Archives du mot-clé alsace

1207/22 novembre 1917

Ernest Olivié,  aux premières lignes, zone de Burnhaupt (Alsace) 

– Jeudi 22 novembre 1917.- Rien à signaler en dehors du petit train habituel.
– Vendredi 23 novembre 1917.-On commence déjà à dire que l’attaque projetée sur le Kalberg n’aura pas lieu ; il paraît que les Boches sont déjà trop bien renseignés et que, par conséquent, on craint trop d’aller à un échec ; peut-être y a-t-il en réalité d’autres raisons. Le fait est que les canons de tranchées ainsi que les projectiles arrivés en grand nombre ont été à nouveau transplantés en arrière.
Au fond, nous n’en sommes pas mécontents, car ces affaires-là sont toujours désagréables.
Je vais au poste de secours du bataillon de gauche, au point où devait se faire l’attaque. Le secteur est moins agréable que le nôtre, plus humide, moins bien organisé.
 Samedi 24 novembre 1917.- L’abbé Jouanno part en permission de 10 jours. Donc je serai seul pour assurer les messes demain. Je démarche auprès du commandant pour qu’il fasse descendre l’abbé Ressiguier au moulin : il y dira la messe de 8 h. J’irai moi-même en dire une à la 5e compagnie et l’autre à la 7e.

Lettre de Grialou à Ernest.

Le 24 novembre 1917                                                                    Bien cher Olivié,

Ta bonne lettre du 6 est venue me trouver juste au moment où on nous annonçait que le 237e allait être dissous. C’est maintenant chose faite. J’ai bien regretté ce bon régiment dont le colonel avait réussi à faire une grande famille. J’aimais surtout ma compagnie, la 14e , où j’étais l’officier le plus ancien et connaissant le mieux les poilus. Mais la guerre est faite de séparations, et souvent bien plus terribles que celles-là. J’ai pu amener avec moi les deux séminaristes qui étaient à ma compagnie, et mon meilleur camarade parmi les officiers est au même bataillon que moi. Je suis affecté à la 3e Cie du 75e Rég.
Mon nouveau milieu paraît assez sympathique. Le colonel est paraît-il très chic, le chef de bataillon un peu fantasque mais bon ; les autres officiers de bons camarades. Le médecin du bataillon est un fervent chrétien qui fait la Ste Communion chaque matin. Avec cela, deux

prêtres au bataillon, dont l’un infirmier, l’autre faisant fonction d’aumônier. Ce dernier, qui a un peu des allures monastiques, paraît assez peu débrouillard. Mais ne faisons pas de jugements téméraires ; je crois cependant que j’aurai de la peine à retrouver un aumônier comme celui du 4e Bataillon du 237e R. C’était un phénomène dans son genre : très débrouillard, saint prêtre, ayant toujours le bon mot pour rire, bien avec tout le monde, surtout avec les voyous qui ne lui auraient jamais manqué de respect, en un mot l’aumônier des poilus.
J’ai été heureux d’apprendre que tu te trouvais dans un secteur tranquille, tant mieux pour vous. Nous sommes actuellement au repos à 25 km de Paris et un de ces jours, j’espère aller voir Estéveny qui est près de Coulommiers. Nous causerons un peu de tous les amis.

 Je n’avais eu encore l’occasion de te féliciter pour ta citation lors de l’attaque. Tu es en train de devenir un as mais tu es trop modeste.   Continue à prier pour moi. Je ne t’oublie pas de mon côté. Bien affectueusement à toi en NS

Grialou – 3 e Cie – 75 e Rég. – SP 114.

source: http://a-pyrenean-story.pagesperso-orange.fr/websiteX5/Preview/alsace-1917–2.html

Parution de la baïonnette

ÉTIENNE LE RALLIC – Donnerwetter ! c’est pas l’filon par ici ! Filons ! …

http://labaionnette.free.fr/1917/b125.htm

L’histoire de Clovis Andrieu

Le 22 novembre 1917, le général Dantant, commandant la XIIIe région adresse un rapport circonstancié au ministre de la guerre:  » Le soldat Andrieu se livre depuis longtemps à  une propagande dont je ne veux retenir que le caractère antipatriotique. C’est un meneur, un excitateur. Monsieur Lallemand, ancien Préfet de la Loire, aujourd’hui Chef de cabinet au Ministère de la Guerre, me faisait encore savoir qu’il fallait de toute urgence éloigner Andrieu des organisations ouvrières de la Loire. Ce serait un très bon exemple si ce soldat était rappelé à  reprendre sa place dans un corps de troupe et je renouvelle ma demande du 11.6.1917. »

