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1410/13 juin 1918: le ministère de la guerre pas généreux avec les femmes

Photos du 13 juin 1918

Référence : SPA 51 W 2178 Camp de Clermont, Oise, prisonniers allemands faisant la queue pour la soupe. 13/06/1918, opérateur Jacques Ridel.

Au camp de prisonniers de Clermont dans l’Oise, des soldats allemands capturés lors de la bataille du Matz patientent pour obtenir leur repas. Au cours de la contre- offensive française des 11 et 12 juin, environ mille soldats allemands se rendent.

Référence : SPA 127 S 4599 Sammeron, Seine-et-Marne, troupes américaines montant en ligne. La pause au bord de la Marne. 13/06/1918, opérateur Emmanuel Mas.

A Sammeron, sur les bords de la Marne, près de la Ferté-sous-Jouarre, les troupes américaines font halte dans leur progression vers le front de l’Aisne. A partir du 12 juin 1918, au temps fort de la bataille du Bois de Belleau, les renforts américains se dirigent vers Château-Thierry, où les pertes subies par les contingents de l’American Expeditionary Forces sont lourdes. En quatre semaines de combats ininterrompus, la 2e division d’infanterie américaine perd plus de 8 100 hommes, dont 1 811 tués, soit près de la moitié des ses effectifs.

source: http://archives.ecpad.fr/wp-content/uploads/2010/06/1918-06.pdf

Le ministère de la guerre pas généreux avec les femmes

Dans la première quinzaine de juin, le mouvement s’étend : pour la région parisienne, 42. 000 grévistes dont 30 000 femmes et 1 2 000 hommes en 13O grèves dont 98 portent sur les salaires et 32 sont des grèves de solidarité. En province, on recense environ 40 grèves avec 16. OO0 grévistes dont 1 ’l OO0 femmes : 38 pour des questions de salaire. Ces grèves sont de courte durée et cachées à l’opinion par la censure. Le 13 juin, une consigne de presse invite les journaux « à ne laisser passer sur les grèves en France que les informations communiquées par le ministère de l’Intérieur« .

Dans leur ensemble. elles portent sur des questions de salaire mais elles dénoncent aussi des règlements d’atelier trop sévères, le lait que l’on mette à des postes qualifiés des travailleurs non qualifiés, moins payés. La pratique du débauchage est fréquente et contribue à l’extension du mouve- ment, comme aux usines « Salmson », fabrique de moteurs d’avions qui emploie 4 5OO personnes dont mille femmes. Le lundi de la Pentecôte, 29 ouvrières s’absentent sans autorisation. Cinq sont renvoyées alors que dans toutes les usines travaillant pour la défense nationale, cette journée avait été accordée. Dans l’après-midi, ces cinq ouvrières et quelques autres arrivent devant les usines « Salmson » à la tête d’un groupe de 200 femmes, formé de grévistes de la lampe « lris » d’lssy-les-Moulineaux, de chômeuses de la maison « Citroën » et de blanchisseuses de la région de Boulogne. Elles envahissent les ateliers et adressent à la direction une délégation pour la réintégration. C’est l’échec. L’ensemble du personnel est congédié. Le débauchage s’étend à d’autres usines de l’aéronautique comme « Farman », « Henriot », « Kelner » et « Renault » dans la métallurgie.

Dans leurs appels à les suivre, elles disent que les poilus reviendraient plus tôt, que la guerre cesserait d’elle-même le jour où on ne fabriquerait plus de matériel ni de munitions. Dans les réunions qui ont lieu à la Bourse du Travail, les profits de guerre sont dénoncés.

Dans ces secteurs. l’effervescence reprend dans la deuxième quinzaine de juin ; le ministre de la Guerre vient d’élaborer un nouveau barème, suite à une proposition syndicale du 13 juin. ll accorde 30 o/o d’augmentation pour les ouvriers qualifiés mais rien pour les manœuvres et les femmes. Le 26, la grève générale « des bras croisés » est décidée par 3 5 000 voix contre 7 000. lls sont 54 000 à cesser le travail avec les 1O 000 qui avaient débuté les jours précédents ’. « Salmson », « Farman’ » et « Kelner ». « Renault » est seul établissement métallurgique à suivre. De nombreux mobilisés y participent.

