Rénové le fort de la Pompelle ouvert gratuitement samedi et dimanche

Devant le fort de la Pompelle, clef de voûte du système de défense de Reims qui a vu des soldats héroïques tenir durant quatre ans malgré les bombardements, le maire Arnaud Robinet a insisté sur la nécessité de transmettre la Mémoire aux jeunes générations représentées par des écoliers de Charpentier et de Mazarin et des lycéens de Chagall
Devant le fort de la Pompelle, clef de voûte du système de défense de Reims qui a vu des soldats héroïques tenir durant quatre ans malgré les bombardements, le maire Arnaud Robinet a insisté sur la nécessité de transmettre la Mémoire aux jeunes générations représentées par des écoliers de Charpentier et de Mazarin et des lycéens de Chagall

Belle et émouvante cérémonie ce matin au Fort de la Pompelle où le maire de Reims Arnaud Robinet, entouré par de nombreux élus,  les porte drapeaux d’associations d’anciens combattants, des lycéens et des écoliers,  a officiellement lancé les cérémonies consacrées au centenaire de la Première guerre mondiale.

Pour l’occasion le fort a été rénové pour 4,5 M€ avec d’importants travaux de gros oeuvre et une création scénographie de Christophe Lab. Rappelant que ce fort est un des éléments majeur du patrimoine historique rémois, le maire  a insisté sur la necessité de transmettre la mémoire aux jeunes générations.

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Les écolier et lycéens ont dévoilé une plaque à la mémoire des trois poilus (chasseurs à pied) retrouvés sur le site le 20 mars dernier et dont on ne connaît pas l’identité

 

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Les porte drapeaux
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Mise en valeur des riches collections du musée fort de la Pompelle

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Récompenses pour les écoliers et les lycéens

Echos et photos cette après-midi sur ce blog

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28 juin 1914: un attentat à Sarajevo va enflammer le monde

Il y aura 100 ans samedi, un attentat perpétré à Sajarevo (Serbie )eut pour conséquence dramatique d’aboutir à la première guerre mondiale dont on fête depuis quelques mois déjà le centenaire. Pour en savoir plus sur cet attentat qui a bouleversé le monde entier et provoqué la mort de millions d’hommes et de femmes, quelques sites.

139075

A lire sur wikipedia

http://fr.wikipedia.org/wiki/Attentat_de_Sarajevo

 A voir sur le site de FRANCE 24

http://www.france24.com/fr/europe/20140620-1914-2014-dossier-attentat-sarajevo-grande-guerre-mondiale-francois-ferdinand-empire-austro-hongrois/?ns_campaign=reseaux_sociaux&ns_source=FB&ns_mchannel=social&ns_linkname=marketing&aef_campaign_ref=partage_aef&aef_campaign_date=2014-06-23

PrincipSur le site Le Monde europe

http://www.lemonde.fr/europe/article/2014/06/20/dix-jours-de-commemorations-pour-le-centenaire-de-l-attentat-de-sarajevo_4442177_3214.html

Sur le site encyclopédie universalisé

http://www.universalis.fr/encyclopedie/attentat-de-sarajevo/

Tour de France: la grande boucle le 10 juillet sur le Chemin des Dames

La ligne de front de la Grande Guerre sera le fil conducteur de la
101e édition du Tour de France, avec un passage le 10 juillet sur
le Chemin des Dames où les cyclistes évolueront le long d’une
bande de bleuets.
La 101e édition du Tour de France rendra hommage aux soldats de la Grande Guerre en traversant les principaux champs de  bataille du front occidental. La 6 e étape,reliant Arras à Reims, traversera l’Aisne d’Ouest en Est le 10 juillet. Le peloton arrivera à 14h27 par
Sommette-Eaucourt (précédé de 2h par la caravane) et quittera le territoire à 16h44 par la côte de Roucy.

Un chemin de bleuets

L’événement sera le passage des sportifs sur le Chemin des Dames. Le département bénéficiera ainsi d’un coup de projecteur : les cyclistes évolueront le long d’une bande de bleuets de 30 km (en bordure de la RD 18) semée le 11 avril. Un décor qui devrait donner de belles images aériennes de l’Aisne à la télévision !
Des sachets de graines de bleuets ont été envoyés aux Axonais par le biais du Magazine l’Aisne, ainsi qu’aux mairies, écoles, établissements de santé et communes traversées par le Tour de France. Le 10 juillet les équipiers du Tour arboreront un bleuet et, sur le podium rémois, des bleuets entreront dans la composition des bouquetsremis aux vainqueurs.

L’itinéraire du jeudi 10 juillet

Voici l’itinéraire emprunté par les cyclistes du Tour de France entre 14h27 et 16h44 : Sommette-Eaucourt, Ollezy, Cugny, Flavy-le Martel, Frières-Faillouël, Tergnier,
Condren, Viry-Noureuil, Chauny, Sinceny, Autreville, Pierremande, Folembray, Verneuil-sous-Coucy, Coucy-le-Château-Auffrique, Brancourt-en-Laonnois, Pinon,
Vaudesson, Chemin des Dames, Filain, Cerny-en-laonnois, Bouconville-Vauclair, Craonnelle, Pontavert, Roucy.
Plus d’informations dans l’Aisne n° 203 Juillet/Août.

