Archives du mot-clé fusillé

1352/16 avril 1918

(vidéo) Ce jour là : le premier char français le 16 avril 1917

Montage d’archives consacré à l’histoire du char d’assaut français qui fut utilisé pour la première fois le 16 avril 1917.Commentaires sur des images du char sur les champs de bataille pendant la première guerre mondiale ; images de la rencontre de Louis RENAULT et de l’armée pour la conception d’un nouveau char plus maniable.

source: http://www.ina.fr/video/CAF94005540

Deux civils fusillés de Monceau-les-Leups

Deux jeunes gens, Adam et Oudelet, suspectés d’espionnage, sont arrêtés à proximité du site des canons à longue portée « grosse Bertha » (Pariser Kanonen) de Crépy-en-Laonnois, fusillés pour avoir regarder tirer le canon, le 16 avril 1918.

https://forum.pages14-18.com/viewtopic.php?t=30728

 

Bataille de la Lys: le communiqué officiel

mardi 16 avril 1918

Après-midi : Hier soir, après un intense bombardement, l’ennemi a déclenché une très puissante attaque contre nos positions entre Bailleul et Neuve-Eglise.

L’assaut a été donné par trois divisions d’élite qui n’avaient point été encore engagées dans la bataille. Elles réussirent, après une lutte acharnée et sans merci, à enlever les hauteurs au sud-est et à l’est de Bailleul, le mont de Lille et le Ravelsberg. Nos troupes se sont repliées sur de nouvelles positions au nord de Bailleul et de Wulverghem.
Bailleul est tombé entre les mains de l’ennemi.
Ce matin, une attaque allemande s’est dessinée près de Wytschaete.
De bonne heure, ce matin, l’ennemi couvert par un feu violent d’artillerie et de mortiers de tranchées, tenta de progresser à l’ouest de Vieux-Berquin ; mais il fut repoussé.
Nous avons fait un certain nombe de prisonniers au cours d’opérations de détail exécutées avec succès pendant la nuit au sud-ouest de Robecq.[…]

Soir : De durs combats ont eu lieu aujourd’hui sur le front Meteren-Wytschaete.
Dès l’aube, l’ennemi a renouvelé aux abords de Wytschaete et de Saint-Eloi de puissantes attaques soutenues par un violent bombardement.
A la faveur de ce bombardement, et protégées par le brouillard, les troupes allemandes ont pu s’approcher de nos positions, et se sont emparées de ces localités après un combat acharné.
Ce matin, également, l’ennemi est parvenu à pénétrer dans le village de Meteren où l’on se bat actuellement.
Sur les autres parties du front de ce secteur, les attaques allemandes ont été repoussées.[…]
Des troupes d’infanterie allemande, en rassemblement près de Locon ont été dispersées par nos feux.
De part et d’autre, l’artillerie s’est montrée plus active dans le secteur de Paschendaele.

source: http://www.bataille-de-la-lys.com/fr/attaque_allemande/communiques/16_avril_1918.html

Parution du coup de canon

La guerre plongea la presse dans de nombreuses difficultés matérielles comme la mobilisation des ouvriers des imprimeries et des rédacteurs, la pénurie de papier et enfin la réapparition de la censure. Elle eut pour conséquence la disparition de bon nombre de journaux, 28 titres dès 1914 et une vingtaine encore entre 1914 et en Basse-Normandie. La presse cesse totalement de remplir sa mission d’information pour se transformer en arme de propagande. Peu de choses sont connues sur la création du Coup de canon, bimensuel, qui paraît pour la première fois en . Il s’affiche comme un journal humoristique, milit…éraire et civil, vendu sur abonnement à la tête du client dont les chèques sont refusés c’est trop compromettant. Il se situe au carrefour des journaux satiriques qui virent le jour aux débuts de la Troisième république et des journaux de guerre aux publicités et feuilletons patriotiques, prenant le contre courant des journaux de propagande et de soutien des populations loin du front par des caricatures et dessins caustiques. Le Coup de canon de janvier à novembre est remplacé par Le Crachin Journal humoristique et satirique -1919 et devient Le Crachin 1920-1927. Il paraît quelques mois 1919-1921 sous la dénomination Le Crachin cherbourgeois.

source: http://normannia.info/items/show/190685#?c=0&m=0&s=0&cv=0

 

Journal du mardi 16 avril 1918

Dans la région de Hangard, nous avons effectué une opération de détail qui a parfaitement réussi et nous a ramené une dizaine de prisonniers.
Le nombre des prisonniers que nous avons faits dans ce secteur depuis quatre jours est de cent cinquante.
Entre Montdidier et Noyon et en Champagne, au sud du mont Têtu, plusieurs coups le main nous ont permis également de ramener des prisonniers.
Sur le front britannique, le combat a continué avec acharnement autour de Neuve-Eglise. Après avoir rejeté de nombreux assauts, nos alliés ont dû se replier en arrière du village.
L’ennemi a déclenché de vigoureuses attaques sur de nombreux points du front de bataille, de la Lys, au nord-ouest de Merville.
L’infanterie allemande a été rejetée avec de lourdes pertes. Des éléments avancés, sur la berge nord du canal de la Lys, ont été pris sous le feu anglais. Sept attaques ont été lancées infructueusement dans le secteur de Merville. La ligne britannique, qui avait légèrement fléchi, a été rétablie.
A l’est de Robecq, nos alliés ont fait cent cinquante prisonniers.
Le comte Czernin, ministre des Affaires étrangères d’Autriche-Hongrie, a donné sa démission.

source: http://grande.guerre.pagesperso-orange.fr/avril18.html

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1327/22 mars 1918: les lettres du condamné à mort Alfred Pagnien

L’offensive de l’empereur se poursuit

Le 22 mars, au matin

La course reprenait dans un brouillard épais, en présence de l’Empereur, appelé en toute hâte pour assister à la victoire.

Cette fois, au nord, l’Armée de Byng cédait sous une formidable pression et abandonnait les hauteurs de Croisilles à l’Armée de Below, tandis qu’au sud, Marwitz, faisant effort sur la gauche de Gough, enlevait Epehy, Roisel, Vermand et les deux premières positions anglaises jusqu’a l’ Omignon.

Au sud de ce ruisseau, Hutier, précédé par une nappe de gaz, pénétrait dans les troisièmes positions de la 5e Armée britannique, prenait pied sur la rive ouest du canal de Crozat, forçait le passage de l’Oise à l’ouest de La Fère et se rendait maître de Tergnier.

Menacé d’être débordé, Byng évacue alors ses premières positions qui résistaient toujours en face de Marcoing, et Gouhg, dont toutes les réserves ont déjà été engagées, prend ses dispositions pour se retirer derrière la ligne de la Somme et du canal du Nord.

