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1322/17 mars 1918: les poilus noirs d’Amérique àGivry-en-Argonne

Les poilus noirs d’Amérique à Givry-en-Argonne

Le 17 mars 1918, le 15e de New York, rebaptisé 369 e régiment d’infanterie américain, débarque à Givry-en-Argonne (Marne). Henry Johnson et Needham Roberts sont équipés des fusils, musettes et casques des poilus français… Qui accueillent avec chaleur les quelque 2 000 Noirs du régiment.

Ignorant les recommandations des officiers américains qui les somment de « ne pas gâter les nègres » en « mangeant avec eux ou en leur serrant la main », le commandement français s’émerveille rapidement des compétences de ces soldats avides de combattre. De Massiges à Minancourt, de Château-Thierry au bois Belleau, le 369 e RIUS — dont l’insigne était un serpent à sonnette — passe 191 jours au front, plus qu’aucun autre régiment américain. Après l’offensive victorieuse de Maisons-en-Champagne, l’ensemble des soldats reçoit la croix de guerre, 171 d’entre eux la Légion d’honneur ! Et le 18 novembre 1918, une semaine après l’Armistice, Johnson et Roberts marchent en tête de la première unité alliée à atteindre le Rhin.

Ce régiment, l’un des plus décorés, sera pourtant exclu du triomphe… à la demande des Américains blancs, qui refuseront de défiler avec eux, le 14 juillet 1919, sur les Champs-Elysée. Une stèle unique leur rend hommage, à Séchault, dans les Ardennes. A eux, et aux 584 soldats noirs américains de la 93 e division, à laquelle ils appartenaient, qui ont perdu la vie dans les tranchées. Pour leur liberté, et la nôtre.

source: http://www.leparisien.fr/espace-premium/actu/les-poilus-noirs-d-amerique-ils-ont-introduit-le-jazz-en-france-a-la-fin-certains-ne-voulaient-plus-repartir-09-03-2014-3655755.php

Journal de guerre de 1918 du soldat Charles Robert Bottomley

17 mars 1918 — Suis allé à l’office derrière le QG divisionnaire. Le chanoine Scott a fait un sermon. Ai aussi reçu instruction d’aller relever l’artilleur Dobson auprès des pièces. Suis monté avec le chariot des vivres et suis arrivé vers 19 h. De garde de 22 h 30 à 1 h.

18 mars 1918 — Me suis levé à 7 h. Ai nettoyé la pièce et ai ensuite passé la journée à flâner. Suis allé porter un message à la brigade. Me suis couché à 21 h .

19 mars 1918 — Ai nettoyé une pièce et travaillé dans le trou. Il a plu pendant la journée.

20 mars 1918 — Ai nettoyé le trou et me suis occupé des pièces. Avons tiré 37 obus en exercice vers 6 h et quelques obus en après-midi. Avons aussi fait un exercice de tir à la mitrailleuse Lewis.

21 mars 1918 — Nettoyé la pièce et tiré quelques obus en après-midi. Avons aussi tiré un tir de barrage d’obus à gaz. Me suis couché vers une heure du matin. Avons tiré 5000 obus à gaz contre les Frisés et exécuté un barrage roulant afin de leur infliger des pertes pendant qu’ils se mettaient à l’abri. Gaz Tétrol.

22 mars 1918 — Me suis occupé de la pièce. Avons simplement tiré quelques obus contre une tranchée de mortiers allemands. Journée tranquille. Ai bien mangé pour dîner et me suis couché.

23 mars 1918 — Reçu instruction de descendre au secteur des chevaux à Neun Le Mines. Toute la batterie a été relevée par la 51e Batterie de la 5e Division. Avons quitté la position vers 2 h et sommes arrivés au secteur des chevaux vers 16 h. Ai bu du thé et suis allé en ville. Ai dormi à l’étage de la maison d’une famille française avec Roy Foly, Wright et le caporal Thackery.

source: http://www.veterans.gc.ca/fra/remembrance/those-who-served/diaries-letters-stories/first-world-war/Bottomley/march1918

Menaces de grèves à l’usine Renault

https://books.google.fr/books?id=BDQ_isgIDQsC

Parution du Miroir

Le journal de la Huronne

17 mars 1918.

Écrira-t-on la chronique des caves ?

