37/ Journal de la grande guerre: 10 septembre 1914

La bataille de la Marne se poursuit

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_la_Marne_(1914)

http://chtimiste.com/batailles1418/marne.htm

La bataille de Vaux-Marie (Meuse)

Vaux-Marie

http://aufildesmotsetdelhistoire.unblog.fr/2012/09/11/le-10-septembre-1914-%E2%80%93-la-bataille-de-la-vaux-marie/

Les événements du 10 septembre 1914

http://chatrou51.free.fr/10septembre.htm

Château-Thierry et vallée du Surmelin le 10 septembre 1914

http://1914ancien.free.fr/cavsurml.htm

Hécatombe sanitaire à Connantray le 10 septembre 1914

cimetière à Connantray

 

somsois 8 sept 1914

http://hopitauxmilitairesguerre1418.overblog.com/2014/08/hecatombe-sanitaire-a-connantray-7-8-9-et-10-septembre-1914.html

La censure durant la guerre

Doc-a_JAL_175-_0001.pdf

Le 2 aout 1914, le décret sur l’état de siège suspend la liberté de la presse. Désormais, l’autorité militaire peut interdire toute publication jugée dangereuse. Le lendemain, est créé le bureau de la presse du ministère de la guerre qui est chargé d’organiser la censure. Les journaux sont soumis à un régime de contrôle préalable afin de supprimer toute critique et d’empêcher la diffusion de renseignements à l’ennemi. Les journalistes doivent soumettre leur travail à l’administration et éventuellement procéder aux modifications exigées. Les coupures ou « caviardages » sont révélés par des « blancs » dans les colonnes des journaux. Certains choisissent parfois d’outrepasser les instructions, publient les articles dans leur intégralité et prennent alors le risque d’une sanction.

Pour compenser les interdictions faites aux journalistes de mener leurs propres enquêtes, l’Etat major leur donne quotidiennement trois communiqués officiels qui donnent une version souvent inexacte des opérations. La censure politique cesse avec la levée de l’état de siège le 12 octobre 1919.

Journal du rémois Henri Dunant

Jeudi 10 septembre.-De nombreux blessés allemands arrivent, évacués de la bataille de la Marne. Sur le soir, un officier vient demander au maire des logements chez les habitants: on désigne les rues où ils seront reçus; on mettra chez les absents, dans les ambulances, à l’hôpital civil etc.

Je les ai vus entassés dans la cour.

Il a plu l’autre nuit; je demande au maire de faire boucher le trou de la salle Vasnier, au musée; des instructions dans ce sens sont déjà données.

Une alerte se produit, vers deux heures, à l’entrée de troupes ennemies.

Dans le vestibule du musée, on installe un poste pour les cyclistes allemands. Le parvis de la cathédrale est toujours couvert de soldats de passage.

M.L’abbé Camu est allée en voiture à Rethel, et il me donne le soir des détails lamentables sur le sort de la ville. Il s’est occupé du sort de plusieurs ecclésiastiques saisis par l’ennemi dans les Ardennes, mais n’a rien pu obtenir d’un chef militaire installé dans une des maisons qui subsistent près de la gare.

Ici la vie matérielle se rétablit peu à peu; le service des tramways est maintenant réorganisé  du moins sur la ligne Sainte Anne.

Journal du rémois Paul Hess

Dans un bel article de tête, le rédacteur du Courrier de la Champagne, reprenant aujourd’hui le solennel avertissement adressé par le maire à la population rémoise, le 3 septembre recommande à nouveau le silence, la dignité, la prudence.

Le silence, dit-il, convient à notre deuil, à notre douleur, à nos angoisses. Donc, pas ou peu d’attroupements. Le mieux serait qu’ils fussent supprimés. Isolés du reste de l’univers, subissons notre exil sans même essayer d’en sortir par de fausses nouvelles qui, étant généralement fantaisistes, énervent les esprits et affolent l’opinion. Notre cité française, notre cité rémoise est en deuil, respectons sa douleur – et il ajoute : la solitude est la compagne du silence, sachons le comprendre.

Après avoir dû, à regret, relater la manière de se comporter d’un consommateur obséquieux qui aurait offert, dans un café, des cigares à des officiers allemands, lesquels suffoqués de cette amabilité inattendue, lui auraient rendu dédaigneusement son étui en lui riant au nez, le journaliste conclut très justement : Mais, la dignité n’exclut bien entendu ni la politesse courante, ni même l’obligeance en usage entre personnes de bonne compagnie.

Il croit devoir parler de la prudence en ces termes :

Reims est livrée aux armées allemandes, capables, si elles le voulaient, de la réduire en cendres. Il serait insensé de provoquer, d’irriter cette puissance formidable, non seulement par un acte hostile que nous défend notre situation de non belligérants, mais par un geste, par une parole hasardée. Donc, que chacun soit prudent et pour lui-même et pour les siens, et pour ses voisins et pour ses amis. Chacun de nous répond de la sécurité de tous, c’est à chacun de nous que le salut public est confié.

Ces excellentes recommandations tombent à propos, actuellement. Nous avons bien des précautions à prendre ; il faut causer peu, ne se confier qu’entre amis sûrs et c’est pour cela que ceux qui n’en avaient pas besoin, peuvent trouver humiliant d’avoir à reconnaître, en présence de l’ennemi, que ces leçons, ce rappel aux convenances élémentaires étaient nécessaires à l’égard de quelques-uns de nos concitoyens ou concitoyennes – l’exception, heureusement. Ces jours derniers, par exemple, la place du Parvis offrait fréquemment le spectacle assez choquant de personnes stationnant autour du bivouac allemand, et liant conversation ou plaisantant avec les soldats qui ne leur demandaient rien.

Il est évident encore que ceux qui font si bien usage de la brutalité, de la manière forte, savent parfaitement qu’en employant ce moyen, ils trouveront ou auront des chances de trouver presque partout, parmi les habitants des villes ou villages qu’ils occupent, de piètres caractères cherchant à se faire bien venir, quelquefois au détriment de leurs frères de misère. En ce moment, il ne nous faudrait pas, à Reims, de gens de cette espèce dangereuse.

D’autre part, il est curieux de constater comme le joug est tout de suite insupportable à certains, qui se hérissent spontanément devant la contrainte et saisissent toute occasion de devenir agressifs.

Ce qui s’est passé mardi dernier, dans l’un des couloirs de l’hôtel de ville, en est une preuve.

Le jeune sous-officier saxon commandant le poste de police installé à la mairie, circulait en fumant un cigare, lorsque croisant un appariteur suppléant, M. Arnold, il l’arrête au passage, afin de lui demander un renseignement.

