_militaires.php

Journal du mardi 9 juillet 1918

Actions d’artillerie entre la forêt de Villers-Cotterets et la Marne.
Nous avons réussi une opération de détail près de Longpont, où nous avons progressé d’environ 1300 mètres, sur un front de 3 kilomètres et capturé 347 Allemands.
Les troupes australiennes ont légèrement avancé leurs lignes sur un front de 3.000 mètres de part et d’autre de la Somme, en faisant des prisonniers.
Au sud du canal de la Bassée, un raid heureux, entrepris par des troupes écossaises, a valu quelques prisonniers à nos alliés.
A l’est d’Hazebrouck, des troupes australiennes ont pénétré dans les tranchées allemandes et ramené des prisonniers.
L’artillerie ennemie s’est montrée active sur les deux rives de la Somme, ainsi qu’à l’ouest de Beaumont-Hamel et aux environs de Béthune.
Les Américains ont réussi un raid dans les Vosges, tuant et blessant un certain nombre d’Allemands et faisant des prisonniers.
En Macédoine, succès franco-italien à l’ouest de Koritsa.

source: http://grande.guerre.pagesperso-orange.fr/juillet18.html

(Vidéo) guerre 14-18: l’histoire singulière du pont de Fismes

NNous sommes à Fismes dans la Marne, une petite ville près de la Picardie, traversée par un cours d’eau : la Vesle. Pour relier les deux rives, un pont aujourd’hui transformé en mémorial. Un ouvrage à l’histoire mouvementée !

Comme beaucoup d’autres communes, durant 4 ans Fismes change d’occupants au gré des combats entre Allemands et Français. A l’instar de ce pont, entre le centre-ville et le quartier de Fismette, l’un des symboles de la ville. En 1914, le génie français le fait partiellement sauter pour ralentir l’offensive allemande. Peine perdue, les Allemands arrivent sur place et entament l’occupation de la ville avec comme première décision, la remise en état du pont, indispensable pour permettre le passage des troupes.

Repassés sous contrôle français, en août 1918, le pont et ses alentours sont le théâtre d’intenses combats entre Allemands, dont les troupes sont dirigées par le Kronprinz, le prince-héritier lui-même. Les sammies (originaires de Pennsylvanie), comme on les surnomme, parviennent à s’emparer du pont et s’en servent notamment pour évacuer leurs blessés sous les balles allemandes avant que l’ouvrage ne soit complètement détruit par les combats. Une passerelle faite de planches en bois est alors construite pour assurer la liaison vers le quartier de Fismette. Pendant la guerre, ce secteur sera perdu et repris 5 fois. La ville sera détruite à 90 %.

Au lendemain de la guerre, pour rendre hommage aux soldats américains tombés à Fismes, l’état de Pennsylvanie finance la construction d’un nouveau pont à quelques mètres de l’ancien. Il fait 18 mètres de long et est composé de deux colonnes avec au sommet, deux statues représentant l’Agriculture et la Paix. Ce pont est l’un des seuls exemples de pont-mémorial en France et dans toute l’Europe.

source: le site de France 3 Grand est: https://france3-regions.francetvinfo.fr/grand-est/marne/histoires-14-18-histoire-singuliere-du-pont-fismes-1469471.html

Batailles de la Marne : Dormans cherche à réveiller une mémoire qui s’éteint

Des milliers de morts, une ville presque totalement détruite. C’est le bilan effrayant des combats dont Dormans a été le théâtre entre le 15 et le 20 juillet 1918, pendant la « seconde bataille de la Marne ». Cependant, en réussissant alors à repousser l’offensive des troupes allemandes qui voulaient franchir la Marne, les divisions alliées ont imposé un tournant décisif aux combats : un prélude à la contre-offensive menant à la victoire finale.