http://revolutions-1917.info/spip.php?article41

Journal du jeudi 13 juin 1918

Entre Montdidier et l’Oise, la bataille se poursuit. Toutes les tentatives de l’ennemi ont été brisées à gauche où, par une brillante contre-offensive, nous avons repris de deux à quatre kilomètres, reconquérant la ligne occupée lundi soir. Nous avons réalisé de nouveaux progrès à l’est de Mery et du bois de Genlis.
Par de violentes attaques, les Allemands ont également tenté de nous rejeter sur l’Aronde. Sur le front Saint-Maur-ferme des Loges-Antheuil, nos troupes ont soutenu le choc, gardé leurs positions et infligé de lourdes pertes aux assaillants.
Sur notre droite, les Allemands, malgré leurs efforts réitérés, n’ont pu déboucher sur la rive sud de Matz. Nous tenons la partie sud de Chevincourt et de Marest-sur-Matz. En réalité, notre contre-attaque de la veille avait devancé une forte offensive ennemie et bousculé les effectifs allemands déjà agglomérés.
Au sud de l’Aisne, les Allemands ont attaqué entre la rivière et la forêt de Villers-Cotterets. Des combats acharnés se sont livrés sur le front Dommiers-Cutry-sud d’Ambleny.
Les Anglais ont fait un heureux coup de main à Boyelles.

source: http://grande.guerre.pagesperso-orange.fr/juin18.html

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1384/18 mai 1918: le char allemand Elfriede présenté au sous-secrétaire d’Etat aux inventions

On parlait aussi base-ball sur le front

Soldats américains expliquant au baseball américaine soldats britanniques / 18 mai 1918

source: https://www.pinterest.fr/pin/812688695228095030/

Le char allemand Elfriede présenté au sous-secrétaire d’Etat aux inventions

Le 18 mai 1918, à Saleux, le char d’assaut allemand Elfried est présenté à Jules-Louis Breton, sous-secrétaire d’Etat aux Inventions. Des officiers et des soldats britanniques sont également présents. Entre le 1 et le 5 juillet 1918, à Bourron, des essais de tirs sont effectués sur Elfried pour vérifier l’efficacité du canon de 37 mm.

source: http://www.cnc-aff.fr/internet_cnc/Internet/ARemplir/parcours/EFG1914/pages_FR/13171.html

Fismes: le 109 e RI résiste aux Allemands

« 109e R.I. – Les 17 et 18 mai 1918 pendant 19 heures interdit le passage de la Vesles à 3 divisions allemandes. – Ce monument a été élevé par les survivants du 109e R.I. à leurs 600 camarades tombés pour la patrie pendant les combats des 27 mai au 2 juin 1940. – Passant souviens-toi »

Lettre d’Henry Novel à ses parents

Mes chers Parents,

Encore cinq jours de cette vie réellement terrible… Cela n’a rien de gai !! Je crois que pendant les quelques jours qui ont précédé j’ai vu le spectacle de désolation le plus terrible que l’on puisse voir. Cela dépasse tout ce que l’on peut imaginer, et les luttes terribles qui se sont déroulées ici sont certes au-dessus de tout ce que l’on peut concevoir.

On se croirait dans un paysage lunaire. Le terrain crevé, bouleversé où tous les trous d’obus s’enchevêtrent s’étend sur des kms et des kms semé de débris de toutes sortes : casques, sacs, obus, douilles, cartouches, tôles, caissons démolis, cadavres de chevaux, etc., le tout percé, crevé, retourné. Les obus n’ont pas épargné un millimètre de terrain. C’est atroce et il faut le voir pour le croire…

Je ne sais pas si je vous ai dit que le camarade qui devait partir avant moi a été avancé… je suis donc le 1er à partir pour le tour de juin et vous me verrez arriver pour les premiers jours du mois prochain. Heureusement, je vous jure que je n’ai jamais attendu avec autant d’impatience le moment de quitter ce bled de désolation…

Je termine car je suis trop abruti pour pouvoir écrire plus longuement, en vous embrassant tous bien affectueusement.

source: https://www.14-18hebdo.fr/henry-novel-lettres-a-ses-parents-1914-1918-14-mai-1918

Bombardement mortel des alliés sur Valenciennes

Le Samedi 18 mai 1918, par un temps splendide et très chaud, onze avions français et anglais vinrent nous rendre visite à 10 h 1/2 du matin. Ils commencèrent par lancer quelques bombes sur le village de Trith, tuant six civils. Ils planèrent ensuite sur Valenciennes, où stationnait en gare, un train de munitions qu’ils essayèrent de faire sauter. Malheureusement, les bombes tombèrent à peu de distance, faisant quelques victimes, ainsi qu’on le voit dans le rapport circonstancié de la police :
Quatre bombes viennent d’être jetées sur la Ville.