RDV à la Caverne du Dragon

Le Conseil général de l’Aisne s’associe à l’ADF (Assemblée des Départements de France) pour la mise en place d’une unité
mobile devant la Caverne du Dragon-Musée du Chemin des Dames (Oulches-La-Vallée Foulon).
Cette unité propose à chaque étape du Tour des animations et des actions decommunication, hors villes de départ
et d’arrivée.
Les spectateurs pourront notamment profiter d’un écran pour suivre l’étape. Une borne gonflable sera installée indiquant
le kilométrage restant avant l’arrivée. En collaboration avec l’ADRT02 (Agence de développement et de réservation touristiques de l’Aisne) des brochures touristiques et objets promotionnels seront distribués par des comédiens : flyers sur les grands sites de 14-18 et les événements du Centenaire, drapeaux aux couleurs de 14/18, petits sifflets du Poilu, etc.
A la Caverne du Dragon, des visites seront proposées de 10h à 14h et de 17h à 18h30 (6 E). Enfin, les spectateurs applaudiront les sportifs du Chauny Sport Cyclisme. Parés de maillots aux couleurs des bleuets et du Conseil général, une vingtaine de coureurs
précèdera le passage du peloton du Tour lors d’un challenge sportif de 150 km.

A voir à l’abbaye de Vauclair (02)

EXPOSITION

Du 26 juin au 21 septembre 2014

Surfaces-projections – parcours artistique de Thomas Venet

DIM@LAO@P02@Vauclair@expo.jpgDans le quartier du Chemin Vert, des œuvres mêlant sculpture et peinture lèvent un voile sur la réalité locale de la Grande Guerre. Au détour des rues et jardins, vous pourrez découvrir l’évocation d’un bombardement, d’un coup de main ou encore de l’évacuation de blessés. Placées sur les lieux ou se sont déroulés les événements, les œuvres créent une invitation au voyage dans la mémoire d’un territoire.

Le parcours se tient en miroir d’une exposition de peintures aux Halles du Boulingrin.

Relevés de massacres : des épisodes de la Première Guerre mondiale en peinture du peintre rémois Thomas Venet. Chemin des Dames, Bataille de la Marne, Friedensturm…
Quelques faits marquants disséqués, synthétisés et transcrits dans de grandes compositions de traits, de points, de flèches, de nombres…
Une représentation de la guerre au premier abord abstraite mais au plus proche d’une vérité historique.
Cette exposition est présentée jusqu’au 30 juin à la Maison de Vauclair, à l’abbaye de Vauclair où l’association des Amis de Vauclair, initiatrice de la démarche, vous invite à venir à la rencontre de ce talentueux peintre.
La gratuité est de rigueur.

Le saviez-vous? Les Poilus ont popularisé le football

france-football-50riA voir en cette période de coupe du monde ces différents articles  expliquant que ce sont les Poilus qui ont popularisé le football, seraient à l’origine du principe de la coupe de France de football

http://www.france24.com/fr/20140611-grande-guerre-football-sport-roi-popularise-tranchees-coupe-monde-jules-rimet/

Voir aussi Football et tranchées

https://docs.google.com/file/d/0B863xSMvHknNdVlMU2lXMVNkenc/edit

Rous-with-the-Jules-Rimet-trophyJules Rimet, ancien poilu, fondateur de la coupe du monde de football

http://www.nrblog.fr/centenaire-14-18/2014/06/12/jules-rimet-ancien-poilu-et-fondateur-de-la-coupe-du-monde/

Un livre sur le sport dans les tranchées

http://lepasdoiseau.fr/14-18-sport/

 

 

 

10/ 10 Flandres, Oise, Picardie, Georges Gras entre en Lorraine et à Sarrebruck

En Flandres, le 233 ème RI cité  à l’ordre de l’armée

Avril 1917.- Après avoir vécu l’enfer du Chemin des Dames, Georges Gras et son régiment, après un mois d’instruction au camp de Mailly et un repos de 15 jours dans le secteur de Provins embarque en train, direction les Flandres ou en accord avec Pétain s es troupes françaises vont  participer à la grande opération lancée par les Britanniques. Pour cette offensive, dans un secteur particulièrement marécageux, il fallait créer, organiser, placer de nombreuses passerelles et tapis déroulants pour franchir le canal de l’Yser.

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Juillet 1917 secteur de BOESINGHE , une tranchée en Belgique (photo Georges Gras )

31 juillet 1917.-Après un méthodique et long travail préparatoire d’une semaine de l’ artillerie française et anglaise l’’attaque  avec surtout le 5ème et 6 ème bataillon a lieu  sous la pluie et dans un océan de boue. En plein été,  beaucoup d’hommes du régiment ont les pieds gelés. Pendant huit jours, la pluie ne cesse de tomber ; la fatigue est tellement grande que les hommes ne peuvent plus effectuer les corvées d’alimentation et consomment les vivres de réserve.

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Le 233° reçoit sa première citation à l’ordre de l’armée.

Ordre général n° 33 bis de la 1° armée du 16 août 1917.

 233° régiment d’infanterie

« Régiment qui,après s’être acquis de nombreux titres de gloire à Verdun, sur la Somme et sur l’Aisne, vient, sous l’ardente impulsion du lieutenant-colonel Lequeux, de faire preuve des plus belles qualités militaires dans l’attaque du 31 juillet 1917. A brillamment pénétré dans les organisations allemandes jusqu’à 3 kilomètres de profondeur, atteignant ainsi et dépassant même tous les objectifs qui lui étaient assignés. Se maintenant ensuite pendant plusieurs jours sous un bombardement intense, dans des trous remplis d’eau, a, malgré ses rudes fatigues et un temps des plus pénibles, organisé le terrain conquis et réalisé chaque jour l’occupation des nouveaux points d’appui, facilitant la tâche de ses voisins et témoignant ainsi de son inébranlable ténacité et de son infatigable ardeur. »

6 août 1917.-Relévé,  le 233 ème RI passe une quinzaine de jours à l’arrière avant de rejoindre le 2ème DI.

septembre 1917
Septembre 1917

6 septembre 1917.-Georges Gras est promu au grade de lieutenant sur décision de Raymond Poincaré.

