Archives du mot-clé craonne

Craonnelle: La vigne et la guerre intimement liées

A voir sur le site de L’Union

Ce musée présente les machines qui servaient autrefois à la vinification. L’occasion aussi de découvrir des photographies du village avant et après la Grande Guerre.

Sa propriétaire l’avoue tout de go, la scénographie du musée de la société vinicole de Craonnelle aurait grand besoin d’être améliorée. Heureusement, la bonne humeur et l’entrain de Céline Goosse font un peu oublier le reste. « Le musée se situe dans le cellier, le seul endroit qui ait subsisté aux bombardements de la Première Guerre mondiale. Le château lui-même a été entièrement rasé, de même que toutes les vignes. »

http://www.lunion.com/region/la-vigne-et-la-guerre-intimement-liees-ia3b26n490016

(Video) Les premières tranchées à Craonne

A voir sur le site de France 3 Bourgogne

Second volet de la série de trois reportages « Histoires 14-18 il y a cent ans » de ce week-end, en Picardie: les premières tranchées. Dominique Patinec nous emmène à Craonne, sur le plateau du Chemin des Dames, où subsistent encore de nos jours les vestiges des tranchées de la grande guerre.

Craonne: Vol de la statue du Chemin des Dames: deux interpellés présentés au juge

A lire sur le site de L’Union par Philippe Robin

INFO DU JOURNAL L’UNION

Dans le cadre de l’enquête sur le vol de la statue d’Haïm Kern, les deux personnes interpellées ont été présentée ce matin devant le juge d’instruction. Depuis le début d’après-midi, ils sont devant le juge des libertés et de la détention. Le recéleur a été placé sous contrôle judiciaire, le second a été placé en détention.

http://www.lunion.presse.fr/accueil/vol-de-la-statue-du-chemin-des-dames-deux-interpellations-ia0b0n413665

RAPPEL DES FAITS

https://reims1418.wordpress.com/2014/08/14/qui-a-vole-la-sculpture-de-kern-a-craonne-video/

48/Journal de la Grande guerre: le 21 septembre 1914

Lundi 21 septembre 1914

(image de tête: « Le commandant Petitjean, l’attaque allemande du 21 septembre (1914) »
Carnet Hurtebise – Plateau de Craonne

« Ils m’ont vu ! »  Carnet Hurtebise – Plateau de Craonne  Collection Musée de la Résistance – Ville de Montauban
« Ils m’ont vu ! »
Carnet Hurtebise – Plateau de Craonne
Collection Musée de la Résistance – Ville de Montauban

Reddition de la Nouvelle Guinée allemande Les troupes australiennes occupent la région qui par décision de la Société desNations deviendra un territoire sous mandat australien, et renommé le territoire de Nouvelle Guinée.

http://expositions.bnf.fr/guerre14/grand/g14_468.htm

Publié dans Le Moniteur

De nouveaux progrès ont été réalisés par nos soldats sur la rive droite de l’Oise, dans la direction de Ribécourt-Noyon. Un drapeau a été pris par nos troupes d’Algérie. Des contre-attaques de l’ennemi ont été repoussées au nord de l’Aisne, en aval de Soissons et aussi entre Craonne et Reims  où nous avons progressé, fait des prisonniers et enlevé le village de Souain. Des progrès ont été de même accomplis dans l’Argonne.

En Woëvre, les pluies, détrempant le terrain, l’ont rendu difficile. L’ennemi a essayé de recommencer ses attaques dans la région de Saint-Dié (Vosges) mais s’y est heurté à une résistance soutenue.

L’armée russe bombarde Jaroslaw en Galicie et ouvre les opérations contre la forteresse de Przemysl. Le tsar a autorisé la création d’un nouveau drapeau national comprenant les trois couleurs russes de l’emblème national.

La destruction par le bombardement de la cathédrale de Reims, que les Allemands ont anéantie sans qu’aucun intérêt militaire quelconque leur pût servir de justification a provoqué une stupeur et une indignation profondes. le gouvernement français a saisi les puissances d’une protestation diplomatique.

Les troupes hollandaises ont tiré sur un zeppelin qui cheminait au dessus de Zélande.

La garnison allemande de Kio-Tchéou, 6.000 hommes, est affamée et épuisée.

