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1399/2 juin 1918: le chiffre ADFGVX, de  l’offensive allemande déchiffré

 317 obus sur Crépy-en-Valois

La ville de Crépy-en Valois, quant à elle, reçut 317 bombes dans la seule nuit du 1er au 2 juin 1918. Puis, dans la nuit du 3 au 4 juin, la fabrique de meubles de Maxime Clair fut détruite par un incendie qui fit l’honneur d’un communiqué allemand.
D’autres communes de l’Oise subirent des bombardements de représailles : Breteuil, Crèvecœur-le-Grand, Allonnes, Rantigny, mais aussi Pierrefonds où furent touchés la chapelle du château, le chœur de l’église et l’hôpital militaire installé dans le parc de l’ancien Hôtel-des-Bains. Face à ces bombardements de représailles qui entamaient le moral des civils, la municipalité de Clermont adressa le 1er mai 1918, un message de réconfort aux habitants menacés : « (…) Dans la terrible crise de vie ou de mort qu’une sombre fatalité a déchaînée sur nous, prenons des résolutions inflexibles. N’épargnons aucun sacrifice pour que la France puisse vaincre et continuer le bienfait de son histoire dans l’avenir comme dans le passé. Courage ! Chers Concitoyens ! La belle victoire va venir. C’est M. Clemenceau, président du Conseil, qui nous l’affirme, et nous ne saurions douter de sa parole. Tous les Français, civils comme militaires, l’auront fait. Et puissions-nous tous vivre encore assez de temps pour la fêter joyeusement dans notre gracieuse petite ville ».
Curieusement, tandis que Creil, cité industrielle et nœud ferroviaire devenu centre militaire, subissait plus de 600 bombardements en mars, mai et juin 1918, le village rural de Monchy-Saint-Eloi reçut quelque quarante torpilles allemandes sans qu’aucun enjeu stratégique ne l’explique. Sous le feu des bombardements nocturnes depuis 1917, les habitants de l’agglomération creilloise gagnèrent les carrières de pierre souterraines aménagées en dortoirs communs.

Les bombardements sur l’Oise s’éloignèrent au fur et à mesure de la progression de l’offensive générale lancée en juillet 1918 à la suite de la reprise de Montdidier.
source: 
Jean-Yves Bonnard, Les bombardements allemands en arrière des lignes françaises dans l’Oise durant la Grande Guerre, Mémoire de l’Oise n°10, 16p, juin 2010.
http://crdp.ac-amiens.fr/cddpoise/oise14_18/bombardements_allemands.php

Le chiffre ADFGVX, de  l’offensive allemande déchiffré

1918. Les armées allemandes et françaises sont exsangues. L’état-major français, dirigé par le maréchal Foch, redoute l’imminence d’une offensive massive de l’ennemi, qui enfoncerait les lignes de défense jusque Paris. Cinq points d’offensive sont possibles, mais les forces françaises de réserve ne permettent de se concentrer que sur un seul. Il est vital, pour l’issue de la guerre, de ne pas se tromper.

Depuis mars 1918, l’armée allemande utilise un nouveau code pour communiquer, le chiffre ADFGVX, ou GEDEFU 18 (GEheimschrift DEr FUnker 18, chiffre des télégraphistes 18). Ce chiffre est constitué d’une substitution de type carré de Polybe, suivie d’une transposition. Pour réaliser la substitution, les 26 lettres de l’alphabet et les 10 chiffres sont rangés dans un tableau 6×6, aux extrémités desquelles on a ajouté les lettres ADFGVX.

Depuis mars 1918, l’armée allemande utilise un nouveau code pour communiquer, le chiffre ADFGVX, ou GEDEFU 18 (GEheimschrift DEr FUnker 18, chiffre des télégraphistes 18). Ce chiffre est constitué d’une substitution de type carré de Polybe, suivie d’une transposition. Pour réaliser la substitution, les 26 lettres de l’alphabet et les 10 chiffres sont rangés dans un tableau 6×6, aux extrémités desquelles on a ajouté les lettres ADFGVX.

A D F G V X
A Q Y A L S E
D Z C R H 0
F F O 4 M 8 7
G 3 I T G U K
V P D 6 2 N V
X 1 5 J 9 W B

(…)L’équipe française de cryptographie est particulièrement talentueuse au cours de la Première Guerre Mondiale. Dès le début des hostilités, la majorité des messages chiffrés allemands sont compris, mais malheureusement ces exploits sont gâchés par des indiscrétions dans la presse. Avec l’apparition du chiffre ADFGVX, la situation se complique sérieusement…  Le cryptologue le plus doué de la Section du chiffre est le paléontologue Georges Painvin, ancien major de l’Ecole Poltechnique. Après un travail acharné, il parvient le 2 juin 1918 à déchiffrer les fameux messages allemands, dont un radiogramme à destination d’une unité située au nord de Compiègne (voir ci-contre). Le maréchal Foch est immédiatement averti des intentions de l’ennemi, et fait masser les troupes au lieu adéquat. L’assaut allemand a lieu le 9 juin 1918. Il est stoppé net. La dynamique de la victoire s’enclenche. Pas étonnant que ce message chiffré ait reçu le nom de Radiogramme de la Victoire.

source: http://mathweb.free.fr/crypto/debvingt/adfgvx.php3

https://www.apprendre-en-ligne.net/crypto/subst/radiogramme.html

lire aussi :http://www.appat.org/index.php?option=com_content&view=article&id=17:les-transmissions-durant-la-grande-guerre&catid=3:histoire-de-larme&Itemid=4

Journal du dimanche 2 juin 1918

La poussée de l’ennemi a continué avec une violence redoublée sur le front de Soissons à Château-Thierry.
Dans la région de Soissons et sur la ligne Chaudun-Vierzy, nos troupes, poursuivant leurs contre-attaques avec une énergie inlassable, ont refoulé les masses ennemies lancées sur ce front, gagnant partout du terrain et faisant plusieurs centaines de prisonniers. Au sud de Soissons, l’ennemi a été rejeté sur la Crise.
Plus au sud, Chaudun et Vierzy, pris et reperdus à plusieurs reprises, sont restés entre nos mains, après des combats acharnés. La bataille a été violente également dans la région Chouy-Neuilly-Saint-Front. Nos troupes ont brisé les attaques ennemies et maintenu leurs lignes immédiatement à l’est de ces localités.
Sur la rive nord de la Marne, l’ennemi a poussé ses éléments avancés depuis les lisières nord et est de Château-Thierry jusqu’à Verneuil. Vifs combats sur notre droite, le long de la route de Dormans à Reims. Situation sans changement au nord-ouest et au nord de Reims.
Les Anglais ont exécuté des bombardements à Merville, Armentières, Bapaume, Albert et Valenciennes. Ils ont détruit vingt-huit avions et deux ballons captifs; ils ont jeté des bombes sur les gares de Metz-Sablons, Thionville, Courcelles et Esch.

source: http://grande.guerre.pagesperso-orange.fr/juin18.html