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30/Journal de la guerre: le 3 septembre 1914

Jeudi 3 septembre 1914

Tiré du journal de Paul Hess

Le journal Le Courrier de la Champagne, annonce, en tête de son numéro d’aujourd’hui qu’il interrompt sa publication pour une période indéterminée. Il explique que la privation de toutes communications postales et téléphoniques met ses rédacteurs non mobilisés dans l’impossibilité de fournir aux lecteurs un journal qui fût vraiment un journal. Il termine ainsi ses adieux : « Donc, chers lecteurs au revoir et même, s’il plaît a Dieu, à bientôt !

Il est de fait que les informations publiées depuis la proclamation de l’état de siège en France, le 3 août, sur le rapport de Messimy, ministre de la Guerre, ont été sujettes à caution. Les journaux locaux ou parisiens nous ont donné à lire des histoires, parce qu’ils ne pouvaient que nous raconter des histoires.

– Hier, en quittant le personnel, je lui avais donné rendez-vous pour procéder aujourd’hui au déménagement des registres de comptabilité de l’administration, que je fais descendre en seconde cave, sous le bâtiment principal des magasins, rue Eugène-Desteuque.

Sur des planches de rayonnage larges et épaisses, les isolant de la terre, nous alignons les nombreux journaux à souche d’engagements des années 1913 et 1914 (240 environ), les journaux à souche des recettes (12 années), les registres de comptabilité caisses et magasins – des années 1912, 1913 et 1914, les registres de détail des engagements, dégagements, renouvellements et décomptes des ventes des mêmes années, les registres des magasins et contrôles, les sommiers des cautionnements et des emprunts, les registres due j’ai pu trouver des délibérations du conseil d’administration, etc. ; les nantissements reçus la veille sont casés ensuite dans les magasins et, vers midi, le personnel que je remercie, se disperse amicalement après s’être dit au revoir, mais sans savoir quand il lui sera donné de se regrouper.

Lorsque M. Hébert, administrateur de service, passe, pour se rendre compte, ainsi qu’il l’a fait les jours précédents, je puis lui déclarer avec satisfaction que le personnel a rempli sa mission jusqu’au bout.

Ses nombreuses visites, depuis le 31 août, en compagnie d’autres administrateurs, m’ont, par contre, laissé supposer que le directeur est parti sans leur autorisation.

– Vers 10 h, un aéroplane allemand a lancé quelques bombes ; l’une d’elles est tombée dans la propriété de M. Maréchal (coin de la rue des Capucins et de la rue Boulard).

– La ville, dans son ensemble, présente un aspect morne. Personne ne se presse plus devant les grilles de la gare déserte. Le C.B.R. (Il s’agissait d’un train à desserte régionale roulant sur des voies d’une largeur différente de celles des trains nationaux.) lui-même, a suspendu son service. Les deux tiers, au moins, de la population sont partis.

Le calme plat a succédé à l’animation un peu factice des journées qui avaient suivi la mobilisation, alors que les autos conduisant des officiers, des infirmières paraissant toujours très affairés, ne cessaient de sillonner Reims en tous sens. Le mouvement a cessé presque complètement, puisqu’il reste simplement le civil et que les autos ont été réquisitionnées.

– Dans l’après-midi, les deux affiches suivantes sont placardées en ville :

« RÉPUBLIQUE FRANÇAISE – Ville de Reims Aux habitants.

Au moment où l’armée allemande est à nos portes et va vraisemblablement pénétrer dans la ville, l’administration municipale vient vous prier de garder tout votre sang-froid, tout le calme nécessaire pour vous permettre de traverser cette épreuve.

Aucune manifestation, aucun attroupement, aucun cri ne doivent venir troubler la tranquillité de la rue. Les services publics d’assistance, d’hygiène, de voirie doivent continuer à être assurés. Vous voudrez y contribuer avec nous.

Vous resterez dans la ville pour aider les malheureux. Nous resterons parmi vous, à notre poste, pour défendre vos intérêts.

Il ne dépend pas de nous, population d’une ville ouverte, de changer les événements. Il dépend de vous de ne pas en aggraver les conséquences. Il faut pour cela du silence, de la dignité, de la prudence.

Nous comptons sur vous, vous pouvez compter sur nous.

