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212/journal du 4mars 1915: dans un gourbi à Berry-au-Bac

Carnets du rémois Paul Hess (extraits)

Bombardement matin et après-midi, dans le voisinage de l’hôtel de ville.

Le 4 mars 1915 à Berry-au-Bac au 28 ème RI

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Le 4 mars 1915, Albert Thierry de la 5e compagnie écrit :

« Je ferai aujourd’hui une description bien authentique de la tranchée de Berry-au-Bac. On traverse la plaine en suivant à peu près la voie ferrée (1), et on arrive premièrement à Moscou. C’est la sucrerie (2) que signale sa haute cheminée et quelques maisons dévastées : les toits sans tuiles ne sont plus qu’un treillage de lattes, les misérables fenêtres sans vitres que des enfoncements béants, et très souvent un gros oeil-de-bœuf éboulé, voilà la signature d’un obus au milieu d’un mur. Ensuite il faut passer le canal de l’Aisne à la Marne (3), le canal latéral à l’Aisne (4), et l’Aisne même : région que pour la garde on appelle les Canaux. Paysage lugubre à neuf heures de nuit, longues langues d’eau grise, levées de terre énormes sur la droite et barrant l’horizon, peupliers inquiets qui chuchotaient. Le premier pont encombré de sa propre ruine, barré de ses propres moellons à son entrée, crevé enfin, sur une longueur de sept à huit mètres, comme un plancher réduit à ses solives, et montrant les eaux. Au rapport des camarades, le second pont aurait reçu 80.000 obus : le tablier a parfaitement tenu, le parapet de droite effondré s’est trouvé reconstruit en sacs de ciment (5) et le parapet de gauche est à peu près intact. On bâtit bien en France. Au commencement et à la fin du pont, deux barricades, l’une en pierre, l’autre en gabions, magnifiques, bien jointoyées, bien crénelées, bien hautes, avec  une belle retirade sur le côté, enfin de la destruction indestructible. On entre dans Berry-au-Bac (6). Quelques murailles résistent encore, mais il y a tant de moellons sur la route qu’il est plus facile de passer par les chambres et les jardins. Plâtras et gravats : on tourne et voici presque tout de suite le boyau. A peine le temps, ce chemin, d’admirer ce qui reste de l’église : un pan de paroi, et sur sa triste colonne, une statut de Saint-Roch (7).
Le boyau est de gravier : donc assez sec. Il a été recreusé, nous disent les camarades, et rélargi : on y passe à peu près, sacs, couverture et pelle-bêche y compris. Mais il tourne et retourne tellement qu’on y attrape le mal de mer. Il se ramifie en divers petits couloirs, et au bout de chacun, buté dans la terre non remuée, ouvre un gourbi.
Le nôtre, à Chevallier et à moi, fait des envieux parce qu’il a une porte. Pour mieux dire, deux moitiés de porte, l’une en bois blanc, l’autre en chêne, obtenues dans les ruines de Berry-au-Bac : la première, à gauche, est fixe, et comme elle est à jour, on l’a doublée, à l’extérieur ; de trois vieux sacs, et à l’intérieur, d’un rideau de cretonne et une applique en zinc à placer une bougie ; mais la seconde, à droite, s’ouvre très bien et même se ferme par un crochet. On entre courbé, on peut tenir à genoux facilement, étendus presque, mais pas débout. Litière de foin, murs doublés de planches et de troncs d’arbres et ornés d’étagères, plafond perfectionné par une toile de tente et une gouttière.
Un talus suffisant nous dérobe à la vue de l’ennemi. A droite c’est Sapigneul, à gauche Craonne ; devant je ne sais quoi la plaine. En arrière, la haute levée des deux canaux fait barrage et les ruines excitent l’esprit. Nous regardons un paysage de piquets, de fils de fer et de betteraves gelées. A trois cents mètres de nous se tient sur quatre roues, gauchi un peu, sans carreaux, solide encore à son poste de naufragé, l’Autobus (8) qui donne son nom à notre secteur. Nous y avons un poste d’écoute, et les Allemands aussi.