Jusqu’au 13 septembre, les hommes organisent le terrain conquis, ayant comme abris des trous individuels creusés dans le terrain boueux . Les ouvrages bétonnés ennemis, très endommagés par notre artillerie, ne peuvent être utilisés.

13 septembre 1917.-Relevé,  le régiment passe un mois au repos et revient occuper le plateau de Mangelaere.

Mariage de Georges Gras

Marie Delaye et Georges Gras se marient le 22 octobre 1917
Marie Delaye et Georges Gras se marient le 22 octobre 1917

Fiancé,  Georges Gras épouse Marie Delaye le 22 octobre 1917. Ils auront cinq enfants: Daniel né le 24 juillet 1918.

GEORGES GRAS ET EPOUSE

Georges Gras choisit ce prénom de Daniel en mémoire à son frère tué en Orient durant la première guerre mondiale et enterré au cimetière de Salonique.

Ses autres enfants furent: Sabine (12 novembre 1920), Gisèle (24 juillet 1922), Marcelle (11 avril 1925), Jean (19 août 1929)

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18 septembre 1917 à Dieppe (Photo Georges Gras)

26 octobre 1917.-Le 233 ème RI  attaque de nouveau, le 5° bataillon à droite, le 4° bataillon à gauche, en direction de la forêt d’Houthulst. L’objectif « Maison Jean-Bart », est enlevé rapidement. Terrains boueux, sans abri, les hommes épuisés piétinent dans l’eau pour éviter l’engourdissement.

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Octobre 1917 forêt Houthulst le château Cortvriendt (photo archives internet)
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Octobre 1917 forêt Houthulst

 

29 octobre 1917. Le régiment est relevé par le 127° R.I.  Repos et travaux jusqu’au 3 décembre, puis le régiment est acheminé par voie de terre, vers la région de Meaux, où il reste au repos jusqu’au 18 janvier. Le lieutenant-colonel Genie prend le commandement du régiment le 5 décembre,

Transporté dans la région de Craonne, le régiment  fait des travaux de défense et occupe le secteur jusqu’au début de mars. C’est là que le 2 février 1918,  disparaît une  glorieuse figure du régiment: le commandant De  Tourdonnet.  Au cours d’une reconnaissance  le commandant du  5° bataillon est atteint à la tempe par un éclat d’obus.

Après quinze jours de repos, à Mont-sur-Courville, le régiment est embarqué en autos et débarque le 25 mars, à l’aube à Pontoise, près de Noyon.

25 mars 1918.-Après quinze jours de repos, à Mont-sur-Courville, le régiment est embarqué en autos et débarque à trois heures, à Pontoise, près de Noyon.

Les Allemands ayant engagé une grande attaque ont refoulé  l’armée anglaise.

Par Noyon, le régiment gagne la route de Guiscard ; en tête, le 5° bataillon occupe « la Ferme des Usages », avec la 19° compagnie, la 17° est à droite, près de la « Croix des six voies » ; le 6° bataillon est plus à droite encore, à notre gauche le 201°.

Si au cours  de la journée, plusieurs tentatives d’infiltration sont arrêtées par les 19° et 17° compagnies ; sans artillerie, le régiment, impuissant, voit progresser, à plusieurs kilomètres à sa gauche, d’innombrables troupes ennemies. Devant le front du régiment, l’ennemi est maintenu, mais à 18 heures le régiment se replie pour échapper aux feux des mitrailleuses ennemies déjà établies sur les flancs.

A 21  heures, le régiment est à Noyon, en partie occupé par l’ennemi. Il recule pied à pied et se reforme à Pontoise. Une dizaine d’hommes tiennent le pont du canal pendant toute la nuit .

26 avril  1918.. -ils sont remplacés par un détachement du 1er R.I. Dès six heures, d’ailleurs, il faut occuper la rive gauche de l’Oise ; le 5° bataillon a sa droite à Pontoise et sa gauche un peu au nord du mont Lagache, le 6° bataillon occupe la boucle de l’Oise jusqu’à Sempigny.

Jusqu’au début de mai, le régiment occupe cette région, organisant le terrain.

5 mai  1918..-Tentative pour occuper l’autre côté de l’Oise. Les 14° et 19° compagnies traversent l’Oise dans des barques et s’établissent sur la rive droite ; mais le terrain plat est balayé par les mitrailleuses ennemies. Un prisonnier capturé permet l’identification de l’ennemi. Aussitôt, l’ordre de repasser l’Oise est donné . L’opération a duré une heure et a été faite en plein jour (citation à l’ordre de la D.I.)

8 mai  1918.-Le régiment est relevé et passe vingt jours au repos près d’OFFREMONT .

27 mai 1918.-L’ennemi ayant provoqué une nouvelle attaque dans l’Aisne le 17 mai, le régiment est embarqué en autos et débarqué au  soir à SERCHES.

28 mai  1918..- Au matin, le 5° bataillon est mis à la disposition du général commandant la 74° D.I. à Crouy. En cours de route, mission lui est confiée de tenir Missy, Chivres et Sainte-Marguerite ; les éléments qui sont en ligne refluent ; Chivres, trop en flèche, n’est pas occupé. Le régiment occupe Missy. A seize heures, l’ennemi a contourné la gauche du régiment qui bat en retraite par échelons sur Soissons. Une seule section du 5° bataillon peut passer le pont de Venizl. Ce pont saute et quelques hommes du 5° bataillon et 2 officiers n’échappent qu’en passant l’Aisne à la nage. Pied à pied, le régiment défend le terrain : Septmonts, Berzy-le-Sec, Vierzy, Villers-Helin, Violaines, Longpont, forêt de Villers-Cotterets.

