Archives du mot-clé dardanelles

301/journal du 1 juin 1915: le prix des denrées à Reims

Carnets du rémois Paul Hess (extraits)

Aujourd’hui, des obus sont tombés vers 9 heures et, après une accalmie, le bombardement a repris à 11 heures. Le Courrier de la Champagne donne ainsi, sans autres commentaires, quelques uns des prix nouveaux pratiqués pour l’alimentation.

L’alimentation à Reims

Voici, pour les statisticiens futurs, un aperçu des prix des denrées alimentaires à Reims, à la fin du joli mois de mai 1915 (valeur à la livre).

Boeuf, bas morceaux pour le pot-au-feu: 1,50F;

boeuf, morceaux de 2 ème choix: 0,80F,

Rumsteack et faux-filet: 4F

Foie de veau: 2,50F,

poitrine de mouton: 1,70F,

porc frais: 1,80F,

lard maigre: 1,60F,

lapin: 1,80F,

lentilles (le litre): 1,20F,

pois cassés: 1,50F.

C’est la guerre, dit-on, Eh oui, c’est la guerre. Mais la plupart de  es articles n’en sont pas moins chérots. Demandez plutôt aux ménagères.

Le 45 ème RI dans le secteur de Pargny-lès-Reims

1er Juin 1915.-La journée du 1er juin est employée aux travaux de propreté. Toute circulation à l’intérieur du cantonnement est interdite  sauf pour les corvées régulières.

 2-3 -4 Juin 1915.-R.A.S

 5 Juin 1915.-Le Commandant STRAUSS reçoit un ordre pour se rendre à PARIS en mission spéciale de 24h. Vers 16h quelques obus sont tombés sur Pargny-lès-Reims et Jouy-lès-Reims. Aucun incident de personne ni dégât

http://www.lescahiersdhistoire.net/45eri/articles.php?lng=fr&pg=47

Une lettre de Fernand Béguier depuis les Dardanelles

Le 1er juin 1915, Fernand Béguier, 19 ans, enfant d’Embourie, écrit à sa famille d’un style malhabile depuis le front des Dardanelles.

«Chers parents, jamais je n’ai reçu aucune lettre de vous et pourtant, je sais que vous m’avez écrit. Hier, j’ai été en corvée avec mon escouade: porter des obus pour des canons de 65 […] Ici, on n’entend pas autre chose que des balles et des obus qui nous passent sur la tête. Un vrai tonnerre. Vous ne pouvez pas vous imaginer comment ça fonctionne, cette espèce de guerre de tranchées. Une grosse marmite a fait un trou à enterrer un wagon. Jamais je n’aurais cru ça. Enfin, c’est la chance, celui qui n’a pas été touché, ça va bien. Et ce qu’il y a d’emmerdant à ce putain de front, c’est l’offensive à outrance. Tous les jours, il y a quelques régiments qui montent à l’assaut.

Le fort de Roupel est situé à la porte de Salonique, les Grecs qui l’avaient donné aux Bulgares pendant la guerre des Balkans ont consacré 40 000 hommes pour le prendre. le 176e régiment est monté le 21 juin et a remporté la victoire. Mais qu’est ce qu’il en reste? Sur la 12e compagnie, ils étaient 350 avant de partir. Ils sont revenus à 28. Tous les autres sont blessés ou morts. Les chefs qui restent sont presque tous décorés. C’est beau. Mais la vie tranquille est belle aussi.»

http://www.charentelibre.fr/2010/11/11/embourie-signe-l-armistice-avec-son-passe,1006017.php

 La France abandonne l’uniforme garance

uniformes

1 juin 1915.-La France abandonne l’uniforme garance et adopte pour son armée un uniforme plus sobre de couleur bleu horizon, elle remplace aussi le képi par le casque.