Le Père Arnold, ainsi qu’on le dénomme dans les services municipaux, est un vieil Alsacien, à l’accent des plus durs. Il est originaire de Thann (il prononce Dhânn) – et il a été désigné pour remplir provisoirement un poste d’appariteur depuis la guerre, car il était auparavant magasinier au Bureau central de mesurage de conditionnement, où il comptait une trentaine d’années de services ; c’est un très brave homme, de grande taille, de forte carrure – mais un type dans son genre.

Donc, le Saxon, qui parle fort correctement le français, demande à M. Arnold :

« Voyons, quelle distance avez-vous, d’ici Paris ? »

Le père Arnold, de sa grosse voix, répond lentement, comme à son habitude :

« Oh ! d’ici Paris, nous avons à peu près cent soixante kilomètres ».

Le sous-officier, fixé sur ce qu’il désirait savoir, réfléchit une seconde puis, dit, comme se parlant à lui-même :

« Tel jour, nous serons à Paris ».

Alors, le père Arnold, comprenant cette fois le sens de la question qu’il n’avait pas pu saisir plus tôt, envoie immédiatement cette réplique, cinglante comme un coup de fouet :

« Hein ! vous n’irez pas à Paris, vous recevrez sur la gueule ! »

Le Saxon interloqué, ne bronche pas, mais le bonhomme insiste, croyant sans doute qu’il ne s’est pas suffisamment expliqué, il ajoute : »Oui, oui, c’est moi qui vous le dis, vous recevrez sur la gueule ! »

De vieux employés qui ont entendu le colloque, alors qu’ils allaient entrer dans leurs bureaux ne trouvent pas la Situation risible. S’ils ne disent rien, ils ne sont pas rassurés, car ils pensent tous :

« Arnold va se faire enlever ! ».

Non, le sous-officier fait simplement demi-tour en continuant à aspirer la fumée de son cigare, tandis que le père Arnold passant auprès d’eux, leur fait un clignement d’œil malin qui a l’air de signifier : « Quand ce blanc-bec là voudra continuer la conversation, il viendra me retrouver ».

Plus tard, on reparlait souvent de cet entretien cocasse qui eût pu tourner mal, dans les bureaux de l’hôtel de ville. Ceux qui en avaient été témoins ne se lassaient pas de le raconter et la conclusion, toujours la même, qui venait immanquablement dans les éclats de rire, était : C’est égal, si le Saxon existe encore, il a dû penser déjà quelquefois : « Le vieux de la mairie de Reims avait tout de même raison ».

– Le Courrier de la Champagne avait fait savoir, hier, aux consommateurs de tabac que les stocks, chez tous les débitants de la ville, étant épuisés, ils pourraient s’adresser, pour en obtenir, à l’entrepôt situé rue Payen 17 & 19, occupé par les autorités allemandes qui seules distribuaient les tabacs.

Le journal revient sur ce renseignement en disant qu’il a cessé d’être exact – ce qui a motivé des mécomptes et des réclamations. Il déclare, dans son n° du 10 : L’autorité militaire allemande ayant pris possession de toutes les existences en tabac, précédemment propriété de l’état français, en a disposé pour ses troupes et, en dehors de la distribution qu’elle avait faite hier à quelques débitants ou particuliers, elle n’en a plus du tout pour la vente.

– Un autre avis est donné par le journal ; le voici :

« Tramways de Reims.

Nous apprenons qu’à la suite d’un accord intervenu avec le commandant Hahn, le nouveau commandant de la Place, la Compagnie des Tramways est autorisée à remettre son service en marche dès maintenant. »

Les commandants de place se succèdent rapidement. Celui-ci est le troisième que Reims connaît depuis huit jours.

– Nous avons vite remarqué, aujourd’hui, un mouvement insolite d’autos amenant des blessés allemands dans les anciens hôpitaux évacués et même chez des particuliers. Leur va-et-vient continuel n’a pas tardé à exciter une curiosité que l’on évite de laisser trop paraître. Nous désirerions ardemment savoir quelque chose, car on parle beaucoup, à voix basse, depuis hier, d’une terrible bataille de quatre jours qui se serait développée on ne sait exactement où. Un ami, cependant, m’a dit confidentiellement : Il paraît qu »‘ils » prennent la purge par là, du côté de Montmirail, Etoges, Vertus et que la Garde aurait été décimée dans les marais de Saint-Gond. On cause encore d’un sérieux échec subi par les Allemands vers Condé-sur-Marne et un convoi interminable de voitures de tous modèles, remplies d’approvisionnements est passé rue Cérès pour se diriger, par le boulevard Lundy, vers l’avenue de Laon.

Toute cette active circulation paraîtrait de bon augure et il doit y avoir du vrai dans ce que l’on entend, mais on a besoin de précisions pour se réjouir. Il s’agit de se renseigner dans la mesure du possible et c’est ainsi que vers 13 h 1/4, passant rue du Cloître, comme je le fais presque journellement, pour voir mes neveux et dire bonjour à ma belle-sœur, Mme Simon-Concé, je ne suis pas trop surpris d’apercevoir, tandis que je vais lui causer, quatre soldats allemands en train de déjeuner dans la salle à manger, à côté.

Je ne puis m »empêcher de lui dire doucement : « Tiens ! tu as des invités, aujourd’hui ».

Elle me répond en souriant :

« Oui, on les a déposés ici tout à l’heure ; ils ont été blessés près de Vertus, paraît-il ».

Mes neveux parlant l’allemand, l’un d’eux me précise que ces soldats lui ont appris qu’ils font tous les quatre partie de la Garde,

mais qu’étant de quatre régiments différents, ils ne se connaissaient pas avant de se trouver réunis là, où l’on doit venir les reprendre dans l’après-midi, car ils sont atteints légèrement par des balles, aux bras ou aux jambes.

Il serait bien intéressant d’en savoir davantage sur les événements qui se sont passés depuis que nous sommes complètement privés de nouvelles, mais nous devons forcément attendre.