L'église de Longpont détruite par les Allemands
Longpont : les ruines de la grande porte

juillet 1918  2

3 juin  1918.-Le 4° bataillon avec Georges Gras est à Corcy

Corcy
Corcy

 

église de corcy
L’église de Corcy et l’école après le bombardement

12 juin  1918..-Après un violent bombardement, l’ennemi attaque à 3 h 30.  La 14° compagnie, surprise, est enlevée presque en entier. La 13° compagnie,de son côté, résiste héroïquement et arrête immédiatement l’ennemi sur la cote 118en liaison étroite avec le régiment d’infanterie qui est à sa droite devant Fleury. Jusqu’à 9 heures, elle contient l’ennemi et permet au5° bataillon, en réserve, de contre-attaquer avec elle ainsi que la 15° compagnie et des chars d’assaut, et de rétablir la situation. A onze heures, la ligne de résistance est réoccupée. La situation est rétablie.

13 et 14  juin  1918..-L’ennemi tente une nouvelle progression : il est repoussé .

18 juin 1918.-Le régiment est relevé par le 1er R.I. et va se reconstituer à Coyolles.

8 juillet  1918..-Le 233° attaque et reprend la ferme Chavigny (6° bataillon à gauche, 5° bataillon à droite. Le 4° bataillon est en réserve., Grâce à  un groupe de grenadiers de la 19° compagnie, la ligne ennemie tombe  sur une longueur de plusieurs kilomètres, ce qui permet aux régiments voisins de réaliser une avance de près de 2 kilomètres.

11 juillet 1918..-Relevé le régiment va au repos à Presles, dans la région parisienne, où il arrive le 14 juillet.

16 juillet  1918..-Le régiment  est embarqué en autos, pour prendre part à la contre-offensive du Tardenois.

Voir  cet autre site aussi un témoignage sur la période du 18 au 28 juillet 1918

18 juillet  1918.- Au matin, le régiment est en soutien de la 26° D.I., mais dès le 18 au soir, il passe en première ligne.

Le 4° bataillon dépasse Villers-Helon et atteint Blanzy ; le 6° bataillon dépasse le 4° bataillon, gagne Saint-Remy-Blanzy, et continue sa progression sur Le Plessier-Huleu qu’il aborde, dans la matinée du 20, aidé par le 5° bataillon qui doit le dépasser à ce moment. L’’ennemi ayant reçu du renfort contre-attaque aussitôt et reprend le village.

21 juillet  1918..-La 18° compagnie, avec une section de chars légers, tente de pénétrer dans le village, elle n’y parvient pas.

22 juillet  1918..-Les 1° et 201°, et 48° R.I. dépassant le régiment, enlèvent le village et vont s’établir à la station à 900 mètres au-delà (2° citation du régiment à l’ordre de l’armée).

Georges Gras, papa d’un petit Daniel

Le 24 juillet, Georges Gras, marié à Marie Delaye a la joie d’avoir son premier enfant. Il le prénomme Daniel, à la mémoire de son frère décédé en Orient durant la Première guerre mondiale, enterré au cimetière de Salonique.

26 juillet  1918..-Relevé  le régiment reste en réserve de la 10° armée jusqu’à fin août. Embarqué en chemin de fer, il arrive en Alsace le 29 août, et tient, jusqu’au 18 octobre, le secteur de L’Hartmannswillerkopf.

La fourragère au 233 ème RI

le général De Castelnau
le général De Castelnau

19 octobre  1918..-Le général De Castelnau remet, à Massevaux, la fourragère au 233°.

6 novembre 1918..-Après un séjour au camp de Darney, le 233° est envoyé  dans la région de Brin(au Nord-Est de  de Nancy) en renfort de la 169° D.I.

11 novembre  1918..-L’armistice est signé au moment où la 1° D.I. allait participer à l’offensive de la 10° armée.

17 novembre  1918..-Le 233° régiment en tête de la 1° D.I. passe la frontière au pont de Brin , drapeau déployé, aux sons de la Marseillaise, et pénètre en Lorraine délivrée. Il cantonne à Vaxy, où il reçoit de la population, dont le cœur est resté français, un accueil enthousiaste.

22 novembre 1918.-Le régiment entre à Sarrebruck, à peine évacué par les Boches. Il gagne ensuite, par voie de terre, au prix de marches pénibles, la rive droite du Rhin (14 décembre) où il constitue la droite des avant-postes de la 1° D.I., dans la région de Grieshein.

15 janvier 1919.-Le 233° relevé par le 127°, passe de la 1° à la 51° D.I. Il occupe Biedrich (rive droite du Rhin).

Dissolution du 233 ème RI

insigne du 33ème RI
L’écusson du 33 ème RI, le régiment du capitaine Charles-De Gaulle

Le 14 février 1919, le 233° est dissous et ses éléments sont répartis par moitié entre le 33° R.I. et le 73° R.I. Un des jeunes régiments de l’armée française vient d’entrer définitivement dans l’Histoire. À force de bravoure, d’endurance et de ténacité, sa gloire a égalé celle des plus vieux régiments. Heureux du devoir accompli, le 233° R.I. est justement fier d’avoir mérité le bel ordre d’adieux de son général de division. Georges Gras intègre le 33ème RI (34 ème Compagnie), le régiment qui a eu en son sein le capitaine Charles De Gaulle.

ORDRE DE LA 1RE D.I.

Le général commandant la 1° D.I. ne laisse pas s’éloigner sans une profonde émotion, le 233° régiment d’infanterie, qui a écrit sa page glorieuse dans l’histoire de la division.