POUR EN SAVOIR PLUS: http://vlecalvez.free.fr/jmomars1915.html

Photo du 160 ème RI prise en Belgique le 4 mars 1915

cette photo carte prise le 4 mars 1915 en Belgique. L'un des soldats du 160eme arbore sue la tête un trophée, casque à pointe modèle 95 apparemment Badois.

Photo carte prise le 4 mars 1915 en Belgique. L’un des soldats du 160eme arbore sue la tête un trophée, casque à pointe modèle 95 apparemment Badois.

http://lagrandeguerre.cultureforum.net/t83759-160eme-ri-belgique-4-mars-1915

La population de rebelle à Lille

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Mgr Charost (qui défendra les civils et prisonniers avec vigueur pendant toute l’occupation)

Le vendredi 4 mars à Lille est un jour comme les autres, des prisonniers français vont traverser les rues de la Lille, comme pour accroître à nouveau l’esprit de crainte et de puissance des armées allemandes. Cependant rien ne va se passer comme les allemands le pensaient. Lors du passage des prisonniers, une partie de la population se révolte, les lillois crient « vive la France », les lilloises portent la cocarde aux couleurs de la France (interdit dès octobre 1914), les manifestations lilloises ne plaisent semblent-ils pas aux allemands qui arrêtent un petit nombre de personnes.

LA SUITE SUR le blog de Nicolas G. : http://lille1418.over-blog.com/2014/10/le-4-mars-1915-quand-la-population-se-rebelle.html

Les Allemands perdent un dirigeable: 21 morts

Le 4 mars 1915, le L8 (lz33) est endommagé lors d’un combat aérien au dessus de Nieuport. il d’écrasera en foret à Tirlemont, au Sud d’Ostende, causant la perte des 21 membres d’équipage.

http://lzdream.net/dirigeables/template_airship.php?page=zeppelin_kill&menu=zeppelin_menu

Le paquebot Equateur réquisitionné

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Désarmé à Odessa puis réquisitionné le 4 mars 1915 par le gouvernement français le paquebot Equateur est mis à disposition du gouvernement russe qui le transforme en navire hôpital.

http://www.frenchlines.com/ship_fr_1118.php

Ecrivain mort à la guerre

Camille Violand- 1891 – 4 mars 1915 à Pethes-les-Hurlus (Champagne).

http://data.bnf.fr/14546937/camille_violand/

Lu dans Le Miroir en date du jeudi 4 mars 1915

France.-Canonnade de la mer à l’Aisne; Les Allemands bombardent Reims avec des obus incendiaires. Nouveaux progrès de nos troupes en Champagne, sur le front Souain-Mesnil-Beauséjour. Sur plus de six kilomètres, nous occupons une ligne de tranchées allemandes d’une épaisseur d’un kilomètre. Un régiment de la garde impériale a subi des pertes énormes, au cours d’une contre-attaque, que nous avons repoussée.
D’autres offensives ont été arrêtées par nos soldats près de Verdun et près de Pont-à-Mousson.
Les Russes, après avoir enfoncé le centre allemand près de Prasznisch et progressé dans la direction de Mlava à proximité de la frontière prussienne, ont également repris l’offensive dans la région de Grodno et sur le Niémen. Offensive d’ailleurs heureuse. En Bukovine, ils bombardent Czernovitz.
Une division navale française, postée dans le golfe de Saros, a bombardé les lignes turques de Boulaïr qui commandent le débouché des Dardanelles vers la mer de Marmara. Les troupes ottomanes ont évacué plusieurs ouvrages importants sous notre feu.
Un grand conseil de la Couronne a été tenu à Athènes. Il a délibéré sur le point de savoir quelle attitude adopterait la Grèce en présence de notre entreprise sur les Dardanelles.
La famine s’accentue en Autriche. Le gouvernement a opéré la saisie des céréales, et cette confiscation n’a pas été sans susciter des troubles dans plusieurs villes