 Lu dans le Miroir en date du mardi 1 juin 1915

Une attaque allemande a été facilement repoussée par nos troupes à Notre-Dame-de-Lorette. Par ailleurs, nous avons réalisé quelques progrès dans la région; entre Souchez et Carency  nous avons fait 50 prisonniers, après nous être emparés du moulin Malon et des tranchées creusées entre ce moulin et la sucrerie de Souchez. Dans les alentours du « Labyrinthe », nous avons capturé 150 Allemands et organisé les positions conquises. Aux lisières du bois Le Prêtre, lutte d’artillerie.

Les Russes ont largement avancé sur la Doubissa, sur la Vistule supérieure et à l’est du San, particulièrement au nord-est de Przemysl. Ils ont pris plus de 15000 Austro-Allemands au cours de la dernière quinzaine écoulée.

Le cabinet de Berlin a adressé sa réponse au gouvernement américain au sujet de la destruction du Lusitania. Cette réponse est évasive et dilatoire et provoque outre-Atlantique une vive irritation.

La Bulgarie semble à nouveau évoluer vers la Triple Entente, du moins à en juger par le ton général de sa presse.

Des dirigeables allemands ont paru au-dessus des côtes de Finlande.

Après une longue accalmie, les combats d’avant-postes ont repris entre Autrichiens et Serbes.

 

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268/journal de la grande guerre: 29 avril 1915

Carnets du rémois Paul Hess (extraits)

Journée assez calme

Georges Baudain à Etrain

N’ayant pas assez de place, Il faut refaire des abris,  plus une cuisine et une place pour le cheval.

Le temps est toujours superbe, après la soupe je change de linge car j’ai des totos depuis que je suis rentré. Je les ai attrapés dans la paille à Woestein dans les jours où je suis rentré et dame, j’en suis bien embarrassé et ça peuple vite cette denrée là aussi je me débarrasse du caleçon, chemise et flanelle que je ferai laver à  Etrain. Pendant ce temps, alors que je me rhabille, une tranchée s’écroule ensevelissant un musicien : Arsa.Tout le monde s’y précipite au galop avec pelles et pioches. Les minutes d’angoisse sont longues et ce n’est qu’au bout de vingt minutes d’efforts désespérés, que nous le retirons de là.  Il n’était que temps, il a perdu connaissance. Nous lui faisons la respiration artificielle. Il revient rapidement à lui. Il n’a rien de cassé mais il ne peut marcher. Il lui faudra quelques jours de repos et quelquefois ça peut mettre encore plus longtemps car du talé ou meurtri,   ce n’est pas tôt guéri

http://www.georges-baudin.fr/jeudi-29-avril-1915/

Ecrivain mort à la guerre

Michel Della Torre , poète-essayiste – 1890 – 29 avril 1915 devant Vauquois (Argonne)

http://data.bnf.fr/14866134/michel_della_torre/

Dardanelles: limogeage du général d’Amade

Le 29 avril 1915, Gouraud est averti par message téléphoné d’un départ prochain. On doit considérer cette date, et non celle du 2 mai, comme le point de départ de la décision de limoger le général d’Amade. Il faut donc regarder l’éviction du premier commandant en chef du corps expéditionnaire d’Orient non plus comme un rappel humiliant mais comme celle d’une nouvelle orientation en France. En effet, il devient difficile d’affirmer qu’il est rappelé pour avoir sacrifié ses hommes, car le reproche qui lui a été fait porte essentiellement sur les pertes des premiers jours de mai. D’ailleurs, cette argumentation semble presque anachronique au regard des pratiques militaires du début de l’année 1915 car il n’est pas encore entré dans les esprits que les alliés risquent de manquer d’hommes, en particulier dans les campagnes coloniales où sévit encore le mythe de la ressource africaine jugée inépuisable. Il faut donc davantage regarder ce rappel comme une volonté politique de Joffre et de son équipe de le remplacer par un général susceptible de maintenir une forte volonté à la tête des troupes françaises tout en ayant surtout la capacité à s’entendre avec les Britanniques.