« Ici, nous avons été élevés avec l’idée que tout a basculé à Dormans », raconte Alain Fazincani, le président de l’association du Cercle historique et culturel dormaniste, chargée de collecter des informations sur la mémoire locale. Ce n’est pas par hasard qu’a été érigé là, entre 1921 et 1931, un Mémorial des batailles de la Marne qui se pose en « rempart contre l’oubli » : une chapelle, une lanterne des morts, un cloître et un ossuaire de style gothique surplombent le grand parc qui entoure le château de Dormans, lequel domine lui-même cette petite commune bordant la Marne.

Chaque premier dimanche de juillet, une messe est organisée dans la chapelle. Elle précède une cérémonie commémorant les deux batailles, celle de 1918 comme celle de 1914. Une répétition qui, à l’époque, a donné aux habitants le sentiment « d’une fatalité », selon Alain Fazincani, dont le grand-père originaire des alentours a fait la guerre de 1914-1918. Pour ceux de sa génération, « les conflits étaient une épée de Damoclès au-dessus de leur tête. Les armées étaient passées ici dès 1870, puis deux fois en 1914, puis de nouveau en 1940. C’était donc ressenti comme un vécu éternel », relate-t-il.

Si la guerre est omniprésente dans l’histoire de Dormans, elle l’est moins dans la mémoire de ses habitants. Aujourd’hui, hormis quelques férus d’histoire et de récits guerriers, les souvenirs de 1914-1918 « n’intéressent plus personne au-dessous de 60 ans », estime Alain Fazincani. La moyenne d’âge des membres de l’association du Mémorial est chaque année plus élevée, et les nouveaux adhérents se font rares. Les cérémonies de commémoration voient surtout défiler des élus, des officiels et beaucoup de porte-drapeaux. Ce désintérêt ne l’étonne pas : « Trop de temps a passé. Dans les familles, la mémoire transmise d’homme à homme remonte désormais seulement à la guerre de 1940, observe-t-il. Par ailleurs, ceux de la génération de 14-18 ne racontaient rien. C’est flagrant ! »

la suite sur https://www.la-croix.com/Journal/Dormans-cherche-reveiller-memoire-seteint-2018-06-23-1100949492

Reims: appel à volontaires pour une pièce de théâtre sur la guerre 14-18

Appel à volontaires pour une pièce de théâtre sur la guerre 14-18

Dans le cadre des commémorations du Centenaire 14-18 à Reims, Le Facteur Théâtre s’investit depuis 4 ans dans la préparation d’un événement et d’une pièce de théâtre. Intitulée Reims Intime Underground 14-18, la pièce sera présentée d’abord dans la cave d’un particulier rémois, 18 fois, puis programmée à sept reprises au Théâtre du Chemin Vert. Concernant l’événement prévu le 28 septembre au cryptoportique du Forum, Le Facteur Théâtre recherche donc des volontaires pour y figurer. Un spectacle où il leur sera aussi demandé de lire de façon chorale, de murmurer… Plusieurs répétitions devront être effectuées en amont. Pour en savoir plus et participer, contactez la compagnie au 03 26 02 97 76 ou à infos@lefacteurtheatre.com

source: http://www.lhebdoduvendredi.com/article/32225/appel_a_volontaires_pour_une_piece_de_theatre_sur_la_guerre_14-18

1435/8 juillet 1918: les Italiens défendent la Montagne de Reims

Les Italiens défendent la Montagne de Reims

Le  » Plan de défense » que le général Albricci envoya aux détachements dépendants le 8 juillet était aussi basé sur cette prémisse. Ledit plan, qui était, du reste, en parfaite harmonie avec les instructions données le 16 et le 20 juin prévoyait que l’organisation de la défense du corps d’armée comprendrait : une  » ligne de surveillance » tenue par des petits postes avec la tâche de prévenir les troupes de la première position des intentions de l’ennemi et de déjouer les attaques par surprise de ses patrouilles; une  » première position » : bois de Vrigny – côte qui descend vers Ste Euphraise – bois de la Vallotte (saillant ouest)- Montagne de Bligny – pente occidentale du bois de Pargny – bois des Grands – Savarts – Onrezy – marge nord-ouest du bois de Commetreuil – bois de Hyermont – Moulin Chaumuzy – flancs nord du bois « des Eclisses », qui devait servir de protection à l’artillerie, comme ligne de départ pour les contre-attaques des réserves et, avec des « bretelles », à même de créer les compartiments étanches; une  » deuxième position : bois de Maître Jean – pentes occidentales du Pâtis d’Ecueil – moulin de l’Ardre – éperon de Ballin – bois de Courton, à faire tenir par les régiments de réserve et par les troupes supplémentaires.; enfin,  » une troisième position » : Sermiers – Courtagnon – Cormoyeux – Romery – pentes occidentales du bois de St Marc, sur laquelle le combat et la défense devaient être portés seulement en cas extrême.

