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1388/22 mai 1918: les soldats américains et la prostitution

Les soldats américains et la prostitution

Le Ministre de l’Intérieur transmettra ce rapport au Président du Conseil, Ministre de la guerre.

Clemenceau, chargera le Général, Chef de la Mission Française près les armées Américaines, d’interpeller le haut commandement américain et de lui demander sous certaines conditions de « lever, d’une manière générale l’interdit jeté sur les maisons de prostitutions autorisées ».

Dans le département, le Capitaine Klotz, officier de liaison auprès de la 41e DIUS, s’adresse au Général Alexander.

Il informe le Préfet de sa démarche le 16 mai.

Pour le Capitaine, les Maisons de Tolérance ont deux objectifs,« l’hygiène de la troupe » mais aussi, « la protection des foyers des mobilisés ». 

« Restées seules au foyer, les épouses de mobilisés, sont chaque jour l’objet de sollicitations non seulement de la troupe, mais trop souvent des officiers américains ».

Le Général Alexander promet le « conseil de guerre » et des punitions sévères pour « tout militaire convaincu d’avoir été trop entreprenant. »

Cela donne un aperçu de la réalité du climat dans les villes de cantonnement et du rapport des soldats américains aux femmes françaises.

Des scandales éclatent, écrit le capitaine.

A Montrichard, « un officier vivant en concubinage avec la femme de …., mobilisé, se brouille avec sa maîtresse, se fait gifler, réplique et est l’objet d’une plainte pour scandale.

D’autres, ivres en général, ont tenté de violer des femmes qui leur résistaient ».

Il est bien certain que si ces jeunes gens pouvaient satisfaire leurs ardeurs dans des maisons ad hoc, tous ces scandales seraient évités ».

« De plus à St Aignan par exemple, des officiers ont fait venir des femmes. A Pontlevoy, à Montrichard, à Selles sur Cher, des femmes ignobles circulent en quête de clientèle et la Gendarmerie est presque désarmée ».

Il s’inquiète de l’impression que cela donne aux Américains.

Et termine sa lettre sur un post-scriptum surprenant compte tenu du sujet traité… l’évolution du prix des oeufs, :

« P.S. Je m’excuse d’ajouter à cette lettre une question d’un tout autre ordre; les prix des oeufs ont augmenté formidablement sur les marchés où il est impossible d’obtenir que les prix soient affichés; je me permets de signaler ce fait à votre attention; je crois d’ailleurs que les nouvelles restrictions sur la consommation de la viande ne sont pas étrangères à cette hausse qu’il serait peut être dangereux de laisser évoluer ».

Ce post-scriptum révèle toute la complexité de la vie quotidienne de l’époque.

Il tentera d’obtenir du Général Alexander un changement de position.

La réponse du Général Alexander ne tarde pas.

La position du GQG Américain : une fin de non recevoir

Le 22 mai 1918, le Général Alexander, Commandant la Division Dépôt du 1er Corps d’armée US adresse sa réponse au Préfet du Loir et Cher, via l’officier de liaison le Capitaine Klotz..

Sa réponse n’est pas une surprise. Elle est une fin de non recevoir, courtoise, diplomatique mais ferme.

Le Général Alexander répond en substance : je respecte la France, ses lois  et usages sociaux, mais ceux de l’Amérique sont très différents et je les applique dans ma Division. Il n’est pas question de déroger aux règles disciplinaires d’ensemble du Corps Expéditionnaire Américain. Je ne reviendrai pas sur la décision de fermeture. Je ne conteste pas aux maires le droit d’autoriser l’ouverture des maisons de tolérance, mais je me réserve le droit de les consigner aux officiers et à la troupe ainsi que tout autre établissement, s’ils représentent une menace pour les hommes de ce commandement. Je demande aux Commandants de Districts d’agir de même.

Cette ligne de conduite durera aussi longtemps que je ne serai pas moi-même avisé des mesures prises pour l’ensemble de l’American Expeditionary Force (A.E.F)».

Pershing renforce lui ses consignes  de répression :

Le 7 août 1918 le Général Pershing, renforce les règlements pour lutter contre « un grand danger d’infection vénérienne » qui « menace à la fois les populations civiles et l’armée ».

Ses ordres sont consignés dans le Bulletin n°54. Se référant aux Ordres Généraux n° 6, 34 et 77 de 1917, il ordonne aux officiers l’application stricte des règlements et l’information de la troupe.

« Passer outre serait pour eux une sérieuse preuve dincapacité ».

Après avoir déclaré que ……

  • « la source principale des maladies vénériennes se trouve dans les Maisons de Tolérance régulières et sous contrôles. Les méthodes d’inspection sont des plus inefficaces ».
  • « la pratique des rapports sexuels illicites conduit inévitablement à l’infection ».
  • « l’ivresse précède et conduit aux risques de ces maladies ».
  • « l’efficacité du traitement dépend de la promptitude avec laquelle on l’emploie », après l’acte sexuel illicite….