De ce rapport, on peut retenir que l’action d’Andrieu préoccupait les autorités et cela depuis longtemps: en fait depuis les premières luttes de masse sur les salaires. Et que, comme le pensait Andrieu, le Préfet Lallemand avait mal encaissé le recul auquel il avait été contraint lors de la discussion du bordereau. Andrieu, bien que conscient du caractère inéluctable de la répression (lire plus haut) continue cependant sa propagande. Le 29 septembre, il avait déclaré que le but de l’organisation syndicale était la reprise des relations internationales et s’en prend aux majoritaires syndicalistes et socialistes « qui ont fait cause commune avec les partis bourgeois dans l’Union sacrée ». Le 25 novembre, lors d’une réunion du Bâtiment de Firminy, il fustige Lallemand:  » Il ne faut pas se contenter de l’indemnité de vie chère que l’on vous propose: elle ne correspond pas à  votre valeur… Les patrons n’ont pas respecté l’accord signé en juin dernier chez sa majesté Lallemand. Les pouvoirs publics sont à  la solde des capitalistes. Unissons-nous pour résister à  nos exploiteurs ! Si un de nous tombe, il s’en trouve un derrière lui, prêt à  prendre sa place pour combattre. Le peuple devait être souverain et il ne l’est pas. Comme dans cette salle, dans l’atelier, il y a une nuée de mouchards et nous ne l’avons pas voulu. Notre gouvernement actuel, dans l’entourage duquel gravite Monsieur Lallemand, est constitué de responsabilités hostiles aux aspirations de la classe ouvrière. Quand le peuple élit des maîtres, il donne des verges pour se faire battre… »

toute l’histoire sur : https://www.forez-info.com/encyclopedie/histoire-sociale-de-la-loire/21086-lhistoire-de-clovis-andrieu.html

Journal du jeudi 22 novembre 1917 à travers Le Miroir

Nous avons réussi plusieurs incursions dans les lignes allemandes au nord et au sud de Saint-Quentin et ramené des prisonniers.
Une opération sur la Miette nous a valu de faire 175 prisonniers, et de progresser sur un front d’un kilomètre.
L’attaque anglaise entre Saint-Quentin et la Scarpe a été couronnée de succès. Les troupes britanniques ont pénétré dans les positions allemandes sur une profondeur de 6 à 8 kilomètres et sur une longueur considérable. Elles ont fait plusieurs milliers de prisonniers et capturé un certain nombre de canons.
Le premier système de défense de la ligne Hindenburg a été enlevé, puis, à 1500 mètres de là, le deuxième système. Les hameaux de Bonain, la Vacquerie, Rebecourt, Flesquières, Havrincourt, Marcoing, et le Bois-Neuf, Grancourt et Anneux ont été occupés. A l’est d’Epehy il y a eu aussi une avance sensible.
Les Italiens ont repoussé dans les montagnes, entre Brenta et Piave, une nouvelle succession d’attaques austro-allemandes.
Les troupes britanniques sont arrivées à 9 kilomètres de Jerusalem.
Les commissaires du peuple maximalistes de Petrograd ont prescrit l’ouverture de négociations avec les Austro-Allemands en vue de la conclusion d’un armistice.

l’éphéméride complet sur http://grande.guerre.pagesperso-orange.fr/novembre1917.html

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Vendredi 10 novembre cérémonie franco-allemande au Hartmannswillerkopf

Le vendredi 10 novembre 2017, le président de la République Emmanuel Macron se rend au Hartmannswillerkopf (Haut-Rhin) pour inaugurer, aux côtés de son homologue allemand, Frank-Walter Steinmeier, le premier historial franco-allemand. Suivez cet événement en direct sur France 3 Grand Est  à partir de 13h50.

Les commémorations de l’Armistice de 1918 s’ouvriront ce 10 novembre 2017 en Alsace, où seront réunis Emmanuel Macron et Frank-Walter Steinmeier, président de la République fédérale d’Allemagne.