Lire le dossier détaillé sur http://20072008.free.fr/journee332008italjuinjuil18doc1.htm

L’US Air force est née en Seine-et-Marne

L’As américain Edward Rickenbacker et son Spad XIII, avec l’insigne du 94th Aero Squadron

Le 8 juillet 1918, les escadrilles se déplacent. Les trois escadrilles d’observation quittent Saints. La SAL.280 va rejoindre un autre groupe Français et la 1ère et 12ème vont à Francheville, au nord-ouest de Coulommiers, pas loin de l’aérodrome actuel. Une autre escadrille américaine, la 88ème, vient remplacer la SAL.280.

Les 8 et 9 juillet, le 1er Groupe de Chasse quitte Touquin pour s’installer dans les villages de Saints et de Mauperthuis et occuper également la ferme des Aulnois, site du terrain d’aviation du même village. Il n’y restera que jusqu’au 1er septembre 1918. Pendant ce temps, le 1er groupe de chasse va cruellement souffrir en perdant 36 tués, blessés ou prisonniers – soit exactement la moitié de l’effectif de combat. Pour les américains, c’est le vrai baptême du feu contre un ennemi qui possède des as pour pilotes et des appareils très performants comme par exemple le Fokker D.VII. En contrepartie, les américains remportent 38 victoires contre les allemands.

Le symbole de l’effort Américain, c’est la famille de l’ancien Président Théodore Roosevelt qui a six enfants, plus deux par re-mariage, ce qui fait huit au total. Six d’entre eux vont participer à la guerre. La fille Ethel et son mari ainsi que la femme de Théodore Jr. vont servir la Croix Rouge à Paris. Les quatre garçons, Théodore Jr., Archie et Quentin viennent en France et le deuxième fils Kermit s’en va rejoindre les Forces Britanniques au Moyen Orient.

source: http://acdf-meaux.fr/histoire-lus-air-force-est-nee-en-seine-et-marne/

Compiègne: les  pillards fusillés sur le champ

La place de l’Hôtel de ville en 1918

Voici un avis officiel, émanant de la Place de Compiègne et daté du 8 juillet, concernant les transports :

« I. Pour venir à Compiègne il faut être porteur d’un sauf-conduit, ce sauf-conduit doit être demandé au Sous-préfet ou au commandant d’armes de Compiègne qui le soumettront à la signature de l’autorité militaire compétente ; la demande doit indiquer le motif du déplacement.

II. Arrivée à Compiègne. — se présenter au commandant d’armes qui délivre un permis de séjour et en fixe la durée.
III. Moyens de transports pour déménagement. — Des camions ou des wagons en nombre limité, ainsi que des hommes de corvée sont mis à la disposition des personnes qui en font la demande au commandant d’armes.

Ces demandes seront satisfaites selon les ressources et dans l’ordre où elles seront parvenues au commandant d’armes.
IV. Les évacuations se font :

a) par camions dans la
Chantilly, (dernière limite).
b) par wagons au gré des intéressés.
La ville de Compiègne n’offrant aucune ressource, il est recommandé de se munir de vivres pour toute la durée du séjour.
Le 8 juillet 1918,
Le Lieutenant Colonel MAITTHET, commandant d’armes. »

Un papillon tiré sur papier bulle sur les presses réquisitionnées de l’imprimerie Bourson porte que :

« La Place ne peut que se mettre dans la mesure de ses moyens à la disposition des habitants « venus eux-mêmes » s’occuper de leurs affaires ou en ayant chargé une personne munie d’une procuration. Les déménagements d’office ne seront effectués qu’après ceux des personnes présentes ou représentées ».