…..Le général affirme : «  Contracter une maladie vénérienne, c’est pour un homme être incapable de rendre service, et c’est pour lui souvent un affaiblissement de sa santé. Soldat, c’est un attentat contre votre devoir envers le pays  ».

Ainsi, le Général édicte les prescriptions suivantes :

  • de « s’abstenir de tout rapport sexuel est le devoir naturel des membres de l’A.E.F., tant pour la conduite vigoureuse de la guerre que pour la bonne santé du peuple Américain après la guerre ». 
  • d’éviter « les permissions de nuit et de 24 heures». Elles «  sont une source fertile d’infection ».
  • le maintien et le renforcement de « l’interdiction de la vente de l’alcool aux soldats ».
  • « de répandre partout un traitement immédiat ».
  • « les conseils de guerre seront suffisamment sévères pour les cas d’infection vénérienne, pour décourager les hommes qui s’y exposeraient volontairement ».
  • « les maisons de tolérance seront consignées pour tous les membres de l’A.E.F, ainsi que les salons poussant à la vente de l’alcool ».
  • « En coopération avec la police française, les autorités civiles et militaires, tous les efforts seront faits pour réprimer la prostitution clandestine et les promeneuses de rues. Tous les moyens possibles, conformes à la loi française, seront employés pour faire partir ces femmes ».

Le Général Pershing, ne pouvait être plus clair. il n’a aucune confiance dans le dispositif français de lutte contre les maladies vénériennes. Il confirme la nécessité d’un prompt traitement dans une période n’excédant pas les 3 heures qui suivent le rapport sexuel « illicite ».

Aux contrôles médicaux des Maisons de Tolérance, il préfère la prophylaxie individuelle. Son non respect sera sévèrement  réprimé par le Conseil de Guerre : la solde était suspendue pour 3 mois – .

La suite sur http://www.tharva.fr/1914-1918/les-américains-et-la-prostitution-en-loir-et-cher

Les combats du 63 ème RI autour de Reims

http://grande.guerre.pagesperso-orange.fr/mai18.html

L’avion du pilote américain Paul Frank Baer abattu

Paul Frank Baer, « As » américain de la WW1, 9 victoires aériennes dont 2 en collaboration au sein du 103rd Aero Squadron, est abattu dans son SPAD XIII et blessé en combat aérien par l’as allemand Hans Müller de la Jasta 18. Il atterrit en urgence près d’Armentières et est capturé par les troupes allemandes au sol.

source: http://www.crash-aerien.news/forum/ww1-la-grande-guerre-t28679-885.html

Journal du mercredi 22 mai 1918

Activité des deux artilleries dans la région Thennes-Hailles et en quelques points au sud de l’Avre.
Nos patrouilles opérant au sud-ouest de Lassigny, sur la rive droite de la Meuse et en Lorraine, ont ramené des prisonniers.
Sur le front britannique, un bataillon du régiment de Surrey a réussi une opération locale au nord-ouest de Merville. Nos alliés ont réduit le saillant ennemi dans ce secteur, fait 30 prisonniers et capturé 6 mitrailleuses. Une contre-attaque ennemie, entreprise après un vigoureux bombardement, a été brisée sous les feux de l’artillerie et des mitrailleuses.
Au sud-est d’Arras, les soldats britanniques ont effectué un raid heureux et ramené des tranchées ennemies quelques prisonniers et une mitrailleuse.
Activité de l’artillerie allemande dans les secteurs d Albert aux environs d’Hébuterne et entre la forêt de Nieppe et Meteren.
Violente canonnade entre la cote 70, au nord de Lens, et la Scarpe. La région au nord de Bethune a été bombardée par obus toxiques.
Les escadrilles anglaises de bombardement ont jeté 17 tonnes d’explosifs sur les gares, aérodromes et cantonnements. 27 avions ennemis ont été abattus; 12 avions britanniques ne sont pas rentrés.
Une tonne d’explosifs a été lancée sur les casernes, les usines et la gare de Landau.
Activité accrue de combat et d’artillerie sur le front italien.
En Macédoine, actions d’artillerie près du lac Doiran, à l’ouest du Vardar et dans le secteur de Monastir. Les Serbes ont exécuté des coups de main heureux vers Zborsko et à l’ouest de la Cerna.
Les aviateurs alliés ont bombardé Demi-Hissar et Ochrida.
La Suisse a signé avec l’Allemagne un accord économique en éliminant la clause contre laquelle la France avait protesté.

source: http://grande.guerre.pagesperso-orange.fr/mai18.html

51/Journal de la Grande guerre: 24 septembre 1914 reprise du fort de la Pompelle

Jeudi 24 septembre 1914

Tenu (sans combattre) par les Allemands depuis le 4 septembre le fort de la Pompelle est repris par les Français
4 septembre 1914 les Allemands occupent le fort de la Pompelle sans combattre
4 septembre 1914 les Allemands occupent le fort de la Pompelle sans combattre (dessin Pierre Godart)