  • La première atteignit une petite remise, appartenant à M. Mineur, teinturier, rue Cahaut.
  • Une seconde tomba sur l’un des bâtiments de M. Lefebvre, blanchisseur dans la même rue. 
  • Une troisième dans un terrain vague, à 200 mètres environ du nouveau pont de l’avenue Villars. .
  • Enfin, la quatrième, à environ 300 mètres du champ d’aviation, en face de l’immeuble portant le numéro 69 de l’avenue de Cambrai.
    Les dégâts furent considérables. Quatre ménages qui habitaient les immeubles portant les numéros 27, 29, 33, 35 de cette avenue se trouvèrent sans abri. De nombreuses vitres furent brisées, tant dans la rue Cahaut, qu’au Clos des Villas.

Les victimes au nombre de sept furent :

  1. Vaillaux Adèle, 58 ans, rue Cahaut, 35, blessée grièvement, admise à l’Hôtel-Dieu.
  2. Belot Alphonsine, Epouse Terrez, 26 ans, rue Cahaut, 27, blessée aux cuisses, admise à l’Hôtel-Dieu.
  3. Vandeville Marcel, 23 ans, hôtelier en garage, près de ]a Citadelle, blessé grièvement, soigné chez lui.
  4. Malesse Clémence, 24 ans, batelière en stationnement à la Citadelle, soignée chez elle.
  5. Caillez Joseph, 30 ans, peintre, demeurant rue Gillis, blessé légèrement au cou.
  6. Gagneaux Malvina, 26 ans, ménagère demeurant rue Cahaut, blessée sur différentes parties du corps, admise à l’Hôtel-Dieu.
  7. Darras Georges, né le 12 septembre 1865, à Noreuil, évacué de ladite commune, domicilié à Valenciennes, 18, rue des Maillets, tué. Ce dernier était occupé à charger des décombres, avenue de Cambrai, et son cadavre fut transporté à la morgue (Hôtel-Dieu).

MM. les docteurs Trouillet et Hédot, qui s’étaient rendus sur les lieux, donnèrent leurs soins aux blessés.

source: http://civils19141918.canalblog.com/archives/2011/07/27/21689563.html

Grève des  midinettes (couturières) à Paris

[18] mai 1917 [à Paris], grève des midinettes [couturières] : [photographie de presse] / [Agence Rol]

http://www.culture-evreux.fr/EXPLOITATION/Default/doc/OAI_1/oai-bnf.fr-gallica-ark–12148-btv1b53003092v/18-mai-1917-a-paris-greve-des-midinettes-couturieres-photographie-de-presse-agence-rol

Blargies: les Indiens ont payé aussi un lourd tribut à la guerre

Derrière les soldats de la British army, les Indiens ont payé le plus lourd tribut avec 45 tombes à leurs noms ; dans le prolongement du cimetière français. « Ces hommes venaient ici pour gagner un peu d’argent ; les conditions climatiques étaient difficiles pour eux. On ne sait pas grand-chose sur eux finalement », raconte, passionné, Patrick Périmony, le maire

Ce qu’il sait, c’est que plusieurs sont probablement décédés lors d’un bombardement ennemi du 18 mai 1918. « Le village avait dû être évacué car on n’a pas eu de victimes. Tandis que chez les manutentionnaires, beaucoup sont enterrés le 19 mai 1918. L’explosion du stock de munitions a fait exploser les vitres à 3 km à la ronde », raconte l’élu.