Journal  du Rémois Henri Jadart

Dans la soirée de dimanche, l’incendie du quartier Cérès se voyait toujours dans notre rue, illuminé par des lueurs rougeâtres, et l’on se couchait dans des transes, craignant encore une nuit tourmentée ; mais on n’entendirt jusqu’au matin que les gros canons français ou anglais et quelques bombes seulement par intervalle.

On espère alors que les forts sont repris par les nôtres et que l’ennemi refugié dans les bois de Cernay, près de la Briqueterie, ne pourra y maintenir longtemps ses batteries. L’état-major général de l’armée se trouvait cette nuit-là à Reims, à l’Ecole pratique de la rue Libergier ; j’y ai vu ses automobiles, et M. Beauvais m’a montré son installation dans son bureau, lorsque j’ai été à la réunion pour la distribution des bons aux femmes des mobilisés. On croit à ce moment toucher à la délivrance. Notre armée aurait refoulé les Allemands à 15 km de vrigny.

On nous confirme que la Poste et la Chambre de commerce ont échappé jusqu’ici aux incendies ; mais il nous est fait un triste tableau à l’intérieur de la cathédrale, dont les ornements et le trésor ont été retirés et transportés en lieu sûr par les soins du clergé.

Je visite le monument vers 11 heures avec M.L’abbé Thinot, qui s’y est beaucoup employé au moment du sinistre. Le public n’y entre pas ; des planches remplacent les vantaux des portes sur le parvis, et des soldats sont postés pour écarter la foule qui ne cesse de stationner aux alentours.

-J’examine toutes les parties de l’édifice, sauf le croisillon nord : les voûtes semblent intactes ainis que les colonnes et leurs chapiteaux, mais les bases en sont calcinées par endroits, dans la nef, cause de la paille répandue sur le pavement et qui a brûlé. Le chœur avait été rempli de chaises ; elles ont été incendiées , et, avec elles, les stalles de gauche en entrant, qui sont détruites jusqu’aux fondations ; celles de droite subsistent ainis que le petit orgue. Le maître-autel est intact, mais la croix dorée qu’il porte, ainsi qu’un des chandeliers, ont souffert.

Les chapelles de l’abside ont été préservées jusqu’ici, de même que les bras du transept,le grand orgue, l’horloge, etc… Mais les murailles ont été léchées par les flammes dans les bas côtés, et il y a d’importants dégâts à l’encadrement sculpté des portes latérales de la façade, les tambours-qui provenaient de l’ancienne église Saint-Nicaise- ayant brûlé. Dans le tambour sud, le feu a consumé la belle tapisserie aux armes de France et de Navarre, qui avait été donnée lors du sacre de Charles X.

Il faut dire aussi que les vitraux, comme il a été indiqué déjà, ont grandement souffert : la grande rose de l’ouest a perdu la moitié de ses vitres ; les fenêtres hautes de la nef sont percées en de nombreux endroits, mais celles de l’abside se trouvent avoir mieux résisté.

-Les tableaux sont intacts dans le transept ainsi que les autels dans les chapelles du chevet, les statues, etc… De ce côté, l’édifice pourrait être rendu assez tôt au culte s’il n’y avait les risques des voûtes.

En sortant de la cathédrale, je rencontre le concierge Huart, qui me décrit les différentes phases de l’incendie de l’archevêché. La bibliothèque du cardinal Gousset a été consumée en entier, et, après elle, les tableaux, les collections archéologiques et ethnographiques, les portraits du Musée rémois, les vues anciennes de la ville et des environs, une infinité d’objets précieux impossible à dénombrer et à estimer, comme les candélabres d’igny.

-La chapelle est désormais sans toiture, mais le gros œuvre est intact à la partie haute comme à la partie basse. Tout autour, les arbres qu’on aurait pu croire calcinés sont toujours debout, verdoyants et vivaces, en contraste avec les ruines qui couvrent le sol. Dans l’après-midi, je parcours les rues, surtout dans les quartiers de la vieille ville, qui m‘intéresse le plus, afin de me rendre compte des dégâts : d’abord la rue de Vesle, où la maison gothique N°57 a été rasée jusqu’au sol, – détruite sauf quelques sculptures qu’on aperçoit au milieu des décombres ; en face, l’église Saint-Jacques est intacte ; rue du Cadran-Saint-Pierre, la librairie Matot a été largement ébrêchée dans la toiture et à l’étage supérieur.