 

 

 

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Expo: à la mairie des copies d’œuvres de guerre du Bethenyat Renefer

A lire sur le site de L’union cet article de Valérie Coulet

Né à Bétheny en 1879, le peintre et graveur Renefer est revenu de la Grande Guerre avec plusieurs croquis poignants. A découvrir en mairie.Né à Bétheny en 1879, le peintre et graveur Renefer est revenu de la Grande Guerre avec plusieurs croquis poignants. A découvrir en mairie.

http://www.lunion.presse.fr/region/les-oeuvres-de-guerrede-renefer-a-reims-ia3b24n403103

36/ (video) Journal de guerre: 9 septembre 1914

Capture d’écran 2014-09-06 à 11.44.10Video:Pierre Miquel évoque la bataille de la Marne

sur le site France TV éducation

http://education.francetv.fr/videos/pierre-miquel-la-premiere-bataille-de-la-marne-v106985

La prise de Mondement et la bataille des marais de Saint-gond (suite)

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extraits de

http://www.mondement1914.asso.fr/bataille-de-la-marne

Le 9 Septembre 1914 au matin : Prise du village et du château de Mondement par les Allemands.L’attaque allemande est reportée le 9 septembre à 5 heures du matin.
Cette fois-ci le capitaine Purgold qui commande le 2° bataillon du 164° Hanovrien est averti à temps. A son bataillon, sont attachés:
– la 11° Compagnie, la section de mitrailleuse insérée dans la 8° compagnie.
– les 5, 6, 7, 8 et 11° en première ligne,
– la 7° en échelon, en arrière et à droite.Le 1er bataillon du capitaine Grave est à gauche avec la section de mitrailleuses, affectée à la 3° compagnie, les 1°, 2°, 3° en arrière et à gauche. Il doit soutenir l’attaque du 2° bataillon.
Le reste du régiment, soit 3 compagnies du 3° bataillon (capitaine Meyer) et une section de mitrailleuses, forme la réserve à Oyes avec le lieutenant colonel von Herzbruch, chef de corps du 164° Hannovrien.
Enfin la 3° compagnie du 10° bataillon de pionniers se tient dans le village en réserve de brigade.
Vers 2 heures du matin, le capitaine Purgold fait dire au capitaine Grave que, quelles que soient les circonstances, il partirait au lever du jour et qu’il comptait sur lui pour appuyer son mouvement.A son PC de Baye, von Emmich s’impatiente. Il faut briser la charnière de Mondement.

5 h 00

Le capitaine Purgold part à l’attaque un peu avant 5 heures du matin le 9 Septembre avec un effectif de 900 hommes.
A 500 m du village, il voit des zouaves, sortis de leurs tranchées qui se dégourdissent. C’est le bataillon Jacquot. Purgold fait ouvrir le feu. Des zouaves tombent, dont le capitaine Clos.
Aussitôt notre artillerie : groupe Goyot du 49° (en position à l’étang de la Petite Morelle) et le groupe Geiger en batterie au Nord du bois de Mondement pilonnent Oyes, Villevenard et Saint-Prix.Le 79° et le 3° bataillon du 164° sont cloués sur place à Oyes, ils ne pourront jamais aller soutenir Purgold.
Les allemands installent des mitrailleuses au carrefour des routes de Mondement-Reuves-Oyes. De nombreux zouaves sont fauchés. Mais une fusillade partie des vergers ouest occasionne des pertes sévères : l’attaque allemande est bloquée à 500 m de Mondement.

7 h 30

Le capitaine Purgold réclame un renfort et de l’artillerie. Les batteries allemandes à coups de 150, bombardent le château. Le lieutenant colonel Fellert est tué près de la ferme ouest de Mondement.
Nos canons de 75 font mouche sur les fantassins allemands.
Purgold fait transmettre un croquis de la situation et une note réclamant des renforts au colonel resté à Oyes, il termine en écrivant :  » Je compte être en possession de Mondement dans une heure. » Il est 7 h 30.
 » En avant ! » Le lieutenant Naumann atteint vers 8 heures la ferme nord-est du village. Le sous-lieutenant de réserve Dettmer arrive avec ses hommes au mur nord du parc du château, il franchit par les brèches l’enceinte.

8 h 15

Mondement tombe aux mains du 164° Hanovrien.
Le sous-lieutenant Dettmer organise la défense du château et ferme les grilles. Le capitaine Purgold et une trentaine d’hommes se sont emparés de la grosse ferme au sud-ouest du village. Il fait mettre deux mitrailleuses en position dans le grenier.
La reprise du village et du château par les Français
. Le capitaine Clarion envoie une patrouille de 4 zouaves. L’ennemi les fusille à 50 m du château.

9 h 00

La patrouille Ceccaldi.Le capitaine Durand dispose ses zouaves à la lisière du bois d’Allemant. Il reçoit l’ordre de son chef de bataillon, le commandant Lagrue, d’attaquer le château. Celui-ci, d’après le lieutenant-colonel Lévêque n’est pas occupé par l’ennemi. Méfiant, le capitaine Durand déplace sa compagnie vers l’Ouest à 200 m du château et n’entend s’approcher qu’avec prudence.
Il envoie une patrouille: la 2° section du sergent-major Ceccaldi. Les zouaves sont accueillis par des coups de feu. La 2° section est décimée. Dans le repli, les survivants entraînent la 16° compagnie qui les appuyait. Les pertes sont sévères.
Le capitaine Durand va rendre compte personnellement au général Humbert de ce qu’il a fait et vu.L’artillerie allemande est déchaînée, elle bombarde les bois, hors de portée de nos propres batteries, nos pertes sont terribles.
C’est l’heure la plus tragique, l’ennemi, quand il voudra, pourra parvenir à Broyes et Allemant.
Le général Humbert appelle au secours. Le général Dubois va répondre avec sa 42° Division, le général Grossetti ensuite avec le 77° RI.
L’attaque du 77° RI, colonel LESTOQUOI et de la 16°compagnie de zouaves du capitaine DURAND.
Le général Humbert communique au colonel Lestoquoi du 77° RI : « Toutes affaires cessantes, dirigez un bataillon sur Allemant, deux bataillons sur Broyes, je vous attend à Broyes. »Le 2° bataillon du commandant de Beaufort, sous les ordres du colonel Eon 35° Brigade arrive à Allemant.
Le 1° bataillon du commandant de Merlis et le 3° Bataillon du capitaine de Courson de la Villeneuve arrivent à Broyes.