http://rha.revues.org/6921

 Lu dans Le Miroir en date du 29 avril 1915

France.- Notre progression s’est poursuivie au nord d’Ypres et particulièrement à notre gauche. Nous avons pris des mitrailleuses, des lance-bombes et fait plusieurs centaines de prisonniers. Les pertes ennemies sont extrêmement élevées. En Champagne, les Allemands nous ont enlevé près de 300 mètres de tranchées avancées près de Beauséjour: nous en avons repris la moitié. En Argonne, à Marie-Thérèse, nous enrayons une tentative d’attaque. Sur les Hauts-de-Meuse, près des Eparges, nous avons gagné un kilomètre, infligé de fortes pertes à nos adversaires et détruit une batterie d’artillerie. Canonnade, mais sans attaque d’infanterie, à l’Hartmannswillerkopf.
Cent-trente-six hommes du Léon-Gambetta ont été sauvés, grâce à la coopération des autorités navales italiennes.
La bataille continue dans les Carpathes sans que la décision soit encore en vue, mais les Austro-Allemands se heurtent à un mur.
Notre action aérienne s’est fortement développée. Nos avions ont lancé 27 obus sur la gare de Bollwiller (près de Guebwiller, voie ferrée de Strasbourg à Mulhouse): 60 sur la gare de Chambley et sur celle d’Arnaville (à proximité de Metz); 6 sur les hangars des zeppelins à Friedrischafen (lac de Constance); 21 sur l’usine de Léopoldshoelle (duché de Bade). Nous avons abattu quatre avions ennemis.

 

259/journal du 20 avril 1915: le point dans le conflit des Dardanelles

Carnets du rémois Paul Hess (extraits)

« Vers 4 h1/2 des explosions me réveillent. J’écoute, cherchant à entendre le moteur de l’aéro qui, je le suppose, fait déjà sa tournée et dont il y aurait à craindre le passage au-dessus (…) C’est un bombardement et les obus tombent assez dru (…) Le rapport de police mentionne dix huit obus incendiaires parmi ceux envoyés ce matin, les pompiers ont eu à courir de tous côtés. »

A 11 heures, nouvelle série d’obus incendiaires (…)Des pompiers se sont installés pour combattre un incendie allumé par un obus dans l’ancien immeuble du Courrier de la Champagne, rue Robert-De-Cousy (…) Ce jour là, la bonne de la maison Lallemand, 9 rue du Cloitre, éteint elle même un commencement d’incendie causé par un incendiaire, dans cet immeuble dont elle assure la garde. »

Le point dans le conflit des Dardanelles

Le 20 avril 1915, les Alliés disposent enfin d’une force de 70.000 hommes, britanniques, australiens, néo-zélandais et français. A l’aube du 25 avril, ce corps expéditionnaire, baptisé ANZAC, renforcé de troupes françaises et commandé par le général britannique HAMILTON, débarque sur cinq petites plages, baptisées S, V, W, X et Y, au Cap Helles, à l’extrémité sud de la péninsule de Gallipoli.  Dans le même temps, d’autres troupes débarquent près de Gaba Tepe, à une vingtaine de kilomètres plus au nord. Ce dernier se déroule dans des conditions extrêmement délicates. En effet,  le courant marin déporte les troupes à près de deux kilomètres au nord du lieu prévu et les unités se retrouvent alors regroupées sur une petite plage cernée d’éperons rocheux.  Fort heureusement, l’attaque s’effectue sans résistance car les Turcs avaient jugé un tel lieu de débarquement plus qu’improbable.  Livrés à eux-mêmes, sans liaison avec l’échelon supérieur, des soldats doivent escalader la crête de Chunul-Baïr.  Ils sont alors repoussés par les forces turques aux ordres d’un jeune colonel, Mustapha KEMAL qui contrôle les sommets.

http://lechoduchampdebataille.blogspot.fr/p/les-dardanelles-1915-1916_12.html

Récit de la mort de Jules Aubry le 20 avril 1915

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Lu dans Le Miroir en date du mardi 20 avril 1915

Belgique.-Les troupes britanniques ont enlevé en Belgique, près de 200 mètres de trancbées : elles ont consolidé leurs positions sur le terrain conquis.

