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1461/3 août 1918

Le droit de vote des femmes, ce sera pour plus tard

Le 3 août 1918 Le Figaro s’étonne que l’initiative de la proposition de loi autorisant le droit de vote des femmes vienne d’un sénateur.

«La commission d’initiative du Sénat a pris en considération la proposition de loi de M. Louis Martin, tendant à reconnaître aux femmes le droit de vote dans toutes les élections, et a nommé M. Louis Martin rapporteur.

“Dans toutes les élections”. Ce n’est rien de moins qu’une révolution véritable!

Quels pourront être les bienfaits, les dangers, les inconvénients, les avantages, d’un tel bouleversement de nos mœurs politiques? On ne peut l’apprécier encore; et c’est à la génération politique d’après-guerre qu’incombera sans doute l’honneur et la charge d’une telle expérience.

Ce sera peut-être intolérable. Ce sera peut-être très bien. On verra. En tout cas, l’Histoire devra noter que c’est par des mains sénatoriales que fut lancée sur notre édifice législatif cette prodigieuse grenade.
Cet âge est sans pitié.» écrit Le Figaro du 3 août 1918.

source: http://www.lefigaro.fr/histoire/centenaire-14-18/2014/08/03/26002-20140803ARTFIG00102-3-aout-1918-le-droit-de-vote-des-femmes-ce-sera-pour-plus-tard.php

Les combats en août autour de Bazoches (Aisne)

4ème et 77ème D.I. US, face à une partie des troupes de la 7ème Armée Allemande. La 62ème D.I. est à l’ouest de Bazoches.

source: http://batmarn2.free.fr/bazoches1918.htm

Grève à Saint-Pierre- des -Corps (Indre et Loire)

Le 2 août 1918, 1 500 personnes, « la plupart des femmes et une centaine d’hommes employés de chemin de fer » sont réunies salle du Manège. Ce coup-ci, ce sont les ouvrières travaillant pour l’Intendance américaine qui font grève. Elles ont réclamé 3 francs d’augmentation par jour, mais n’ont obtenu que 1,50 franc ; et elles rejettent le travail aux pièces. Les autorités tentent de briser la grève en embarquant chaque matin les ouvrières non-grévistes pour qu’elles travaillent dans des ateliers à Saint-Pierre-des-Corps ; au cours du meeting du 2 août, une ouvrière suggère de crever les pneus des camions américains.

Place Velpeau, le 3 août, des carreaux de l’annexe du magasin général sont brisés, une manifestation s’organise, et la police procède à plusieurs interpellations pour « résistance aux agents », « injures et menaces », « entrave à la liberté du travail  » et « voies de fait ». Le soir, une nouvelle réunion mobilise entre 1 200 et 1 500 personnes, essentiellement des femmes. La grève durera jusqu’au 8 août, mais les autorités américaines ne céderont pas. Au contraire, elles menacent de licencier une partie des grévistes.

L’Union libérale, journal local comme il faut, se contentera dans ses pages d’actualités locales de causer de la fête de l’ail et du basilic. Pourtant, un rapport du préfet parle quand même d’un mouvement ayant connu pour la seule journée du 3 août pas moins de 3 .700 grévistes sur 3. 900 possibles !

https://larotative.info/1917-1918-les-ouvrieres-1886.html

Ce sont en tout 17 202 soldats américains qui ont été soignés à Beaudésert dans l’Hôpital n°22, l’un des six centre hospitalier du quartier.

« Les premiers blessés ont été acheminés directement du front par le train. Leurs visages sont couverts de cloques à cause des gaz ! D’autres suffoquent. Mon Dieu ! Ils n’ont même pas vingt ans ! »

source: http://www.merignac.com/actualites/journal-de-bord-du-medecin-major-thomas-lgore