10 H 30
La 42° Division du général Grossetti a détaché les groupes Ménétrier et Aubertin des 2° et 3° batterie du 61° RAC (régiment d’artillerie coloniale). Ces groupes sont disposés à la sortie de Broyes vers Mondement. Le colonel Boichut qui a eu l’idée de prêter ses canons dirige le tir sur le château et le village. Mais sans ligne téléphonique, le tir est approximatif. Le colonel Boichut, le « virtuose du 75 » dirige en personne mais vers 11h 15 une salve atteint une section du 16° bataillon de chasseurs prêtés par la 42° division. Déprimé par la casse que lui a causé cette salve d’artillerie, le 16° bataillon de Chasseurs replie ses avant-postes.Dès lors, la bataille de Mondement va se jouer entre l’infanterie allemande du 164° hanovrien et l’infanterie française du 77° RI épaulé par les zouaves.
13 h 15
Une patrouille conduite par le colonel Lestoquoi et le capitaine de Courson de la Villeneuve est accueillie par des coups de fusil tirés du village.
13 h 30

Le général Humbert transmet : « Instruction pour le 77° : S’emparer de Mondement, reconnaître la lisière nord-ouest du bois d’Allemant. »Le colonel Lestoquoi demande énergiquement une préparation d’artillerie. La 2° batterie du groupe Schneider canonne Mondement, mais est vite à cours de munitions.
Les bataillons Lachèze et Lagrue du 1° Régiment de Marche des Zouaves sont sous le feu meurtrier qui part du château.
Le commandant de Beaufort du 77° RI tente d’avancer d’une cinquantaine de mètres. Les pertes sont sanglantes. Il décide d’utiliser la route Broyes-Mondement comme axe d’attaque par le sud.
Le général Humbert se dirige vers Mondement : – « Alors commandant de Beaufort, le château n’est pas pris? Qu’attendez-vous ? »- « Mon général c’est une forteresse, il faut un bombardement d’artillerie. » – « C’est bon, nous allons faire donner l’artillerie et vous attaquerez, c’est l’ordre ! Il faut absolument reprendre le château. »Dans le château, 250 hommes autour des sous-lieutenant Dettmer et Naumann et du lieutenant Lefevre et d’autres officiers ont reçu des cartouches et sont installés près des fenêtres garnies de matelas et de tables.A 14 h 20, l’artillerie française pilonne le château pendant 10 minutes. Les canons de 75 provoquent 2 ou 3 brèches dans le mur du potager.
A 14 h 30, le 2° bataillon partira : la 5° compagnie en tête, colonne par quatre, la 7° suivra à 400 m et la 8° se dirigera vers la droite pour essayer par le Nord-Est de prendre le château à revers.
La 6° compagnie restera à la lisière du bois. Les zouaves feront la liaison avec les autres bataillons du 77° RI qui attaqueront.
Le commandant de Beaufort charge le prêtre soldat Gallard de donner l’absolution à ceux qui le souhaitent.

14 h 30
La charge héroïque
. Le lieutenant Génois part le premier avec dans sa compagnie de nombreux réservistes qui arrivent de Cholet.
Le commandant de Beaufort appelle à ses côtés le clairon Marquet, il met ses gants blancs, prend son bâton et s’écrie:  » En avant, mes enfants, pour la France, chargez! »
D’un seul bond la 5° compagnie, derrière son chef, arrive au mur du potager. Pas de coups de feu. Le lieutenant Génois s’élance vers la grille : « Rendez-vous! » crie-t-il ! Les tirs commencent, les autres compagnies arrivent sur la route.
Le commandant de Beaufort se dirige vers l’une des brèches, le clairon Marquet est blessé. Le commandant de Beaufort s’arrête près d’un arbre, il est tué net d’une balle en plein front.
Le fantassin Durand s’apprête à franchir la brèche, l’adjudant-chef Parpaillon  » vieux médaillé  » lui dit: « arrête, laisse moi passer.». Une balle le touche en plein coeur. Le capitaine Secondat de Montesquieu, ganté de blanc, le sabre au clair se dirige vers le mur avec le soldat Atle. Une même balle les tue tous les deux. Le sergent-clairon Marquet se dresse, porte son clairon à ses lèvres sanglantes et dans un suprême effort sonne les dernières notes de la charge et meurt. Il n’y a aucun corps à corps, l’ennemi fait feu derrière les fenêtres. A l’Ouest du château, les 1° et 3° section qui restent de la 16° compagnie du capitaine Durand essaient d’escalader la grille. Ils tombent en tas ou restent suspendus tout sanglants aux barreaux de fer. Les ordres de repli sont donnés, la charge héroïque a duré 30 minutes.
16 h 30

Ordre de canonner le château. Le général Humbert transmet au colonel Lestoquoi: « reprendre l’attaque par tout le régiment. » Le colonel Lestoquoi exige d’abord des canons pour tirer à  » la bricole  » sur le château. Il surveille, abrité derrière un arbre les brancardiers qui se font tirer dessus. Il fait alors mettre la baïonnette au canon à ses hommes. Pendant ce temps, notre artillerie tire sur le village. L’artillerie allemande répond. Les documents ennemis, étudiés après la guerre, indiquent que les allemands ont pris les brancardiers pour des officiers entraînant leurs troupes. Ils appelleront cette escarmouche la 3° attaque française de 16 h 30.

17 h 45
Le capitaine Naud a fait amener 2 pièces de 75 et 2 caissons à 300 m du château, au Sud. Les troupes doivent s’élancer, une nouvelle fois à l’attaque du château à 18 h 30. Les 4 compagnies du premier bataillon marcheront sur le village. Le 2° bataillon s’élancera dans le potager. Les zouaves du capitaine Durand assureront la liaison entre les bataillons du 77° RI.
18 h 00
Un cinquième obus tombe sur l’aile sud. A la bricole, le colonel Lestoquoi fait tirer une trentaine d’explosifs. Tous ces obus à la mélinite portent. Les toitures flambent. Les allemands évacuent les étages supérieurs. Le capitaine Purgold de la ferme ouest apprend que son régiment a quitté Oyes et qu’il se replie vers Etoges. Il est abandonné avec ses hommes. Il donne l’ordre d’évacuer le village et le château. Le lieutenant Lefevre quitte le château le dernier, n’y laissant qu’un seul blessé grave. Quelques instants plus tard, le colonel Lestoquoi, le lieutenant Courson de la Villeneuve, le capitaine Beziers franchissent la grille avec le 3° bataillon. « Je tiens le village et le château de Mondement. Je m’y installe pour la nuit.» annonce le colonel Lestoquoi au général Humbert.
18 h 30: la fin des combats.
Les blessés du 164° hanovrien seront faits prisonniers à l’ambulance de Congy. Les autres soldats commenceront la retraite de la Marne. Les Français quitteront Mondement le 10 septembre après avoir enterré et rendu les honneurs aux morts et évacué les blessés sur l’hôpital de Sézanne. Elie Chamard est un ancien du 77° RI où il a servi pendant les 50 mois de la guerre. Ennemi des légendes, il a recoupé toutes les informations pour publier son livre:  » La bataille de Mondement » en 1939. Il est entré en relation avec le capitaine Purgold, le lieutenant Naumann, le lieutenant Lefèvre qui commandaient les troupes allemandes du 164° Hanovrien à Mondement. Ceux-ci ont approuvé le travail d’Elie Chamard. C’est son travail que nous avons retenu, après recoupage avec d’autres sources.