Cependant, le général Pellé est déjà arrivé a Noyon. Ses divisions sont en mouvement, mais ne peuvent être encore là; et, en les attendant, la 125e division doit étendre sa gauche vers l’ouest pour étayer vers Chauny la 58e division britannique qui recule toujours, écrasée sous le nombre des assaillants, ainsi d’ailleurs que les autres divisions de l’Armée Gough.

L’intervention des réserves britanniques (20e division et 2 division de cavalerie) a permis tout au plus de marquer un temps d’arrêt sur le canal de Crozat. C’est une mission d’entier sacrifice que nos 76e, 131e, et 113e régiments d’infanterie accomplissent avec abnégation.

http://chtimiste.com/batailles1418/1918empereur.htm

Paris bombardé

c’est en 1918 que l’armée allemande sort l’artillerie lourde. Le 22 mars 1918, des détonations se font entendre dans Paris tous les quarts d’heure. Et pourtant, aucun gotha ne survole Paris.

Des avions invisibles sont-il en train de bombarder la capitale? C’est la grosse Bertha (du nom de la femme de l’ingénieur Krupp, créateur de l’engin), canon au sol d’une portée de 120 kilomètres: «Une prouesse métallurgique», d’après Clemenceau. A elle seule, la grosse Bertha fera 256 morts et 620 blessés.

source: https://www.dailyneuvieme.com/Chronique-Histoire-Paris-bombardee_a3206.html

Lettre: la peur de la mort

Abel Grand est né le 10 août 1897 à Saint-Bonnet-de-Rochefort (Allier). Il étudie à l’Ecole normale d’instituteurs de Moulins. Son bulletin de notes de l’Ecole Normale de Moulins pour l’année 1914-1915  mentionne son esprit « frondeur ». Incorporé au 2ème Régiment de Zouaves (voir certificat de bonne conduite), il rejoint le front le 31 décembre 1916 (voir registre matricule) puis il passe les années 1917 et 1918 en 1ère ligne.

De 1916 à 1918, Abel Grand entretient une correspondance régulière et soutenue avec ses parents à raison d’une lettre tous les deux jours. Au total ce ne sont pas moins de 275 missives qui retracent le quotidien de ce jeune instituteur plongé au cœur des combats.

Confronté à des conditions de vie terribles, il se veut rassurant en minimisant les évènements auxquels il est confronté quotidiennement. C’est après coup qu’il évoque les offensives et batailles auxquelles il a pris part (voir lettres du 18 avril 1917 et du 25 mars 1918). Toutefois, la présence des nombreux cadavres des champs de bataille est difficile à ignorer : il les évoque à plusieurs reprises dans sa notice chronologique rédigée à la fin de la guerre. C’est bien sûr également la peur de sa propre mort qui transparaît dans sa lettre du 22 mars 1918, qu’il termine avec cette formule « Adieu ou plutôt au revoir. Abel. » . Regrettant ses mots, il ajoute in-extremis « Ne vous en faites pas ce n’est rien… » (voir lettre du 22 mars 1918)

source: http://archives.allier.fr/4196-grand-abel.htm

Bombardements allemands dans l’Oise

Outre les canons, l’Empire allemand utilisa les avions et les zeppelins pour bombarder les villes de l’arrière. (…)
(…)Le 17 mars 1917, alors que l’armée allemande effectuait son repli stratégique sur la ligne Hindenburg, un zeppelin fut abattu au-dessus de Compiègne. Sa carcasse carbonisée fit les jours suivants la une des journaux nationaux.
Avec la libération du département en mars 1917, la menace des bombardements s’écarta jusqu’en mars 1918. Pour autant, le risque demeurait et des mesures de précaution furent prises.

source: https://crdp.ac-amiens.fr/cddpoise/oise14_18/bombardements_allemands.php

Les lettres du condamné à mort Alfred Pagnien

 

Ils transmettaient des informations sur les aérodromes, les installations militaires, les mouvements de troupes,… situés dans le Nord de la France et en Flandres.

Ils étaient 41 dans son réseau…
Six de ceux-là seront exécutés à Gand.
Ainsi : Achille de Backer ; Alfons Van Caeneghem ; Theophile Goedhuys ; Alfred Pagnien ; Alfons Van der Coilden et Alphonse Bernard.
Lorsqu’’ Alfred Pagnien fut arrêté, condamné et emprisonné, c’est Théophile Goedhuys qui prit le relais, à la tête de son organisation…
T. Goedhuys sera lui-même fusillé, le 19 mars 1918, 4 jours avant son « patron »…
Ses lettres
A Monsieur le Président de la République Française
 
Monsieur le Président,
 
A la veille de mourir pour la bonne cause, j’ai l’honneur de vous adresser ces lignes que je donnerai tantôt en cachette à ma femme au parloir, en trompant la surveillance du fonctionnaire allemand et qu’elle vous remettra un jour.C’est le dernier cri qu’un Français avant de tomber adresse à notre chère France, il renferme un adieu et une prière :
Je meurs avec la satisfaction d’avoir bien rempli mon devoir et d’avoir été utile, mais aussi avec la douleur de laisser sans ressources ma femme et mon enfant.
Monsieur le Président, en vous j’ai l’honneur de faire appel à la France en la priant de venir en aide à la veuve et à l’orphelin. Je pars avec la confiante espérance que ma prière sera écoutée. Cet espoir me fait du bien, il m’aide à tout supporter.
Adieu, mon beau et cher pays, tant meurtri, adieu braves camarades qui allez combattre et mourir pour libérer notre sol, vengez les disparus et délivrez nos compagnes et nos enfants d’une intolérable servitude.
Merci, Monsieur le Président de la République, pour ce que vous voudrez bien faire pour les miens et Vive la France…
signé : Alfred Pagnien
Mais aussi, il écrira ceci à l’attention de sa femme, Lucie :
Ma chère femme,
Quel supplice pour un mari, lorsque la crainte, l’affreuse crainte de perdre son bonheur lui vient à son esprit. On base des espoirs sur des faits insignifiants, mais parfois aussi le doute,  entre sournoisement dans le cerveau, et pour bien l’en chasser vite, il faut un effort de volonté. Ah, cette pauvre volonté, on lui a déjà tant demandé depuis un an. Et d’autres ont tant fait pour la réduire, pour en lasser l’énergie afin de me faire tomber à leur merci… Rien n’a fait… on a tenu bon jusqu’au bout, mais maintenant que la lutte est terminée, qui pourrait m’en vouloir d’éprouver un peu de désir de repos. J’en ai tant été privé à St Gilles… Tu vas penser que je suis hanté par le souvenir de ce bagne. Non pas, je n’y penserais plus si j’étais sauvé, mais que veux-tu, c’est mon cauchemar… Tu as souffert tant toi aussi, ma pauvrette et tu me comprends. Lorsque je fus arrêté après le voyage en chemin de fer, une auto m’attendait à la gare et je suis arrivé dans la nuit seulement à la prison, où je subis un long interrogatoire. Puis trois jours de repos et alors le régime d’espion commença. J’eus la déplorable compagnie de trois de ces bandits, les deux premiers furent vite convaincus de mon innocence. N’ayant rien tiré de moi on m’enferma avec le chef mouton, un certain individu se disant comte ambassadeur de Russie à Bruxelles avant la guerre et condamné à dix ans de travaux forcés pour espionnage. Le pseudo comte me fit un accueil aimable mais hautain, comme il convient à une personnalité de ce genre (j’ai appris que c’est un criminel, incarcéré pour des affaires louches d’avortement avant-guerre). Il était extrêmement habile et bon comédien, mais infiniment trop novice, pour un parisien, de la lutte, et au  bout de deux jours, il avait sacrifié sans résultat quelques douceurs destinées à m’amadouer, chocolat, pain d’épice, et mis à contribution en pure perte toute les ficelles de son art sinistre et toutes les ressources de son imagination.
 