A l’hôtel de ville, la biblitohèque a peu de dégâts : une poussière intense est répandue dans la salle voisine du cabinet des manuscrits : le plafond a été légèrement atteint, mais les manuscrits eux-mêmes n’ont pas souffert, même de l’humidité résultant de l’absence des vitres. Les archives communales et départemantales n’ont pas eu de dégâts, me dit-on ; mais aux archives judiciaires il est arrivé un obus qui a frappé la toiture, au bâtiment du fond. Non seulement on a fait jouer les pompes afin d’éteindre l’incendie qui s’était déclaré, mais on a précipité dans la cour beaucoup de papiers, liasses, de registres et je trouve M.Albert Baudon occupé à relever les monceaux de ces documents, qui ont été en grande partie trempés par l’eau des tuyaux ; une équipe lui a été donnée pour les faire remonter dans la salle Pommery.

Pendant mon séjour à l’hôtel de ville, je suis rejoint par M.Lenoir député, et M.P.Lelarge, conseiller municipal, qui se préoccupent du sort des tapisseries de Saint-Remi, dans le cas où le monument serait incendié.

Ces Messieurs proposent de les déposer dans les caves de l’Hospice général et en parlent à M.le maire, qui me charge de voir à ce propos M.Léon Margotin. Ne l’ayant pas rencontré, en revanche, je trouve à sa porte M.l’abbé Landrieux, qui me montre une lettre qu’il a écrite à M.le comte de Mun, afin de l’intéresser aux réparations très nombreuses qui vont s’imposer à la cathédrale. Le soir arrive ; la nuit reste calme.

Journal du Rémois Paul Hess

 Dans le courant de la matinée, je me rends à l’hôtel de ville, afin d’informer le maire, président-né du conseil d’administration du mont-de-piété, du désastre qui a anéanti cet établissement. M. le Dr Langlet est dans son cabinet ; il me reçoit immédiatement, en présence de M. Lenoir, député, qui déjà, s’entretient avec lui des tristesses qui se sont abattues sur notre ville. En peu de mots, je mets M. le maire au courant de l’étendue du sinistre, concernant l’administration. Il me pose quelques questions d’un air accablé je me rends compte combien sa charge doit être lourde actuellement – et je me retire, après lui avoir déclaré, lorsqu’il m’a tendu la main, que je me tiens à sa disposition, puis je rentre préparer le rapport que je désire remettre au plus tôt à l’administrateur de service, à la suite de cette démarche que j’estimais urgente et que je tenais à faire au préalable.

– Nous apprenons que parmi les très nombreuses victimes du bombardement infernal de samedi dernier 19, se trouvent M. le Dr Jacquin, adjoint au Maire, tué rue Thiers, alors qu’il venait de sortir de l’hôtel de ville, vers midi – et quatre, peut-être même cinq religieuses de l’Enfant Jésus, tuées par un obus, 48, rue du Barbâtre, au siège de leur communauté, transformée en ambulance.

 

43/Journal de la grande guerre: le 16 septembre 1914

Mercredi 16 septembre 1914

(A lire dans le Miroir du 27 septembre 1914)

L’ennemi livre une bataille décisive sur l’Aisne, après s’être fortement retranché sur certaines parties de son front. Ce front est marqué par Noyon, une ligne passant au  nord de Vic-sur-Aisne et de Soissons, le massif de Laon, les hauteurs qui couvrent Reims au nord et à l’ouest, et une ligne qui prolonge ce premier tracé. Beaucoup de prisonniers, d’armes et de munitions sont tombées entre nos mains au cours de la poursuite qui a succédé à la bataille de la Marne.

Combat de Craonne (02) extrait du carnet du 41 ème RI

http://www.41emeri-1418.fr/index.php/la-guerre-du-41eme/historique-sommaire-du-41eme/1914/16-et-17-septembre-1914

Combats à Moronvilliers (51)

Foch décide l’attaque méthodique des hauteurs de Moronvilliers. La 11e C.A. progresse à l’est d’Aubérive et de Dontrien, en liaison avec la 42e division qui attaque à l’ouest de la Suippe mais les Allemands prennent les devants : dans la nuit du 15 au 16, ils dirigent deux attaques contre la division marocaine sans succès. Au point du jour, l’offensive s’engage sur le front du 9e C.A. La 17e division gagne 400 m mais est rejetée par une contre-attaque. Une seconde attaque échoue également.