France 3 vous fait vivre en direct la cérémonie d’inaugurationdu premier historial franco-allemand de la Grande Guerre, sur le site du Hartmannswillerkopf ou Vieil Armand. Les soldats l’appelaient la mangeuse d’hommes. Sur cette montagne alsacienne des milliers d’entre eux ont perdu la vie, aujourd’hui elle est symbole de paix et de réconciliation.

> Découvrez le site du Hartmannswillerkopf en immersion à 360°

C’est là qu’Emmanuel Macron et son homologue Frank-Walter Steinmeier, inaugureront le premier historial franco-allemand de la guerre 14-18 ce 10 novembre 2017. Trois ans après la pose de la première pierre de ce lieu hautement emblématique en présence de leurs prédécesseurs, les présidents français et allemand marqueront une nouvelle fois dans la région, l’amitié franco-allemande. Une image et une tradition symboliques depuis François Mitterrand donnant la main à Helmut Kohl à Verdun en 1984.

Anne de Chalendar et Djamel Mazi vous feront vivre en direct l’intégralité de cette cérémonie exceptionnelle, avec l’éclairage d’historiens spécialistes de la Première Guerre mondiale, à partir de 13h50 sur nos antennes.

Vous pouvez dès à présent, découvrir le site du Hartmannswillerkopf en immersion à 360° sur notre site et nos réseaux sociaux. Le 8 novembre, retrouvez également l’émission  Enquêtes de région dédiée au tourisme de mémoire au coeur de ce lieux clé de la guerre 14-18.

source: http://france3-regions.francetvinfo.fr/grand-est/haut-rhin/hartmannswillerkopf/emission-speciale-ceremonie-franco-allemande-au-hartmannswillerkopf-1358983.html

1192/7 novembre 1917: les combats continuent en Alsace

Les combats continuent en Alsace

Entre août et décembre 1917, plusieurs « coups de main » destinés à faire des prisonniers sont effectués par des groupes d’assaut ou groupes francs, « Sturmtruppen ». Ce type d’opérations ponctuelles remplace désormais les combats de grandes envergures sur le HWK.

Ainsi, Le 10 novembre 1917, 2 500 obus s’abattent sur les camps Pau, Scheurer et Duvernet suivis d’une attaque de deux groupes d’assauts de 40 Allemands qui s’infiltrent dans les lignes françaises au sommet. Les Français déplorent 95 disparus probablement faits prisonniers. Le 1er décembre 1917, des bombardements intenses précèdent un coup de main sur le petit poste N°11 du sommet où 2 chasseurs du 69ème B.C.P. sont capturés. Le 21 décembre 1917, précédée d’un violent bombardement, l’opération A130 est déclenchée par une centaine de soldats allemands, scindés en quatre groupes, qui s’infiltrent dans les lignes françaises où ont lieu des combats au corps à corps. Les chasseurs du 28èmeB.C.A. déplorent 10 tués, 15 blessés et 13 disparus.

A partir du 20 décembre 1917, les Allemands utilisent des obus à gaz au HWK. Ce sera le cas le 1er février 1918, puis le 12 du même mois sur le secteur du P.C. Rochette (200 obus à gaz ypérite), et ce jusqu’au 17 et 18 mars 1918, lorsque les camps de Pierre et Hoche sont fois pilonnés à l’ypérite et à la surpalite.

Le 23 février, l’artillerie française déverse sur la montagne durant 10 heures plus de 20 000 obus et torpilles. Les Allemands s’attendent à une attaque, qui ne viendra pas.