Des communiqués officiels, vantant leur sécurité, invitent la population à s’y réfugier en cas d’alerte. Ces conseils sont écoutés. La coutume s’installe. Dès le premier cri de la sirène, les portes claquent à tous les étages. L’escalier s’emplit d’un continuel bruit de pas. Les locataires descendent en tenue d’alerte, les uns emportant une sacoche précieuse, les autres des pliants. Puis, dans la pénombre des couloirs voûtés, la foule résignée, somnolente, attend la fin de la canonnade, dont on entend par les soupiraux le roulement amorti. Seuls, les domestiques gardent quelque entrain. Ils transportent à la cave les potins de l’office, et — satisfaits peut-être d’étonner la galerie — ils étalent leurs prodigieuse connaissance de la vie secrète de leurs patrons.

Quelques propriétaires d’hôtels particuliers se sont aménagé un réduit souterrain selon le dernier cri du confort. Une de mes amies m’a fait visiter sa cave modèle. Rien n’y manque : divan-hamac, tables volantes, petite bibliothèque. Tout y est prévu : flacons d’hyposullite contre les effets d’un nouveau gaz vésicant, l’ypérite, dont les bombes seraient chargées ; lampes électriques portatives, destinées à remédier à la rupture du courant ; fourneau à pétrole, boîtes de conserves, qui permettraient de s’alimenter pendant un long ensevelissement ; même des sifflets d’argent pour appeler au secours, signaler qu’on est encore vivant sous les décombres.

Les gares du métro, tout au moins celles qui sont suffisamment profondes, servent aussi de refuge. Paron, surpris par une alerte dans une des stations de la périphérie, me décrivait la foule entassée sur les quais, pendant des heures. D’ignobles plaisanteries, des femmes étouffées, qui hurlent et s’évanouissent ; des enfants qui satisfont tous leurs besoins ; des mains audacieuses qui volent et qui violent ; et toute une population inquiétante, insoupçonnée, d’apaches et de vagabonds, que la peur a fait sortir du gîte.

Naturellement, il y a des héros qui ne descendent jamais à la cave. Ils disent le lendemain, d’un ton de fausse modestie : « Oh ! moi, je suis resté dans mon lit. » Ou bien : « J’ai tisonné, au coin du feu. » L’amour-propre continue. Quand les convives d’un dîner nombreux sont surpris par l’alerte, nul d’entre eux n’ose prendre l’initiative de la prudence. On se dupe mutuellement. Même le maître de la maison aime mieux exposer ses invités que de paraître avoir peur.

D’autres consentent à s’abriter, mais pavoisent leur attitude de raisons furieusement patriotiques. Une dame de la haute médecine déclarait : « Moi, je descends à la cave parce que j’aurais honte d’être assassinée par un Boche. » Quelle chance pour les prolongeurs de guerre que les soldats n’aient point de ces héroïques scrupules ! Mais voilà que je « huronne » encore. Où ai-je la tête ? Dès qu’on est vêtu de bleu horizon, on n’est plus honteusement assassiné par un boche, on est glorieusement tué à l’ennemi.

À propos de la sécurité des abris voûtés, on colporte encore un mot de Clemenceau. Un de ses familiers, lui montrant la longue et courbe silhouette de Ribot, s’exclamait : « Comme il est voûté !… » À quoi Clemenceau : « Oui, mais ce n’est pas un abri sûr. »

source: https://fr.wikisource.org/wiki/Le_Journal_de_la_Huronne/La_Houille_rouge/Mars_1918

Journal du dimanche 17 mars 1918

Activité intermittente de l’artillerie sur la rive droite de la Meuse et en Woëvre.
Un coup de main ennemi dans le secteur de Flirey a échoué.
Les Gallois ont exécuté vers Armentières un raid qui leur a permis de ramener quinze prisonniers et deux mitrailleuses.
Nos alliés ont réussi un autre raid, au nord-est de 1a Vacquerie.
Activité de l’artillerie allemande au sud-est de Cambrai, vers la Scarpe, au nord de Lens, de part et d’autre du canal de la Bassée et dans le secteur de Messines.
Les tirs d’artillerie des Anglais ont incendié un important dépôt à l’est de Quéant.
Les aviateurs britanniques ont encore montré de l’activité. De nombreux combats se sont déroulés à l’est des lignes. Plus de douze tonnes de projectiles ont été jetées sur des cantonnements de repos, dépôts de munitions et champs d’aviation.
Un raid aérien a été exécuté sur les voies de garages d’Hirson : douze appareils allemands ont été abattus et sept autres contraints d’atterrir.
Quatorze bombes de gros calibre et dix de petit calibre, ont été jetées sur les casernes, les usines de munitions et la gare de Zwei-Brucken. Tous les avions anglais sont rentrés indemnes.
En Macédoine, canonnade réciproque. L’artillerie ennemie a jeté de nombreux obus asphyxiants sur Monastir.