Journal du samedi 18 mai 1918

Au cours de la nuit, bombardement violent dans la région d’Hailles.
Vers Mesni1-Saint-Georges, nous avons réussi un coup de main ennemi et fait des prisonniers.
Dans la région au sud de Canny-sur-Matz, nos détachements ont pénétré en deux points dans les lignes ennemies et ramené une quarantaine de prisonniers dont un officier.
Sur la rive sud de l’Oise, une tentative ennemie sur nos petits postes du secteur de Varennes a échoué sous nos feux.
Sur le front britannique, un raid ennemi a été repoussé dans les environs de Moyenne-ville, au sud d’Arras. Grande activité des deux artilleries pendant la nuit dans le secteur du bois de Pacaut au nord d’Hinges.
L’artillerie ennemie a été encore plus active entre Locon et Hinges et de la forêt de Nieppe à Meteren.
Des avions allemands ont bombardé les cantonnements belges. Un aviateur allemand a lancé quatre bombes sur l’hôpital d’Hoogstade.
Les actions d’artillerie, normales sur une grande partie du front, ont pris momentanément un caractère assez vif, notamment dans la région de Pilken. Lutte de bombes à Nieuport, vers Dixmude et à l’ouest de la forêt d’Houthulst.
Des troupes américaines sont arrivées dans le nord de la France, dans la zone occupée par les forces britanniques.

source: http://grande.guerre.pagesperso-orange.fr/mai18.html

1379/13 mai 1918: début d’une agitation révolutionnaire dans les usines d’armement

Début d’une agitation révolutionnaire dans les usines d’armement

Comme une traînée de poudre, le mouvement s’est amplifié tout au long du mois de mai 1918. Tout commence le 13, lorsque les salariés de chez Renault entament un mouvement de grève dans les usines d’armement. Len lendemain, ce sont 100.000 personnes qui se joignent aux manifestants. Plus tard, le 18, le mouvement gagne Saint-Etienne, dans le bassin de la Loire, devenu la principale région de fabrication du matériel de guerre. De là, il gagne Bourges et Lyon.

Finalement, le mouvement ne dura que quinze jours et s’acheva le 28 mai. En fait, ces grèves sont restées largement ignorées en raison de la censure qui frappait les informations de nature à inquiéter l’opinion. Elles ont été très différentes de celles de 1917 qui étaient avant tout le fait de femmes revendiquant des hausses de salaires. Là, les grèves ont été plus organisées. Elles ont essentiellement touché les métallos qui manifestaient « pour la paix » et utilisaient un langage révolutionnaire avec de fréquentes allusions à la révolution bolchevik. Redoutables parce qu’elles risquaient de mettre en danger les fournitures d’armes aux troupes, elles sont restées circonscrites à une seule catégorie d’ouvriers, les métallurgistes, ce qui explique leur arrêt rapide.

En savoir plus surhttp://blogs.lesechos.fr/echos-d-hier/13-mai-1918-debut-d-une-agitation-a10512.html?Drc8Ej8YjbCmmLvG.99

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Le sujet vu par l’Humanité

(…)Là aussi l’État prend en main le contrôle de la main-d’ouvre, visant à instituer des formes nouvelles de relations sociales, avec par exemple la création à la fin de 1917 des délégués d’atelier. Mais ces usines sont vite aussi le champ de création de formes nouvelles de radicalité, radicalité des luttes, radicalité aussi d’un pacifisme qui n’est jamais en France un défaitisme révolutionnaire. C’est le sens du mouvement de 1918, qui démarre le matin du 13 mai à l’initiative des délégués de Renault. La grève est fondamentalement un geste pacifiste qui se manifeste à travers l’opposition au renvoi au front des jeunes classes mobilisées en usine. Et les métallos parisiens passent désormais à l’avant-garde ; ce sont eux qui sont désormais les plus nombreux dans les grèves (et non plus ceux du bâtiment, comme avant 1914), ils introduisent leurs formes de lutte comme l’occupation de l’usine – fréquente déjà en 1918 – et construisent un syndicalisme dynamique et résolu.