France.-Des combats ont eu lieu aux Eparges, où nous avons repoussé une attaque; au bois de Mortmare, où les résultats sont incertains; à Regniéville, où nous avons l’avantage. En Alsace, notre avance s’est affirmée à nouveau sur les deux rives de la Fecht, où nous nous sommes installés sur toute une série de hauteurs, en prenant deux canons et deux mitrailleuses.
L’aviateur Garros a dû atterrir en Flandre, à Ingelmunster: il a été fait prisonnier.
La bataille des Carpathes est momentanément suspendue. Jusqu’ici, les Russes ont capturé 70.000 Austro-Allemands, 30 canons et 200 mitrailleuses. Des renforts bavarois sont arrivés vers Cracovie.
La canonnade a recommencé dans les dardanelles.
L’Autriche et l’Allemagne ont rappelé, par mesure de prudence, ceux de leurs vapeurs qui se trouvaient dans les eaux italiennes.
De nouvelles émeutes de la faim ont eu lieu en Autriche, spécialement dans le Trentin.
La Gazette de Francfort évalue les frais de la guerre, au 1er avril, pour tous les belligérants réunis à 42 milliards.

LA CARTE POSTALE DU JOUR

20 04 1915
CARTE POSTALE JEAN HUGUES CRÉTIN

 

 

 

175/journal du 26 janvier 1915: les Allemands prennent la grotte du dragon

Carnet du rémois Paul Hess

Le bombardement a commencé le matin vers 4 heures.

Prise  allemande de la caverne du Dragon  (suite)

9782846730334 Le chemin des Dames.psdLire l’ouvrage d’Alain Malinowski: « le chemin des dames: la caverne du dragon »

Lorsque le front se stabilise au nord de l’Aisne, en septembre 1914, les Allemands s’installent sur les hauteurs, le long du Chemin des Dames. Les premiers combats, à l’automne 1914, y sont d’une rare âpreté et le secteur de la ferme d’Hurtebise devient ainsi l’un des plus difficiles de tout le front.

Les 25 et 26 janvier 1915, les Allemands lancent une attaque et s’emparent de la grotte du Dragon, l’une des positions françaises les plus importantes. Ils vont s’y maintenir plus de deux ans.

Lors de l’offensive Nivelle sur le Chemin des Dames, en avril 1917, plusieurs assauts échouent devant la caverne, qui est finalement enlevée le 25 juin. En mai 1918, l’offensive allemande s’empare du Chemin des Dames sur toute sa longueur.

Cet ouvrage  relate les péripéties des combats grâce à de très nombreux témoignages et des photographies inédites. (YSec édition)

L’écrivain Henri Barbusse parle de la bataille de Crouy (aisne)

Le 26 janvier 1915, l’écrivain et soldat de 1re classe Henri Barbusse, 41 ans, engagé volontaire au 231e régiment d’infanterie, décrit la guerre qu’il vit dans une longue lettre à sa femme. « À l’aube, nous entrons dans la tranchée allemande, laquelle est basse et mal faite. À 10 heures, les Allemands commencent à bombarder leurs tranchées. Ce bombardement est l’un des plus terribles qui aient eu lieu depuis le commencement de la guerre. Au bruit assourdissant des éclatements secs, sourds, stridents et que l’écho prolonge de tous côtés, se mêlent les sifflements et les tapements des balles, le souffle des obus : des rugissements et des miaulements, très exactement, et des halètements de locomotives lancées à toute vitesse. J’étais tapi au revers de la tranchée. J’ai vu autour de moi, tout près, des camarades qui ont eu la tête ou le bras broyés, ou qui ont été blessés par des éclats d’obus. C’était sérieux, je vous assure. Cela a duré près de douze heures. » LA SUITE SUR:

http://www.valeursactuelles.com/histoire/1914-1945-notre-guerre-de-trente-ans-42009

Premier vol de Charles Nungesser

Charles Nungesser

 

Blessé dans les tranchées, il obtient de partir dans l’Aviation. Après un premier vol le 26 janvier 1915, il effectue un écolage brillant à Avord, ce qui laisse supposer qu’il était particulièrement doué, ou bien qu’il avait déjà volé en Argentine. Il obtient le brevet militaire n° 1803 le 2 mars 1915 sur Henry Farman H.F.20. Versé à VB.106 basée près de Dunkerque, il effectue de nombreuses missions de bombardement en compagnie de son mécanicien, Roger Pochon.

