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Dans L’union: la cathédrale dévorée par les flammes

A lire sur le site de L’union par Alice Renard

506960704_B973601846Z.1_20140919125223_000_GTJ3562MQ.1-0Durant plusieurs jours, des fumerolles s’élèveront des décombres. Mais l’incendie dura à peine deux heures et demie. Rapide, violent, il saccage la cathédrale sous les yeux des Rémois impuissants, qui n’hésitent pas à sortir dans les rues au mépris du danger.

http://www.lunion.presse.fr/region/videos-la-cathedrale-devoree-par-les-flammes-ia3b24n410167

19 septembre 1914: la cathédrale assassinée

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 Au cours de la guerre 14-18, ce furent plus de 300 obus qui ont atteint directement la cathédrale provoquant pour près de 166 millions de francs de dégâts.

Dès le 4 septembre la cathédrale fut victime de bombardement. Le premier obus toucha la galerie supérieure du bras nord du transept, au cours du tir d’intimidation réglé des Mesneux.

Vendredi 18 septembre à nouveau des obus tombent sur la cathédrale où le prince August-Wilhem avait fait installer une ambulance pour les blessés allemands. Quelques obus atteignirent l’édifice faisant un trou profond dans la toiture et brisant des bouts de statue et des coins de maçonnerie.

cathedrale journalLe samedi 19 septembre, c’est la cathédrale qui fut bombardée de façon systématique comme en attestera le général Dubois :

« La haute cathédrale, cette merveille de l’art gothique qui faisait l’admiration du monde entier, s’effondre partie à partie. Il est 17 heures trente. Du haut des charpentes en feu, les flammes, qu’alimentent les échafaudages du grand portail et des monceaux de paille s’élèvent vers le ciel ; gigantesque et effroyable bûcher qui va servir de tombeau aux soldats blessés abrités sous les nefs, là même où le commandant allemand , avant de quitter Reims, le 12 septembre, avait demandé au maire de préparer le couchage de 4.000 blessés !

cath1Sauvage attentat, forfait sacrilège, qui a été voulu et que n’excuse aucune exigence de guerre, qui commencé le 4 septembre, a été poursuivi les jours suivants et est consommé aujourd’hui. J’ignore le nombre de victimes restées dans l’affreuse catastrophe ; mais je sais que cinq religieuses de l’Enfant Jésus et plusieurs brancardiers français y ont péri en voulant sauver des flammes des blessés allemands ; acte sublime de dévouement que l’histoire enregistrera, en même temps que l’acte de lâcheté et de barbarie qui déshonorera éternellement l’Etat-major allemand responsable. »

 Des obus incendiaires

C’est bien à la seule cathédrale qu’on en voulait et on a tout fait pour l’anéantir. « Dans un rayon de 500 m autour d’elle ce n’est que débris, destruction gravats. Toutes les habitations sises dans un petit cercle où régnait l’édifice sont brûlées ou éventrées.

cathedrale 4Dans une note publiée le 9 novembre 194 émanant du bureau 46 de l’Etat major de la V ème armée, un capitaine qui a observé attentivement le tir le 19 septembre a eu l’impression absolument nette que le réglage du tir se faisait sur la cathédrale. Il affirme avoir vu les coups se grouper peu à peu. Quand le tir a été réglé, il a vu un tir d’efficacité se déclencher et, parmi les coups n leur but, il a distingué très nettement des coups dont on entendait le sifflement non suivi d’explosion mais auxquels succédait un violent jet de flamme. Cette observation semblerait indiquer que l’ennemi employait des projectiles incendiaires.

Quand la cathédrale fut complètement incendiée, le tir cessa et l’officie se rendit sur les lieux du bombardement pour se rendre compte d’une façon plus précise de l’endroit d’où venaient les coups.

L’inspection des points de chute a confirmé sa première observation : à savoir que le point moyen des impacts était sur la cathédrale, du côté Nord-Est.

La direction des coups, d’après l’examen des points de chute et des éventrements des murs des maisons voisines, semble prouver qu’ils venaient d’une batterie située au sud-est de Fresnes.

 Des dégâts considérables

cathédrale de Reims septembre 1914Les projectiles dont les éclats ont atteint tout l’ensemble du bâtiment, ont frappé principalement la partie supérieure de la tour Nord, écrasant l’angle d’une tourelle, traversant la paroi de la tour, en exerçant une poussée sur les assises voisines au point de les déplacer ; l’un d’eux a enlevé la branche supérieure d’une volée d’arc-boutant ; un autre a broyé la pierre d’un glacis des baies de la tour, un autre a éventré une cage d’escalier dont les marches ont été coupées ; un autre encore a renversé une partie de la balustrade, de la façade principale, sous n’aient pas été la rose, etc… Fort heureusement l’ouvrage n’a pas été touché dans ses œuvres vives, et c’est miracle que les culées d’arc-boutant n’ait pas été démolies, les arcs eux-mêmes rompus, ce qui eût entraîné la destruction des voûtes en même temps que celle des murs. Or les voûtes sont entières, sans que nous puissions affirmer qu’elles n’aient pas été fissurées.