source: https://www.humanite.fr/node/308435

Journal du lundi 13 mai 1918

Bombardement assez violent dans la région à l’ouest de Mailly-Raineval.
Une attaque allemande sur nos nouvelles positions, au nord-ouest d’Orvillers-Sorel a subi un complet échec. Nos feux ont infligé des pertes sérieuses à l’ennemi, qui a laissé des prisonniers entre nos mains.
La lutte d’artillerie a été vive sur la rive droite de la Meuse, dans le secteur bois des Caurières-Lès-Chambrettes.
Le communiqué britannique signale que, dans une attaque locale heureuse, les troupes françaises ont amélioré leurs positions au nord du village de Kemmel et fait plus de 100 prisonniers.
Aux environs du canal d’Ypres à Comines, un raid ennemi a été repoussé. Nous avons fait quelques prisonniers. Aux environs de Meteren, des combats de patrouilles ont permis à nos alliés de ramener plusieurs prisonniers et une mitrailleuse.
L’artillerie ennemie s’est montrée active dans les secteurs de l’Ancre, au sud d’Albert, et contre les positions anglaises avancées à l’est de Loos et au sud de Voormezeele.
Sur le front italien, vive activité de patrouilles; celles de nos alliés ont fait irruption dans un poste ennemi, au col del Orso, anéantissant les défenseurs à la baïonnette et à la grenade et capturant une mitrailleuse. Canonnade le long de la Brenta et de la Piave.

source: http://grande.guerre.pagesperso-orange.fr/mai18.html

1325/20 mars 1918: Tours: des femmes en grève

Tours: des femmes en grève

Le 20 mars à 20h, 2 000 femmes sont réunies salle du Manège, réclamant l’indemnité de vie chère qui leur avait été promise depuis le 1er janvier. Les ouvrières votent la grève pour le lendemain matin. Le secrétaire de la Bourse du travail obtient du maire de Tours que la salle du Manège puisse être utilisée pour y faire un « contrôle des grévistes » — ce qui consiste à dénombrer, parmi les personnes présentes, lesquelles sont effectivement en grève et lesquelles sont venues soutenir les grévistes ou simplement s’informer.

Ainsi, le 21 mars, on obtient les comptages suivants :

  • au Magasin Régional, situé place Velpeau, 230 ouvrières en grève sur 318 ;
  • au centre de tannage de la rue Mirabeau, 162 ouvrières en grève sur 164 ;
  • aux ateliers de la rue Victor Hugo, 275 grévistes, soit la presque totalité des ouvrières ;
  • aux établissement Defressines, quai de la Poissonnerie [13], 287 grévistes (144 ont rapidement repris le travail, apparemment après que deux agents de police en tenue se soient pointés, envoyés par le commissaire Poirier).

Comme en juin 1917, les ouvrières réclament le passage à la semaine anglaise. Le 21 mars à 13 heures, un piquet de grève quai de la Poisssonerie réunit 600 personnes. Le maintien de l’ordre est assuré par des agents de police, aidés par des soldats américains. Place Velpeau, environ 80 ouvrières sont réunies.

A 14 heures, une nouvelle réunion salle du Manège réunit 1 000 ouvrières. Vers 16h, une délégation se rend au Grand Commandement, où le général commandant le 9e Corps d’armée répond qu’il ne voit pas d’inconvénient à l’acceptation des revendications, mais qu’il doit en référer à Paris. Le soir, 2 000 personnes sont réunies à nouveau salle du Manège. La grève est reconduite pour le lendemain. Une augmentation de 1,50 franc par jour aurait été accordée, mais les grévistes réclament que la mesure s’applique rétroactivement à compter du 1er janvier 1918.

Bien évidemment, pas un mot dans la presse bourgeoise. Dans la chronique locale de cette journée, La Touraine Républicaine se contente de gloser sur le vol d’une bicyclette dans le centre de Tours.

source: https://larotative.info/1917-1918-les-ouvrieres-1886.html

Journal du mercredi 20 mars 1918

Dans la région de Reims, un de nos détachements a pénétré dans les lignes ennemies sur une profondeur d’un kilomètre, détruit de nombreux abris occupés et ramené neuf prisonniers.
Après une brusque préparation d’artillerie, l’ennemi a exécuté, au nord-est de Sillery, un coup de main, qui s’est brisé sous nos feux.
Sur la rive droite de la Meuse, violente lutte d’artillerie, en particulier, dans la région de la cote 344. Pas d’action d’infanterie.
Des coups de main exécutés par les troupes anglaises vers Villers-Guislain, la Vacquerie et bois Grenier, leur ont permis de faire un certain nombre de prisonniers.
Les Portugais ont ramené des prisonniers et deux mitrailleuses à la suite d’un raid sur les tranchées allemandes, à l’est de Neuve-Chapelle. Trois tentatives de coups de main, effectuées par l’ennemi à Fleurbaix et bois Grenier, ont échoué avec pertes pour les assaillants.
Grande activité de l’artillerie allemande sur les zones avant et arrière du secteur d’Ypres.
Sur le front italien, actions d’artillerie intermittentes le long du front montagneux et dans la plaine, depuis Zenson jusqu’à la mer.
Sept avions ennemis ont été abattus: deux par les Italiens, deux par les Français et trois par les Anglais. Un dirigeable italien a bombardé les voies ferrées ennemies dans le val Lagarina.