Les pèlerins, en sortant des bureaux de la Place, installés au Palais, dans les pièces précédemment occupées par le commandement du Grand Quartier, se précipitaient dans leur rue et, constatant la ruine des maisons voisines, pénétraient tout émus dans le désordre de leur appartement. Avaient-ils été pillés durant leur absence ? Ils s’étonnaient que tout ne fut pas disparu. En hâte, ils chargeaient leur butin, touchant à peine aux provisions de bouche et, laissant là leur curiosité, oubliaient de faire un tour en ville, tant ils étaient pressés de quitter un rivage aussi désolant.

Le commandant d’Armes avait institué un service de surveillance plus rigoureux que les précédents pour arrêter les pillages. Il faut reconnaître qu’il l’avait remarquablement organisé. A ce titre, le colonel Maittret fut vraiment un gardien de l’ordre et sous son commandement, les vols furent moins fréquents qu’au mois de mai où bien des maisons reçurent la visite de gens sans aveu dont l’unique occupation était la rapine.

Les pillards étaient fusillés sur-le-champ. Compiègne fut débarrassée rapidement de ces indésirables et les maisons refermées cachaient aux rares passants la désolation de

leur intérieur doublement désolé par la guerre.
L’horloge de l’hôtel de ville s’était arrêtée depuis longtemps. Plus de Picantins pour piquer les heures, aucun des bruits familiers ne remuait l’air des rues désertes et monotones.
Les rares privilégiés, après bien des ennuis, repartaient vers l’exil. L’autorité militaire ne favorisait guère leurs allées et venues, peu désireuse de voir une colonie se fixer à nouveau dans la ville comme après les événements du mois de mars. Les visites mêmes de la Municipalité lui portaient ombrage, jalouse qu’elle était de ses pouvoirs universels. A plusieurs reprises, M. Martin dut élever la voix contre cet abus. Il lui paraissait tout naturel de s’occuper des intérêts de ses administrés et s’étonnait de rencontrer tant d’obstacles et de mauvaise volonté sur sa route. En vérité les civils comptaient pour bien peu, en ces temps-là et devaient se soumettre sans récriminations. Mais la mesure était comble et M. Martin, se fâchant, s’en fut demander une audience à M. Fabre, Sous-Secrétaire d’Etat à l’Intérieur.

http://www.histoire-compiegne.com/iso_album/comp1918.pdf

Journal du lundi 8 juillet 1918

Activité moyenne des deux artilleries, plus vive au sud de l’Aisne, notamment dans les régions de Cutry et de Montgobert.
A l’ouest de Bussiares, nous avons exécuté un coup de main et ramené des prisonniers.
Le nombre total des prisonniers faits par les Anglais dans la région d’Hamel dépasse 1.500, dont 40 officiers. Nos alliés ont encore fait une opération heureuse sur un front de trois kilomètres au nord-est de Villers-Bretonneux. Ils continuent ainsi à rectifier leur ligne sur la Somme et à enlever aux Allemands certains points dont la possession pouvait faciliter de leur part une offensive nouvelle.
Les aviateurs britanniques ont coopéré à ces entreprises, en mitraillant les positions ennemies et en lançant des bombes sur les troupes allemandes. Ils ont détruit 11 appareils allemands, tandis que 10 autres étaient forcés d’atterrir, désemparés. Ils ont lancé 30 tonnes de bombes.
Les Italiens ont repoussé plusieurs violentes contre-attaques des Autrichiens sur la basse Piave. Ils ont élargi leur occupation au sud-est de Chiesa Nuova et au nord de Cava-Zuccherina, capturant en tout 820 prisonniers nouveaux, des canons lourds et un grand nombre de mitrailleuses.
Au nord-est du Grappa, ils ont pénétré dans les positions adverses à la tête du Val Calcine. Une trentaine de prisonniers, dont 50 officiers et 6 mitrailleuses sont restés entre leurs mains. Ils ont repoussé deux offensives au plateau d’Asiago, abattu 10 avions et 2 ballons captifs.