C’est l’incendie allumé par les obus qui a causé les plus graves dégâts : il ne reste pas apparence de toiture sur la nef, les transepts, le chœur, l’abside, les bas-côtés, seules quelques chapelles ont conservé leur couverture ; tout le reste a été réduit en cendres : charpente, ardoises, partout, les plombs sont fondus, les fers tordus. Tout cela s’est effondré sur les voûtes qui ont , évidemment, souffert du contact du feu, mais n’ont pas été rompues. Par contre les pierres avoisinantes de la galerie, qui couronne les murs, des galeries de circulation au bas des grandes verrières sont éclatées ou calcinées. Le beffroi a été la proie des flammes ; les cloches tombées sur la voûte inférieure sans l’écraser sont en partie fondues : les bats-sons sont restés intacts.

Une circonstance imprévue a aggravé le mal sur les faces nord et ouest de la tour nord. Il existait sur ces deux faces un échafaudage construit au mois de juillet pour les maçonneries de cette tour. Les flammes produites par l’incendie de cet échafaudage poussées sur les parois par le vent, ont complètement corrodé la pierre, faisant tomber une partie des statues qui décoraient le portail ouvert sous cette tour ainsi que les moulures s-des arcs qui se développent au-dessus de la porte et que couronne un gâble dans lequel est représenté la crucifixion. Ces dégâts s’étendent aux pinacles qui surmontent les contreforts et jusqu’à la galerie des rois. Le côté droit de ce portail a été moins atteint ; les autres portails n’ont été que peu touchés par les éclats d’obus.

Dans l’intérieur de l’édifice, les désordres sont dus à une autre cause ; on avait déposé des blessés allemands dans la cathédrale, sur des couches de paille ; les obus ont mis le feu à cette paille, faisant éclater la mouluration des bases des piliers de la nef, embrasant les tambours des portes et les portes elles-mêmes. Cet incendie a détruit les statues placées dans les niches de la face intérieure de l’église, à droite et à gauche de la porte du portail sud. Enfin, les verrières ont toutes eu à souffrir de l’explosion des projectiles ; des éclats qui les ont traversées, la moitié de la rosace supérieure a été vidée de ses vitraux ; les parties ajourées au-dessus des portails nord et sud ont été vidées ; la rosace au-dessus du portail central n’a été que criblée.

(source : les allemands destructeurs de cathédrale et de trésors du pasé. Hachette et Cie. 1915)

 Protestation de la France contre ce crime

Suite à ce bombardement, le ministre des affaires étrangères français adressa à tous les gouvernements des Etas neutres une protestation officielle dont voici le contenu :

« Sans pouvoir invoquer même l’apparence d’une nécessité militaire, pour le seul plaisir de détruire, les troupes Allemandes ode Reims ont soumis la cathédrale à un bombardement systématique et furieux. A cette heure, la fameuse basilique n’est plus qu’un monceau de ruines. Le gouvernement de la République a le devoir de dénoncer à l’indignation universelle cet acte révoltant de vandalisme qui, livrant aux flammes un sanctuaire de notre histoire, dérobe à l’humanité une parcelle incomparable de son patrimoine artistique. »

 Excuse bidon des Allemands

Face à l’indignation qu’a provoqué ce bombardement, les Allemands avancèrent comme prétexte qu’on « aurait placé sur la cathédrale un poste d’observation. »

-« A aucune heure du jour, le commandement militaire de Reims n’a fait placer sur la cathédrale un poste d’observation.

On rapporte que Clémenceau trouva dans un journal officieux viennois « l’homme enchaîné »du 17 octobre un article étonnant au moment où commençait l’attaque de Reims qui disait :

« D’après nos renseignements, les Français ont défilé derrière la cathédrale plusieurs batteries, sachant que la magnanimité des Allemands empêcheraient toute riposte pouvant porter atteinte à ce monument. Au cas où la cathédrale de Reims aurait à souffrir d’un bombardement, l’armée française seule en serait responsable. »

Le 14 octobre les Allemands qui campèrent près de Reims trouvèrent encore une excuse : « Que les Français ayant cru devoir installer à proximité de la cathédrale deux batteries d’artillerie lourde, force va être aux armées du Kaiser d’assurer leur propre défense sans prendre garde à la basilique. « De fait le 15 octobre la cathédrale est à nouveau bombardée.

(D’autres dégâts importants seront enregistrés : les 23 et 27 novembre 1914, en février 1915, … le 24 avril 1917.