Le 63 ème RI au sud de Reims

source: http://www.faurillon.com/reims.html#top

1323/18 mars 1918: (Aviation) mort du jeune Jean-Corentin Carré

Grève à l’usine Caudron

source: https://books.google.fr/books?id=lIcxNMpC10sC&pg=PA208&lpg=PA208&dq=18+mars+1918&source=bl&ots=KYIRRWM2yt&sig=AOazUqUQOuWT1oZY4j2pzpsqMpY&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwic_7GP66_ZAhWUa8AKHSM7DSw4ChDoAQgzMAI#v=onepage&q=18%20mars%201918&f=false

Mouvements sur le village de Carspach

Le 18 mars 1918, le front situé au nord du village de Carspach connut un regain d’activité. De 6 h à 9 h, l’artillerie allemande bombarda les positions de l’artillerie française située dans la forêt du Lerchenholz avec des obus à gaz ypérite. En représailles, les Français pilonnèrent les premières lignes allemandes de 12 h à 18 h. Ils le firent avec six mortiers lourds et dirigèrent les tirs à l’aide d’avions. L’artillerie allemande réussit, au bout de nombreux essai, à détruire trois d’entre eux. Les Français bombardèrent surtout la deuxième tranchée (C2) située à environ 150 m de la ligne de front. Les occupants de cette tranchée s’étaient réfugiés dans l’abri Kilian. Celui-ci, profondément enterré, était considéré comme sûr. En début d’après-midi, la partie gauche (côté Carspach) subit plusieurs coups au but successifs. La galerie constituant l’abri s’effondra sur une longueur de 60 m, ensevelissant 38 hommes. L’effondrement blessa également dix hommes et un autre fut tué par un tir de mitrailleuse.

source: https://www.lieux-insolites.fr/cicatrice/14-18/kilian/kilian.htm

lire aussi: http://www.carspach.fr/Historique/Les-Fouilles-du-KILIANSTOLLEN/Les-fouilles-du-KILIANSTOLLEN

Aviation (BD) mort du jeune Jean-Corentin Carré

Mais ce 18 mars 1918, à l’aube, il trouve la mort héroïquement dans un combat aérien au dessus de Souilly. Jean-Corentin Carré est tombé dans un traquenard par quatre avions. Cette action lui vaut une dernière citation à l’ordre de l’armée, cette fois-ci « S’est défendu énergiquement jusqu’à ce que son appareil soit abattu l’entraînant dans une mort glorieuse ».
Ainsi disparut à l’âge de 18 ans le « Petit Poilu du Faouët », l’un des plus jeunes soldats français de la Grande Guerre. Tout le monde le pleurait dans le pays. Les hautes autorités demandèrent qu’il soit enterré et porté au Panthéon. Un monument a été inauguré à ce jeune combattant juste avant la Seconde Guerre mondiale. Toutes les rues en Bretagne portent son nom. Jean-Corentin Carré est devenu un symbole et un exemple.

source: http://www.editionspaquet.com/catalogue-bd/t3-1917-1918

lire aussi https://www.soldatsdefrance.fr/22-03-1918-Corentin-Jean-CARRE-18-ans_a527.html

Courte reprise de Noyon aux Allemands

Le 18 mars 1917, le repli stratégique de l’armée allemande permet aux troupes françaises de reprendre Noyon. Au cours des journées précédentes, l’ennemi avait déclenché une série de destructions volontaires : incendies, dynamitage de ponts et de maisons, minages de plusieurs axes de communication, etc. Les dégâts restèrent limités mais occasionnèrent cependant des inondations dans la ville.