Arrivé en novembre 1916, le 233°, sous les ordres du lieutenant-colonel Lequeux, fait de suite preuve d’ardeur dans l’attaque et d’opiniâtreté dans la défense, à Maisons de Champagne (février 1917), puis à Craonne qu’il réussit à occuper et où il se maintient malgré les efforts de l’ennemi ; mais c’est dans les Flandres qu’il donne toute sa mesure, en enlevant dans un admirable élan, tous ses objectifs; il est cité à l’ordre de l’armée. En 1918, à Noyon, puis dans la forêt de Relz, il se distingue de nouveau, sous le commandement du Lieutenant-colonel Génie. Enfin, 1e 8 juillet, à Chavigny, et du 18 au 24, dans la contre-offensive, jusqu’à Plessier-Huleu, sous l’impulsion du Lieutenant-colonel Bride, il est magnifique d’entrain et d’allant et mérite une nouvelle citation à l’ordre de l’armée et la fourragère. L’existence glorieuse du 233° R.I. est indissolublement liée à l’histoire de la 1° D.I. qui lui doit une grande part de sa belle réputation.

Mobilisé en 1914, il a non seulement accompli noblement et jusqu’au bout tout son devoir, mais il a su se classer parmi les plus belles unités et faire preuve des plus hautes vertus militaires. L’entrée en Allemagne et le passage du Rhin ont définitivement consacré la part qu’il a prise à l’effort commun. Quand viendra pour lui l’heure prochaine de la dissolution, il disparaîtra dans une auréole de gloire. Le général de division s’incline avec respect devant les nombreux camarades qui sont tombés sur l’âpre chemin de la victoire; il adresse au 233° l’adieu de toutes les troupes de la 1° division et salue son drapeau, relique sacrée qui perpétuera I e souvenir de ce beau régiment.

Les pertes du 233e R.I, morts pour la France, 1564 hommes dont : 54 officiers, 129 sous-officiers, 141 caporaux et 1240 soldats.

(1) sur le 33ème RI http://fr.wikipedia.org/wiki/33e_r%C3%A9giment_d’infanterie

 

 

 

9/10 Georges Gras au Chemin des Dames pour l’offensive Nivelle

Remplacé par le 78° d’infanterie le 233° cantonne courant février à Beaurieux et exécute chaque nuit les travaux d’aménagement en vue de l’offensive prochaine.

 Mars 1917:  Montel et Delmotte (photo Georges Gras)
Mars 1917: Montel et Delmotte (photo Georges Gras)

Depuis septembre 1914 les Allemands occupent le plateau qui domine la vallée de l’Aisne et de l’Ailette. Depuis plusieurs années, consolidant et organisant les sapes,  ils ont aussi transformé les creuttes (grottes) en véritable forteresse.  Au printemps 1917, reprenant le projet de Joffre, le général Nivelle croit pouvoir opérer une percée décisive à l’intérieur des lignes allemandes en 24 ou 48 heures. Si l’offensive est plusieurs fois reportée, début avril la décision est prise. Fort de 62 divisions,  l’armée française procéde à un pilonnage en direction des lignes allemandes. On dit qu’entre le 6 et le 16 avril, 5 millions d’obus auraient été tirés par plus de 5.000 canons. Avec le 1er et 201ème RI, le 233ème Ri appartenant à la 1ère Division a été affecté à l’attaque du secteur de Craonne où prédominent les « gars du Nord ». C’est avec une détermination raisonnée, un courage tranquille, que, malgré nos appréhensions, nous nous disposons à entrer dans la bagarre « raconte Georges Gras. « Sans doute, aussi, l’espérance cachée de délivrer les nôtres brûle t-elle ardemment dans nos coeurs. »

chemin dames carte

La Dépêche de l'Aisne
La Dépêche de l’Aisne

Témoignage vécu du mitrailleur  Georges Gras

Georges Gras
Georges Gras le téléphoniste est devenu mitrailleur, spécialiste du FM et de la mitrailleuse

C’est dans la Dépêche de l’Aisne  du 27 avril 1957 que Georges Gras, témoigne à propos de l’offensive du chemin des Dames.

Et c’est comme cela qu’on apprend que le téléphoniste du début de la guerre a été fait lieutenant  le 6 septembre 1916 par le général Boulanger (commandant la 51 ème Division) . Il commande la 15 ème compagnie  de mitrailleuse du 4ème bataillon du 233 ème RI.

« Le 4ème bataillon du 233ème RI dont je commande la 15 ème Compagnie, cantonne depuis la première quinzaine de mars, dans des abris repos aux environ du château de « Blanc Sablon », non loin de Craonnelle. Il travaille dans le bois de « Beau-Marais »à l’édification d’abris provisoires destinés aux troupes d’exploitation, qui doivent, lors de l’attaque « coller à nos trousses »et nous dépasser, le moment venu pour la poursuite en rase campagne.

avril 1917 Ouvrage aurousseau dans le bois de Beau Marais
avril 1917 Ouvrage aurousseau dans le bois de Beau Marais
Avril 1917  Au bois de Beau marais chapelle du centre aurousseau (photo Georges Gras)
Avril 1917 Au bois de Beau marais chapelle du centre aurousseau (photo Georges Gras)

Bientôt de nouvelles batteries viennent s’installer à proximité de notre cantonnement. Dès qu’elles « ouvrent la bouche », des rafales nocturnes d’obus à gaz s’abattent sur nous, causant des pertes sensibles, notamment celles de plusieurs officiers.

La préparation d’artillerie s’amorce dès la première semaine d’avril et s’amplifie rapidement. Nous en suivons les progrès sur le village de Craonne qui s’écroule peu à peu et sur les pentes de la falaise qui blanchissent jour après jour, en laissant apparaître leurs entrailles de « Cran ».

L’artillerie allemande réagit avec prudence et modération.