Reims, le 3 septembre 1914 Le maire, Dr Langlet »

 

« Aux habitants de la Ville de Reims. Ordre.

Le capitaine commandant d’armes de la ville de Reims, ordonne que toutes les armes, de toutes provenances, soient immédiatement déposées à la caserne Colbert.

Toute arme trouvée après 6 heures, dans une maison de la ville, exposerait tous les habitants de la maison à des peines de la dernière rigueur.

Vu et approuvé Reims, le 3 septembre 1914

Le maire, Dr Langlet Le capitaine, Louis Kiener  »

 

La première de ces affiches attire surtout l’attention ; elle est lue et relue attentivement. C’est que cet avis officiel indique bien, par ses termes mesurés, que les espoirs ne sont plus permis.

La population, en cette fin de journée vit dans une attente oppressée.

L’OCCUPATION PAR L’ENNEMI

Ce soir, 3 septembre, vers 20 h, après avoir entendu le pas de quelques chevaux, je me suis précipité à la fenêtre et j’ai aperçu sept ou huit cavaliers descendant la rue Cérès pour se rendre vers la place royale ; j’ai eu le temps, même, de voir un civil marchant entre les deux chevaux de tête, tout en fumant une cigarette. Je vais pour m’informer et, arrivé rue Cérès, je demande aux voisins, persuadé que je viens de reconnaître un peloton de légère (car tous ces derniers jours, nous avons vu nombre de soldats séparés de leurs unités, fuyards ou autres, passer individuellement ou par petits groupes) :

« Ce sont des hussards ou des chasseurs qui viennent d’arriver ? »

On me répond :

« Ce sont des Boches ; ils allaient à l’hôtel de ville. »

Oh ! cette réponse me fait mal ; je ne m’y attendais pas encore. Toutes mes dernières illusions s’en vont du coup ; j’éprouve un véritable accablement et je rentre bien triste à la maison. Cette fois, nous sommes dans l’inconnu.

 Reims. – A 8 heures du soir, une escorte de cavaliers que précèdent trois officiers saxons se présente à l’hôtel de ville. Un avion allemand lance des bombes rue Hincmar et rue des Capucins.
– Verzenay. – Le taube qui avait jeté des bombes sur Reims est abattu par nos troupes.

http://www.editionsfradet.com/14-18-dans-la-marne-1914-09-septembre.html

La bataille de Château-Thierry

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http://1914ancien.free.fr/chatoth1.htm

La triple Entente officialisée

La France, le Royaume-Uni et la Russie renforcent leurs accords militaires et donnent ainsi un fondement politique stable à la Triple-Entente. Il s’engagent en effet à ne pas signer de paix séparée.

La bataille de la Marne se prépare

http://crc-resurrection.org/toute-notre-doctrine/restauration-nationale/histoire-france/premiere-guerre-mondiale/deroulement/3-septembre-1914-miracle-sauveur-marne/

A lire dans « Le miroir » du dimanche 13 septembre 1914

Aucun contact ne s’est produit avec l’ennemi , qui est signalé dans les environs de Compiègne et de Senlis et que nos troupes attendaient de pied ferme pour enrayer sa marche au cas où il eût pris l’offensive.

Les mesures sévères prises à Paris pour empêcher les avions allemands de renouveler leurs incursions ont été couronnées de succès. Nos aviateurs ont assuré tout la police de l’air.

En Galicie les Russes continuent leur marche victorieuse vers Lemberg.Après un combat acharné , les Autrichiens se sont repliés, laissant 150.000 tués et blessés sur le terrain (sic!)

Ils ont aussi perdu des drapeaux 32 canons et du matériel de chemin de fer.

Dans l'Illustration du 5 septembre 1914
Dans l’Illustration du 5 septembre 1914

Reims pendant la 1ère bataille de la Marne (mémoire de Paul Hess)

1914 sous les murs du château de Mondement infanterie française contre garde prussienne (photo tirée de L’illustration)

Ces information sont extraites des mémoires, écrites après la Grande Guerre, de Paul Hess, fonctionnaire au Mont-de-piété de Reims. Ces informations ont été ré-éditées par le Professeur d’Université Rémi Hess, petit fils de Paul, dans le livre : « La vie à Reims pendant la Guerre de 1914/1918 ».

http://1914ancien.free.fr/reimshss.htm