Je faisais l’imbécile. Le troisième jour au réveil, changement d’attitude complet…: « Assez de comédie, Stéphane, me dit-il, je vous connais, il faut avouer, ou je vous fait mettre au cachot pour quinze jours. » – Je lisais dans ses yeux une haine féroce. Je me mordis les lèvres et ne répondis pas, j’avais résolu de ne pas lui parler. Te dire tout ce que ce monstre me jette à la figure pendant cette matinée est impossible : menaces, injures, succédant à des flatteries, rien n’y fit, je n’ouvris pas la bouche une seule fois, mais à quelle épreuve était mise ma patience. Ai-je honte de le dire ? J’ai souffert là mille fois plus qu’on ne peut souffrir devant un feu de peloton. Être enfermé dans une étroite cellule, en tête à tête avec une canaille, qui marche de long en large, vociférant des horreurs, et cherchant tout ce qui peut vous briser le coeur de chagrin… : « C’est fini, me disait-il, la vie, le soleil, la joie de la famille, vous pouvez faire une croix dessus, votre fiancée et vous serez fusillés, comme des chiens. Ah, il y a longtemps que je vous cherchais, mais votre compte est bon. Vous ne voulez pas répondre, vous allez aller aux cellules de correction, sans matelas, sans lumière, au pain et à l’eau et quand votre sale viande sera verte et que vous crierez grâce, alors, vous ferez vos dépositions. »- Puis, par d’autres moments : « Allons Stéphane, soyons amis, avouez mon cher, c’est le seul moyen de sauver votre peau, et si vous êtes franc et sincère, vous aurez en moi un protecteur et un ami ;je ferai tout, pour améliorer votre cas », etc.
Ma chérie je te raconte tout cela, parce qu’il faut que tu le saches afin de n’oublier jamais.
 
Tu devines mon état d’esprit, pendant ces heures maudites… je revoyais tout… Je pensais à toi et à mon enfant !!! Je m’étais promis d’être fort sur moi-même, pour ne rien commettre d’irréparable, mais j’étais là assis sur mon matelas par terre, ma tête entre ces deux poings et je luttais de toutes mes forces, contre l’instinct grandissant qui me poussait à bondir à la gorge de ce tortionnaire et à l’étrangler sur-le-champ. Je ne puis pas comprendre, comment j’ai eu tant d’empire pour moi-même, les oreilles me tintaient et je voyais rouge, j’entendais mon coeur battre trop fort et cela me faisait mal. A midi, je ne mangeai pas et me mis à marcher aussi dans ma cellule, lui, avala son repas debout, le dos au mur, afin de ne pas me perdre de vue, il sentait que je ne pouvais plus me contenir et que sa position devenait périlleuse, c’était vrai, je tremblais de rage et j’avais peur de moi-même, car je me connaissais bien, et je savais que si je commençais à le toucher ou si lui-même me frôlait, je lui aurais crevé les yeux et fendu la tête à coups de talon. Pour être libre de mes gestes, j’avais quitté pardessus, cache-nez et veston malgré le froid qu’il faisait, j’étais en bras de chemise. A ce moment il eut peur, il sonna précipitamment avec violence, et demanda qu’on m’emmène. le gardien était là, je remis mes vêtements et partis, au moment où je passais devant lui, remis en audace par la présence du soldat, il me traita de « sale espion, en me souhaitant de crever au plus vite ». Là, je ne vis plus clair et me livrai sur lui aux violences que la femme Irma et le Liégeois, ses amis, t’ont raconté.
 
[J’étais moi, enfermée à ce moment là avec l’espionne qui se faisait appeler Irma, plus tard on essaya une autre tactique, on me fit parler avec un Liégeois. Je reprends le récit de mon mari. (note de Mme Pagnien)]
 
Grâce à l’intervention de deux gardiens, on put m’arracher à lui et me conduire à la cellule 58, où demeuré seul, je me mis à pleurer de rage comme une vraie bête et à briser tout ce qui se trouvait sous ma main. Je n’ai eu un bol que quinze jours plus tard et pendant tout ce temps je recevais mon manger dans mon mouchoir. Ah, ma brave chérie, quel soulagement de te dire tout. Sache aussi que GOEDHUYS a été enfermé aussi avec cet ignoble individu quatre jours. Ce n’est pas tout. Le Liégeois, ami de cette chienne d’Irma, est mis dans un préau voisin du mien, il me parle, il me dit qu’il y a au-dessous de sa cellule une Française qui est partie se promener à Anvers avec les policiers, ils me donnent ton signalement pour que je sois en rage et pour que je te charge à l’instruction pour te perdre, etc… Heureusement que je te connais. Mais que de malheureux marchent avec de tel moyens, et quelle boue morale abritent les murs maudits de St Gilles. Que de désespoirs, que de souffrances…Te rappelles-tu le bruit sourd que fit le corps de ce malheureux qui se jeta du haut de notre galerie sur les dalles et se brisa les jambes ? Tu étais en prison alors… Pourquoi cet acte de désespoir ? Qui le saura jamais ?… et le pauvre de la cellule 102, retrouvé pendu à la fenêtre avec son essuie-mains. N’oublie pas nos souffrances ma chérie…
Anthelme Mangin: le soldat inconnu vivant interné


Le 1er février 1918, un soldat français rapatrié d’Allemagne est retrouvé errant à la Gare de Lyon-Brotteaux, totalement amnésique et sans aucun papiers permettant de l’identifier. Interrogé, il balbutie un nom, où l’on croit discerner « Anthelme Mangin », ainsi qu’une adresse « rue Sélastras » à « Vichy ». C’est donc sous ce nom qu’il est interné dès le 22 mars 1918 à l’asile d’aliéné de Clermont-Ferrand, bien qu’il n’existe officiellement ni d’Anthelme Mangin ni de rue Sélastras. Le directeur de l’établissement, croyant résoudre aisément l’énigme, fait publier fait publier sa photographie dans le « Petit Parisien » du 10 janvier 1920.