A lire aussi la Bataille des marais de Saint-Gond

http://www.sambre-marne-yser.be/article.php3?id_article=79

 Journal du rémois Henri Dunant

Le mercredi 9 septembre 1914, je refis la tournée du jour du bombardement. Il n’y avait pas eu de dégâts dans les baraquements de Clairmarais; une maison de la cour Sainte Claire a eu  sa toiture effondrée dans la même rue de Saint-Brice. Les Allemands sont venus s’assurer de M.Grain, instituteur. Je reviens par le faubourg de Laon et je constate que le cimetière du Nord n’a pas subi de dommages.

On entend encore le canon dans l’après-midi, mais il cesse vers le soir, et l’on me dit le lendemain que les batteries françaises ont tiré les dernières à Montmirail, ce qui est un signe de victoire. J’entends dire aussi à l’hôtel de ville, qu’il y a eu vers Montmirail une nouvelle bataille de Leipzig et que nous sommes maîtres du terrain.

Journal du rémois Paul Hess

Une affiche officielle, avec l’en-tête « Ville de Reims » et intitulée « Organisation de l’administration municipale », a fait hier son apparition sur les murs ; elle n’a pas été sans surprendre beaucoup de ceux de nos concitoyens qui ignoraient les défaillances qui se sont produites au sein de la municipalité, ces temps derniers.

C’est la publication d’un arrêté du maire, daté du 7 septembre 1914, rapportant les dispositions de celui qu’il avait pris le 19 mai 1912, concernant la délégation des adjoints, à la suite des dernières élections municipales.

L’administration municipale nommée dans la séance du conseil municipal du 19 mai 1912, était composée de :

MM. le Dr J. B. Langlet, maire et 1 – Chappe Paul, avocat 2 – Dr Knoeri Jean 3 – Rousseau Louis Emile 4 – Lesourd Edmond, prof. 5 – Dr Jacquin Adjoints

Or, MM. C… et L…, ayant quitté Reims et abandonné leurs postes, le maire, en l’absence du Dr Knoeri, mobilisé, s’est vu dans l’obligation de procéder au remplacement de ses deux ex-collaborateurs et il a choisi MM. Emile Charbonneaux et de Bruignac, conseillers municipaux au dévouement sûr et dont il apprécie certainement la compétence, afin de compléter sans tarder l’administration municipale.

D’après le dit arrêté, dont voici la teneur exacte, les attributions y seront ainsi réparties :

Jean-Baptiste Langlet
Jean-Baptiste Langlet

« Organisation de l’administration municipale. Nous, maire de la ville de Reims,

Vu l’arrêté de la mairie du 19 mai 1912, concernant la délégation des adjoints,

Arrêtons ce qui suit :

Art. Ier – M. Knoeri, adjoint au maire, actuellement sous les drapeaux, est déchargé de toutes attributions spéciales.

Art. 2 – M. Rousseau, est délégué pour exercer en notre lieu et place, les fonctions de maire, en ce qui concerne l’octroi, la police, la bureau de mesurage et de conditionnement, les foires et marchés, les contributions directes et indirectes, les listes électorales, l’état civil, les naturalisations, les cimetières et inhumations, l’assistance publique, la prévoyance sociale, les visas et légalisations.

Art. 3 – M. ,Jacquin , est délégué pour exercer en notre lieu et place, les fonctions de maire, en ce qui concerne le service de l’hygiène publique, les subventions municipales, la protection des enfants du premier âge, le fonctionnement de l’abattoir, les bains et lavoirs publics, les écoles primaires, les bibliothèques populaires, les sociétés de gymnastique et de tir, les sapeurs pompiers, les subventions aux sociétés, les affaires militaires, les adjudications de l’armée, les fêtes publiques.

Art. 4 – M. Emile Charbonneaux, conseiller municipal, est adjoint à l’administration municipale et délégué pour exercer en notre lieu et place, les ,fonctions de maire, en ce qui concerne l’alimentation et le ravitaillement des troupes, les assurances, les postes et télégraphes, les tramways, les chemins de fer, l’agriculture, les habitations ouvrières.

Art. 5 – M. de Bruignac, conseiller municipal, est adjoint à l’administration municipale et délégué pour exercer en notre lieu et place, les fonctions de maire, en ce qui concerne la voirie, l’éclairage public, les égouts, la navigation, les cours d’eau, les promenades et plantations, les alignements, le contentieux.

Art 6 – Sont spécialement réservées au maire, les fonctions relatives à toutes les autres affaires, notamment celles concernant la bibliothèque et le musée, le personnel, Ies finances, la Bourse du travail, les syndicats professionnels, les sociétés mutuelles, les travaux d’architecture, le domaine communal, les baux et ventes, les écoles pratiques de commerce et d’industrie, l’école professionnelle et ménagère, le cours d’apprentissage, l’école régionale des arts industriels, l’enseignement secondaire, le théâtre, le cirque, la musique municipale, l’école de musique.

Art. 7- Sont, en outre, délégués aux adjoints, sans distinction entre eux, les certificats, signatures de copies et paraphes des registres soumis à cette formalité, ainsi que la présidence des commissions municipales et, s’il y a lieu, des commissions administratives et permanentes.

Art. 8- Les adjoints sont autorisés à se suppléer au besoin dans l’exercice des fonctions à eux déléguées, ainsi qu’à nous suppléer également au besoin dans l’exercice de celles que nous nous sommes réservées.

Art. 9- Le maire agira et statuera par lui-même toutes les fois qu’il le jugera convenable dans les affaires dépendant des parties du service qui font l’objet des présentes délégations.

Art. 10- Sont rapportées toutes dispositions de l’arrêté du 19 mai 1912, contraires au présent arrêté.

Reims, le 7 septembre 1914 Le maire, Dr Langlet. »

 La lecture de cette affiche donne naturellement lieu à bien des commentaires.

L’attitude des élus qui se sont dérobés à leur devoir devant le danger, alors que le maire signait de si belles déclarations dans le but de rassurer la population, les 2 août et 3 septembre 1914, est très sévèrement jugée. Ainsi, il ne les rend pas vaines, ces déclarations ; il leur garde toute la valeur qu’il a voulu leur donner. Si les habitants avaient eu de l’inquiétude à ce propos, ils seraient maintenant rassurés.