Pour en savoir plus: http://www.museeairespace.fr/c/a/charles-nungesser/

Lire aussi: http://charles-nungesser.e-monsite.com/pages/biographie.html

Les journaux du jour

524_001La science et la Vie Janvier 1915

 

Mines dans la carrière Vedelle (Oise)

C’est ainsi que le 26 janvier 1915, après avoir bourré d’explosif deux chambres souterraines situées aux extrémités des deux galeries de mines de 22 et 26 mètres respectivement démarrant dans la partie la plus au sud de la carrière(donc la plus proche des lignes françaises) les pionniers allemands feront sauter les deux premières mines du secteur. Le bilan est lourd parmi les troupes française : 26 morts et 22 blessés. Cependant, tout en dégageant les blessés, l’infanterie française occupe les entonnoirs de mine et organise les défenses. Au final, le bénéfice tactique ce ces explosions est nul ; mais l’impact psychologique est majeur.

Ce réveil brutal des esprits permettra de comprendre que la guerre des mines à débuté dans ce secteur, même si elle n’atteindra jamais le niveau de ce qui s’est passé à Berry-au-Bac, ou à la butte de Vauquois.

Suite à l’explosion du 26 janvier 1915, un rapport sera écrit par le commandement de la 37ème division d’infanterie. La teneur de celui-ci est sans appel quant au manque de clairvoyance du commandement local des troupes du génie.

http://souterrains.vestiges.free.fr/spip.php?article1

Décision de forcer les passages  dans les Dardanelles

soupe
L’heure de la soupe, sur le pont du navire.

C’est le 26 janvier 1915 que les états-majors anglais et français (Joffre bien à contre-cœur) adoptent le plan d’intervention visant à forcer les passages des Dardanelles et rejoindre ainsi la flotte russe de la mer Noire. L’affaire va être menée par le général anglais Sir Ian Hamilton, disposant de 75000 hommes (4 divisions britanniques et la division française du général d’Amade, qui avait été le commandant des forces débarquées au Maroc en 1909). L’infanterie de la division était composée du 175e régiment d’infanterie, du 6e régiment de marche colonial d’infanterie (R.M.C.I.) et du 1er régiment de marche d’Afrique (R.M.A.); celui-ci, d’abord appelé régiment d’Algérie-Tunisie, car ses hommes venaient aussi bien d’Oran, Philippeville que de Tunis, comprenait 4 bataillons de zouaves et 1 bataillon de Légion.

http://cerclealgerianiste2607.fr/Chapitres/CULTURE/HISTOIRE/Histoire%20Militaire/1914%201918/Les%20Dardanelles.html

« L’expédition turque contre l’Égypte

Le correspondant du Daily Mail au Caire télégraphie qu’un officier allemand stationné à Eirul a déclaré, au cours d’une conversation avec un neutre, que le corps expéditionnaire turc franchira probablement la frontière vers la fin de la première semaine de février. Il a ajouté que l’intention primitive du haut commandement était de commencer les opérations le jour de l’anniversaire du kaiser.
Le premier contingent a quitté Damas le 17 décembre pour Beesheba, Gaza et les localités environnantes. Un second détachement a suivi le 31 décembre, une troisième colonne est en formation. Elle partira prochainement.
Djemal pacha est en ce moment à Jérusalem prêt à prendre le commandement des troupes.