Au lendemain de la libération, la remise en état des voies de communication et des habitations endommagées fait suite aux défilés militaires et visites officielles. Le temps est à la réorganisation de la ville et de son ravitaillement. Le maire Ernest Noël, déporté en 1915, retrouve son siège quelques jours plus tard et reçoit la Légion d’honneur.

source: http://www.ville-noyon.fr/IMG/pdf/pg_centenaire_14-18_bd.pdf

(suite) La légion russe intégrée à la Division marocaine

Quand le commandement russe tentait de convaincre les anciens soldats du corps expéditionnaire de s’engager dans la légion des Volontaires russes :
« A bas les pelles, les pioches et autres outils, saisissez les armes et pour l’œuvre de droit et de justice, en avant dans les tranchées ! Non seulement vos chefs, mais aussi les gouvernements alliés prendront soin de vous et vous assureront votre avenir. La discipline sera la même que dans les régiments français. (…)Les comités, les assemblées et les résolutions ne sont pas des armes pour lutter contre un pareil ennemi ; seule une puissante armée, une discipline sévère, mais juste, peut en venir à bout. Donc, notre pauvre Patrie, vendue par les traîtres ne peut être sauvée que par une armée forte et réorganisée ».
Service Historique de la Défense, 17N 686, appel du 18 mars 1918

– Lettre d’un soldat déporté en Algérie contre la Légion
« Comment pourrions-nous nous battre pour des gens qui ont supprimé notre discipline pour implanter la leur, qui nous ont enlevé nos soviets parce qu’ils avaient reconnu le gouvernement bolchevik ».
Service Historique de la Défense, extrait du rapport de la commission militaire de contrôle postal, mars 1918

– L’intégration de la Légion russe dans la Division marocaine.
« Les officiers et soldats qui composent le Bataillon Russe sont dans la situation suivante : ils faisaient partie de la Brigade Russe que nous avons remplacé en Champagne en Avril 1917 à Brimont où elle subi héroïquement des pertes énormes. Depuis ce moment, elle s’est dissociée comme toute l’Armée Russe. Les soldats ont été désarmés et employés provisoirement à des travaux divers.

La suite sur http://www.lacourtine1917.org/spip.php?article121

(…)Rudes combats dans le Nord

Le lendemain, 18 mars, une nouvelle patrouille offensive sur le même objectif, rassemble 24 chasseurs des 54ème et 84ème Squadron sur Sopwith Camel et du 5e Naval sur DH4 et décolle à 10h10 du matin. Mais cette fois, les Allemands ne se laissent pas surprendre. Le Jagdgeschwader 1, le « Cirque volant» de Manfred von Richthofen composé des Jasta 4, 6, 10 et 11 se porte au devant de la formation avec 50 appareils. La 4 a décollé de Lieu St-Amand, la 6 de Bouchain, la 10 d‘Iwuy et la 11 d’Avesnes le Sec et le combat s’engage à deux miles à l’est de Busigny jusqu’au-delà du Cateau.

Côté Britannique, le Lieutenant Norman CLARK du 54ème Squadron, sur le Sopwith B5421 est d’abord porté manquant. On apprend lors qu’il a en fait été abattu à 11h15 par un pilote dont on ne connaît pas l’identité mais dont la victoire est attribuée au Jagdgeschwader 1. Le Second Lieutenant G. RUSSEL, 30 ans sur le Sopwith C1566 du même Squadron, est abattu par le Vizefeldwebel Karl BOHNENKAMP de la Jasta 22 (As de l’aviation qui finira la guerre avec 15 vitoires homologuées) à 11h10. Il tombe non loin du point de chute de CLARK (bien que Bohnenkamp annonce sa victoire à St-Martin). RUSSEL meurt de ses blessures le même jour aux mains de l’ennemi. RUSSEL et CLARK sont alors inhumés dans le Cimetière Communal d’Awoingt.

Il y aura de nombreuses pertes de part et d’autres. Un autre Sopwith du 54e Squadron, le C1576, tombe à 11 h 15 à l’est de Bohain, victime du Lieutenant Edgar SCHOLTZ de la Jasta 11, lui aussi As de l’aviation avec 6 victoires (il trouvera la mort le 2 mai suivant lors d’un atterissage sur le terrain de Cappy).