Alain MOYAT

A VOIR AUSSI SUR LE SITE DE RFLETS ACTUELS

http://www.refletsactuels.fr/2014091812468-il-y-a-100-ans-lincendie-de-la-cathedrale-de-reims/

La façade du journal Matot-Braine bombardé le 19 septembre 1914
La façade du journal Matot-Braine bombardé le 19 septembre 1914

Livre: « Naissance d’un mythe : l’ange au sourire » de Yann Harlaut

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DU monde entier on vient aujourd’hui sur le parvis de la cathédrale de Reims photographier son visage jovial, malicieux, mystérieux, pétillant.
Anonyme pourtant pendant 700 ans, l’ange saint Nicaise, sculpté au XIIIe siècle dans l’atelier rémois, végétait du haut de ses 2,60 m dans l’embrasure du portail gauche de la façade occidentale de l’édifice. Dans la cathédrale dite des anges, on lui préférait son voisin d’en face, l’ange de l’Annonciation. Un obus bien placé sur la cathédrale par un canonnier allemand le 19 septembre 1914 à 15 heures lui a permis d’avoir la vedette, de sortir de l’anonymat. La légende de « l’ange au sourire », allait se construire un an plus tard pour vite devenir le symbole du patrimoine artistique détruit par ces barbares de Prussiens.
Cette histoire singulière et étonnante, le champenois Yann Harlaut vient de l’écrire dans un fort intéressant ouvrage de 146 pages, richement illustré et intitulé : « Naissance d’un mythe : l’ange au sourire de Reims. » L’incendie de la cathédrale en 1914 avait suscité une indignation mondiale alimentée par la démesure des articles des journaux dont beaucoup, sans savoir, disaient que l’édifice était quasiment en ruines.
Décapité par la chute d’un madrier de l’échafaudage en feu posé contre la cathédrale, l’ange saint Nicaise perdit sa tête, son menton, une lèvre et des franges de sa chevelure.
Autant de morceaux remisés par l’abbé Thinot et vite oubliés dans les réserves de la cathédrale.
Il fallut la volonté d’un homme, Pierre-Antony Thouret, puis l’habileté du journal « l’Illustration », pour exhumer cet ange brisé dont les vestiges furent finalement retrouvés en novembre 1915. Sur fond de polémique sur la protection de la statuaire et de la cathédrale, le pillage des reliques du culte et la rumeur infondée de vol des restes de cet ange, s’est alors construit le mythe de « l’ange au sourire » appelé aussi « Le sourire de Reims ». Cet ange allait-il devenir le gardien d’une cathédrale dédié aux morts ? Fallait-il restaurer l’édifice en lui laissant les stigmates de l’incendie, une autre polémique pas encore totalement éteinte ?
La société des Amis de la cathédrale naît en 1917 pour faire de l’édifice un lieu de pèlerinage. L’actrice Sarah Bernhardt vient tourner un film de propagande pour dénoncer ces Prussiens qui ne respectent rien.
En 1922, dans son atelier, le Rémois Rémi Havot restaure dans l’anonymat la tête du fameux ange au sourire finalement remis à sa place en 1926 dans la même indifférence. Il fallut finalement l’insistance d’Henri Abelé, patron d’une maison de champagne, pour que le mythe de l’ange se muscle et se développe.
Alain Moyat
« Naissance d’un mythe : l’ange au sourire » de Yann Harlaut aux éditions Dominique Guénot.

Notre-Dame de Reims, cathédrale martyre

A lire sur le site de L’union un article de Valérie Coulet

La Société des amis de la cathédrale de Reims présente une quarantaine de photos d’archives prises avant, pendant et après l’incendie dévastateur du 19 septembre 1914.

Il ne faut pas rater l’exposition présentée, jusqu’en novembre, à Notre-Dame de Reims. C’est une occasion rare de réaliser à quel point le conflit de la Première Guerre mondiale a meurtri la cathédrale des sacres et toute la ville, détruite à 80 %.

La dernière partie de l’exposition est consacrée à la reconstruction et la réconciliation. Histoire de rappeler que Notre-Dame de Reims a su renaître de ses cendres.

http://www.lunion.presse.fr/region/notre-dame-de-reims-cathedrale-martyre-ia3b24n389731

Jusqu’au 11 novembre. Entrée libre.

Jusqu’au 11 novembre expo sur l’incendie de la cathédrale

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La société des amis de la cathédrale organise une exposition à l’occasion du centenaire de l’incendie de la cathédrale de Reims, le 19 septembre 1914. Quarante photos vieilles d’un siècle sont présentées au public pour retracer le parcours chaotique de la cathédrale et ses destructions successives.

Reims 1914-1918 – Le martyr de la cathédrale et de la ville, à voir jusqu’au 11 novembre prochain dans la cathédrale de Reims.

http://france3-regions.francetvinfo.fr/champagne-ardenne/2014/07/28/reims-exposition-pour-le-centenaire-de-l-incendie-de-la-cathedrale-524379.html