Journal du samedi 3 août 1918

Sur l’ensemble du front de bataille, actions d’artillerie.
Entre Montdidier et l’Oise, un coup de main ennemi au nord d’Antheuil n’a donné aucun résultat.
Une attaque allemande sur la montagne de Bligny a été également brisée. Des raids allemands ont échoué dans la région de l’Argonne.
Sur le front anglais, l’artillerie ennemie s’est montrée active au sud-ouest d’Albert. Elle a également manifesté quelque activité à l’est de Robecq et en d’autres secteurs.
Les Américains ont encerclé des détachements allemands qui avaient pénétré dans leurs lignes: tous les hommes ont été tués, blessés ou capturés. Au sud-ouest du bois Meunière, après un dur combat à la baïonnette, les Américains ont refoulé les ennemis dans les bois. Ils ont pris le bois de Grimpette et atteint le village de Cierges.
Ils ont repoussé des coups de main en Lorraine et en Alsace.
Sur le front italien, les alpins ont capturé la garnison d’un poste autrichien dans le val Daone. Dans le val Brenta, l’infanterie italienne a refoulé l’ennemi après une lutte corps à corps, en lui faisant des prisonniers.
Cinq avions autrichiens ont été abattus.
Une patrouille grecque, en Macédoine, a tendu une embuscade à une patrouille bulgare à l’ouest de Demir-Hissar et lui a fait des prisonniers. Sept avions ennemis ont été détruits sur ce front.

source: http://grande.guerre.pagesperso-orange.fr/aout18.html

1153/29 septembre 1917: à propos de la mort de Guynemer

Les femmes de percepteurs sont fichées

Le Figaro 29 septembre 1917 souhaite que les agents du ministère des finances cessent d’espionner les femmes des percepteurs.

«Parmi les utiles réformes que, certainement, M. Klotz s’empressera de prendre, il en est une qui est urgente.

Le ministre des finances continue, en effet à son insu peut-être à demander à ses agents de le renseigner sur la façon dont les femmes des percepteurs “tiennent leur maison”, sur la nature de “leurs réceptions” et sur “leurs fréquentations”.

Nous sommes convaincus que M. Klotz nous donnera la satisfaction de publier la circulaire qui supprimera ces fiches.» écrit Le Figaro du 29 septembre 1917.

source: http://www.lefigaro.fr/histoire/centenaire-14-18/2014/09/29/26002-20140929ARTFIG00244-29-septembre-1917-les-femmes-de-percepteurs-sont-fichees.php

A propos de la mort de Guynemer

La Gazette des Ardennes relate : « Le 11 septembre 1917, à 10 heures du matin, un aviateur français s’abattit à environ 700 mètres au Nord-Ouest du cimetière situé au Sud de Poelkapelle. Le sous-officier allemand B… se rendit avec 2 hommes à l’endroit où s’était produite la chute. L’avion était un monoplace ; l’une de ses ailes était rompue. Le sous-officier B… détacha l’aviateur mort de son siège. Le cadavre avait reçu une balle dans la tête ; une jambe et une épaule était brisées mais sa figure était reconnaissable et ressemblait à la photographie qui se trouvait sur sa carte d’identité portant le nom Georges Guynemer. »
Un pilote allemand, capturé le soir du 29 septembre 1917 affirma que le corps et l’avion de Guynemer avaient été pulvérisés par des tirs de barrage de l’artillerie britannique avant que les Allemands n’aient pu retirer le corps pour l’enterrer.
Le lieutenant allemand Menckoff, aux 39 victoires, descendu dans nos lignes, donna le 25 juillet 1918 quelques précisions sur le dernier combat de Guynemer : « Votre As surprit Wissemann à cinquante mètres à peine par derrière. Celui-ci le vit, alors qu’il semblait être trop tard. Il se croyait perdu, lorsqu’il s’aperçut avec joie que les deux mitrailleuses de Guynemer étaient enrayées. Le Français chercha à manoeuvrer pour mettre sa vitesse à profit, mais il fut rejoint et abattu. Sans aucun doute, il était d’une classe bien supérieure. Wissemann dit l’avoir échappé belle ce jour-là…

source: http://www.a-a-a-g.fr/index.php?page=georges-guynemer

Journal du samedi 29 septembre 1917 à travers Le Miroir

Les Allemands ont tenté une série de coups de main sur le front de l’Aisne, dans la région du Panthéon, au sud de la Royère, dans la région au sud d’Ailles et sur nos tranchées, au nord-est de Courcy. Tous ont été repoussés par nos feux.
En Argonne, au Four-de-Paris, puis au nord-ouest de Tahure et à l’ouest de la ferme Navarin, l’ennemi a lancé sur nos positions trois attaques successives, mais nos tirs d’artillerie et d’infanterie l’ont empêché d’aborder nos lignes et lui ont fait subir de lourdes pertes.
Vives actions d’artillerie sur la rive droite de la Meuse, en particulier dans la région de la cote 344.
Malgré les conditions atmosphériques défavorables, nos escadrilles de bombardement ont, au cours de la nuit, copieusement arrosé de projectiles les terrains d’aviation de Marville et de Mars-la-Tour, les gares de Brieulles, Fléville et Romagne-sous-les-Côtes, les cantonnements de Peuvillers et de Sivay-sur-Meuse.
Les Anglais ont brisé une contre-attaque ennemie sur leurs positions de Zonnebeke. Ils ont enlevé, au sud de Tower-Hamlet et du bois du Polygone, des points d’appui isolés où des groupes ennemis tenaient encore à proximité de leurs nouvelles positions. Ils ont effectué avec succès un coup de main au sud-ouest de Cherisy.
Canonnade au sud de Lens.