La décision et le choix du Dr Langlet sont unanimement approuvés, car dans les circonstances très graves que nous traversons, on ne se paye pas de mots. Les Rémois sont très heureux de voir dorénavant des hommes résolus à la tête de l’administration de la ville, et tout en reconnaissant que chacun est en droit de songer à sa sécurité personnelle, ils estiment inadmissible qu’on se libère, par le départ, d’une magistrature que l’on a briguée mais n’offrant plus que des obligations et des charges périlleuses, comme l’ont fait les deux ex-adjoints.

– Nous tombons, aujourd’hui, de surprise en surprise.

Dans Le Courrier de la Champagne du 9, nous avons, en effet, la stupéfaction de lire un long article intitulé « Impressions d’une personnalité rémoise sur les causes du bombardement ».

Vient ensuite le préambule que voici : Une personnalité rémoise qui, de par ses fonctions, a suivi de près les événements de ces jours derniers, nous communique ses impressions sur les véritables causes du bombardement et sur l’inexacte interprétation des faits par une partie de la population rémoise, – et l’article explique assez longuement que le bombardement du 4 fut le résultat d’une erreur. La personnalité rémoise appuie ses dires principalement sur la présence d’officiers allemands à l’hôtel de ville, alors que des obus tombaient rue de Mars.

Donc, on tient à nous persuader qu’il y a eu erreur.

J’ai lu et relu cette thèse, qui paraît faire écho aux déclarations du commandant d’armes déjà exprimées dans le journal d’hier, et je garde les premières impressions qu’il m’a été donné de ressentir directement, dès le déclenchement du bombardement, en persistant à supposer que, s’il y a eu erreur, ce n’est pas dans le sens que l’on veut donner à ce mot.

Le vendredi 4 septembre, ainsi que je l’ai noté, j’ai vu arriver, tandis que causant à un ami, je me trouvais sur le trottoir gauche, à l’entrée de la rue Cérès, deux automobiles bizarrement armées. Les officiers qui les conduisaient, ont contourné la statue de Louis XV, pour filer vers la rue de Vesle, par la rue Carnot, à une allure telle que la pensée m’est venue tout de suite qu’ils devaient connaître Reims.

Lorsque après avoir appris que je ne pourrais pas passer vers la place de l’hôtel de ville, je me suis retrouvé, environ une demi-heure plus tard encore à l’entrée de la rue Cérès, à peu près devant le café Louis XV, les deux mêmes voitures automobiles, revenant directement par la rue Carnot sont repassées, retournant en vitesse dans la direction de Witry-les-Reims et, comme les premiers obus, tombant à ce moment rue de Vesle, arrivaient en somme derrière elles, qu’en outre le tir s’allongeait insensiblement, j’ai eu nettement et spontanément l’impression que les officiers les pilotant venaient de donner l’ordre de tirer.

Il est vrai qu’il y avait d’autres officiers allemands à ce moment, à l’hôtel de ville. Ces officiers des services, intendance ou réquisitions, n’avaient-ils pas été trop pressés de venir à Reims dans la matinée, après avoir appris la veille au soir, le raid audacieux du capitaine de hussards, dont l’exploit avait dû courir comme une traînée de poudre les formations ennemies environnant notre ville et prêtes à s’y précipiter ? Etaient-ils d’accord avec le commandement qui, lui, avait fixé l’entrée de ses troupes d’occupation pour l’après-midi, à 16 heures ? En résumé, devaient-ils se trouver à l’hôtel de ville à cette heure ?

Un malentendu entre les Allemands à ce sujet ne serait-il pas ce qui pouvait être facilement baptisé « erreur » à notre endroit, mais après coup, – surtout, lorsque pour faire admettre cette version, on pouvait y ajouter l’histoire assez embrouillée de parlementaires allemands envoyés à la Neuvillette et non rentrés dans leurs lignes.

Je serais porté à laisser la personnalité rémoise avec ses impressions et à croire qu’il n’y a eu aucunement « erreur » sur ce qui avait été prévu nous concernant, nous Rémois – malgré les regrets exprimés par les autorités militaires allemandes.

– Une petite note paraît dans le journal de ce jour, afin de rassurer bien des personnes qui se sont émues, en voyant les succursales des maisons d’alimentation fermées et ont émis des craintes de disette.

Il est expliqué que les réapprovisionnements sont très difficiles en ce moment, tant à cause de la suppression des moyens de transport et de la disparition de la main-d’œuvre que par suite des grosses quantités réquisitionnées par l’autorité militaire allemande, mais que l’administration municipale se préoccupe constamment de la question et qu’elle fera tout le nécessaire pour assurer, au fur et à mesure des besoins, le ravitaillement de la population.

– Aujourd’hui, des ouvriers vitriers de la maison Minelle, rue de l’Université 55 sont venus pour commencer à travailler au remplacement des cent quatre-vingts vitres environ, brisées dans les magasins du mont-de-piété, par les déplacements d’air, pendant le bombardement du 4 courant.

 

 

 

Expo: Jusqu’au 30 décembre l’hôpital civil Saint Remi sous les obus

En partenariat avec la maison d’édition Kouchkovo Polé et le Musée Tolstoï de Moscou.

hopital saint remi2
13 août 1916 incendie de l’hôpital saint remi

Lorsque la Première Guerre mondiale débute, l’Hôpital Civil de Reims est installé dans les bâtiments de l’ancienne abbaye Saint-Remi. Très vite les obus commencent à tomber sur les lieux mais les personnels civils et militaires y continuent à soigner les malades et les blessés !

La première partie de l’exposition évoquera l’incendie de l’Hôpital le 13 août 1916 lorsque des aéroplanes allemands y firent tomber des bombes incendiaires : photographies d’époque, documents et objets-témoins y seront exposés. La seconde partie, au 1er étage dans la galerie des Arcs-Boutants, rappellera que les premiers blessés graves du Corps Expéditionnaire russe y furent soignés durant l’été 1916.

Des panneaux et de rares documents photographiques expliqueront l’organisation des services de Santé militaires russes et français.

Infos pratiques

Tous les jours de 14h à 18h30 Musée Saint-Remi
53 rue Simon.

