Archives du mot-clé albert londres

1537/17 octobre 1918: Albert Londres témoin de la libération de Lille

le 17 octobre 1918, Albert Londres témoin de la libération de Lille

Le célèbre journaliste est à Lille lorsque la cité est libérée par les troupes britanniques. Il témoigne dans « Le Petit Journal » de l’immense joie qui s’empare de la foule et du spectacle tragique d’une ville dévastée.

«  C’est le plus émouvant spectacle de ma vie. » Voilà les mots écrits par Albert Londres le 17 octobre 1918 à son arrivée dans Lille libérée. Ayant abandonné son statut de journaliste parlementaire, l’homme est devenu grand reporter. Il porte la casquette anglaise, l’uniforme kaki et le brassard vert des correspondants de guerre. Depuis 1914, il est le pèlerin des grandes douleurs humaines. Au côté des troupes britanniques du général Birdwood, il partage l’immense explosion de joie des Lillois.

Depuis quatre ans, la ville souffre de manière abominable l’occupation allemande. Disparitions, départs volontaires, mobilisation : la population est tombée de 217 000 habitants à 120 000. Lille n’est plus qu’une cité de femmes, d’enfants, de vieillards et d’indigents. La faim, le froid, la tuberculose, la dysenterie, le scorbut et la – mortifère – grippe espagnole ont aussi fait des ravages. La fière cité, ravagée par les bombes, n’est plus que ruine.

« Les cris de la foule ne cessent de s’élever »

«  Des quartiers florissants, il n’est plus que murailles, les cortèges qu’on voit ne sont que funérailles », décrit gravement Albert Londres. Mais le reporter s’enflamme aussi, ému par la foule en liesse : «  Toute une ville en délire vient de se jeter sur nous, nous qui étions les premiers à entrer dans Lille. J’ai vu ce que je ne reverrai plus jamais. Les femmes, les enfants nous embrassaient. Nous ne pouvions plus avancer. La foule criait : «Vive la France, vive les Anglais !» Devant la mairie, la foule s’est amassée, elle est maintenant comme une mer.  »

Vers 11 h, un aviateur français parvient à atterrir place du Théâtre. « C’est le premier uniforme français que voient les délivrés.  » Londres termine ainsi : «  Je vous écris cette dépêche sur des feuilles d’imprimés allemands. Les cris de la foule, de plus en plus puissants, ne cessent de s’élever.  »

source: http://www.lavoixdunord.fr/archive/recup/region/lille-le-17-octobre-1918-albert-londres-etait-temoin-ia19b0n2439012

video: voir aussi: https://france3-regions.francetvinfo.fr/hauts-de-france/picardie/oise/pays-bray/histoires-14-18-albert-londres-correspondants-guerre-1168435.html

L’église de Linselles  (Nord) dynamitée par les Allemands

Le 17 octobre 1918, l’armée allemande bat en retraite. Elle quitte Linselles en dynamitant l’ancienne église (voir ci-contre) dont le noyau primitif datait du XVIe siècle. Il faudra attendre 1923 pour voir s’élever la nouvelle construction, édifiée sur les plans des architectes Maillard de Tourcoing.

Monseigneur Quillet, archevêque de Lille, se rend à Linselles le 17 octobre 1926 pour bénir le nouveau lieu de culte, deux mille personnes assistent à l’événement. La construction a connu quelques péripéties occasionnées par les difficultés financières liées au manque de versement des acomptes des dommages de guerre. En 1925, les travaux furent suspendus durant une année complète.

Vigneron, poilu et patriote

Des poilus ayant bu toute la cave de champagne d’un vigneron ont été félicité par celui-ci, nous raconte Le Figaro du 17 octobre 1918.

«Un mot d’un simple vigneron. Combattant de la première heure, ce brave Champenois avait sa maison, sa vigne et sa cave dans une localité bombardée de telle sorte que tous les habitants durent l’évacuer pendant quelque temps.

À leur place, vinrent des poilus, des poilus bientôt vainqueurs, qui repoussèrent l’ennemi assez loin pour que les villageois rassurés pussent venir reprendre possession de ce qui restait de leurs foyers. Hélas! il ne restait pas grand-chose, surtout dans les caves, car les poilus avaient grand soif, et la femme du vigneron, entre autres, constata que les nombreuses bouteilles de Champagne qui constituaient la majeure partie de la fortune du ménage avaient été congrûment vidées.