source: http://grande.guerre.pagesperso-orange.fr/septembre17.html

Sortie de la vie parisienne

1086/24 juillet 1917:Mata Hari condamnée à mort

Mata Hari condamnée à mort

Celle qui est condamnée à mort par un Conseil de guerre ce jour de juillet 1917 deviendra une véritable légende. Pourtant, Mata Hari, de son véritable nom Margaretha Geertruida Zeller n’avait rien d’une grande artiste. Ni d’une grande espionne.

En présentant Mata Hari comme un agent allemand majeur, ses juges espèrent que
le public voudra bien se détourner de la guerre qui s’enlise et des
erreurs de l’état-major pour céder à la tendance en vogue :
l’espionnite.

Le dossier faisait pourtant plusieurs centaines de pages . Mais il n’aura fallu que dix minutes aux six juges du Conseil de guerre pour condamner Mata Hari à mort. Son procès, tenu à huis-clos comme tous les faits d’espionnage, a été tout aussi expéditif.

Que reproche-t-on à cette danseuse exotique qui pimente d’érotisme ses numéros ? De s’être introduite dans le « camp retranché » de Paris pour procurer des renseignements à l’ennemi. Selon l’accusation, 50.000 Français seraient morts à cause des renseignements qu’elle aurait transmis à Berlin. Des navires auraient été torpillés en Méditerranée.

Aucune de ces charges n’a vraiment été démontrée . Les seules informations avérées confirment certes que la danseuse, de son véritable nom Margaretha Geertruida Zelle, a bien été approchée par les services allemands. Ils lui ont même attribué un nom de code : H 21. Elle a fait un stage d’espionne et s’est servie de cette encre sympathique, marque de fabrique des services allemands, et elle a reçu une somme d’argent : 10.000 francs. Quant aux renseignements transmis, difficile d’en trouver la trace. Il semble que si elle a été une espionne, Mata Hari n’en ait été une que de faible envergure. Uniquement soucieuse de maintenir son train de vie.

Mais elle était connue . Dans le Paris de la Belle époque, Mata Hari faisait sensation : beaucoup, en 1917, se souvenaient encore de cette « danse des sept voiles » qu’elle interpréta en 1905 au musée Guimet.  La condamner permet de focaliser l’attention du public sur les espions. Des espions qui certes, sont loin d’être un mythe. Ils sont nombreux dans les départements envahis ou dans les grandes villes européennes.

Mais l’état-major préfère que les échecs militaires et les mouvements sociaux de cette année 1917 – le chemin des dames, les mutineries, les grèves – soient attribués à des agitateurs et des traitres plutôt qu’aux erreurs de l’état-major et à la lassitude de cette guerre qui n’en finit pas. A Paris, l' »espionnite » fait rage et des affiches sont placardées sur les murs : « Des oreilles ennemies nous écoutent « , disent-elles. Mata Hari sera fusillée le 15 octobre 1917. Plusieurs centaines d’espions, réels ou supposés, subiront le même sort.

son sur http://www.francetvinfo.fr/replay-radio/france-info-y-etait/24-juillet-1917-mata-hari-condamnee-a-mort_1757481.html

Lire aussi http://guillotine.cultureforum.net/t2287-mata-hari-1917

https://www.herodote.net/15_octobre_1917-evenement-19171015.php

Les tentatives de paix

 Le 24 juillet 1917, le nonce apostolique à Munich,Mgr Pacelli, le futur  Pie XII, fait alors une proposition de paix au chancelier  Georg Michaelis et au ministre des Affaires étrangères  Arthur Zimmerman prévoyant la restitution des colonies allemandes, l’évacuation de la Belgique et des territoires français occupés. Le pape Benoît XV est abordé par Charles I er afin d’obtenir son appui, mais il n’est pas mis dans la confidence quant aux négociations de l’Affaire  Sixte.

