Archives du mot-clé censure

185/journal du 5 février 1915: victoires aériennes de Célestin Pégoud en Champagne-Ardenne

Carnets du rémois Paul Hess (extraits)

Hier, le bombardement a sévi toute la journée, après une nuit calme. Depuis ce matin, les obus tombent encore de tous côtés. Il en est qui vont éclater dans la direction de Bezannes.

 Victoires aériennes de Célestin  Pégoud à Grand-Pré et Montfaucon (Ardenne et Marne)

 Un dessin de Robert Bonfils (1886-1972)
Un dessin de Robert Bonfils (1886-1972)

Toujours titulaire d’un avion atypique, Pégoud (photo entête) est envoyé sur la région du front où il peut rendre service grâce aux performances de son « taxi ». Dès lors les missions qui lui sont confiées différent de celles de ses camarades d’escadrilles.

Par ailleurs la spécialisation des escadrilles commence à s’appliquer, et la 25 va s’orienter vers le bombardement alors que le Morane de Pégoud est un avion de chasse.

Alors qu’il est à la MF 25 stationnée à Sainte Menehould, Pégoud remporte un combat successivement contre trois avions allemands, d’abord contre un Taube au-dessus de Grand Pré, puis contre deux Aviatiks au-dessus de Montfaucon (*)

http://www.pegoud.fr/la-guerre-de-14-18/retour-a-verdun-puis-sainte/article/janvier-fevrier-1915-premiere

(*)Célestin Adolphe Pégoud mourra quelques mois plus tard au cours d’un combat acharné, abattu par un avion blindé de l’armée allemande, le 31 août 1915. Les deux pilotes allemands, découvrant son identité quelques jours plus tard, viendront déposer sur les lieux du combat une couronne de lauriers accompagnée d’un message : « À Pégoud, mort en héros pour sa Patrie. Ses adversaires. »

Lire aussi: http://www.lepoint.fr/culture/les-incroyables-tresors-de-l-histoire-le-pingouin-fetiche-de-l-as-de-l-aviation-adolphe-pegoud-25-10-2014-1875553_3.php

http://www.bienpublic.com/grand-dijon/2013/03/10/le-premier-as-de-l-aviation

Grogne des entreprises contre la censure systématique retardant le courrier

Mais un autre mécontentement à l’encontre du « retard systématique » se faisait jour : celui des entreprises, dont la correspondance commerciale était entravée. En réalité, certaines d’entre-elles étaient gênées de voir certaines de leurs curieuses transactions révélées au grand jour par les mesures de contrôle postal. Le censeur de Pontarlier découvrit ainsi qu’une entreprise française continuait à fournir du coton à une entreprise suisse commerçant avec l’Allemagne. Avançant l’argument des retards provoqués, les entreprises Peugeot et Japy demandèrent au ministre du Commerce que leur courrier échappât à la règle commune. L’officier censeur concerné refusa catégoriquement. Mais les pressions étaient telles que le 5 février 1915, le ministre du Commerce et des Postes demanda un assouplissement de la règle du retard systématique. Son collègue de la Guerre transmit la requête à Joffre.

http://grande-guerre.org/?p=336

Une « Une » d’un magazine du jour

Lu dans Le Miroir en date du vendredi 5 février 1915

France.-Combat d’artillerie dans la région de Nieuport. Attaque allemande repoussée à Notre-Dame-de-Lorette; tranchées enlevées par nos troupes à l’ouest de la route Arras-Lille; blockhaus ennemis détruits dans la région d’Albert et du Quesnoy-en-Santerre; combat d’artillerie sur l’Aisne, où nous dispersons des rassemblements ennemis; succès d’avant-postes pour nous en Woëvre et sur la Seille; attaque allemande refoulée en Haute-Alsace (Uffholtz).

Roosevelt publie une brochure aussi intéressante que catégorique, où il montre que les Etats-Unis devraient se joindre aux alliés, à raison des violations du droit international commises par les Allemands.

Les ministres des Finances de la Triple Entente : MM. Ribot, Bark et Lloyd George se sont mis d’accord sur une série de questions économiques et financières qui intéressent les trois pays.

Les Turcs ont subi un échec grave en voulant franchir le canal de Suez. Ils ont été arrêtés par les troupes anglo-égyptiennes.

126/journal de la grande guerre/ 8 décembre 1914

Journal du rémois Paul Hess (extraits)

Nuit calme. Détonations de grosses pièces le matin. L’après-midi et le soir, sifflement et obus.

« Le Courrier »proteste contre la censure.