Journal du mercredi 7 novembre 1917 à travers Le Miroir

En Belgique, rencontre de patrouilles.
Nous avons exécuté plusieurs coups de main dans les lignes allemandes, au sud de Saint-Quentin et à l’ouest d’Auberive et fait des prisonniers.
Une tentative ennemie sur nos petits postes à l’ouest du Cornillet est restée sans succès.
Sur la rive droite de la Meuse, lutte d’artillerie assez vive dans quelques secteurs.
Les troupes britanniques ont lancé une attaque contre les positions allemandes vers passchendaele; elles ont progressé de façon satisfaisante et enlevé la localité. Un coup de main effectué par les détachements du comté de Lincoln sur les tranchées américaines, vers Hulluch, a permis de ramener un certain nombre de prisonniers.
En Macédoine, l’artillerie britannique a bombardé vigoureusement le front ennemi entre le lac Doiran et le Vardar; l’artillerie ennemie a réagi par intermittences sur nos lignes à l’est du Vardar. Quelques patrouilles ennemies ont été dispersées dans la région de Moglena et dans la boucle de la Cerna.
Les Italiens se replient à l’ouest du Tagliamento en résistant. Ils ont retiré leurs troupes de la région montagneuse du Cadore.
Le ministre russe de la Guerre, général Verkhovski a été relevé de ses fonctions.
Un important accord a été signé entre le gouvernement américain et le gouvernement Japonais.

source: http://grande.guerre.pagesperso-orange.fr/novembre1917.html

France 3 retransmettra l’inauguration du premier historial franco-allemand de la guerre 14-18

A l’occasion des cérémonies de l’Armistice de 1918, France 3 retransmettra en direct de Hartmannswillerkopf, vendredi 10 novembre de 13h50 à 15h20, l’inauguration du premier historial franco-allemand de la guerre 14-18, en présence de Emmanuel Macron, Président de la République française et Franck Walter Steinmeier, Président de la République fédérale d’Allemagne.

Trois ans après la pose de la première pierre de ce lieu hautement emblématique en présence de leurs prédécesseurs, les présidents français et allemand marqueront une nouvelle fois dans la région, l’amitié franco-allemande. Une image et une tradition symboliques depuis François Mitterrand donnant la main à Helmut Kohl à Verdun en 1984.

En 14/18, cette montagne, devenue aujourd’hui le symbole de la paix et de la réconciliation, était appelée par les soldats « la mangeuse d’hommes »… Des milliers d’entre eux y ont, en effet, perdu la vie.

Cette édition spéciale sera présentée par Anne de Chalendar et Djamel Mazi en présence d’historiens spécialistes de la Première Guerre mondiale.

source: http://www.leblogtvnews.com/2017/10/france-3-retransmettra-en-direct-l-inauguration-du-premier-historial-franco-allemand-de-la-guerre-14-18.html

955/15 mars 1917: Hippolyte Morestin, le médecin des gueules cassées

Journal de guerre du mercredi 15 mars 1917 à travers Le Miroir

Au cours de la journée, nous avons continué à progresser à la grenade dans la région de Maisons-de-Champagne, malgré un violent bombardement de l’ennemi qui a fait usage d’obus lacrymogènes.
Sur la rive gauche de la Meuse, l’artillerie française a exécuté des tirs de destruction sur les organisations ennemies. Un observatoire a été détruit près de Montfaucon.
Sur le front belge, violente lutte de bombes dans la région de Steenstraete~Hetsas.
Les Anglais ont avancé leur ligne, au nord de l’Ancre, sur un front de 2500 mètres au sud-ouest et à l’ouest de Bapaume. Une nouvelle progression a été également réalisée sur un front d’environ 2 kilomètres au sud-ouest d’Achiet-Le-Petit. Les troupes britanniques ont pris possession d’environ 1000 mètres de tranchées au sud-ouest des Essarts {nord-ouest de Gommécourt).
Un raid ennemi au nord-est d’Arras n’a pu parvenir jusqu’à leurs lignes.
Nos alliés ont exécuté un coup de main sur les tranchées allemandes à l’est d’Armentières.
Le vapeur américain Algonquin a été torpillé par un sous-marin allemand. L’équipage a été sauvé.
La Chine a proclamé la rupture avec l’Allemagne.
Le général Lyautey, ministre de la Guerre, donne sa démission.

source: http://grande.guerre.pagesperso-orange.fr/mars17.html

(video) Russie: abdication du tsar Nicolas II

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Le tsar fut contraint à l’abdication le 15 mars 1917. Le même jour un gouvernement provisoire fut mis en place. Cette révolution russe allait voir la Russie se retirer  progressivement du conflit.