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Zouaves en embuscade avec une mitrailleuse

La suite sur  le site Sambre, Marne, Yserhttp://www.sambre-marne-yser.be/article.php3?id_article=82

Combat et morts à la Main de Massiges (51)

http://www.lamaindemassiges.com/memoire8ric.htm

Témoignage du 1 er bataillon du 4 ème régiment de zouaves

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16 septembre 1914, engagement au combat à 14 heures 30, sur la route de Tracy le Val à Carlepont (Oise). Fusillade très violente, l’artillerie ennemie coupe la première ligne de projectiles. Malgré les pertes subies, les premières tranchées sont enlevées vers 17 heures. La compagnie participe à éviter le pillage des maisons du villages par les ennemis. Le Régiment a déployé une extrême bravoure, en enlevant les positions sans aucune préparation par l’artillerie, la Brigade en étant démunie. Aussi les pertes ont été très élevées. 1er Bataillon du 4e Zouaves : 25 tués dont 4 officiers (l’un d’entre eux est le capitaine Arnaud. Le capitaine Gros de Vaud le remplace mais sera grièvement blessé dès l’engagement des combats du lendemain matin. Il est remplacé par le capitaine Bernabin). 115 blessés dont 3 officiers. 13 disparus. La suite sur http://mausoleo.giussani.free.fr/Mausoleo_aPages_Textes/News/News_2009/T-2009-03/Mala14-3.html

Mémoire du rémois Henri Jadart

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Dès 4 heures du matin on entend le canon, et à 9 heures les obus tombent sur la ville. On peut sortir pendant le reste de la matinée, mais dès midi, le bombardement recommence ; il dure jusqu’au soir et il faut tenir dans les cqves. Une bombe éclate dans la rue Chanzy, près des Six cadrans et fait plusieurs victimes, – des morts et des blessés. Parmi ces derniers, le maître sonneur Stengel a été atteint comme il relevait le cadavre d’une petite fille qui venait d’être tuée.

Nous dînons cependant à 7 heures dans la salle à manger, et nous pouvons nous coucher à 9 heures et demi sans être troublés par le bruit assourdissant de la journée.

Le général Franchet d’Espérey est encore logé chez M.Robillard, dont la maison jusqu’ici est intacte. Beaucoup de personnes de notre quartier vont se réfugier dans un sous-sol de la rue Brûlée, au patronage de l’abbé Dage, où elles sont très bien accueillies. Mon beau frère Paul Givelet était venu nous voir à 4 heures et il nous rapportait que le quartier Cérès a beaucoup souffert ; sa maison a été atteinte dans la toiture, mais sans gravité.

Mémoire du rémois Paul Hess

 Dans les communiqués officiels des opérations publiés par Le Courrier de la Champagne de ce jour, nous trouvons ceci, pour ce qui nous intéresse directement :

«  13 septembre – 15 heures

A notre aile gauche, l’ennemi continue son mouvement de retraite.

Il a évacué Amiens se repliant vers l’est.

Entre Soissons et Reims, les Allemands se sont retirés au nord de la Vesle. Ils n’ont pas défendu la Marne au sud-est de Reims.

Même jour, 23 heures

Aucune communication n’est arrivée ce soir, au Grand Quartier Général. Les communiqués d’hier et de cet après-midi ont montré la vigueur avec laquelle nos troupes poursuivent les Allemands en retraite. Il est naturel que dans ces conditions le Grand Quartier Général ne puisse, deux fois par jour, envoyer des détails sur les incidents de cette poursuite. Tout ce que nous savons, c’est que la marche en avant des armées alliées se continue sur tout le front et que le contact avec l’ennemi est maintenu.

A notre aile gauche, nous avons franchi l’Aisne. »

puis, sous le titre, en très gros caractères : « L’ennemi bat en retraite » sur toute la ligne, nous lisons :

 » 14 septembre – 14 h 30 soir- 1°…………………….