« Lecteurs rémois, lorsque vous remarquerez des blancs dans nos articles et que ces articles se rapportent à des questions étrangères aux opérations militaires, sachez bien que ces coupures nous sont imposées par la censure civile, parce que nous défendons trop énergiquement à son gré, vos droits, vos intérêts, vos libertés. »

On peut encore lire plus loin: « C’est à M.le commissaire spécial de police qu’est dévolue présentement l’illégale censure des journaux rémois……………. (supprimé)————————————————————— Nous entretenons de bons rapports avec la police rémoise et nous collaborons volontiers avec elle dans la chasse aux malfaiteurs de droit commun.

Par contre, il ne nous convient pas du tout d’être placé sous sa coupe, encore moins d’être déféré à ses chefs en attitude de prévenu.

Second point de vue. Une censure policière est forcément une guillotine sèche. Par métier, un commissaire, si équitable soit-il, est disposé à trouver partout matière à incrimination. Alors il ne peut que s’en donner à coeur joie à caviarder, à tailler, à sabrer dans notre modeste prose, qu’il épluche comme il le ferait de pièces à conviction.

Troisième point de vue… Restons en là pour aujourd’hui et concluons. Quelq que puissent être les mérites de M.le commissaire, nous récusons absolument ce grand inquisiteur civil. Contraint et forcé, nous devrons continuer à lui soumettre nos morasses. Mais nous protestons hautement contre cette double violation de la loi et des convenances.

Décision au 118 ème RIT de Verzenay

*Chaussures. – Le général commandant la DES. fait connaître : 1° que les corps doivent effectuer sur place, le plus de réparations possible aux chaussures – 2° que les chaussures qu’ils ne peuvent réparer doivent être envoyées au dépôt. Par conséquent les Cies. qui ne pourraient réparer leurs chaussures encore susceptibles d’être utilisées devront les verser au magasin du corps à Verzenay. Le bureau du colonel tient d’un autre côté à leur disposition une liste des maisons d’Epernay qui se chargeraient de réparer les chaussures.

http://vieuxpapiers.canalblog.com/archives/2005/12/08/1082749.html

Le retour du gouvernement à Paris

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Le 8 décembre 1914 le Président de la République visite le Petit Palais, où sont exposés les objets religieux des églises bombardées. Meurisse, agence photographique, Paris, 1915. BnF, département Estampes et photographie, EI-13 (2547)

 

 Réfugié à Bordeaux depuis le 29 août, le gouvernement français regagne Paris, une fois le front stabilisé, le 8 décembre. Poincaré, le président de la République, et Viviani, le Président du Conseil, auraient quant à eux souhaité rentrer dans la capitale beaucoup plus tôt. Mais Joffre, les mains totalement libres en l’absence de tout exécutif à proximité, et dotés de pouvoirs énormes en raison de l’état de siège, a fait reculer cette date autant que possible. Cette date marque le vrai retour du gouvernement civil en France, notamment en ce qui concerne la gestion du conflit.

8 décembre 1914 : L’autre bataille des Falklands

Faklands bataille 1914

Le Scharnhorst, ayant encaissé au moins quinze obus de 305 mm, est en feu, prend du gîte et, à 16 h 04, il chavire, puis coule à 16 h 17. Tout sauvetage rendu impossible par le combat qui continue, il n’y a aucun survivant… Pendant ce temps, le reste de la flotte de Sturdee donne la chasse aux croiseurs légers allemands. Le Leipzig, en queue, est la première victime. Ralenti par les tirs du Glasgow, il finit par être à portée du Cornwall et, à 19 h, il est en feu, deux cheminées et son mât principal abattus, à court de munition, il tente une attaque à la torpille contre le Cornwall et son équipage se prépare à l’évacuation. Le Glasgow se rapproche alors et lui donne le coup de grâce.

(voir aussi le journal de guerre du 7 décembre 1914)

http://maitres-du-vent.blogspot.fr/2012/11/8-decembre-1914-lautre-bataille-des.html

Deux mille morts au large des Falklands

http://www.medievizmes.org/document242.php

Lu dans le Miroir en date du mardi 8 décembre 1914 (tiré du Miroir de Noël 1914)

France.-Nous continuons à attaquer les tranchées ennemies auprès de l’Yser; notre offensive progresse dans la région d’Armentières et auprès d’Arras, et  spécialement entre Béthune et Lens; avance sensible dans le Santerre, près de Roye (…)

Allemagne.-D’après les dépêches de La Haye, des officiers allemands du lansdsturm ont refusé d’aller au feu, et le prince héritier de Bavière serait blessé.