Car la grande guerre a compté 300 000 soldats « portés disparus », et les familles, croyant identifier Anthelme Mangin, affluent en effet à l’asile de Clermont-Ferrand. Seules cependant madame et mademoiselle Mazenc, originaires de Rodez reconnaissent catégoriquement Anthelme comme le fils et le frère, Albert Mazenc, porté disparu en octobre 1915 à Tahure dans la Marne. Anthelme Mangin est alors transféré à Rodez, mais le préfet de l’Aveyron, après diverses confrontations avec les amis et employeurs de Mazenc, conclut à une erreur d’identification (le tribunal de Rodez statuera d’ailleurs le 26 juillet 1921 sur le décès à l’ennemi le 28 octobre 1915 du soldat Albert Mazenc). 

source: http://www.blamont.info/textes268.html

Journal du vendredi 22 mars 1918

Au nord de l’Ailette, nous avons réussi un coup de main sur les lignes ennemies aux abords de Boucouville et ramené une dizaine de prisonniers. Vers la fin de la nuit, bombardement intense et soutenu des secteurs au nord et au sud-est de Reims, ainsi qu’en divers points du front de Champagne.
Dans cette dernière région, les Allemands ont prononcé plusieurs tentatives qui sont restées infructueuses, notamment dans le secteur des Hurlus, dans la région de Souain et vers la route de Saint-Souplet.
Sur la rive droite de la Meuse, le bombardement de nos positions a pris une grande ampleur et a été suivi d’une forte attaque entre le bois des Caurières et Bezonvaux.
Après un violent corps à corps, nos troupes ont rejeté l’ennemi des quelques points où il avait pénétré au premier abord. Des prisonniers sont restés entre nos mains.
En Lorraine, les Allemands ont subi un échec dans la région de Nomény. Leurs détachements d’attaque ont été repoussés avec des pertes sérieuses sans aucun résultat.
Nous avons fait une incursion vers Armancourt et ramené des prisonniers.
Sur le front britannique, l’ennemi a déclenché un violent bombardement sur toute l’étendue de la ligne au sud de Saint-Quentin à la Scarpe.
Nos alliés ont réussi un coup de main vers Saint-Quentin.
Un raid naval ennemi devant Dunkerque a été repoussé par la flottille franco-anglaise. Les Allemands ont perdu quatre torpilleurs ou contre-torpilleurs.

 

1302/25 février 1918: condamnés à mort pour « Espionnage par pigeons voyageurs »

Marcellin Cailleau est avec les Américains

Marcelin Cailleau est avec les américains en tant que « pionnier ». Il décrit les conditions de vie agréables qui sont différentes de celles qu’il a pu connaître auparavant.
Il y a aussi l’espoir de voir bientôt la fin de la guerre.

Le 25 – 02 – 18

Chers parents,

Voilà trois jours que  je suis avec les américains. 
Je suis très heureux, très bien  nourri. On mange trois fois  par jour à 6 heures le  matin, à midi, et à 4 heures  le soir mais jamais de soupe. Mais la cuisine ne manque  pas. On mange guère de  pain mais beaucoup de  viande. Nous sommes que  8 pionniers avec les américains  on est bien vu. Je vous  assure que celui qui veut  bien il est bien avec eux. 
C’est toujours eux qui paye,  on a qu’à boire. Avant-hier  ils ont touché la paye. On  buvait que du champagne  et toute sorte de liqueur. 
Je vous assure qu’ils sont  pas longtemps à être saoul.  Ils ont toujours leurs pleines  poches de billets de 100 ( ?).
Ils gagnent bien de trop et  nous pas assez. 
Mais dans trois ou quatre  jours je crois qu’ils n’auront  plus guère de monnaie. Un simple soldat gagne  presque 200 ( ?) par mois 
avec sa on peut vivre heureux.

Allons chers parents maintenant  je vous écrirai que tous les  quatre jours. Pour écrire ici
il faut mettre un timbre on  ne peut pas mettre nos lettres  avec les américains. Mais tous  les quatre jours il y a un français  qui viendra nous apporter nos 
lettres et nous, on lui donnera  celles que l’on fera. Comme ça  on aura pas la peine de 
mettre de timbre.
Allons chers parents je termine en vous embrassant de tout 
cœur. Aujourd’hui j’ai  entendu dire que la guerre  devait finir à la fin de  mars si sa pouvait  seulement être vrai. Je suis  bien heureux ici je ne peux  pas être mieux mais il me  semble que je serai encore bien plus heureux auprès de vous.

Aurevoir

Votre fils qui aime et qui vous embrasse très fort.

M. Cailleau

http://lettres14-18.ouvaton.org/spip.php?article15

Les Néo Calédoniens dans le conflit

9 Néo-Calédoniens sont dirigés sur Nice où ils rejoignent leur nouveau corps d’affectation le 66ème BTS.

127 Néo-Calédoniens sont dirigés sur leurs nouveaux corps d’affectation.

http://www.bmp-1916.com/fevrier-1918.php

(Suite) Condamnés à mort pour « Espionnage par pigeons voyageurs »

pigeon
Portraits de LEFEBVRE (à gauche) et FAUX (à droite) conservées aux Archives Générales du Royaume de Belgique

Extrait de la traduction en français d’une note écrite en allemand de la Commandanture de condé n°707 du 25 février 1918.
« A la Ville de Condé

 » Les deux Français Lefebvre Edouard et Faux Léon, qui ont été condamnés à mort par le conseil de guerre de la Commandature pour espionnage, ont été exécutés ce matin.
 » Les deux corps seront rendus à la Ville pour faire le nécessaire pour l’enterrement
« C. 25.2.18

                             » Le commandant d’étape (signé) : Lidl, général major
Pour extrait conforme, à annexer au registre des actes de décès de l’année courante
Le Maire

Condé le 25 février 1918

source: http://civils19141918.canalblog.com/archives/2011/01/21/20194006.html

http://jeanpaul1252.skyrock.com/3189375541-LE-FAUCON-PELLERIN-ASSASSIN-DE-NOS-PIGEONS.html

 

Les combats continuent dans les Vosges

L’ennemi pose des fils de fer devant ses premières lignes dans le secteur du Violu centre.

Une patrouille ennemie profite du brouillard pour s’approcher du point 50.93. Les hommes du 149e R.I. se rendent compte de sa présence et celle-ci doit se replier aussitôt.

La compagnie vosgienne vient cantonner dans les bâtiments de la caserne Kellermann qui se trouve à Saint-Dié après avoir été relevée dans la nuit.

L’artillerie française effectue des tirs de réglage, de représailles et de harcèlement tout au long de la journée.

Les travaux qui ont été engagés les jours précédents sont reconduits.