2° Au centre, les Allemands avaient organisé, en arrière de Reims, une position défensive sur laquelle ils n’ont pu tenir.

14 septembre – 23 h 15 – A notre aile gauche, nous avons partout rejoint les arrières-gardes et même les gros de l’ennemi ; nos troupes sont rentrées à Amiens, abandonné par les forces allemandes. l’ennemi semble faire tête sur le front jalonné sur l’Aisne.

Au centre, il semble également vouloir résister sur les hauteurs du nord-ouest et au nord de Reims ; etc. »

Ce matin, à 5 h, le canon a annoncé que les Allemands sont toujours bien près de la ville, puisque des obus sont venus encore siffler dans les environs de notre quartier. Nous pouvons en conclure que si l’ennemi, ainsi que le dit le communiqué du 14 (14 h 30), a dû abandonner la position défensive qu’il avait organisée en arrière de Reims, ce n’a pas été pour longtemps.

Nous avons dû passer une partie de la matinée dans la cave ; le bombardement étant redevenu très intense ensuite, il nous a fallu y redescendre et y rester l’après-midi tout entier.

Vers 14 h, un obus explosant sur le pavé, rue Chanzy, aux Six-Cadrans, entre le kiosque et les maisons des Loges-Coquault, cause la mort de neuf personnes, par ses éclats :

Mme Froment-Hardy, fille du succursaliste des Etablissements Economiques, place des Loges-Coquault (inscrite dans les décès, à l’état civil, le 17 septembre) ; Mlle M. Legras, 16 ans, demeurant 82, rue Gambetta (état-civil du 17 septembre) ; M. E. Breton, instituteur retraité, 72 ans, 117, rue Chanzy (état-civil du 21 septembre) ; M. Champrigaud, rue de Contrai 3 (état-civil du 21 septembre) ; Mlle Thérèse Gruy, 12 ans, domiciliée 14, rue du Jard (état-civil du 21 septembre) ; M. Font, Antoine, 3, rue Gambetta (état-civil du 22 septembre).

Enfin, mon ancien condisciple Ch. Destouches; 47 ans, domicilié rue Croix-Saint-Marc 96, qui passait, avec sa famille, au moment où l’obus vint éclater à cet endroit, a été tué ainsi que sa femme, 30 ans et son fils Pierre, 8 ans, tandis que sa fille Juliette, 12 ans, était mortellement blessée. Les décès des trois premiers sont inscrits sous les n° 2.478 à 2.480, à l’état civil, le 22 septembre et celui de la fillette, le 23 septembre (n° 2.537).

Le même obus frappait encore mortellement M. Stengel, maître-sonneur à la cathédrale, demeurant 14, rue du Jard, dont le décès est mentionné à l’état civil le 2 octobre et M. Desogere, adjudant du 132e d’infanterie en retraite, comptable aux Hospices civils, porté dans les décès, sous le n° 2.609, le 23 septembre. En outre quelques personnes avaient été atteintes plus ou moins grièvement, entre autres, Mlle Antoinette Font, dont le père avait été tué.

– Sous le titre « Choses vues », Le Courrier d’aujourd’hui mentionne le dévouement des gens du quartier Saint-Remi (vieillards, femmes et tout jeunes gens) qui, dimanche matin, faisant office de brancardiers et de brancardières de bonne volonté, sont allés spontanément à l’étonnement des officiers et des hommes du 41e, sur lesquels s’abattaient les obus, vers l’octroi de la route de Châlons et à proximité du Parc Pommery, chercher avec des charrettes à bras des soldats blessés qu’ils transportaient avec des précautions

infinies, tandis que les gamins, toute la matinée, se chargeaient d’aller faire remplir les bidons de nos troupiers.

Dans le même journal, nous trouvons les avis suivants :

 » Postes, télégraphes, téléphones.

Le maire a fait placarder hier, dans l’après-midi, l’avis que voici :

Mairie de Reims Avis, Les lettres mises à la poste, rue Cérès, aujourd’hui

15 septembre, avant six heures, seront expédiées ce soir. »

Reims, le 15 septembre 1914.

Ce service de correspondance est limité à la journée du 15 septembre et a été effectué par des autos postes.