A lire et voir sur http://guerre1418.org/html/thematiques_revolution.html

Lire aussi https://fr.wikipedia.org/wiki/Fin_du_régime_impérial_en_Russie

Sur le front Alsace-Vosges: expérimentation de torpilles à gaz

Le 15 mars 1917, les Allemands expérimentent pour la première fois des torpilles de Minenwerfer de 77 mm à gaz, faisant une douzaine de tués et intoxiqués dans la compagnie 2/13 du Génie et le 245ème R.I. Le 27 juin, la 26ème division de Landwehr wurtembergeoise déclenche sur un front de 8 kilomètres englobant le HWK, l’opération « München », précédée par des tirs de 78 pièces d’artillerie et accompagnée par des avions mitrailleurs.

http://www.crdp-strasbourg.fr/data/histoire/1GM_combats_alsace/front_alsace_vosges_3.php?parent=62

Un cargo allemand coulé

Initialement baptisé « Whinfield », le cargo allemand de 2 300 tonnes « Elsa Koppen » arrive à Nice où il est surpris, pendant son escale, par l’ordre de mobilisation des armées françaises. Il y est capturé le 3 août 1914. Rebaptisé « Balaguier » il coule le 15 mars 1917. La petite vingtaine de membres de l’équipage est internée à Nice, puis sur les îles au large de Marseille, à Casabianda (Corse), à Uzès (Gard) et arrive finalement à l’Ile Longue au cours de l’année 1916.

source: http://www.ilelongue14-18.eu/?Le-cargo-allemand-Elsa-Koppen

Parution de La baïonnette

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– Mais, vous serez mon filleul, deux plats seulements !
– Nous nous rattraperons sur le dessert…

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GUS BOFA
CRI DU COEUR !
– Ces pauvres Français ne pourront plus manger que deux plats
– TOUS les jours ?

5 mars 1917 Jeanne Antoinette Dufays veuve Tichelly fusillée au polygone de Vincennes

De père français et de mère allemande, elle était femme de chambre dans plusieurs hôtel en France : hôtel Meurisse et en 1915 à Mannheim au Grand Hôtel. Espionne active, en France, elle se faisait embaucher pour 8 jours dans des usines d’armement et fréquentait les techniciens et ingénieurs de l’usine. Elle transmettait ses rapports en Suisse. La douane de Pontarlier l’a arrêté et une perquisition fructueuse était faite à son domicile, hôtel de la marine, 52 Bd Montparnasse.

source: http://www.livresdeguerre.net/forum/contribution.php?index=50965

Hippolyte Morestin, le médecin des gueules cassées

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Article paru dans Le Figaro du 15 mars 1917.

Durant la Première Guerre mondiale, des pionniers de la chirurgie maxillo-faciale, tels Harold Gilles en Angleterre et Hippolyte Morestin en France, expérimentent des méthodes pour soigner les blessures aux visages.

Au cours du conflit 14-18, on évalue à environ 11 à 14% des blessés au visage dont 15 000 grands blessés de la face. La chirurgie réparatrice naît lors de la Grande Guerre. De grandes avancées ont lieu dans ce domaine. En effet, devant la multiplication des blessures de la face (la tête étant très exposée dans la guerre des tranchées), les médecins inventent et développent des procédés de plus en plus sophistiqués en matière de chirurgie maxillo-faciale. Les blessures se composent de fractures complexes (mâchoires) et de perte de tissus, de peau ou de muscles. 

Le 13 mars 1917, le Dr Morestin présente devant l’Académie de médecine ce qu’il appelle les «autoplasties par jeu de patience»* c’est-à-dire qu’il remplace la partie détruite à l’aide de tissus récupérés dans les plaies. Hippolyte Morestin est en charge du service des mutilés de la face à l’hôpital du Val-de-Grâce.

*Les gueules cassées de Martin Monestier, Le Cherche midi (2009) 

Le haut intérêt de la séance 13 mars 1917, c’est la «lecture» faite à la tribune de l’Académie par le docteur Hippolyte Morestin, chirurgien des hôpitaux, professeur agrégé à la Faculté de médecine, médecin major de 1ère classe au Val-de-Grâce où il s’occupe, comme on sait, de restaurer la face de nos blessés de guerre mutilés du visage. J’emploie le mot lecture parce qu’il est consacré. Il est ici tout à fait impropre. M. Morestin a parlé, avec une extrême simplicité, des méthodes qu’il emploie journellement dans son service; et il a montré soixante de ses opérés chacun d’eux portait un petit album photographique montant d’abord l’état du visage au moment de l’entrée dans le service, et puis toutes les étapes de l’amélioration progressive. Cela valait, comme on pense, les plus beaux discours.