Des mouvements de relèves intérieures ont lieu dans le sous-secteur A.

http://amphitrite33.canalblog.com/archives/2015/07/24/32389843.html

Parution du Petit Journal

Le_Petit_journal

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6218327.item

 

Journal du lundi 25 février 1918

Assez grande activité d’artillerie dans les régions de Vauxaillon, de Chavignon, dans le secteur de la butte du Mesnil, et sur la rive gauche de la Meuse.
Un coup de main ennemi sur nos petits postes au sud de Corbeny est resté sans succès.
En Haute-Alsace, nos détachements ont hardiment pénétré dans Pont-d’Aspach et dans le quartier nord-ouest d’Aspach-le-Bas, où ils ont détruit les organisations allemandes et incendié de nombreux abris. Un ballon captif a été abattu par notre artillerie; nos troupes sont rentrées dans leurs lignes de départ après avoir infligé des pertes à l’ennemi et ramenant une quinzaine de prisonniers et une mitrailleuse.
Sur le front britannique, une tentative de coup de main ennemi a échoué vers Broodscinde.
Activité de l’artillerie allemande dans le secteur de Passchendaele. Des coups de mains sur les postes belges vers Merkhem ont été repoussés.
Sur le front italien, des concentrations de feux des deux artilleries ont eu lieu à l’est de la Brenta et des tirs de harcèlement plus fréquents dans la Giudicaria, sur le plateau d’Asiago et dans la région du Montello.
Un vif échange de fusillade a eu lieu entre des groupes qui exploraient le terrain le long du moyen et du bas Piave. A Capo Sile, une reconnaissance italienne a ramené des prisonniers.
L’Allemagne a adressé aux maximalistes ses conditions de paix qui sont draconiennes et qu’ils ont acceptées.

http://grande.guerre.pagesperso-orange.fr/fevrier18.html

1300/23 février 1918: l’instituteur Henri Legrand fusillé

L’instituteur Henri Legrand fusillé

L’instituteur Henri Legrand répond à un questionnaire sur les allemands, parachuté par les anglais dans un panier avec un pigeon voyageur. Le pigeon est abattu par l’ennemi, l’écriture de l’instituteur est reconnue. Il sera arrêté après son cours à Valenciennes puis incarcéré, les allemands le traite très durement mais il résiste aux mauvais traitements. Il confie à un autre prisonnier qu’il a pris les renseignements sur l’ennemi auprès de trois amis. Il passe au conseil de guerre allemand, il sera fusillé le 23 février 1918 au champs de tir du Rôleur.

source: http://hainautpedia.vallibre.fr/Henri_Legrand

  • la Cie 16/52 du 2e Régiment du Génie en Alsace

  • Venue en Alsace le 1er décembre 1917, la Compagnie 16/52 travailla aux organisations défensives : Éperon sud de Leimbach, Gutemberg, Aspach-le-Haut. Le 23 février 1918, un peloton commandé par le Sous-Lieutenant SCHUBERT et comprenant 24 volontaires, participa à l’attaque d’Aspach-le-Bas.
  • source: http://tableaudhonneur.free.fr/2eRG-Cie16-52.pdf

Parution de la vie parisienne

Journal du samedi 23 février 1918

Violentes luttes d’artillerie sur l’ensemble du front, principalement dans les régions de la forêt de Pinon, Chevreux, Californie, Butte du Mesnil, Hartsmannswillerkopf et la Doller.
Sur le front britannique, canonnade vers Saint-Quentin et la route Arras-Cambrai, au sud et à l’ouest de Lens, au sud d’Armentières et à l’est d’Ypres. Les Anglais ont étendu assez sensiblement leurs lignes.
Les forces britanniques ont occupé Jéricho, en Palestine.
Sur le front italien, lutte d’artillerie du Stelvio à l’Astico et particulièrement vive sur certains points du front.
Les batteries de nos alliés ont exécuté des concentrations de feux sur des troupes ennemies, dans les environs de Foza et sur les pentes nord-ouest du mont Grappa. Elles ont combattu énergiquement l’artillerie ennemie dans le secteur val Feanzela-val Brenta. L’adversaire a battu plus fréquemment les pentes sud-est du Montello.
Des explorateurs ennemis ont été repoussés aux Graves.
Une patrouille anglaise a eu un engagement avec un groupe important adverse.
Les journaux officieux allemands disent que l’Allemagne tardera avant de répondre à l’offre de paix russe et qu’elle exigera la Livonie et l’Esthonie.

source: http://grande.guerre.pagesperso-orange.fr/fevrier18.html

1060/28 juin 1917: les Américains débarquentii

Les Américains débarquent

Le 28 juin 1917, dans le port de Saint-Nazaire, en présence du général Pershing et du général français Étienne Pelletier, la 1re division d’infanterie américaine (1st Infantry Division), nommée par la suite The Big Red One – en raison du grand chiffre 1 qui orne son insigne –, débarque sous la direction du général William L. Sibert (1860-1935). Des journalistes, des photographes et des cameramen sont présents pour suivre et relater l’événement. Après la cérémonie d’accueil, des prisonniers allemands et des soldats noirs américains commencent à décharger les paquebots et autres navires contenant le matériel. La 1st ID se dirige à pied vers les camps situés à la périphérie de la ville. Cette division, qui compte près de 28 000 hommes, est formée de quatre régiments d’infanterie, trois régiments d’artillerie et un ensemble d’unités plus réduites. Elle effectue son baptême du feu le 3 novembre 1917.

Des ports de débarquement

Le port de Saint-Nazaire étant trop petit pour assurer le débarquement puis l’accueil des nouvelles troupes américaines, le port de Brest, puis ceux de Bordeaux et de Cherbourg, sont également utilisés pour acheminer les troupes et le matériel américains. Brest devient le principal port de débarquement des hommes et du matériel. En novembre 1917 les Américains installent à proximité une base militaire et plus de 7 500 soldats y débarquent. Le port est ensuite agrandi, des quais, des entrepôts, des voies ferrées sont construits par des troupes du génie américain. Sont également aménagés des services téléphoniques et télégraphiques, une police militaire, un hôpital, une prison, un local du YMCA (association des jeunes gens chrétiens) et un établissement de la Croix-Rouge américaine. La population américaine est alors plus nombreuse que la population locale. En tout, près de 804 000 soldats américains ont débarqué dans le port de Brest.

source: http://actualites.musee-armee.fr/histoire/la-fayette-nous-voila-episode-12/