Jusqu’à nouvel ordre, les Postes, télégraphes et téléphones sont exclusivement réservés aux communications militaires ou gouvernementales dans la zone des opérations militaires.

Il faut donc attendre la réorganisation de ces services pour les communications privées.

Avis en sera donné en temps opportun.

Chemins de fer

Des trains étant venus de Paris sur Reims et vice-versa, le public s’est demandé si les trains de voyageurs, dans la direction de Paris seraient bientôt réorganisés.

Là aussi, l’autorité militaire s’est réservée le service exclusif des chemins de fer pour le transport des troupes et leur ravitaillement.

Il en est de même pour le C.B.R.

Nos lecteurs seront informés de la reprise du service public par l’avis officiel qui nous sera communiqué le cas échéant, et que nous publierons aussitôt.

Société française des secours aux blessés militaires Comité de Reims

La situation, jusqu’ici, ne nous avait pas permis l’organisation définitive d’un assez grand nombre de nos hôpitaux.

Aujourd’hui que les choses se modifient favorablement, nous faisons à nouveau appel aux hommes de bonne volonté pour notre service de brancardiers auxiliaires.

Se faire inscrire à notre permanence, 18, rue de Vesle. »

42/Journal de la Grande guerre: le 15 septembre 1914 destruction de l’église de Craonne

Mardi 15 septembre 1914

(à lire dans le Miroir du dimanche 27 septembre 1914)

Les Allemands ont résisté sur une ligne jalonnée, au nord de l’Aisne, par la forêt de l’Aigle et par la position de Craonne, devenue célèbre depuis la campagne de Napoléon Ier en 1814. Elles ont pris également le contact au Nord de Reims.

Au centre nous marchons de l’avant vers la Meuse, l’ennemi occupant le front Varennes-Consenvoye. A droite il se retire sur Etain, Metz, Delme et Château-Salins.

Bataille de l’Aisne

http://www.sambre-marne-yser.be/article.php3?id_article=81

Destruction de l’église de Craonne

CRAONNE_église_romane
Charles de Menditte a dessiné l’église romane de Craonne peu de temps avant sa destruction

http://www.dioceseauxarmees.catholique.fr/le-saviez-vous/1142-craonne-aisne-croquis-de-l-eglise-romane-detruite-en-septembre-1914.html

Parcours du 72 ème (et 272 ème RI)

Capture d’écran 2014-09-12 à 19.23.47

http://72emeri.pagesperso-orange.fr/crbst_28.html

Carnet de guerre

Jean Bertaud, dit Alexandre en famille, avait 41ans quand la guerre a éclaté. Il était marié , 3 enfants. Régisseur du Domaine des Gabloteaux à Juillac-le Coq,  il avait l’habitude de consigner une grande partie des travaux effectués au jour le jour sur un carnet pour en rendre compte au propriétaire.

C’est ainsi que durant la Grande Guerre il continuera à noter journellement les évènements auxquels il assistera ou dont il aura entendu parler.

Nous partons dès 6 H du matin à la reconnaissance des cadavres. A 8 H, à l’est de Reims-la-Brûlée, nous trouvons 10 Allemands et environ 50 hommes de l’Infanterie Coloniale. Il y a de la mitraille partout. Les arbres sont déchiquetés. Sur le bord de la route de Vitry, nous creusons la sépulture de 60 Marsouins et 3 capitaines. Nous plaçons 2 croix, une couronne et des chrysanthèmes.

Départ d’Ecriennes à 14 H. Dans la plaine, viande, volailles corrompues partout. Rencontrons les gendarmes qui nous apprennent qu’à Snippes la partie est très dure. La canonnade continue.

Passons à Favresse à 15 H : tout est brûlé, détruit.

Marchons vers l’Est, à gauche, c’est la route de Dompremy, à droite celle de Haussignémont.

15H30, nous cantonnons près de la gare de Blesme. pour en savoir plus suivre le blog

http://www.genea16.net/?q=content/mardi-15-septembre-1914

Le carnet de guerre d’un Sedanais

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Il y a peu de témoignages de civils de la guerre de 14-18. Germaine PARUIT, née en 1900 à Sedan, a commencé dès le premier jour de guerre un journal qu’elle tiendra jusqu’à l’armistice, relatant malgré son jeune âge et avec une maturité et une précision étonnantes le quotidien, les privations, les mouvements des armées, l’évacuation, le retour.

http://14ansen1914.wordpress.com/

Le journal du Rémois Henri Jadart

Dès 5 heures du matin, canonnade, toujours dans la direction de Brimont. Le fort a été pris ce matin, nous dit-on, mais l’ennemi s’est terré dans les bois de sapins des environs et dans le bois Soulain.