LA SUITE SUR: http://aulas.pierre.free.fr/chr_g15_jan.html

Lu dans Le Miroir en date du mardi 26 janvier 1915

France.-Progression de nos troupes, en Belgique, à l’est de Saint-Georges; canonnade sur presque tout le front, de la Lys à l’Oise. Une contre-attaque ennemie est repoussée à Berry-au-Bac, sur le front de l’Aisne, où nous conservons toutes les tranchées disputées. Nous démolissons des ouvrages en Champagne; nous arrêtons, par le tir de nos batteries, une fusillade en Argonne (bois de la Grurie); nous détruisons, à Saint-Mihiel, les ponts construits par les ennemis; enfin à Emberménil, près d’Avricourt, en Lorraine, nous capturons un détachement bavarois.
Les communiqués russes indiquent que la guerre de tranchées continue en Pologne; ils confirment la concentration des troupes austro-hongroises à la lisière commune de la Bukovine et de la Transylvanie.
Une autre concentration austro-allemande s’effectue à la frontière serbe, ce pays semblant destiné à subir, à bref délai, un nouvel assaut.
L’empereur François-Joseph a déclaré qu’il abdiquerait plutôt que de céder le Trentin. Les manifestations en faveur de la guerre se multiplient en Italie, chez les radicaux et chez les révolutionnaires.
La Grèce et la Bulgarie prennent de nouvelles précautions militaires.
Les hangars d’Essen ont fortement souffert du jet des bombes alliées.
Un attentat a été commis à Constantinople contre von der Goltz.
Les communications viennent d’être rendues plus rapides entre l’Occident et la Russie par l’ouverture du tronçon ferré Tornéa (Suède) à Karungi (Finlande).

 

8/ Journal de la grande guerre: 12 août 1914 la bataille de Haelen

Suite de notre éphéméride de la guerre 14-18 à partir des informations de L’illustration et de documents personnels (Le Miroir, journal du 106ème RI etc)

Mercredi 12 août 1914

Bataille de Haelen en Belgique

Alors que dans L’illustration du 15 août écrit à propos de la Belgique: « Les forts de Liège tiennent toujours. Le ministère de la Guerre annonce que le mouvement de retraite des Allemands s’accentue de ce côté; ils semblent se retirer et se masser vers l’Est. Le gros des troupes allemandes est concentré entre Liège et Luxembourg.  Une grande bataille paraît imminente. » dans le N° suivant on prend connaissance des premiers combats violents qui se sont déroulés à Haelen.

R65 AOUT1914
Débris des harnachements de cavalerie allemande, ramassés dans un champ à Diest et gardés par une sentinelle belge

Premier combat sérieux en rase campagne entre Diest et Haelen entre 15.000 hommes. Extrait d’un article de Paul Erio: « le journal »

L'entrée du village de Haelen bombardé par les Allemands
L’entrée du village de Haelen bombardé par les Allemands

Nos amis belges avaient en face d’eux les cavaliers qui viennent de dragonner si sauvagement, pillant et massacrant tour à tour dans le Limbourg et le Brabant, autour de Jodoigne, Tirlemont, Hasselt, Louvain, et parmi eux, les funèbres hussards de la mort de Dantzig que commanda naguère le konprinz; leurs exactions sont maintenant châtiées. Mercredi les Allemands quittaient Hasselt, déclarant aller tout droit à Bruxelles. Malheureusement pour eux, il y avait sur la route ce « quelqu’un d’inattendu »dont parle le poète.

Ils partirent sans même s’éclairer, tellement ils étaient sûrs d’eux, à travers une contrée pourtant accidentée. Ils arrivèrent ainsi jusqu’à Haelen. Mais à peine le peloton de uhlans pénétrait-il dans ce village qu’il y était accueilli par un feu intense. Le peloton entier fut fauché: les cyclistes armés de mitrailleuses portatives Hotchkiss venaient de se révéler, et le premier coup qu’ils portaient était terrible. Un seul chargeur suffit à balayer la route disait le lendemain le capitaine de compagnie (…)Le flegme belge n’a rien à envier au flegme britannique »

Après la charge des dragons allemands sur la chaussée de Haelen, un cheval tué abandonné avec son harnachement et l'étui de carabine de son cavalier
Après la charge des dragons allemands sur la chaussée de Haelen, un cheval tué abandonné avec son harnachement et l’étui de carabine de son cavalier

Les allemands se rendant compte de la faiblesse des effectifs belges lancèrent leur cavalerie en trombe. « On nous envoya au feu comme à la manoeuvre, comme s’ils n’y avaient pas de balles dans les fusils »devait déclarer un des officiers allemands blessés.