(Marine) Le Marne coulé au large de Noirmoutier

Le Marne, vapeur français fut construit en 1917 à « South Dock » par le chantier « Sunderland SB Co » pour le compte de la « Compagnie de Navigation d’Orbigny. Il fut lancé le 21 février 1917 et mesurait 114.3m pour 15.9m de large et 7.20m de tirant d’eau, jaugeant 4019t. Il était propulsé par une machine à triple expansion de 371 nhp.
Extrait de la fiche épave du site des Anges(Association Nord Gascogne Epaves Subaquatiques) 
Le 28 juin 1917 à 22 heures, au large de Noirmoutier, par une mer agitée, il reçoit une torpille dans son centre tribord au niveau de la ligne de flottaison tirée par le UC-61, on dénombrera 10 disparus: 1 chauffeur tuée lors de l’explosion de la torpille et 9 marin qui se sont noyés après que leurs embarcations se soit retournées au moment de l’évacuation de la MARNE.
Le reste des survivants sera récupéré par le patrouilleur Sauterelle. Quelques heures plus tard, le 29 à 6h30, le vapeur grec Dryskos, qui s’était écarté du convoi montant, était coulé au canon à 5 miles plus au sud que la Marne, en vue du vapeur Carstdyne sur lequel le sous-marin tirait également avant de plonger.
ARMEMENT: 2 canons de 90 mm, modèle 1877 sur affût 1916. Disposition: 1 sur l’avant et 1 sur l’arrière.

source: http://www.wreck.fr/marne.htm

Journal du jeudi 28 juin 1917 à travers Le Miroir

Lutte d’artillerie très vive dans la région du monument d’Hurtebise. Les Allemands n’ont fait aucune tentative nouvelle contre les positions que nous leur avons enlevées le 25.
D’après de nouveaux renseignements, parmi les organisations que nous avons conquises ce jour-là se trouve la caverne du Dragou, qui était devenue une véritable forteresse. Un matériel considérable y était accumulé: 9 mitrailleuses en bon état, plus de 300 équipements, de nombreux fusils, des dépôts de munitions, des projecteurs et un poste de secours sont tombés entre nos mains. Le chiffre des prisonniers atteint 340, dont 10 officiers.
En Champagne, Un coup de main ennemi a échoué à l’ouest du mont Cornillet. De notre côté, nous avons exécuté une incursion dans les lignes allemandes vers Maisons-de-Champagne, qui nous a permis de ramener une dizaine de prisonniers.
Les Anglais ont repoussé, avant même qu’elle ne pût se développer, une attaque allemande sur leurs nouvelles positions, au nord-ouest de Fontaine-lès-Croisilles. Ils ont exécuté avec succès un coup de main à l’ouest d’Oppy, en faisant un certain nombre de prisonniers. Ils ont arrêté un raid ennemi près de la Bassée.
Les Italiens ont abandonné quelques positions de première ligne sur le plateau d’Asiago.
Activité d’artillerie sur le front russe.
M. Venizelos a constitué son cabinet à Athènes.

source: http://grande.guerre.pagesperso-orange.fr/juin17.html

Quatre Havrais du 129 ème RI fusillés

Parmi les 650 fusillés « pour l’exemple » (mutins, déserteurs, mutilés volontaires) figurent quatre Havrais du 129ème Régiment d’Infanterie. Trois soldats et un caporal qui, fin mai 1917, avec près de mille autres « poilus » du 129ème RI et du 36ème RI, exprimèrent pacifiquement leur colère lors de meetings et de manifestations. Après l’hécatombe traumatisante du Chemin des Dames, de nombreux régiments refusaient de monter au front, de mourir pour rien. Les soldats en avaient marre de patauger dans la mort, marre de voir leurs familles crever de faim et, en prime, marre de voir que la guerre engraissait les profiteurs. Désemparés, certains envisageaient de voler un train à Soissons pour aller réclamer une paix immédiate à Paris. Ces hommes rêvaient d’un monde plus fraternel en chantant L’Internationale. Ce n’était pas du goût des Conseils de guerre. Arrêtés, transformés en boucs émissaires pour mater la rébellion, Marcel Chemin, Marcel Lebouc, Adolphe Lefrançois et Henri Mille sont passés en procès le 20 juin 1917. Les quatre furent condamnés à mort pour mutinerie et refus d’obéissance devant l’ennemi. Les mutins ont été fusillés le 28 juin 1917, à 11h30, à la sortie Nord de Rarécourt (Meuse) par des camarades de régiment. Raymond Poincaré, alors président de la République, avait refusé de les gracier.

source: http://www.lemague.net/dyn/spip.php?article5885

 

1052/20 juin 1917: Charles Vally, mutin,  fusillé

Charles Vally, mutin,  fusillé

Les mutineries de mai-juin 1917 effraient l’état-major. Il prend plusieurs mesures pour calmer le mouvement. La répression frappe plusieurs milliers d’hommes mais peu de condamnations à mort seront exécutées. Et ceux qui l’ont été pourraient avoir été tirés au sort. Comme le jeune Charles Vally, dans l’Aisne.

Ce 20 mai 1917, le 60ème bataillon de chasseurs à pied est enfin au repos . Il est temps. Depuis 1914, il a été de presque toutes les grandes batailles de la guerre : Lorraine, Artois, Verdun, Somme, chemin des dames. Ceux de 14 se compteraient presque sur les doigts d’une main.

Mais ce repos bien mérité n’est pas vraiment serein . Depuis quelques jours, des mutineries éclatent un peu partout le long du front. Et les chasseurs à pied sont pris dans le mouvement. Le commandant Belléculée doit faire face à la colère des soldats, toujours au même sujet : les permissions. Ils manifestent un peu mais surtout, dans la nuit du 4 au 5 juin, les 8èmes et 9èmes compagnies refusent de se mettre en tenue pour quitter leurs abris. Le lendemain, les mutins sont rassemblée, désarmés, encadrés et mis en état d’arrestation.

La hiérarchie veut faire un exemple et les procès ont lieu les 10 et 12 juin. Mal défendus, 16 militaires sont condamnés à mort. Seuls Vally et un clairon, Louis Flourac, seront exécutés.

Au total, 19 chasseurs ont refusé d’obéir . Selon l’enquête menée en 1925 à la demande de sa famille, Vally aurait été l’un des meneurs. Il haranguait les autres. Il était mal noté de sa hiérarchie : « esprit indiscipliné, très renfermé, tenant des propos très anarchistes « . Mais ceux qui ont vu leurs peines commuées n’étaient souvent pas mieux vus.