Plein tarif 4€ / Tarif en fermeture partielle 3€ / Tarif réduit jeunes 18-25 ans et + de 65 ans 3€ / Tarif réduit groupe à partir de 20 pers 3€ / Pass inter-musée 15€
Gratuit pour tous les 1ers dimanche de chaque mois / Gratuité : scolaires rémois, enfants jusqu’à 16 ans, lycéens, étudiants, bénéficiaires du RSA, demandeurs d’emplois, et jeunes inscrits à la Mission locale, personnes handicapées, groupes de maison de quartier.
Tarifs des visites guidées en supplément du tarif du musée : 4€

Entrée gratuite les premiers dimanches de chaque mois et lors des Journées européennes du Patrimoine les 20 et 21 septembre 2014

33/ (VIDEO) Journal de la grande guerre: 6 septembre 1914: début de la première bataille de la Marne

Dimanche 6 septembre 1914

Une VIDEO sur la bataille de la Marne

https://www.youtube.com/watch?v=dFg3nzwcWQo

 

20140905_175307Ce que l’on peut lire dans « le Miroir » du 13 septembre

Dimanche 6 septembre 1914

Les troupes de la défense avancée de Paris ont eu avec l’ennemi des engagements assez vifs sur les bords de l’Ourcq et du Grand Morin. Ces engagements ont été satisfaisants pour nous. Il se confirme que les Allemands délaissant momentanément Paris vont accepter le combat en rase campagne. Une grande bataille paraît imminente. la situation des alliés reste excellente.

Maubeuge continue à résister héroïquement.

On annonce que dans un récent combat le drapeau du 28 ème régiment d’infanterie allemande a été prix par deux soldats du 137 ème d’infanterie.

Les tableaux de recensement de la classe 1915 seront dressés sans délai.

L’ Autriche est à cours d’argent.Son armée est en pleine déroute.

L’armée russe poursuit ses succès. Des combats très violents continuent sur la ligne Lublin-Kholm. Le 10 ème corps autrichien ayant fait une tentative pour enfoncer ce front, a été mis en déroute. Les Russes lui ont pris 5.000 prisonniers.

De leur côté les Monténégrins ont battu les Autrichiens à Boljanitza, en Herzégovine . Ils sont entrés victorieusement à Glanitza.

Les insurgés Albanais sont entrés à Durazzo, d’où le prince de Wield s’est enfui. Le gouvernement italien s’émeut de ces événements et annonce qu’il défendra les intérêts en Albanie.

Journal du Rémois Henri Jadart

La cathédrale était encore ouverte, malgré le triste état où elle avait été mise par le bombardement, et l’on  célébra le culte comme de coutume; mais l’état des fenêtres lui donnait déjà un aspect de ruines.

L’église Saint-Remi, bien autrement atteinte, restait également accessible aux fidèles. On y célébrait, ce jour-là, les obsèques des victimes de bombardement, qui avaient été transportées à l’hôpital civil. Nous passions là quand le cortège se mettait en route et nous pûmes voir le docteur Langlet, maire de Reims, et son adjoint, M. Louis Rousseau, venir témoigner aux familles des morts la part que prenait la municipalité dans ce deuil public.

Le journal rémois de Paul Hess

http://wp.me/p4mPAZ-W7

La contre offensive de la Marne

 

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http://www.lexpress.fr/actualites/1/actualite/septembre-1914-le-miracle-de-la-marne-stoppe-l-invasion-allemande_1572581.html

http://chtimiste.com/batailles1418/marne.htm

http://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_la_Marne_(1914)

http://www.herodote.net/6_septembre_1914-evenement-19140906.php

Avec le 72 ème RI

http://72emeri.pagesperso-orange.fr/crbst_3.html

La vie à Reims par Paul Hess

Dimanche – L’après-midi de ce jour, rencontrant mon ami et voisin R. Collet, je l’accompagne dans une courte promenade, puisqu’il désire, comme moi, se rendre compte des dégâts causés par le bombardement dans les environs du quartier que nous habitons et nous nous dirigeons vers l’église Saint-André. Nous voyons la maison Grouselle, rue de l’Avant-Garde, qui a été dévastée par deux obus, dont l’un a éclaté dans le jardin et l’autre à l’intérieur où il a pénétré par la toiture. La maison n° 12 de la même rue a été entièrement démolie par un projectile.

Tandis que nous sommes arrêtés, passent deux soldats allemands qui regardent à peine, jetant un coup d’œil indifférent à ces ruines qui nous émeuvent. Il est vrai qu’ils en ont vu d’autres depuis leur entrée en campagne. ils se promènent en fumant des cigares, comme des troupiers qui ont quartier libre ce dimanche.

A l’église Saint-André, un obus est entré à gauche du petit portail et a éclaté en abîmant entièrement une chapelle et en crevant ou tordant les tuyaux du petit orgue, rendu complètement hors d’usage.

– Au cours d’une seconde sortie faite avec mes deux fils, Jean et Lucien, nous devons nous arrêter longuement, avant de rentrer, pour laisser passer un régiment d’infanterie arrivant en ville, par la rue Cérés, l’arme sur l’épaule. Les hommes défilent en chantant le Deutschland über alles !. Ce spectacle produit sur nous une sensation pénible. La mélodie de leur chant ne nous est pas inconnue ; nous avions cru le remarquer déjà le 4, dans l’après-midi, sans avoir pu nous imaginer exactement ce qu’il était, lorsque nous avions perçu, de la maison, quelques bribes de ce qui une sorte de cantique. En effet, c’est l’air de l’hymne national autrichien et, sur cette musique d’Haydn, nous avons souvent entendu adapter un Tantum ergo dans les églises, en France.

Les soldats, comme ceux déjà vus les jours précédents, n’ont pas le moins du monde l’apparence de gens qui auraient subi des privations. Avec leurs faces rondes, colorées à la suite de la marche qu’ils viennent de fournir, leurs têtes passées à la tondeuse si courte que l’on croirait presque qu’ils ont le crâne rasé, ils donnent, dans l’ensemble, une impression de jeunesse vigoureuse. En les regardant, je me rappelle avoir lu dans les journaux, au début d’août, que leur ravitaillement devenant difficile, ils étaient tellement rationnés, qu’à Visé, lors des premiers combats en Belgique, les Allemands se rendirent aux Belges qui leur montraient des tartines de beurre. Peut-on écrire de pareilles âneries ! Ah ! ce ne sont pas ceux-là qui crevaient de faim, cela se voit tout de suite. En dehors de cela, leurs vêtements, leurs équipements sont en excellent état. Les officiers ont des chevaux superbes, harnachés de neuf, et chacun est à même de constater que les autos assurant leurs différents services, en imposent par leur beauté et leur souplesse.

En examinant cette masse grise de troupe d’où toute couleur voyante a été éliminée, où tout ornement ou accessoire brillant a été camouflé – les petits clairons même de la clique paraissent avoir été peints afin de supprimer la visibilité du cuivre de l’instrument -, en voyant avancer cette colonne uniformément terne, suivie de ses convois interminables, on ne peut se défendre de penser que l’armée ennemie a poursuivi de longue haleine, et dans les plus infimes détails, une préparation à la guerre ne ressemblant pas à la nôtre. Avec son matériel, elle donne une impression de force disciplinée, d’organisation et de puissance redoutables.