16 avril 1917 offensive dépôt d'obus de 220 et de 155 Blanc Sablon CH au
16 avril 1917 offensive dépôt d’obus de 220 et de 155 Blanc Sablon CH au

Un plan d’attaque ambitieux pour le 233ème RI aussi

Bientôt « la biffe » entrera en scène, préparons nous. Voici les plans d’attaque:

Notre bataillon a pour première mission, avec ses trois compagnies et sa compagnie de mitrailleuses déployées de rompre la première position ennemie, sur un front allant de l’église de Craonne jusqu’au hameau de Chevreuse à l’est puis de poursuivre sa marche, sous la protection du barrage d’artillerie, jusqu’à la deuxième position allemande, installée au-delà de la rivière Ailette, au nord du massif du Chemin des Dames.

Il devra enlever cette position de vive force et continuer sa progression sous bois jusqu’aux approches de la route nationale 44, où, après « trois heures d’assaut », le 5ème bataillon le dépassera.

L’affaire se terminera en fin de journée vers la gare de Saint-Erme.

Cet ambitieux programme d’ailleurs strictement minuté jusqu’à la limite des feux d’artillerie, ne manque pas de susciter entre les exécutants les plus vives controverses. Mais nous sommes ici pour obéir et souhaiter que les artilleurs feront bien leur « boulot »: sinon…

Des lisières nord du bois de Beau-Marais, d’où nous déboucherons, nous aurons 500 mètres de « no man’s land »à parcourir avant d’atteindre les premières tranchées ennemies, étagées à gauche sur un éperon boisé, de 60 mètres de hauteur, dit: « Saillant du Tyrol », et à droite à traverser outre la saillant et le CBR (chemin de fer local), une zone marécageuse, avant d’assaillir une redoutable tranchée: « La Strypa », s’adossant au chemin de Craonne à Chevreux et pourvue de défenses accessoires importantes.

Si nous traversons cette première ligne, il nous restera à escalader la croupe, qui du plateau de « Californie », descend, à la manière d’un formidable éboulis, vers la plaine. A la crête, il faudra enlever la tranchée de « Mannheim », tranchée de soutien assortie d’un glacis de 300 mètres et de tout le « confort »vdd combat désirable. Puis le rideau tombera sur ce copieux premier acte du drame.

Souhaitons que tout ira bien et allons prendre position dans le bois de Beau-Marais pour le réel.

J= 16 H = 6

« En tenue de combat allégée, couverture, vivres, munitions (avec cinq jours de vivres et 5 grenades)mais sans sac, ma compagnie s’installe à l’orée du bois, sa droite appuyée au CBR, sa gauche en liaison avec la 14 ème Compagnie, dès l’aube du 15 avril. Journée calme, mais temps maussade. Au-dessus de nos têtes, la voute de fer de notre étourdissant bombardement. Réaction modeste de l’artillerie allemande sur nos arrières. Chaque responsable prend ses dispositions pour assurer une sortie ordonnée par les chicanes ouvertes dans les barbelés les nuits précédentes. Et la pénible attente des veilles d’attaque commence, fébrile, écrasante pour les nerfs. Dans la nuit, vers 3 heures, me parvient l’ordre ultime: J= 16 H = 6. Le sort est dans ces deux lettres et ces trois chiffres. Dans trois heures, sur 40 km de front, soixante divisions vont s’ébranler pour tenter de rompre l’étreinte de l’ennemi.

16 avril 1917: L’attaque

5 h 55.-Dans quelques minutes la tranchée se videra de ses assaillants et la tension qui blêmit les visages s’évanouira pour faire place à l’action bienfaisante.

6 heures.-En quelques pas j’atteins la lisière, puis la chicane, comme à la manoeuvre, aussi loin qu’on peut voir, nos hommes surgissent pour se ranger en formations de combat devant les barbelés.

Et de partout, un geste. En avant!

Tandis que nos obus s’acharnent encore sur la ligne ennemie, nous progressons posément dans le vallon rempli d’une légère brume. Pas de barrage d’artillerie, mais voici un avion de reconnaissance ennemi qui survole en rase-mottes la ligne des tirailleurs.

Au passage, il nous décoche une volée de balles. Un de nos sergents est blessé. Mauvais présage?

Nous abordons les bois démantelés par les bombardementsles difficultés commencent. Impossible de conserver l’allure prescrite pour  arriver à distance d’assaut, quand le barrage de 75 se lévera. Il faut contourner les trous, , sauter les arbres abattus. Les sections de droite s’embourbent dans la terre spongieuse et d’instinct se rabattent sur des terrains plus fermes. Tandis que les compagnies de gauche en terrain dégagé, abordent le saillant et commencent à l’escalader, nous grimpons à grand peine les derniers contreforts à l’est de l’éperon, et nous voici en vue de notre objectif: « La Strypa ». Le 75 a depuis un bon moment allongé le tir, mais la 13ème et 14 ème ont pu occuper, sans coup férir, tout le saillant abandonné.

Pendant ce temps, l’infanterie allemande a quitté ses abris et occupé ses postes de combat, du village jusqu’à Chevreuse.

Un ouragan de mitraille

Selon une consigne bien réglée, il nous laisse approcher à bonne portée. C’est alors le coup d’arrêt brutal, inexorable! Comme un coup de baguette, un tir d’armes légères, où les mitrailleuses mènent le bal, se déclenche en ouragan.

La ligne d’assaillants, dont les éléments avancés, tiennent les abords de l’église, est littéralement piquée au sol par des tirs de face, des tirs d’enfilade. Venant de Chevreux et de « la Strypa », des tirs plongeants – les plus meurtriers- venant des arêtes de la falaise. La densité du feu est telle qu’il semble qu’un essaim tourbillonnant de balles nous cherchent dans tous les sens. De notre position en contrebas toute riposte est impossible.

Rien à faire que de se terrer, de s’abriter au mieux pour laisser passer l’orage. Celui-ci dure un bon quart d’heure, avertissement pour nous de n’avoir pas à insister. Quelques tentatives pour reprendre l’action reçoivent d’ailleurs le même accueil. Qui, montre le nez est aussitôt salué. Nous voici dans une fâcheuse position, notre attaque est clouée, nous sommes au proche contact, mais notre objectif nous échappe.