Dès lors, pourquoi Vally ? Presque un siècle après, personne n’a la réponse. Mais il est possible qu’un tirage au sort ait eu lieu pour désigner ceux qui allaient expier la faute. Quant aux autres, l’histoire ne dit pas ce qu’ils sont devenus. Nombre de mutins condamnés mais non exécutés ont ensuite été renvoyés en première ligne, sur des postes particulièrement dangereux. Une autre forme d’exécution, qui ne dit pas son nom.

source: http://www.francetvinfo.fr/replay-radio/france-info-y-etait/20-juin-1917-charles-vally-mutin-fusille_1756055.html

lire aussi: http://www.blamont.info/textes852.html

https://books.google.fr/books?id=kCTABQAAQBAJ&pg=PA34&lpg=PA34&dq=charles+vally+fusill%C3%A9&source=bl&ots=ce_o8maw-P&sig=Fy1uiyAyUMjjYXCHJpz6wn6uDZ8&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwj6jICPoJrUAhXHKsAKHS9NA3IQ6AEINzAD#v=onepage&q=charles%20vally%20fusill%C3%A9&f=false

Journal du mercredi 20 juin 1917 à travers Le Miroir

Violente lutte d’artillerie en Champagne, entre le mont Blond et le mont Cornillet. Une forte contre-attaque allemande sur les positions que nous avons conquises dans cette région a été brisée par nos feux. L’ennemi a subi des pertes sérieuses et a laissé de nouveaux prisonniers entre nos mains.
Des tentatives ennemies sur nos petits postes au nord de Saint-Quentin et vers la tranchée de Calonne ont échoué. Rencontres de patrouilles en forêt de Parroy; nous avons fait quelques prisonniers dont un officier.
Les Anglais ont exécuté des coups de main sur les positions allemandes au sud-est du Verguier et vers la route Bapaume-Cambrai. L’ennemi a eu un certain nombre de tués et ses abris ont été détruits. Nos alliés ont marqué une légère avance sur le champ de bataille d’Arras en faisant 35 prisonniers. 4 canons de campagne sont tombés entre leurs mains. Ils ont abattu 6 avions ennemis.
M. Hoffmann , chef du département politique au Conseil fédéral suisse a dû démissionner à la suite de la découverte d’un télégramme chiffré envoyé par lui à Petrograd et qui transmettait des propositions allemandes en vue d’une paix séparée avec la Russie.
Une crise ministérielle s’est produite à Vienne.

source: http://grande.guerre.pagesperso-orange.fr/juin17.html

Pétain a cru aux chars

Dès le 20 juin 1917, Pétain  a demandé que soit lancée la fabrication de 1 500 chars pour le printemps de 1918 et, lors de la bataille de La Malmaison en octobre 1917, il leur fait jouer un rôle important. Enfin, il n’attaque jamais sans une concentration très forte de l’artillerie. La guerre de 1914-1917 est finie. Celle de 1918, qui annonce la Seconde Guerre mondiale, commence.

L’importance des changements apparait en pleine lumière lors de l’offensive de La Malmaison le 23 octobre, la veille de Caporetto. Le général Pétain osa relancer l’Armée française à l’assaut dans la zone des mutineries et de l’échec d’avril du général Nivelle. Et, cette fois, le Chemin des Dames tomba avec des faibles pertes: 16 000 hommes  -dont moins de 2 300 tués-  au lieu des 100 000 d’avril 1917. Cette victoire illustrait la nouvelle conduite de la guerre, rendit confiance dans le Haut-Commandement et recréa l’espérance de la victoire. Dès lors, les mutineries étaient entrées dans l’histoire.

La suite sur http://ufacbagnolet.over-blog.com/article-36007807.html

Louis Flourac, fusillé pour l’exemple

En Ariège, comme ils le font depuis plusieurs années, c’est autour du monument aux morts de Saint-Ybars qu’aujourd’hui, à 15 heures, se retrouveront les membres de la Libre-Pensée ariégeoise et tous ceux qui souhaiteront les accompagner dans ce combat contre l’oubli et l’infamie infligés à ces combattants.

Il faut rappeler que sur ce monument figure désormais le nom de Louis Flourac, jeune soldat de 24 ans qui fut, en juin 1917, l’un de ces trop nombreux soldats fusillés pour l’exemple (1) afin de «maintenir l’obéissance» dans les troupes.

source: la dépêche: http://www.ladepeche.fr/article/2012/11/11/1486219-se-souvenir-de-louis-flourac-et-de-tous-les-fusilles-pour-l-exemple.html

(video) https://www.youtube.com/watch?v=oUJyMBG4deo

1050/18 juin 1917: Georges Kugé condamné à mort

Carnets de guerre de Lucienne Courouble

Lundi 18 juin 1917

Orages. Canon enfin.

Annonce du logement dans quelques jours. Les matelas sont conduits à Sains. Ils renvoient les laines de couleurs et laines mélangées de crins. Après qu’on s’est esquinté à tout découdre et conduire ! Quel dé triage pour reconnaître les siens chacun !

Pas de farine encore. 150 gr de pain aujourd’hui.

Mardi 19 juin 1917.-Orages.

Canon nuit et jour. Perquisition.

Annonce :Ø  Les 24 personnes acceptées pour partir en France, partiront demain par nuit à 1 h du matin.

Cette fois seule la petite laine mélangée avec du crin ou petite laine de couleur n’est pas prise.

Le canon donne partout. Est-ce enfin l’offensive ?

Mercredi 20 juin 1917.-Chaud, averses.

Tous les fruits sont réquisitionnés. Payés ?

Déclarer tout le linge de maison et les lits de 1 personne. Les troupes arrivent demain ! ?. 20 000 à Fourmies Wignehies.

Perquisitions rue du Moulin, prennent une gouttière démontée !!

Demandent les baromètres ou thermomètres à mercure.

Canon moins fort, cesse déjà le soir.

La farine arrive enfin. Nous aurons du pain demain. (Pas trop tôt !)

Jeudi 21 juin 1917.-Pluie. Canon. Pain. Charbon.

Toute la laine est conduite.

Vendredi 22 juin 1917.-Canon.

Les rapatriés partis hier matin stationnent à Fourmies jusque mercredi.

Déclarer toutes les voitures à 2 roues et 4 roues.

Samedi 23 juin 1917.-Pas de canon. Désolation.

12 gardes champêtres nommés devront patrouiller toutes les nuits.

Demain conduire toutes les vaches déclarées sèches (Gare aux fraudeurs !)

Dimanche 24 juin 1917.-Aéros le matin. Pas un coup de canon.

Prennent 100 vaches. Faut 4 canards.

Lundi 25 juin 1917.-Aéros soir canon forme garde de nuit. En cas d’incendie de foin 4 otages enlevés. Ils disent que la Russie demande la paix ?

Comme on n’a pas fourni de cerises ni fraises, 50 marks d’amendes là où on en trouve. (Puisqu’il leur faut tout, qu’ils aillent quelque part il y en a !)

Mardi 26 juin 1917.-Canon après-midi.

Vont voir les cuves à la brasserie et les cuvelles pour la laiterie ou pour marmelade.

Soir, grand gendarme vient, visite la remise, regarde la voiture, l’écurie et c’est tout.

Les téléphonistes sont partis ce matin.

Mercredi 27 juin 1917.-Matin, un pilleur de métal veut prendre les garnitures de cuivre d’une armoire et les portes-bougies du piano et une patère.