On vend dans la rue « L’Eclaireur de l’Est » , qui reparaît et se trouve bien renseigné sur les évènements du dehors. Le canon tonne presque toute la matinée. Dans l’après-midi, on évacue vers Soissons tous les blessés de l’hôpital civil avec la plus grande célérité. Vers 4 heures la police avertit qu’il faut tenir les fenêtres ouvertes et fermer les volets ; on dit que ces précautions sont prises parce qu’on va faire sauter le fort de Brimont, comme déjà on le racontait hier, mais bien probablement sans plus de vraisemblance.Un départ de dépêches exceptionnellement favorables est annoncé au même moment pour être expédié de la poste centrale par l’automobile. Le soir, nouvelle canonnade vers l’Est ; nous apprenons que cet horrible vacarme est produit par un bombardement qui atteint la rue Piper.

Le même jour à 11 heures j’avais pu visiter de nouveau la bibliothèque , qui reste en bon état jusqu’ici dans toutes les salles. Il est convenu avec M.le maire qu’on préservera avec des planches le cabinet des manuscrits, dont les carreaux ont été brisés et qui n’a pas de volets intérieurs ; les rayons des volumes pourraient en effet, souffrir des pluies de l’Ouest, très fréquentes cette saison.

A travers ces alertes et ces alarmes, pendant l’occupation comme depuis le retour de nos troupes, les secours continuent à être distribués aux femmes des mobilisés par les soins de la municipalité.

Les journaux ont publié ces jours ci le texte d’une affiche qui restera célèbre comme type des procédés allemands vis à vis de la population civile dans les pays envahis (lire la proclamation annonçant la prise de 81 otages par les Allemands dans le journal de guerre du 12 septembre 1914).

Elle doit figurer dans ce recueil de souvenirs, au moment où l’armée allemande s’éloigne de Reims.

 

Le journal du rémois Paul Hess

A 5 h nous sommes réveillés par le canon.

Vers 8 h 1/2, je pars pour effectuer mon tour de promenade journalier et, ainsi que j’en ai l’habitude, je me dirige du côté du Champ de grève. Près de la maison Esteva, à gauche, en contrebas de l’avenue de la Suippe, sont installées deux batteries de 75, qui ont tiré hier, une partie de la journée. Ce matin, les canonniers se détendent en faisant une partie de football devant leurs pièces, et j’ai plaisir à voir l’ardeur et l’insouciance avec laquelle les deux camps mènent le jeu. De l’autre côté, à proximité de la rue de Sillery, un régiment d’infanterie est en réserve. Que se passe-t-il derrière les quartiers Louvois et Jeanne d’Arc ?

A mon retour, je m’arrête un instant pour regarder cuisiner, sur les roulantes groupées place Belle-Tour, d’autres soldats de l’artillerie. Un groupe stationne là, tout le long des boulevards de la Paix, Gerbert et Victor-Hugo, avec son matériel.

– La matinée s’étant passée sans bombardement, il me semble au début de l’après-midi, que je puis recommencer, accompagné de mes fils Jean et Lucien, la tournée faite en un endroit qui me paraît intéressant à connaître actuellement. Après avoir suivi le boulevard Gerbert, nous nous engageons dans la rue Lagrive, accédant aux Coutures, tandis que se font entendre quelques détonations auxquelles je ne prête pas autrement attention, lorsqu’à son extrémité, nous croisons M. Gravier, professeur à l’Ecole des Arts qui, sans s’arrêter, nous lance cet avertissement :

« N’allez pas par là ; ils répondent à nos batteries ».

En effet, nous ne tardons pas à voir la terre soulevée dans le champ de Grève, à 400 m. environ devant nous, par les explosions simultanées de trois obus. Changeant alors d’itinéraire, nous gagnons la rue Ponsardin, d’où nous entendons siffler les projectiles qui continuent à arriver sur notre droite, alors que nous nous dirigeons sur le quartier de la gare, pour terminer notre promenade.