Certaines informations disent que  si Guillaume II avait fait venir le comte Tisza à son quartier général c’était pour lui conseiller de faire de grandes concessions aux Roumains de Transylvanie. Le comte Tisza s’y est refusé.

Russie.-Le Messager de l’Armée russe présente un exposé complet de la situation sur le front oriental. En Mazurie, dans la Prusse orientale, la guerre a pris le caractère d’une campagne de tranchées. De Thorn à Biala, les parties adverses déploient une vive activité, mas sans grand résultat jusqu’ici. De Thorn à Cracovie, c’est la grande bataille. Entre Czenstchowo et Cracovie, l’ennemi a été repoussé  avec de grosses pertes par les troupes russes. En Galicie, les armées russes continuent à s’avancer avec rapidité, malgré la résistance désespérée des Austro-Hongrois.

L’Italie se plaint amèrement des manoeuvres du consul allemand à Tripoli.

Le roi de Montenegro, dans un message, déclare qu’il a perdu le tiers de son armée.

 

 

On censure le courrier des Poilus

A lire sur le site ciaovivalaculture

sans-titre-5En cette année commémorative de la guerre 1914/1918, les publications, les émissions de radio et de télévision nous rappellent ce que furent ces années là, des années qui changèrent la face du monde après avoir fait mourir des millions d’hommes et laisser infirmes des milliers d’autres. Certains poilus, conscients qu’ils n’étaient que de la chair à canons, écrivirent des lettres mais la censure était là, Dominique Czapski, directeur et metteur en scène de théâtre, s’est intéressé à ce courrier et en a fait le week-end dernier une lecture dans son théâtre Antibea.

http://ciaovivalaculture.com/2014/09/29/1418-on-censure-les-poilus/

49/ Journal de la Grande guerre: (video) le 22 septembre 1914 mort d’Alain Fournier aux Eparges

Mort d’Alain Fournier aux Eparges

alain-fournier_1753024Le 22 septembre  meurt à l’âge de 27 ans, Henri Alban Fournier, dit Alain Fournier qui venait de publier « le Grand Meaulnes (1913). Son corps a été  retrouvé le 2 mai 1991 dans une fosse commune creusée par les Allemands. Il a été inhumé le 10 novembre 1992 dans le cimetière militaire de Saint-Remy-la-Calonne (sud-est de Verdun).

http://www.leberry.fr/cher/actualite/pays/cher-nord/2014/09/21/il-y-a-cent-ans-l-ecrivain-berrichon-alain-fournier-tombait-sous-les-balles-ennemies_11151579.html

VIDEO (TV Luxembourg)

http://www.tvlux.be/video/lumiere-sur-la-mort-mysterieuse-d-alain-fournier_14731.html

http://www.petit-patrimoine.com/fiche-petit-patrimoine.php?id_pp=55465_2

http://fr.wikipedia.org/wiki/Alain-Fournier

http://www.jesuismort.com/biographie_celebrite_chercher/biographie-alain_fournier-2742.php

http://entite.over-blog.com/article-2620937.html

Journal du Rémois Henri Jadart: les tapisseries protégées à Saint-Remi

« Je visite dans la matinée, avec M.Léon Margotin, le concierge Huart et le gardien Poiret, les ruines de l’archevêché. C’est un spectacle lamentable: la salle des Rois s’est effondrée, sauf le haut pignon de gauche avec la cheminée gothique qui reste à peu près entière, mais ébranlée; la salle inférieure n’a pas souffert. La chapelle a été préservée au dedans; la porte en bois subsiste, ainsi que le tympan avec son relief de l’Adoration, les petites pièces de Peeprsack, l’autel et la statue d’Urbain II.

Les autres bâtiments sont crevés, l’intérieur et les toits anéantis; de grands pans de murs et les cheminées restent seuls debout;- mais je n’ai pu pénétrer dans l’immeuble, le sol étant encore trop chaud. Les ailles sur la cour n’ont plus de couverture, ni de traces de leurs étages; toutefois, au-dessous des pièces servant de bibliothèque, la voûte a résisté.

La maison de M.Henri Lucas, rue du Cardinal de Lorraine, logement actuel de l’archevêque, n’a pas été atteinte; mais, près de là, le couvent des Dames réparatrices et la maison de tissus Prieur sont incendiés, totalement en ruines.

Grand désastre, deux pavillons de la place Royale sont également brûlés au dedans et les murs seront à refaire.