À la brasserie enlèvent la cuve guillotine pour la laiterie.

Ordre arrive d’enlever tous les métaux.

Jeudi 28 juin 1917.-Viennent chercher 71 tonneaux, le reste suivra. Me promettent 1 bon.

Canon fort. On raconte qu’on va faire des lits partout, même dans l’église.

Les planches arrivent sans cesse. Pour ? Troupes ? Évacués ?

Les gendarmes trouvent et prennent 700 marks dans une maison. 13 soldats de la colonne partent demain ; le poste parti, des vieux remplacent.

La suite sur http://www.chtimiste.com/carnets/Courouble/Lucienne%20Courouble%201917%201918.htm

Chemin des Dames: « Albert, caporal du 75e RI, c’est la tombe 1774, pareille aux autres. Un soldat mort le 18 juin 1917 et c’est tout »

Français, Allemands, Italiens, Britanniques, Russes, Danois et Sénégalais reposent dans 21 cimetières autour du Chemin des Dames. En paix.

Elles font partie du paysage, ces vastes étendues de croix, de stèles, de plaques, chauffées par les printemps qui se succèdent depuis 1918 et glacées par autant d’hivers. Glaçantes aussi parfois en plein été. De froides traces de la guerre, de la Grande, « et quand on dit grande, c’est qu’il faut se rendre compte du massacre que ça a été », plante d’emblée Yves Fohlen, guide à la Caverne du Dragon.

Les cimetières militaires, 14 pour les seuls morts français, plantés dans le périmètre du chemin des Dames, racontent autant d’histoires qu’ils comportent de tombes.

Les cimetières, quelle rigueur ! mais quel désordre ça a été. La France n’en avait jamais créé de pareils

À Cerny, on croise Jean-Louis Chardonnet, Oulmane Mouloud- Michel Nivelle ou encore Albert Trutton. Albert, caporal du 75e RI, c’est la tombe 1774, pareille aux autres. Un soldat mort le 18 juin 1917 et c’est tout. Il faut chercher pour découvrir qu’ Albert Trutton, lui, a été « fusillé pour l’exemple », comme vingt-cinq autres de ses camarades (un autre s’est suicidé, un dernier s’est évadé).

Une histoire parmi des dizaines de milliers, évoquée -l’Elysée avait peu goûté l’initiative –, par Lionel Jospin lors de sa venue le 5 novembre 1998. Les « mutins », les rebelles, « pas des lâches en tout cas », signale le guide, sont dans la mémoire collective cent ans plus tard, mais toujours pas été réhabilités.

Les cimetières, quelle rigueur ! Mais quel désordre ça a été. La France n’en avait jamais créé de pareils avant. Des milliers de croix et de plaques. Les dates de naissance des tués ne figurent nulle part. « Ils étaient ou très jeunes, ou âgés », résume Yves Fohlen.

Des stèles musulmanes pas orientées vers la Mecque (à l’Est), des tombes indochinoises estampillées musulmanes et des Russes orthodoxes sous des croix chrétiennes, c’est aussi cela les nécropoles du Chemin des Dames. Tous les soldats ne sont enterrés dans ces cimetières. Des familles sont parfois revenues chercher les corps. D’ autres, bien identifiés, sont encore sur le champ de bataille. Un soldat originaire de Mexico repose derrière le monument des Basques. Reçoit-il autant de visites que ses compagnons d’arme ?

Yves Klein

Dans L’Union : http://www.lunion.fr/23821/article/2017-04-02/leur-dernier-abri-sous-des-hectares-de-terre-du-chemin-des-dames

Georges Kugé condamné à mort

 

Georges Kugé est né le 10 juin 1890 à Lessines. Ils est le fils de Charles Kugé, un horloger allemand d’Aix-la-Chapelle. Il commence sa formation d’horloger avec son père à l’âge de quatorze ans. Il se fera ensuite embaucher à Bruxelles puis, deux ans plus tard, ira se perfectionner en Allemagne.
A 21 ans, il retourne en Belgique et effectue son service militaire au 9e régiment de ligne.  Il travaille ensuite en Allemagne puis rentre à Lessines au chevet de son père souffrant. Au début de la guerre, il combat dans l’armée belge mais est réformé suite à une blessure reçue à Aerschot. Une fois rétabli, il s’installe à Bruxelles où il fait la rencontre du gendarme Victor Rémy qui le fait entrer en contact avec un service d’espionnage : de septembre 1915 à avril 1916, il va recueillir des renseignements dans tout le Hainaut avant de reprendre la direction du service. Le 14 octobre 1916, Georges Kugé est arrêté, ainsi que plusieurs de ses complices, et est conduit à la prison St. Gilles à Bruxelles où il passera 8 mois à se faire interroger. Il est condamné à mort le 18 juin 1917. Le 23 juin, son appel en grâce est rejeté. Il sera fusillé le matin du 25 juin 1917 au Tir National.

lu dans http://www.lessines-14-18.be/?page_id=64

Le caporal Truton fusillé

partie des hommes s’étaient cachés et une condamnation à mort prononcée.
Les mutins du 75e RI: après la mutinerie de Pargnan, le caporal Truton est condamné à mort par le Conseil de guerre le 10 juin 1917 pour «refus d’obéissance, étant commandé pour marcher contre l’ennemi». Il sera exécuté le 18 juin et inhumé au cimetière de Cerny-en-Laonnaois

Lire sur https://amicale2rima.fr/index.php/traditions/histoire-militaire/1495-la-faute-du-petit-caporal

Journal de guerre du lundi  18 juin 1917 à travers Le Miroir

Dans la région au nord-est de Cerny, l’ennemi a déclanché un feu violent sur nos positions de la Bovelle, tandis que ses détachements d’assaut se rassemblaient dans les tranchées. Notre artillerie a fait avorter ces préparatifs d’attaque et ramené le calme.
Plus à l’est, la lutte d’artillerie a pris un caractère d’extrême intensité dans le secteur d’Hurtebise. Des reconnaissances allemandes ont été dispersées par nos feux à l’est de Reims et au nord d’Emberménil.
En Woevre et dans les Vosges, à l’Helsenfurst, nous avons réussi des coups de main qui nous ont permis de ramener des prisonniers et de détruire de nombreux abris.
Sur le front britannique, canonnade près de Croisilles, aux abords de Lens et aux environs d’Ypres.
7 avions allemands ont été détruits par nos alliés.
Un zeppelin a été abattu au cours d’un raid sur l’Angleterre.
Les éclaireurs russes ont manifesté de l’activité dans la région de Lusetz. Fusillade sur le front roumain.
Activité d’artillerie sur le front Italien, en Carnie. Les batteries autrichiennes ont tiré contre les positions de nos alliés au Val Piccolo et au Val Grande. L’ennemi a subi des pertes en plusieurs rencontres partielles.