Indignée, elle écrivit à son mari, parlant de porter plainte, et le bon vigneron répondit: “Évidemment la perte est grosse. Il faudra beaucoup travailler pour la réparer. Mais ne te plains pas des camarades qui ont vidé nos bouteilles. Remercie-les au contraire. Car s’ils ont bu le vin, ils ont sauvé la vigne.”» écrit Le Figaro du 17 octobre 1918.

source: http://www.lefigaro.fr/histoire/centenaire-14-18/2014/10/17/26002-20141017ARTFIG00356-17-octobre-1918-vigneron-poilu-et-patriote.php

Journal du jeudi 17 octobre 1918

Au nord de l’Oise, nous avons réalisé une avance dans la région d’Arsonville. Nous bordons la rive sud de la Serre, jusqu’à Pouilly-sur-Serre, qui est entre nos mains. Nous avons également progressé au nord-est de Marchais, faisant 400 prisonniers.
Plus à l’est, nous nous sommes emparés de la Selve et de Nizy-le-Comte. A l’ouest de Grandpré, nous tenons la route de Vouziers à Grandpré. Nous avons fait là 400 nouveaux prisonniers.
Les Anglais ont traversé le canal de la Haute-Deule, des deux côtés de Pont-à-Vendres, pris Estevelles, Meurchin et Bauvin. Plus au nord, ils ont progressé dans le voisinage de Haubourdin.
Les forces franco-belges ont continué leur avance en Flandre.
Les Belges ont progressé jusqu’aux abords du bois de Wyssendaele et de Thourout. Les Français ont gagné les abords de Lichtervelde et progressé au delà de la ligne Roulers-Lichtervelde.
Les Anglais ont atteint la route Courtrai-Ingelmunster et sont arrivés aux approches de Courtrai, enlevant Menin, Wervicq et prenant pied sur la rive droite de la Lys.
Les deux dernières journées, sur ce front ont donné 12.000 prisonniers et 100 canons.
Les Américains ont gagné du terrain à l’est et à l’ouest de la Meuse.

source: http://grande.guerre.pagesperso-orange.fr/octobre18.html

56/Journal de la grande guerre: 29 septembre 1914 Albert Londres pleure la cathédrale de Reims

Albert_Londres_en_1923Le 29 septembre, le journaliste Albert Londres raconte dans « le Matin » sa vision de la cathédrale bombardée le 19 septembre 1914

Après le bombardement de la cathédrale de Reims, le 19 septembre 1914, le grand reporter Albert Londres raconte, dans «Le Matin» du 29 septembre, cet événement traumatique, car touchant un symbole du patriotisme de l’époque.

img231   l'illustration 373  10 octobre 1914 - copie«Elle est debout, mais pantelante.

Nous suivons la même route que le jour où nous la vîmes entière. Nous comptions la distance, guettant le talus d’où elle se montre au voyageur, nous avancions, la tête tendue comme à la portière d’un wagon lorsqu’en marche on cherche à reconnaître un visage. Avait-elle conservé le sien ?

Nous touchons le talus. On ne la distingue pas. C’est pourtant là que nous étions l’autre fois. Rien. C’est que le temps moins clair ne permet pas au regard de porter aussi loin. Nous la cherchons en avançant.
La voilà derrière une voilette de brume. Serait-elle donc encore ?

Les premières maisons de Reims nous la cachent. Nous arrivons au parvis.
Ce n’est plus elle, ce n’est que son apparence.
C’est un soldat que l’on aurait jugé de loin sur sa silhouette toujours haute, mais qui, une fois approché, ouvrant sa capote, vous montrerait sa poitrine déchirée.
Les pierres se détachent d’elle. Une maladie la désagrège. Une horrible main l’a écorchée vive.

Les photographies ne vous diront pas son état. Les photographies ne donnent pas le teint du mort. Vous ne pourrez réellement pleurer que devant elle, quand vous y viendrez en pèlerinage.
Elle est ouverte. Il n’y a plus de portes. Nous sommes déjà au milieu de la grande nef quand nous nous apercevons avoir le chapeau sur la tête. L’instinct qui fait qu’on se découvre au seuil de toute église n’a pas parlé. Nous ne rentrions plus dans une église.
Il y a bien encore les voûtes, les piliers, la carcasse mais les voûtes n’ont plus de toiture et laissent passer le jour par de nombreux petits trous ; les piliers, à cause de la paille salie et brûlée dans laquelle ils finissent, semblent plutôt les poutres d’un relais ; la carcasse, où coula le réseau de plomb des vitraux n’est plus qu’une muraille souillée où l’on ne s’appuie pas.

Deux lustres de bronze se sont écrasés sur les dalles. Nous entendons encore le bruit qu’ils ont dû faire. Des manches d’uniformes allemands, des linges ayant étanché du sang, de gros souliers empâtés de boue, c’est tout le sol. Comment l’homme le plus catholique pourrait-il se croire dans un sanctuaire !…

Nous prenons l’escalier d’une tour. Les deux premières marches ont sauté. Tout en le montant, notre esprit revoit les blessures extérieures. Nous devons être au niveau de ce fronton où Jésus mourait avec un regard si magnanime. Le fronton se détache, maintenant, telle une pâte feuilletée, et Jésus n’a plus qu’une partie sur sa joue gauche. Plus haut est cette balustrade que, dans leur imagination, les artisans du moyen âge ont dû destiner aux anges les plus roses ; la balustrade s’en va par colonne, les anges n’oseront plus s’y accouder.
 La cathédrale n’est plus qu’une plaie »
Puis c’est chaque niche, que l’on n’a plus, maintenant qu’à poser horizontalement, à la façon d’un tombeau, puisque les saints qu’elles abritaient sont pour toujours défaits ; c’est chaque clocheton, dont les lignes arrachées se désespèrent de ne plus former un sommet ; c’est chaque motif qui a perdu son âme de sculpteur. Et nous montons sans pouvoir chasser de nous cette impression que nous tournons dans quelque chose qui se fond autour.