A 200 contre 6.000

Les deux mitrailleuses de la compagnie cycliste entrèrent en action; les impétueux cavaliers aussitôt se replièrent. Alors l’agresseur fit donner le canon. Une pluie de mitraille écrasa le petit bourg, criblant les rues, les maisons, l’église. Bien abrités, habilement dissimulés, les cyclistes tinrent bon, jusqu’au moment où ils se virent être débordés par le nombre: à 200, ils avaient maintenu en respect 6.000 ennemis. Ils se replièrent-non sans que deux d’entre eux, fussent aller, faire sauter le pont de Haelen. Ils avaient admirablement rempli leur rôle. Les troupes belges massées en arrière se démasquèrent alors (…)L’effet des obus allemands était presque nul (…)Le tir des  Belges était, au contraire d’une précision merveilleuse. (…)

Pourtant à un moment, des dragons de Mecklembourg se lancèrent, comme dans un suprême effort, de Haelen sur la route de Diest, une belle allée bordée d’arbres, telle qu’on en voit dans les tableaux des vieux maîtres flamands. Ils n’allèrent pas loin. A L’entrée de Zelck-Haelen, une barricade se dressait en travers de la route. Des mitrailleurs cyclistes étaient embusqués derrière; d’autres dans les greniers des premières maisons du village, d’autres dans le clocher de l’église. Ils attendaient, tranquilles. Et quand les cavaliers aux flammes jaunes et noires ne furent plus qu’à 400 mètres, le crépitement des armes automatiques éclata en grêle. L’escadron fut fauché comme une gerbe. Seuls, deux pauvres chevaux emballés franchirent la barricade.

C’était pour les Allemands, la partie perdue. La retraite se dessina vers Saint-Trond. A la nuit il ne resta plus sur le terrain de la lutte qu’un amas de morts et de blessés, des armes abandonnées, lances, fusils, des accessoires d’équipement. L’ennemi avait laissé là plus de 3.000 hommes.

Ce fut, durant plusieurs jours, une vision infernale, un vrai charrier où les cadavres des chevaux se mêlaient à ceux des hommes. Les paysans n’arrivaient qu’avec peine à enterrer les uns et les autres, un moment être obligés de les brûler, ne pouvant suffire à la besogne.`

 

Blessé allemand ramassé sur le champ de bataille de Haelen et gardé dans une cour d'école
Blessé allemand ramassé sur le champ de bataille de Haelen et gardé dans une cour d’école

Quant aux blessés, on avait fait diligence pour les enlever,  les adversaires confondus, Belges et Allemands traités avec les mêmes soins. Et ces derniers n’en revenaient pas de se voir couchés dans les lits blancs de l’hospice civil de Diest. Car, afin de les mieux exciter au combat, leurs officiers n’avaient cessé de leur répéter que nos amis- comme nous – ne manqueraient pas de les achever s’ils tombaient frappés d’un coup (…)

Parmi les trophées de victoire que  cette magnifique journée rapportait aux Belges se trouvait l’étendard des hussards de la mort, le macabre étendard auquel il y a quelques mois, le konprinz adressait un si belliqueux au-revoir.

Sur d’autres fronts

  • Pont a Mousson bombarde
  • France.-Pont-à-Mousson est bombardé à 10 heures. Une centaine d’obus tombent sur la ville, tuant ou blessant quelques habitants et démolissant plusieurs maisons. Effet moral nul sur la population.

GOEBEN - Wiki.

Sur mer.-Les croiseurs Goeben et Breslau ont franchi les Dardanelles. le gouvernement ottoman déclare les avoir achetés,- ce qui est contraire à tous les traités internationaux.

http://www.imprescriptible.fr/documents/morgenthau/chapitre05.htm