Avant que l’Allemagne ne réponde, le pape Benoît XV envoie une note de paix le 1 er août 1917, qui arrive officiellement quinze jours plus tard et qui est connue d’après les premiers mots qui la composent : « Dès le début ». Celle-ci prévoit la « restitution réciproque de tous les territoires occupés, en particulier l’évacuation totale de la Belgique avec l’assurance de son entière indépendance politique, militaire et économique envers toute puissance ainsi que la restitution des colonies allemandes », mais également« l’examen des questions territoriales restantes comme entre l’Autriche-Hongrie et l’Italie, tout comme entre l’Allemagne et la France dans un esprit de réconciliation et en mesure de ce qui est juste et possible »

source: https://fr.wikipedia.org/wiki/Tentatives_de_paix_pendant_la_Premi%C3%A8re_Guerre_mondiale

Carnets du mardi 24 juillet 1917 à travers Le Miroir

Sur le front de l’Aisne, l’ennemi a violemment canonné nos lignes depuis l’épine de Chevrigny jusqu’au sud de Corbeny. Le bombardement par obus de gros calibre a pris une particulière intensité depuis Hurtebise jusqu’à l’est de Craonne.
Les Allemands ont lancé sur ce front une série de très violentes attaques. A maintes reprises, ils ont été repoussés avec d’énormes pertes, spécialement sur le plateau des Casemates. Finalement, ils ont reussi, après des échecs répétés, à prendre pied dans notre première ligne, sur le plateau de Californie.
Au nord de Bezonvaux, les Allemands ont attaqué en deux points de notre front. Après un vif combat, nous les avons repoussés.
Sur les Hauts-de-Meuse, deux tentatives ennemies pour aborder notre front sont restées vaines. Nous avons fait des prisonniers. Il en a été de même en Alsace, près de Seppois.
Les Anglais ont progressé à l’est de Monchy-le-Preux. L’artillerie allemande a été active dans la région de Lens et d’Armentières.
Un nouveau raid aérien a eu lieu sur l’Angleterre (région de Harwich). Il y a 8 morts et 25 blessés.

source: http://grande.guerre.pagesperso-orange.fr/juillet17.html

1056/24 juin 1917

Le Figaro défend le droit de vote des femmes

Samson n’est plus en colère. Un bel élan de générosité l’emporte. Il ne dispute plus aux femmes des droits qu’elles n’ont plus besoin de revendiquer. Cette révolution s’accomplit à l’amiable. La lutte serait-elle achevée, que Vigny croyait éternelle? Verrons-nous le temps où les deux sexes ne se jetteront plus, de loin, un regard irrité?

A vrai dire, les hommes ont un peu l’air de donner aux femmes un prix. Ils ne reconnaissent pas les droits de la femme pour des raisons de métaphysique: l’expérience de la guerre les oblige d’avouer son mérite, et ils daignent le récompenser.

Ils octroient aux femmes leur dû, comme un souverain par la grâce de Dieu octroie la Constitution. Ils le font de meilleure grâce et sans la moindre réserve mentale; on ne les soupçonne point de penser reprendre un jour ce qu’ils donnent; mais ils «l’octroient», il y a une nuance.

Qui résigne son droit divin l’affirme par-là même implicitement. Le protocole final de ce motu proprio n’est point: «Et ce sera justice» mais: «Parce que tel est notre bon plaisir»- notre dernier bon plaisir.

Cette, nuance est bien égale aux femmes. Elles ne sont aucunement ce qu’on appelle formalistes, et leur politique est celle des résultats. Leur ruse, cette fameuse ruse dont se plaint si amèrement Samson, et qu’il ne sait pas définir, a consisté précisément, depuis les siècles des siècles, à nous persuader tout le contraire. Nous les avons crues.

la suite sur http://www.lefigaro.fr/histoire/centenaire-14-18/2014/08/29/26002-20140829ARTFIG00073-les-femmes-ont-gagne-le-droit-de-voter-1917.php