Nous arrivons à la lumière. Sommes-nous chez un plombier ?
Du plomb, du plomb en lingots biscornus. La toiture disparue laisse les voûtes à nu. La cathédrale est un corps ouvert par le chirurgien et dont on surprendrait les secrets.
Nous ne sommes plus sur un monument. Nous marchons dans une ville retournée par le volcan. Sénèque, à Pompéi, n’eut pas plus de difficultés à placer le pied. Les chimères, les arcs-boutants, les gargouilles, les colonnades, tout est l’un sur l’autre, mêlé, haché, désespérant.

Artistes défunts qui aviez infusé votre foi à ces pierres, vous voilà disparus.
Le canon, qui tonnait comme de coutume, ne nous émotionnait plus. L’édifice nous parlait plus fort. Le canon se taira. Son bruit, un jour ne sera même plus un écho dans l’oreille,tandis qu’au long des temps, en pleine paix et en pleine reconnaissance, la cathédrale criera toujours le crime du haut de ses tours décharnées.

Nous redescendons. Nous sommes près du choeur. De là, nous regardons la rosace – l’ancienne rosace. Il ne lui reste plus qu’un tiers de ses feux profonds et chauds. Elle créait dans la grande nef une atmosphère de prière et de contrition. Et le secret des verriers est perdu !

En regardant ainsi, nous vîmes tomber des gouttes d’eau de la voûte trouée. Il ne pleuvait pas. Nous nous frottons les yeux. Il tombait des gouttes d’eau. C’était probablement d’une p^luie récente ; mais pour nous, ainsi que pour tous ceux qui se seraient trouvés à notre côté, ce n’était pas la pluie : c’était la cathédrale pleurant sur elle-même.

Il nous fallut bien sortir.
Les maisons qui l’entourent sont en ruines. Elles avaient profité de sa gloire. Elles n’ont pas voulu lui survivre. On dirait qu’elles ont demandé leur destruction pour mieux prouver qu’elles compatissent. En proches parents, elles portent le deuil.
Le canon continue de jeter sa foudre dans la ville. Les coups se déchirent plus violemment qu’au début. Que cela peut-il faire maintenant ? La cathédrale de Reims n’est plus qu’une plaie.»

cathedrale moniteur
LA CATHEDRALE INCENDIE N’EST PAS IRREPARABLE peut-on lire dans le Moniteur daté dimanche 11 et 18 octobre 1914

Journal du Rémois Henri Jadart

L'Archevêché vu de la cathédrale de Reims
L’Archevêché vu de la cathédrale de Reims (photo  les cités meurtries: reims)collection du Tour de france » octave beauchamp

Combat dans la nuit sur la route de Châlons; dans la matinée, des bombes tombent sur le quartier Cérès et Saint-Remi.- En ville, on circule encore assez librement et j’en profite pour aller examiner les ruines. A la cathédrale, les statues du portail s’effritent de plus en plus. M.L.Margotin qui vient me rejoindre, a reçu ces jours derniers la visite de M.Dalimier, sous-secrétaire d’Etat aux Beaux-Arts, et de M.Paul Léon, directeur des services d’architecture, qui ont visité l’édifice et approuvé les travaux de préservation juchés nécessaires. M.le maire a autorisé M.Bienaimé à photographier les rues de Reims, le visa militaire étant inutile.

A 11 h 30, départ pour La Haubette; M.Gobert installe sur les presses de M.Bienaimé une équipe de typographes pour publier le lendemain « Le Courrier de la Champagne », que l’absence du gaz et de l’électricité a forcé de suspendre en ville. Nous allons à Bezannes en suivant le ruisseau de la Muire, qui coule aussi doucement que si tout était calme. Le canon tire violemment par intervalles.

On revient par la route qui passe dans le cimetière de Mme Roederer, où la foule stationne le plus souvent.

Ce matin des obus sont tombés près du pont Huet; une attaque sur tout le front est prévue par l’état-major.

Lettre envoyée le 29 septembre 1914
Lettre envoyée le 29 septembre 1914

« Chers parents,

Les obus continuent à pleuvoir et mon caporal Roussel a été malheureusement tué par un éclat d’obus en allant au village.

Ce sont maintenant de vrais duels d’artillerie, on tire avec des grosses pièces qui font rudement des dégâts. LA SUITE SUR …

http://saintomer8ri.canalblog.com/archives/2008/11/24/11500652.html

Les combats de septembre dans le secteur de Souain

69804202_p
149 ème RI

http://amphitrite33.canalblog.com/archives/2009/08/14/14864139.html

Lu dans le Moniteur (en date du 29 septembre)

Le gouvernement français décide que les auxiliaires, comme les exemptés et réformés devront subir une nouvelle visite médicale.