source: http://grande.guerre.pagesperso-orange.fr/juillet18.html

1434/7 juillet 1918: les nombreux mensonges autour de la grippe « espagnole »

Les nombreux mensonges autour de la grippe « espagnole »

Dans son édition du 7 juillet 1918, le quotidien Le Matin titrait : « La Maladie à la mode – LA GRIPPE ESPAGNOLE A GAGNÉ L’EUROPE – En France, cette influenza est bénigne et elle est guérie en une semaine environ ».

L’auteur de l’article, indiquant que cette maladie originaire d’Espagne avait été contractée par le roi Alphonse XIII lui-même, assurait également de façon fantaisiste que les Allemands y étaient « particulièrement exposés ».

« En France, elle est bénigne ; nos troupes en particulier y résistent merveilleusement. Mais de l’autre côté du front les boches semblent très touchées par elle. 

Est-ce le symptôme précurseur de la lassitude, de la défaillance des organismes dont la résistance s’épuise ? Quoi qu’il en soit, la grippe sévit en Allemagne avec intensité. »

Dans un même ordre d’idées, Le Matin affirmait une semaine plus tard que l’ennemi était contraint de « combler les nombreux vides creusés dans ses rangs, vides transitoirement agrandis par la grippe […]. »

Néanmoins, le quotidien L’Homme Libre de Georges Clemenceau, dans son édition du 31 mai 1918, affirmait sur un ton déjà plus sérieux que l’épidémie de grippe avait déjà fait de nombreuses victimes sur le territoire espagnol :

« L’épidémie grippale va en s’intensifiant, on signale quelques morts. Les personnes atteintes sont au nombre de 150 000. Les causes du mal restent inconnues. »

Les symptômes généraux de cette maladie furent très similaires à ceux de la grippe « traditionnelle », du moins dans un premier temps, comme nous l’explique Le Matin :

« Celui qu’elle atteint se lève, frais et dispos un matin, puis dans la journée il est pris brusquement de courbature et d’un malaise général : le jour même il a de la fièvre ; la nuit suivante est agitée et le lendemain on a mal à la gorge et bientôt on tousse. »

La suite sur le site de Sud-Ouest https://www.sudouest.fr/2018/05/14/1918-les-nombreux-mensonges-autour-de-la-grippe-espagnole-5055447-10275.php

Des bacheliers mis à l’abri

Le 7 juillet 1918 Le Figaro  relate cette information.

«Dans beaucoup d’hôtels de province situés à proximité de quelque centre universitaire, on voit, en ce moment, des pères, des mères de famille venus de Paris implorer la faveur d’être hébergés pour quelques jours, à n’importe quel prix. Un tout jeune homme, ou une toute jeune fille sont avec eux. Peu de bagages mais au fond d’une des valises qu’on ouvre des cahiers, plusieurs bouquins cartonnés, des dictionnaires.

Cet adolescent, cette jeune fille sont simplement un lycéen, une lycéenne qu’accompagnent leurs parents et qui viennent passer, en province, leur baccalauréat à l’abri des gothas et d’un retour possible, des gros canons.

Comme pour le mariage des mobilisés, les formalités d’usage ont été à cette occasion, très simplifiées; aussi nos Facultés du Centre, de l’Ouest, du Midi, voient-elles s’empresser vers elles tous nos déracinés du Bachot parisien.

L’une des plus encombrées de ces universités est celle de Clermont-Ferrand, où la session du baccalauréat vient de s’ouvrir. Plus de mille candidats indigènes et immigrants y sont inscrits» écrit Le Figaro du 7 juillet 1918.

source: http://www.lefigaro.fr/histoire/centenaire-14-18/2014/07/07/26002-20140707ARTFIG00222-7-juillet-1918-des-bacheliers-mis-a-l-abri.php

Lettre d’Henri Novel à ses parents

7 juillet 1918?