Rentrés à la maison, nous devons encore deux fois nous réfugier dans notre cave, où nous sommes rejoints par le concierge et les siens ainsi que par deux ouvriers vitriers travaillant dans les magasins, que les arrivées d’obus plus fréquentes et rapprochées, ne sont pas sans inquiéter pour leur départ et leur rentrée à domicile.

– Nous avons appris par Le Courrier de la Champagne de ce jour que le gouvernement a été transféré à Bordeaux. Le journal donne le texte de la proclamation qui fut adressée à la Nation et insérée au Journal officiel du 3 septembre. Le voici :

«  Proclamation du Gouvernement.

Français,

Depuis plusieurs semaines, des combats acharnés mettent aux prises nos troupes héroïques et l’armée ennemie. La vaillance de nos soldats leur a valu, sur plusieurs points, des avantages marqués. Mais, au nord, la poussée des forces allemandes nous a contraints à nous replier.

Cette situation impose au Président de la République et au Gouvernement une décision douloureuse. Pour veiller au salut national, les pouvoirs publics ont le devoir de s’éloigner, pour l’instant, de la ville de Paris.

Sous le commandement d’un chef éminent, une armée française pleine de courage et d’entrain, défendra contre l’envahisseur la capitale et sa patriotique population. Mais la guerre doit se poursuivre, en même temps, sur le reste du territoire.

Aucune de nos armées n’est entamée. Si quelques-unes ont subi des pertes trop sensibles, les vides ont été immédiatement comblés par les dépôts et l’appel des recrues nous assure, pour demain, de nouvelles ressources en hommes et en énergies.

Durer et combattre, tel doit être le mot d’ordre des armées alliées, anglaise, russe, belge et française !

Durer et combattre pendant que sur mer les Anglais nous aident à couper les communications de nos ennemis avec le monde !

Durer et combattre pendant que les Russes continuent à s’avancer pour porter au cœur de l’Empire d’Allemagne le coup décisif !

C’est au Gouvernement de la République qu’il appartient de diriger cette résistance opiniâtre.

Partout, pour l’indépendance, les Français se lèveront. Mais pour donner à cette lutte formidable tout son élan et toute son efficacité, il est indispensable que le Gouvernement demeure libre d’agir.

A la demande de l’autorité militaire, le Gouvernement transporte donc momentanément sa résidence sur un point du territoire d’où il puisse rester en relations constantes avec l’ensemble du pays.

Il invite les membres du Parlement à ne pas se tenir éloignés de lui pour pouvoir former, devant l’ennemi, avec le Gouvernement et avec leurs collègues, le faisceau de l’unité nationale.

Le Gouvernement ne quitte Paris qu’après avoir assuré la défense de la ville et du camp retranché par tous les moyens en son pouvoir.

Il sait qu’il n’a pas besoin de recommander à l’admirable population parisienne le calme, la résolution et le sang-froid. Elle montre tous les jours qu’elle est à la hauteur des plus grands devoirs.

Soyons tous dignes de ces tragiques circonstances. Nous obtiendrons la victoire finale. Nous l’obtiendrons par la volonté inlassable, par l’endurance et par la ténacité.

Une nation qui ne veut pas périr et qui, pour vivre, ne recule ni devant la souffrance ni devant le sacrifice est sûre de vaincre. »

Dans le même journal, d’aujourd’hui, nous lisons l’avis suivant :

 » Croix Rouge.

En raison de nombreux départs, la permanence, rue de Vesle 18, doit prier les Dames qui avaient offert leur concours, pour le service des ambulances, de bien vouloir se faire inscrire à nouveau. »

 

Craonne: les incroyables ratés de la protection d’une sculpture

A lire sur le site de L’union l’article de Thierry De Lestang Parade

Les enquêteurs étudient les conditions du vol de l’œuvre monumentale de Haïm Kern au Plateau de Californie. La sculpture était reliée à une alarme.

http://www.lunion.presse.fr/accueil/les-incroyables-rates-de-la-protection-d-une-sculpture-ia0b0n399086

Rappel des faits

qui a volé l’oeuvre?

http://wp.me/p4mPAZ-Os

http://wp.me/p4mPAZ-O3