Nous voyons là, de nos yeux, et nous sommes obligés de constater que les journaux nous ont encore bien trompés.

Malgré cela, il est clair aussi que nos soldats, s’ils arrivaient en vainqueurs, s’ils chantaient comme ceux-ci, pour s »entraîner a défiler, auraient individuellement un autre aspect. Ils se tiendraient la tête haute, tandis que sauf le cadre – officiers et sous-officiers -, le reste, tout en faisant entendre de jolies voix, avance en troupeau, au pas mais sans respecter l’alignement et sans marquer le moindre souci de se présenter en prenant une allure martiale, pour entrer victorieusement dans une grande ville ennemie.

De nouvelles affiches ont fait leur apparition sur les murs, en ville. Voici exactement comment elles sont libellées, l’une et l’autre :

 

« Ordre Ayant pris possession de la ville et forteresse de Reims, j’ordonne ce qui suit :

Les chemins de fer, les routes et les communications télégraphiques et téléphoniques dans la ville de Reims même, ainsi que dans la proximité immédiate de la place, doivent être protégés contre toute possibilité de destruction ; il est surtout nécessaire de protéger, par une surveillance minutieuse, les bâtiments publics situés le long des lignes de communication. La ville sera tenue responsable de toute contravention contre cet ordre ; les coupables seront poursuivis et fusillés ; la ville sera frappée de contributions considérables.

J’ajoute qu’il est, d’ailleurs, dans le propre intérêt de la population de se conformer aux prescriptions précédentes. Elle aura ainsi le moyen d’éviter de nouvelles graves pertes en reprenant en même temps ses occupations ordinaires.

Le Général allemand, commandant en chef. »

 

Le texte de la seconde est :

 

Proclamation.

« Toutes les autorités du Gouvernement français et de la municipalité, sont informées de ce qui suit :

1 ° Tout habitant paisible pourra suivre ses occupations régulières en pleine sécurité, sans être dérangé. La propriété privée sera respectée absolument par les troupes allemandes. Les provisions de toute sorte servant aux besoins de l’armée allemande

seront payées au comptant.

2° Si, au contraire, la population oserait, sous une forme quelconque, soit ouverte ou cachée, de prendre part aux hostilités contre nos troupes, les punitions les plus diverses seront infligées aux réfractaires.

3° Toutes les armes à feu devront être déposées immédiatement à la mairie ; tout individu trouvé une arme à la main, sera mis à mort.

4° Quiconque coupera ou tentera de couper les fils télégraphiques ou téléphoniques, détruira les voies ferrées, les ponts, les grandes routes, ou qui conseillera une action quelconque au détriment des troupes allemandes, sera fusillé sur-le-champ.

5° Les villes ou les villages dont les habitants prendront part au combat contre nos troupes, feront feu sur nos bagages et colonnes de ravitaillement ou mettront entrave aux entreprises des soldats allemands, seront fusillés immédiatement.

Seules, les autorités civiles sont en état d’épargner aux habitants les terreurs et les fléaux de la guerre. Ce seront elles qui seront responsables des conséquences inévitables résultant de la présente proclamation  »

Le Chef d’Etat-major général de l’armée allemande, von Moltke

 

Le troisième placard, rédigé dans le même esprit, ne paraît pas s’adresser à nous. Il déclare, sous ce titre :

 

Proclamation s’adressant â la population.

 » D’après les informations reçues, la population du pays a, à plusieurs reprises, participé dans les actions hostiles. Il est prouvé que les habitants du pays, cachés en embuscades, ont tiré sur les troupes allemandes. Ils sont allés jusqu’à tuer des soldats allemands blessés ou à les mutiler d’une maniére atroce. Même les femmes ont pris part à ces atrocités.

En outre, sur plusieurs routes, des barrages ont été construits, dont une partie était occupée et fut défendue par la population. La guerre n’est faite que contre l’Armée de l’ennemi et pas contre les habitants, dont la vie et la propriété resteront intactes.

Si cependant d’autres violences, de quelque sorte que ce soit, seront commises contre les troupes allemandes, j’infligerai les plus graves punitions aux coupables ainsi qu’aux habitants des communes dans lesquelles des combats contre la vie de nos soldats seront entrepris.

La population répond, avec sa vie et sa propriété, de ce qu’aucun complot aura lieu contre les troupes allemandes. Il est donc dans l’intérêt des habitants d’empêcher tout acte de violence qui pourrait être commis contre nos troupes par quelques individus fanatisés, en tenant compte de ce que la commune entière sera tenue responsable du crime commis. »

Le général commandant en chef

 

Si l’autorité militaire allemande ne recherche pas la correction absolue pour présenter les termes de sa prose, elle a du moins le talent indéniable de la mettre à portée de tous, au point de vue de la compréhension.

 

Dimanche, les Invalides-Nanteuil-le-Haudoin pour des taxis de la Marne

A voir sur le site France 3 Paris-Ile de France

Cent ans après le 7 septembre 1914, des taxis d’époque et des taxis d’aujourd’hui en livrée spéciale d’époque, partiront de l’esplanade des Invalides, ce dimanche 7 septembre 2014 pour Nanteuil-le-Haudouin pour une reconstitution symbolique.

Des Invalides à Nanteuil-le-Haudoin

http://france3-regions.francetvinfo.fr/paris-ile-de-france/2014/09/04/100-ans-apres-jour-pour-jour-le-retour-des-taxis-de-la-marne-dimanche-7-septembre-544052.html

Jour de guerre: de belles émissions sur France 2

A voir sur le site de France 2 les épisodes d’une très belle émission très informative: « Jour de guerre relief de 1914-1918″

JOUR DE GUERRE, RELIEFS DE 1914 – 1918 propose l’exploration en relief d’une sélection de plaques stéréoscopiques (photos sur plaques de verre provenant du Mémorial de l’Armistice de Compiègne) réalisées durant la première guerre mondiale. Sur la base d’un travail littéraire original demandé à Alexis Jenni (Prix Goncourt 2011 pour L’Art français de la guerre), ces programmes uniques par leur force d’évocation et de réalisation, permettent au spectateur de vivre au jour le jour, aussi bien dans le combat que dans le quotidien, « le théâtre des opérations » où se jouait la vie de ces hommes et femmes engagés dans le conflit, militaires ou civils, français ou étrangers.

http://www.france2.fr/emissions/jour-de-guerre

Contact: alain.moyat@orange.fr