Plus petit fort de la ceinture de Reims puisqu’il n’occupe que 2,31 hectares et n’accueille que 277 hommes, le fort de la Pompelle, ouvrage secondaire destiné à soutenir les plus gros forts voisins (Witry-lès-Reims, Nogent-L’abbesse,  batterie et vigie de Berru), est occupé dès le 4 septembre 1914 au matin sans combattre par la 3 ème armée du général von Hausen.  En effet, obéissant au plan de repli, la 9 ème armée du général Foch a quitté Reims et ses forts.

L’occupation allemande du fort ne va pourtant durer que vingt jours. En effet, sitôt la libération de Reims (13 septembre 1914),   le 3 ème corps d’armée du général Hache n’eut cesse , par de sanglantes attaques de tout faire pour reprendre ce fort.

Le mardi 15 septembre, c’est le 310 ème régiment d’infanterie qui est repoussé suite à de violents tirs de mitrailleuses. Le lendemain, c’est la 3 ème section du 1 bataillon du 2ème régiment d’infanterie commandé par le lieutenant Vaugeois qui parvient à atteindre les fossés du fort sans pouvoir l’occuper.  Le 20 septembre une patrouille de zouaves subit elle-même un tir nourri de mitrailleuses.

Le 22 septembre, une nouvelle offensive  de la 9ème armée permet tout de même au 94 ème régiment d’infanterie de prendre place au pied du fort, appuyé par les batteries du 46 ème régiment d’infanterie placée dans le parc du château de Sillery.

Le 23 septembre, nouvelle attaque d’envergure en direction du fort par « le corps d’armée combiné confié au général Humbert ».

Dans la nuit du 23 au 24 septembre 1914 le lieutenant Cazamian, commandant la 5 ème compagnie du 138 ème régiment d'infanterie pénètre dans le fort de la Pompelle« Il fallut attendre la fin de la nuit du 23 au 24 pour que le lieutenant Cazamian du 138 ème régiment d’infanterie (23 ème DI)à la tête d’une centaine d’hommes de sa 5 ème compagnie renforcée par une fraction  de la 4 ème, réussisse à pénétrer de vive force dans le fort de la Pompelle et à l’occuper.  Encerclés peu après, soumis à un effroyable bombardement, manquant de vivres, il résistèrent pendant trois jours aux assauts furieux de la garde prussienne. Il fallut une forte offensive de la 42 ème division et de la Division marocaine pour permettre au  premier bataillon du 94 ème régiment de les dégager. Au cours d’un des assauts, le général Krien, en tête de la 83 ème brigade est grièvement blessé.

Malgré de nombreuses attaques allemande de 1915 à 1918, le fort ne fut pas repris.

(Illustrations: dessins tirés du livre de Pierre Godart: « Si la Pompelle m’était contée)

photo entête: les Français ont ensuite tenu le fort jusqu’à la victoire finale

Saint Léonard
Saint Léonard
Combat du 63 ème RI à Saint-Léonard (du 24 au 26 septembre)

A retrouver dans les carnets du 63 ème RI sur le site particulier:

http://www.faurillon.com/saint%20leonard.htm

Journal du rémois Henri Jadart

Toute la nuit, on a entendu le canon français tirant sur les forts de l’Est et attaquant les derniers repaires des Allemands

Journal du rémois Paul Hess (extraits)

maison du quartier cérès
maison du quartier Cérès détruite par les obus

(…)Les habitants de la rue Hincmar auxquels s’ajoutaient ceux venant des environs de Saint-Remi, où tombaient les obus, se dirigeaient en masse vers Sainte Geneviève, car la-bas, il n’y a rien à craindre (…)L’après-midi, par un temps splendide, nous pouvons assister, tristement, en spectateurs cette fois, à une séance de bombardement de Reims, d’un champ situé en face du cimetière de l’Ouest. Ce champ est rempli de gens abrité du vent, comme nous, derrière des douzaines de bottes de blé. Le premier obus que nous avons vu éclater est tombé sur la voûte de la cathédrale. D’autres  ont suivi et suivent encore, assez rapprochés sur le parc Pommery, le faubourg Cérès, le quartier Saint-Remi, la vieille basilique disparaît plusieurs fois derrière la fumée. A chaque coup, nous voyons l’arrivée du projectile dont l’explosion est marquée par un gros nuage. Au loin, à droite de la route de Witry et vers Berru, nous pouvons parfaitement remarquer aussi les endroits où portent les coups tirés par nos pièces. A gauche, un immense incendie brûle tout l’après-midi, nous supposons que Witry-lès-Reims est en flammes .(…)