J’ai rarement vu spectacle plus émouvant que celui de ces visages fendus, déchiquetés, écrasés, creusés de trous, informes, aux rebords en lambeaux épais, infiltrés, meurtris, littéralement monstrueux.

C’est l’horreur même, une horreur sacrée; ces soldats de France ont donné plus que leur vie. Et l’on se demande comment des êtres humains, pour servir les ambitions des princes qui ont déchaîné cette guerre, osent attenter pareillement à la noblesse de la figure humaine. Mais sur les pages qui se suivent aux feuillets de l’album, voici que progressivement renaissent l’ordre et la symétrie et la beauté antérieure par l’art merveilleux du maître chirurgien.

Et l’expression de ces pauvres visages! À la première image, les yeux, où flambait hier l’ivresse héroïque du combat, disent l’effarement et une détresse sans nom. Sans doute, un miroir leur a révélé l’immensité de leur disgrâce. Mais à mesure que les interventions successives amènent leur bienfait, l’espoir renaît sur tous ces traits remis en harmonie, l’immense espoir d’inspirer autre chose qu’une pitié douloureuse, de retrouver l’accueil sans effroi d’un enfant, et l’amour joyeux d’une femme. Devant ces spectacles nombreux et divers, de l’ingéniosité humaine restaurant, souvent à la perfection, ce qu’avait abîmé la barbarie, l’Académie entière, profondément émue, a salué d’applaudissements prolongés le jeune opérateur qui, descendant de la tribune, rassemblait la troupe de ses soldats guéris.

http://www.lefigaro.fr/histoire/centenaire-14-18/2014/10/23/26002-20141023ARTFIG00096-hippolyte-morestin-le-medecin-des-gueules-cassees.php

947/journal du 7 mars 1917

Journal du mercredi 7 mars 1917

Entre Oise et Aisne, nos tirs de destruction ont bouleversé les organisations allemandes au nord-ouest de Moulin-sous-Touvent et démoli des casemates et des abris au nord d’Autrèches.
Sur la rive droite de la Meuse, la lutte s’est poursuivie au nord du bois des Caurières. Les Allemands ont essayé de nous chasser de nouveau des éléments de tranchée reconquis par nous. Toutes leurs tentatives ont été brisées par nos feux et nos contre-attaques. La lutte d’artillerie continue dans la région au nord de Douaumont.
Deux coups de main exécutés par nous, l’un au sud de Lassigny, l’autre dans le secteur d’Ammertzwiller, nous ont permis de faire des prisonniers.
L’artillerie belge a bombardé avec succès les organisations ennemies de la région d’Hetsas. Lutte de bombes vers Steenstraete.
Les Anglais ont progressé au nord-ouest d’Irles et au nord de Puisieux-au-Mont. Un coup de main a été exécuté sur les tranchées allemandes à l’est de Bouchavesnes. Des détachements ennemis, qui se formaient en vue d’une contre-attaque, ont été dispersés par l’artillerie.
Les troupes russes ont continué leur avance en Perse.
Les Italiens ont repoussé deux violentes attaques autrichiennes.
Le président Wilson, dans un discours inaugural du Capitole, a dit que l’Amérique pourrait être mêlée intimement à la lutte.

source: http://grande.guerre.pagesperso-orange.fr/mars17.html

Une lettre de Lénine du 7 mars 1917

La première révolution engendrée par la guerre impérialiste mondiale a éclaté. Cette première révolution ne sera certainement pas la dernière.

La première étape de cette première révolution, plus précisément la révolution russe du I° mars 1917, est terminée, à en juger par les maigres informations dont on dispose en Suisse. Cette première étape ne sera certainement pas la dernière de notre révolution.

Comment a pu se produire ce « miracle », qu’en 8 jours seulement  -laps de temps indiqué par M.Milioukov dans le télégramme fanfaron qu’il a adressé à tous les représentants de la Russie à l’étranger- se soit effondré une monarchie qui durait depuis des siècles et s’était maintenue contre vents et marées pendant les trois années de grandes batailles de classe livrées par l’ensemble du peuple entre 1905 et 1907 ?