Saillant du Tyrol  vue prise de Craonne (photo Georges Gras)

Tandis que le calme revient, accroupi dans un trou d’obus, je dispose de bonnes vues sur le saillant du Tyrol, le village et les pentes voisines, mais dans le bas, la position de mes sections qui s’y terrent m’échappe. Je trace un rapide croquis de la ligne atteinte par les nôtres: la rue du village qui descend vers Craonnelle est aux mains des régiments de notre division, en liaison avec notre bataillon aux abords de l’église et des premières maisons vers Chevreux. Nous occupons le haut du saillant et ses prolongements devant « la Strypa ». Accompagné d’un sommaire compte rendu, mon papier a la bonne fortune de trouver un porteur improvisé, l’adjudant de la compagnie de mitrailleuse, qui, assez gravement blessé à l’épaule tente de regagner l’arrière après avoir brutalement échoué dans mon trou. Je le vois peu après traversant crânement le vallon et entrer dans le bois. Il remettra au colonel le premier renseignement de la journée.

Vers 10 heures, je prends contact avec le capitaine Pons qui commande le bataillon. Il m’autorise à replier avec la plus grande prudence sur le bas du Tyrol mes sections à demi enlisées du côté du CBR.

Déjà, tout le monde travaille à regrouper les unités et à mettre le terrain en état de défense, afin de parer à la contre-attaque probable de la soirée.

Le soleil a fait son apparition  et nous découvre un poignant spectacle dans la plaine de Juvincourt jusqu’aux confins de Berry-au-Bac: les chars d’assaut du commandant Bossut, partis le matin de « la ferme du Temple » pour enlever la troisième position, n’ont pas été suivis par l’infanterie. Surchargés de réserves d’essence, pris à partie, un par un, par l’artillerie ennemie, ils flambent ou s’échouent. A la jumelle, nous en comptons 29! C’est donc l’échec navrant de ce premier engagement de nos chars! Ici, cependant, tout est calme, à part des tirs de mitrailleuses « démuselées »de temps à autre.

Mais voici du nouveau. Je suis appelé auprès du chef de bataillon. La tranchée de « la Strypa » me dit-il, doit être attaquée en fin de journée – sans artillerie, bien entendu- avec nos propres moyens, grandes comprises. Votre compagnie est désignée pour cette opération. Je reste un instant effaré devant cette décision, prise d’ailleurs à un échelon supérieur. Cherchant mes mots, je réponds: « C’est entendu, mon capitaine, un ordre est un ordre. Tout de même, « la Strypa »…c’est possible…sur la carte, mais ici, sur le « tas »… c’est autre chose…

Vous le savez, mon capitaine, après l’expérience de ce matin. C’est la moitié de mon effectif, sinon plus, qui va rester sur le terrain… et pour des prunes. »

-« Calmez-vous »me répondit-il, comprenant mon trouble. Je sais… comme vous. Aussi mon devoir est de tenter de faire rapporter cet ordre. Je vais m’y employer avec le commandant du 5 ème bataillon qui est arrivé à mon PC. Faites préparer le matériel, munitions et attendez avec confiance.

De fait, l’intervention prévue a convaincu le commandement supérieur de l’inanité de cette attaque. Une heure plus tard le contre-ordre arrive. Il est accueilli par un ouf! de soulagement. Grâce à la sagacité de notre chef de bataillon, vénéré de tous, cinquante hommes ne seront pas couchés ce soir sur les parapets de la « Strypa ».

Espoirs déçus

Nous sommes restés quatre jours encore sur les avancées de Craonne à terrasser, mettre en forme  des moyens de défense, consolider des abris dans le sol bouleversé du plateau du « Tyrol ».

L’ennemi, cependant vigilant, ne nous a pas inquiété. Tandis que nous remâchions nos espérances trahies, des bruits de relève nous parvinrent. Bientôt des officiers, appartenant aux unités du 18 ème corps d’armée, reconnaissaient nos emplacements. Dans la nuit du 20 avril, ces troupes nous remplaçaient. Il leur était réservé – au prix de quels sacrifices!- de poursuivre du 6 au 8 mai, notre tâche, en escaladant une partie de la forteresse.

Notre attaque du 16 avril n’avait été qu’une attaque sans histoire, comme des milliers d’autres. Episode escompté de la bataille de délivrance, elle n’avait fait gagner qu’un kilomètre de terrain  (au lieu de 8 prévus) en y laissant 38 tués, dont quelques uns dorment encore au paisible cimetière de Craonnelle. Je suis maintes fois revenu, à ce carrefour qui marque l’entrée du Chemin des Dames, m’incliner devant le modeste monument érigé au pied de l’église détruite à la mémoire des morts du 18 ème corps.

-courtisols-fevrier-1917-lieutenant-cottonC’est ici que mon ami le lieutenant Cotton, qui commandait la 13 ème compagnie de mon bataillon a trouvé une mort glorieuse, le 16 avril 1917, à 7 heures du matin.

Le 5° bataillon a  éprouvé  de fortes pertes, mais n’a pas  réussi  à prendre pied sur le plateau de Californie. On organise les positions conquises le 16. Le régiment tient la rue principale de CRAONNE et tout le saillant du Tyrol ; il est relevé, le 22 avril, par le 18° R.I.

Un insuccès qualifié

Quarante ans après Craonne, Georges Gras jetant un regard lucide sur l’offensive du Chemin des Dames, l’a qualifiait de   » folle gageur ».