L’après-midi je reviens avec M.L.Margotin à l’église Saint-Remi, avec une équipe de soldats accordée par l’autorité militaire, sur l’intervention du colonel Portevin. Avec leur aide, les neuf tapisseries restées tendues dans le transept sont rapidement démontées, roulées avec soin et déposées dans un endroit sain et abrité. Des plaques en fonte sont ensuite déposées afin d’éviter toute communication possible du feu par le dehors. M.l’abbé Goblet, le digne et charitable doyen, nous accompagne dans l’église et nous informe qu’il a fait descendre les émaux et autres pièces précieuses dans des locaux de pleine sécurité. Toutefois, d’après les instructions de l’Archevêché, la châsse de Saint-Remi est restée dans le tombeau.

Le bruit effroyable des obus s’entend presque sans interruption dans le quartier Saint-Rem, tandis que nous déménageons les tapisseries, et il continue jusqu’à notre retour dans le quartier de la cathédrale-qui, heureusement, est assez paisible.

Journal du Rémois Paul Hess (extraits)

Le bombardment continue  une grande partie de la journée (…)Passé aujourd’hui dans les ruines du quartier détruit. Les vibrations produites par les coups de canon de nos batteries, installées au champ de Grève, font à tout moment tomber des pans de murs. A différents endroits, le feu continue toujours ses ravages.

Combat d’Heurtebise (du 18 au 22 septembre 1914)

Le plateau, allongé ouest – est de la ferme d’Heurtebise, sur lequel se développe le Chemin-des-Dames, est, depuis le 15, le théâtre d’un combat violent qui met aux prises avec les Allemands

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http://genealogiemilitaire2.over-blog.com/article-14752717.html

Quand Alfred le poilu de Condé tue le temps à la guerre

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Sur le site de la Voix du Nord

http://www.lavoixdunord.fr/region/quand-alfred-le-poilu-de-conde-tue-le-temps-a-la-guerre-ia27b36912n2328793

Dans « le Moniteur » au jour du mardi 22 septembre 1914

Toutes les offensives allemandes sur le front, de Soissons à Reims ont été brisées. Nous avons réalisé des progrès sensibles entre reims et l’Argonne en prenant plusieurs localités, et, dans l’ensemble, il semble que le combat soit devenu moins violent.

Les Russes ont capturé à nouveau plus de 15.000 autrichiens dans leur marche à travers la Galicie.

Les Serbes et les Monténégrins ont progressé en Bosnie. Ils sont presque aux portes de Sarajevo, la capitale de cette province. Une attaque navale d’une escadrille autrichienne a totalement échoué devant le port monténégrin d’Antivari.

Comme les Russes, les Serbes ont fait, depuis le début de la guerre, un énorme butin et quantité de prisonniers. Ceux-ci sont évacués dans l'intérieur du pays et gardés dans de vieilles forteresses musulmanes. Bien que les Austro hongrois témoignent de la même barbarie que les Allemands, les Serbes, vainqueurs généreux, les traitent avec la plus grande humanité (photo et légende :Le miroir du 4 octobre 1914)
Comme les Russes, les Serbes ont fait, depuis le début de la guerre, un énorme butin et quantité de prisonniers. Ceux-ci sont évacués dans l’intérieur du pays et gardés dans de vieilles forteresses musulmanes. Bien que les Austro hongrois témoignent de la même barbarie que les Allemands, les Serbes, vainqueurs généreux, les traitent avec la plus grande humanité (photo et légende :Le miroir du 4 octobre 1914)

Les Allemands ont interdit aux Bruxellois d’arborer le drapeau belge et de lire les journaux belges ou anglais.

Le quatrième fils de Guillaume II, Auguste-Guillaume, a été blessé.

Le retour de la censure

http://archives.allier.fr/2168-la-censure-pendant-la-1ere-guerre-mondiale.htm

Des combats à Lassigny (Oise)

Le canton de Lassigny, dans le nord-est du département de l’Oise, se transforme en un vaste champ de bataille de 1914 à 1918. La ligne de front s’y établit.

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Présentation du nouveau crapouillot

http://www.bibert.fr/Louis%20Chedeville_fichiers/1914_09_22%20Faits%20historiques.pdf

« En 1914, la presse accepte la censure parce que la France participe à l’effort de guerre »

A lire (ou à relire)pour ceux qui ne l’auraient pas fait cet intéressant article du journal Le Monde publié en août dernier à propos de la censure ou autocensure de la presse en 1914

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Une du journal Le Matin du dimanche 13 septembre

http://www.lemonde.fr/centenaire-14-18-decryptages/article/2014/07/18/la-presse-accepte-la-censure-parce-que-la-france-participe-a-l-effort-de-guerre_4458959_4366930.html