Ni la nature ni l’histoire ne connaissent de miracles ;

source: http://pierre.assante.over-blog.com/article-lettre-de-loin-lenine-7-mars-1917-70392846.html

La sincérité de Joseph Lesage

Le Mouchoir, dont Joseph Lesage était un fondateur (1er numéro le 14 novembre 1915), est typique de ces « journaux de tranchées » qui veulent encourager ténacité et discipline en jouant sur la gaieté et la caricature des ennemis. Un prêtre faisant partie de sa direction, le sexe n’y a pas droit de cité. La critique y est feutrée ; elle vise surtout les embusqués. Les lettres de Joseph sont parfois beaucoup plus dures. Elles évoquent les conditions de vie, la prolifération des rats, le « cauchemar qui nous accable », le bourrage de crâne, les permissions qui sont « sacrées », certains chefs durs et bornés « qui ne veulent voir dans les hommes que des bêtes de somme, tout juste bons pour la mitraille » (7 mars 1917).

source: http://www.crid1418.org/temoins/2011/11/21/lesage-joseph-1884-1918/

Conférence sur le patriotisme par la Ligue de l’Enseignement Nord Pas-de-Calais

Le 7 mars 1917, une trêve au temps de la Grande Guerre La Ligue organise à la Sorbonne, en présence du président de la République, la « Journée du serment national ». Toutes les grandes associations françaises y compris confessionnelles, se rassemblent pour organiser sur tout le territoire une série de conférences afin d’exalter le patriotisme.

source: http://www.laligue-npdc.org/index.php?modules=pages&id=340&mid=4

Réquisition des cloches à Landser (Alsace)

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Le 7 mars 1917, J.-B. Scheider, apprenant l’ordre de réquisition des cloches, transcrit sur le même registre : « J’espère que l’âge de cette cloche la sauvera ». Effectivement, elle le sera, à la différence des 3 autres cloches de Landser. C’est maintenant à la générosité de nos concitoyens d’assurer la pérennité de cette très vénérable « Susanne » qui comme toutes les cloches, selon un dicton latin : « appelle les vivants », « pleure les défunts » et « brise les éclairs ».

source= https://www.fondation-patrimoine.org/fr/alsace-1/tous-les-projets-128/detail-eglise-notre-dame-de-l-assomption-de-landser-14271

 

(vidéo) Histoires 14-18 : la poupée Gretel

Sur France info Alsace

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Nouveau Noël de guerre. En ce 25 décembre 1916, peu de jouets sous le sapin. La période est aux restrictions pas à la fête. Mais pour les enfants de familles privilégiées, un jouet est particulièrement prisé : un couple de poupées, Gretel et Yerri, deux alsaciens sortis de l’imagination de Hansi…

HANSI, LE « PAPA » DE GRETEL

L’artiste alsacien s’est inspiré quelques années plus tôt de la figure de la jeune Alsacienne endeuillée, inventée par le peintre Jean-Jacques Henner en 1871 après l’annexion de l’Alsace à l’empire allemand. En 1909 sous la plume d’Hansi naît la petite Gretel, charmante fillette à la mine réjouie un bouquet de fleurs ou un bretzel à la main.

D’ICÔNE ALSACIENNE À ICÔNE FRANÇAISE

Gretel apparaît d’abord sur des cartes postales éditées pour des œuvres de charité de Colmar… Après l’entrée en guerre, Hansi, très francophile et antigermanique, lui attribue, en plus de son parapluie rouge et de son panier, un pioupiou dans la main droite… Le succès est immédiat, Gretel devient une icône dans le cœur des Français.

L’ANCÊTRE DES PRODUITS DES DÉRIVÉS

En 1916, l’éditeur parisien Gallais propose à Hansi de fabriquer une poupée Gretel… L’artiste alsacien accepte et lui crée même un petit compagnon, Yerri, issu, lui aussi du célèbre ouvrage de l’auteur « Mon village »… Le petit couple d’Alsaciens arborant fièrement les couleurs tricolores est né… Il sera fabriqué jusqu’en 1921… Un siècle plus tard, les poupées se vendent 600 euros aux enchères.