A propos de la chanson de Craonne

La première version publiée est parue sous le titre « Une chanson de soldat » dans la Gazette des Ardennes du 24 juin 1917.
Sous sa forme actuelle — c’est-à-dire mentionnant Craonne — la première version connue est antérieure à l’offensive du 16 avril 1917 :
retrouvée dans le carnet du soldat François Court, elle y est suivie de la mention « chanson crée le 10 avril 1917 sur le plateau de Craonne ».
Cette version fait la transition avec celles de la Chanson de Lorettepuisqu’elle comporte comme elles un couplet supplémentaire absent du texte classique de la Craonne.
La chanson de Craonne a été écrite sur la musique de « Bonsoir M’amour » (procédé fort utilisé pendant la Grande Guerre), sur un mouvement de valse lente.
Elle demeure aujourd’hui, la chanson-type de l’antimilitarisme, mais elle a été dépassée par plusieurs autres dont, « Quand un soldat » de Francis Lemarque en 1953 ou encore, le très célèbre « Déserteur » de Boris Vian en 1954.
LA CHANSON DE CRAONNE
Chanson anonyme
Paroles diffusées par Raymond Lefebvre
1919
Quand au bout d’ huit jours le r’pos terminé
On va reprendre les tranchées,
Notre place est si utile
Que sans nous on prend la pile
Mais c’est bien fini, on en a assez,
Personne ne veut plus marcher,
Et le cœur bien gros, comm’ dans un sanglot,
On dit adieu aux civ’lots *.
Même sans tambour, même sans trompette
On s’en va là-haut en baissant la tête.
Refrain :
Adieu la vie, adieu l’amour,
Adieu toutes les femmes.
C’est bien fini, c’est pour toujours,
De cette guerre infâme.
C’est à Craonne sur le plateau,
Qu’on doit laisser sa peau,
Car nous sommes tous condamnés,
Nous sommes les sacrifiés.
Huit jours de tranchée, huit jours de souffrance,
Pourtant on a l’espérance
Que ce soir viendra la r’lève,
Que nous attendons sans trêve
Soudain dans la nuit et dans le silence,
On voit quelqu’un qui s’avance
C’est un officier de chasseurs à pied
Qui vient pour nous remplacer.
Doucement dans l’ombre, sous la pluie qui tombe
Les petits chasseurs vont chercher leurs tombes.
Refrain :
Adieu la vie, adieu l’amour,
Adieu toutes les femmes.
C’est bien fini, c’est pour toujours,
De cette guerre infâme.
C’est à Craonne sur le plateau,
Qu’on doit laisser sa peau,
Car nous sommes tous condamnés,
Nous sommes les sacrifiés.
C’est malheureux d’ voir sur les grands boul’vards
Tous ces gros qui font la foire.
Si pour eux la vie est rose,
Pour nous c’est pas la même chose.
Au lieu d’ se cacher tous ces embusqués
F’raient mieux d’monter aux tranchées
Pour défendre leur bien, car nous n’avons rien
Nous autres, les pauv’ purotins *.
Tous les camarades sont enterrés là,
Pour défendr’ les biens de ces messieurs là.
Refrain :
Ceux qu’ont l’pognon, ceux-là r’viendront,
Car c’est pour eux qu’on crève.
Mais c’est fini, car les trouffions
Vont tous se mettre en grève.
Ce s’ra votre tour, messieurs les gros,
De monter sur l’ plateau,
Car si vous voulez faire la guerre
Payez-la de votre peau !…
 * Civelot = civil, en argot,
* Purotin = personne dans la gêne, dans la misère.
Journal du dimanche 24 juin 1917 à travers Le Miroir
Violent bombardement, suivi d’une nouvelle série de tentatives allemandes sur les points attaqués les jours précédents, d’une part dans la région de Vauxaillon, d’autre part au sud et au sud-est de Filain. Toutes ces attaques ont été repoussées et n’ont valu à l’ennemi que des pertes sérieuses sans aucun avantage.
La lutte a été particulièrement vive entre la ferme de la Royère et la ferme Froidmont. Les Allemands qui avaient élargi leur front d’attaque à l’est de l’Epine de Chevregny jusqu’au nord de la ferme Froidmont, ont multiplié leurs efforts pour enlever les positions contre lesquelles ils s’étaient brisés la veille.
Les vagues d’assaut, disloquées par nos feux n’ont pu aborder nos lignes ni déboucher du saillant où elles avaient pénétré. D’autres tentatives ennemies, à l’est de Chevreux, à l’est des Cavaliers-de-Courcy et dans le secteur des Chambrettes, ont également échoué. De notre côté, nous avons fait dans les lignes allemandes plusieurs incursions qui nous ont valu des prisonniers.
Les Allemands ont jeté 1200 obus sur Reims.
Les éclaireurs russes ont réussi à occuper plusieurs tranchées allemandes.
M Venizelos est arrivé au Pirée sur l’invitation de M. Jonnart, pour conférer avec M. Zaïmis. Sur le front roumain de Moldavie, la lutte s’intensifie.

source: http://grande.guerre.pagesperso-orange.fr/juin17.html