Mes chers Parents,

Toujours en réserve de je ne sais quoi, tapi sous une inconfortable et perméable toile de tente dans un petit bois humide… On attend toujours une hypothétique relève qui finira cependant bien par se faire. Le pays est plein d’Américains… il y en a, il y en a… ils sont même beaucoup trop nombreux. Là où il y a un Français ils se mettent facilement cinquante ce qui permet aux boches de faire de splendides coups au but. J’ai été la nuit dernière témoin des deux plus beaux coups de canon que l’on puisse réussir : l’un a tué 23 Américains, l’autre 15… et je ne compte pas les blessés !! Ces types là sont courageux mais ils ont rudement besoin d’apprendre à faire la guerre et en tout cas s’ils étaient utilisés rationnellement ils nous rendraient deux fois plus de service.

Je partirai à peu près sûrement en permission aux environs du 15 août, j’espère que ce sera pour douze jours quoique je ne sache pas si ma citation sortira avant car j’ai été proposé à l’armée et c’est assez long à venir, surtout si elle descend plus bas ce qui est probable. Maintenant nous sommes un peu reposés mais certes jamais je ne me serais cru capable de faire ce que nous avons fait. La résistance humaine a des limites que l’on ne suppose pas.

Enfin heureusement que bientôt je serai en permission et que tous ces mauvais moments seront vite oubliés.

Je vous embrasse tous.

source: https://www.14-18hebdo.fr/henry-novel-lettres-a-ses-parents-1914-1918-16-juillet-1918

Georges Clémenceau de  passage à Bussy-les-Daours (Somme)

Portrait of French Premier Georges Clemenceau (1841-1929).

Le 7 juillet 1918, Georges Clémenceau, président du Conseil et surnommé « le Père de la Victoire » se déplace personnellement dans la commune de Bussy-les-Daours où sont en repos les soldats de l’armée australienne. Il vient les remercier et les féliciter d’avoir remporté la bataille de Le Hamel. C’est un des actes fondateurs de l’amitié franco-australienne. Un extrait de son discours est gravé sur le Mémorial du Corps d’Armée Australien à Le Hamel.

source: http://fr.valdesomme-tourisme.com/blog/memoire-en-perspectives.html

Journal du dimanche 7 juillet 1918

Nos détachements et nos patrouilles, opérant entre Montdidier et l’Oise, en Champagne, sur la rive droite de la Meuse et en Lorraine, ont ramené des prisonniers.
Le nombre des prisonniers que les Anglais ont faits dans leur dernière opération sur la Somme dépasse 1300. Un canon allemand de campagne, plus de 100 mitrailleuses et un certain nombre de mortiers de tranchées ont été capturés.
Une contre-attaque allemande sur les nouvelles positions de nos alliés à l’est d’Hamel a été facilement repoussée. Quelques prisonniers sont restés aux mains des soldats britanniques. Ces derniers ont exécuté avec succès un coup de main dans le secteur de Beaumont-Hamel. Ils ont repoussé une tentative ennemie aux environs de Strazeele.
Pendant le mois de juin, la défense française contre avions a abattu 29 appareils ennemis dont 3 de nuit. 15 autres appareils ont été désemparés par le tir.
Le sultan de Turquie Mehmed V, qui avait succédé à Abdul Ramid en 1909, est décédé. Le prince le plus âgé de la famille impériale ottomane prend le pouvoir sous le nom de Mehmed VI.
Une séance tumultueuse a eu lieu au Reichstag. Scheidemann a déclaré que la social démocratie majoritaire voulait à bref délai une paix honorable et qu’elle ne voterait pas les crédits budgétaires au chancelier de Hertling. Le socialiste minoritaire Ledebour a lancé un appel à la révolution du haut de la tribune parlementaire.

source: http://grande.guerre.pagesperso-orange.fr/juillet18.html

Contact: alain.moyat@orange.fr