Eu égard aux visées dey Haut commandement français en 1917, aux objectifs qu’il comptait atteindre par une attaque de rupture du front fortifié et une bataille d’exploitation qui-en liaison avec les armées anglaises- ramèneraient les combats en rase campagne pour aboutir à la libération des territoires occupés, la bataille du Chemin des Dames fut un insuccès qualifié.  Par l’obstitnationmême du commandement , après les premières journées, elle se transforma en un échec terriblement coûteux en vies humantes, au point que le moral, pourtant bien trempé, de nos troupes aguerris en fut profondément ébranlé.

Il convient de rappeler les principales erreurs ou fautes commises pour se faire une idée des opérations, tans d’ensemble que de détails, engagées en ce printemps humide, dans le secteur de l’Aisne.

Le 16 mars, un mois avant notre offensive, Ludendorf alerté faisait exécuter par ses armées, stationnées dans le saillant de l’Oise et de la Somme, un repli discret « sur la pointe des pieds », jusqu’au puissant « raccourci » de la ligne Hindenbourg « organisée à « l’avance », depuis Vailly-sur-Aisne jusqu’à Arras, en passant par Coucy-le-Château, La Fère et Saint-Quentin.

Ce replis libérait un nombre appréciable de divisions et mettait les autres à l’abri, pour un temps, dans la nouvelle position. Cette audacieuse manoeuvre qui « coupait l’herbe sous le pied »à ses intentions, ne fut pas prise en considération par notre Haut Commandement.

D’autre part, l’insuffisance de notre artillerie et de notre aviation dans le secteur d’opérations ne nous permit pas d’obtenir la maîtrise incontestée du feu ni de l’observation aérienne. La destruction des premières lignes ennemies s’avéra fort incomplète et la lenteur de la préparation (neuf jours) ne pouvait faire bénéficier l’attaque, lancée d’ailleurs dans de déplorables conditions atmosphériques, d’aucun effet de surprise.

Enfin, le choix du terrain d’attaque défiait vraiment le bon sens pour un assaut rapide, qui devait porter, en moins d’une journée et en combattant, une vingtaine de divisions au delà des positions ennemies du plateau du Chemin des Dames et les libérer dans les plaines du Laonnois, à vingt kilomètres de leur base de départ. Pour qui connaissait cette abrupte et formidable falaise, de plus de cent mètres de hauteur, truffées de creutes , de redoutables ouvrages défensifs, d’observatoires et d’abris bétonnés, de tunnels, tenter ne semblable aventure apparaissait comme une folle gageure. »

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Mutineries et chanson de Craonne

Difficile d’évoquer l’offensive du Chemin des Dames sans mentionner son effet catastrophique sur le moral des troupes et les nombreuses mutineries enregistrées dans une cinquantaine de régiments avec des poilus entonnant : »la chanson de Craonne ». Une valse lente entonnée sur l’air de « Bonsoir M’amour »dénonçant  notamment l’offensive meurtrière du plateau de Californie.

http://www.dailymotion.com/video/x30dzv_chanson-de-craonne_news

Une des versions des paroles de la chanson de Craonne

Quand au bout d’huit jours le r’pos terminé
On va reprendre les tranchées,
Notre place est si utile
Que sans nous on prend la pile
Mais c’est bien fini, on en a assez
Personne ne veut plus marcher
Et le cœur bien gros, comm’ dans un sanglot
On dit adieu aux civ’lots
Même sans tambours, même sans trompettes
On s’en va là-haut en baissant la tête

– Refrain :
Adieu la vie, adieu l’amour,
Adieu toutes les femmes
C’est bien fini, c’est pour toujours
De cette guerre infâme
C’est à Craonne sur le plateau
Qu’on doit laisser sa peau
Car nous sommes tous condamnés
Nous sommes les sacrifiés

Huit jours de tranchée, huit jours de souffrance
Pourtant on a l’espérance
Que ce soir viendra la r’lève
Que nous attendons sans trêve
Soudain dans la nuit et dans le silence
On voit quelqu’un qui s’avance
C’est un officier de chasseurs à pied
Qui vient pour nous remplacer
Doucement dans l’ombre sous la pluie qui tombe
Les petits chasseurs vont chercher leurs tombes

– Refrain

C’est malheureux d’voir sur les grands boulevards
Tous ces gros qui font la foire
Si pour eux la vie est rose
Pour nous c’est pas la même chose
Au lieu d’se cacher tous ces embusqués
F’raient mieux d’monter aux tranchées
Pour défendre leur bien, car nous n’avons rien
Nous autres les pauv’ purotins
Tous les camarades sont enterrés là
Pour défendr’ les biens de ces messieurs là

– Refrain :
Ceux qu’ont l’pognon, ceux-là r’viendront
Car c’est pour eux qu’on crève
Mais c’est fini, car les trouffions
Vont tous se mettre en grève
Ce s’ra votre tour, messieurs les gros
De monter sur le plateau
Car si vous voulez faire la guerre
Payez-la de votre peau

Il fallut la nomination de Pétain comme général en chef des armées le 17 mai 1917 à la place de Nivelle pour parvenir lentement à rétablir la discipline au sein des troupes. Non sans plusieurs condamnations à mort et une réelle amélioration des conditions de vie des soldats.

Georges Gras a toujours eu beaucoup de respect et d'affection pour Pétain, le vainqueur de Verdun, celui qui comprenait les soldats
Georges Gras a toujours eu beaucoup de respect et d’affection pour Pétain, le vainqueur de Verdun, celui qui comprenait les soldats

Georges Gras avait un profond respect pour Philippe Pétain dont il a toujours conservé une photo dans ses documents personnels.

2GEORGES GRAS - copie (2) - copie

Prochain article: 10/10 Flandres, Oise, Picardie, Georges Gras libère la Lorraine et entre à Sarrebruck

Contact: alain.moyat@orange.fr