Le 84ème Squadron perd également un As qui totalise 8 victoires : le second lieutenant McCUDDEN âgé de 20 ans. Il n’est autre que le frère de James, le plus célèbre As Britannique derrière MANNOCK (qui lui même perdra la vie quatre mois plus tard). John Anthony McCUDDEN, a été abattu par le lieutenant H. WOLFF de la Jasta 11. Il est inhumé à Saint-Souplet.

Bien d’autres encore tombent : un Camel au sud d’Awoingt, victime du Lt OPPENHORST (Jasta 5), un autre à Busigny, abattu par B. JEHLE (Jasta 16), un autre à Awoingt, non homologué celui-là mais revendiqué par le Lt FRIEDRICHS (Jasta 10), deux DH4 du 5e Naval tombent également à Prémont (victoire pour l’Hauptmann REINHARDT de la Jasta 6) et près de Beaurevoir.

La suite sur http://www.tank-cambrai.com/french/articles/dure-journee.php

Bombardement de la gare de Longuyon

Le 18 mars 1918, vers 23H00 un petit avion français lache une bombe sur la concentration de wagons qui se trouvent là. Elle atteint une citerne de benzol qui s’embrase et en embrase d’autres. Le petit avion revient et largue d’autres bombes au coeur du sinistre. Tout s’enflamme, avant une brutale déflagration qui secoue la ville : un wagon de munitions a explosé. Les explosions se succèdent et l’incendie fait rage jusqu’au lendemain matin.

Le trafic ferroviaire est rétabli en fin d’après-midi.

source:http://www.ot-longuyon.fr/version-française-accueil/historique/1914-1918/

Une loi  réglementant la fabrication et la vente des sceaux, timbres et cachets officiels

Il est interdit de fabriquer les sceaux, timbres, cachets et marques de l’Etat ou d’une autorité quelconque sans l’ordre écrit des représentants attitrés de l’Etat ou de cette autorité. La livraison n’en pourra être faite qu’à ces représentants ou au siège même de l’autorité.

source: https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=5B20515665BA0EA0DB6632CAC1699412.tpdjo15v_1?cidTexte=JORFTEXT000000498448&dateTexte=20011231

https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexteArticle.do?idArticle=LEGIARTI000006503477&cidTexte=LEGITEXT000006071113&dateTexte=19180320

Alsace: l’enfer se déchaîne sur les Allemands

Article payant sur le site de l’Alsace

http://www.lalsace.fr/haut-rhin/2011/11/19/18-mars-1918-l-enfer-se-dechaine-sur-les-allemands

 

Journal du lundi 18 mars 1918

Sur la rive droite de la Meuse, le bombardement ennemi a revêtu une grande intensité et a été suivi d’une série de fortes attaques allemandes. Vers Samogneux, au nord du bois des Caurières et dans la région de Bezonvaux, de gros détachements ennemis ont abordé nos positions et réussi, en divers points, à pénétrer dans nos lignes. Sous la violence de nos feux, les assaillants ont subi de très lourdes pertes et n’ont pu se maintenir dans les éléments où ils avaient pris pied. La lutte d’artillerie continue, très vive, dans cette région.
Nos troupes ont pénétré dans la tranchée ennemie au bois de Malancourt sur une étendue de 1.400 mètres et une profondeur de 800. Le chiffre total des prisonniers que nous venons de faire sur la rive gauche de la Meuse est de cent soixante.
Nos pilotes ont détruit deux avions allemands; cinq autres appareils ennemis sont tombés dans leurs lignes à la suite de combats.
Les Anglais ont effectué avec succès des coups de main vers Epehy et Gavrelle. Une tentative de raid ennemi a échoué vers Lens.
Activité de l’artillerie allemande au sud de la route Bapaume-Cambrai, dans la vallée de la Scarpe et à l’est du bois du Polygone.
Les Belges ont procédé à des tirs de destruction vers Leke, Essen et Kuiksstraat.
Les aviateurs alliés ont bombardé les établissements ennemis dans les vallées de la Strouma et du Vardar, en Macédoine.

 

1322/17 mars 1918: les poilus noirs d’Amérique àGivry-en-Argonne

Les poilus noirs d’Amérique à Givry-en-Argonne

Le 17 mars 1918, le 15e de New York, rebaptisé 369 e régiment d’infanterie américain, débarque à Givry-en-Argonne (Marne). Henry Johnson et Needham Roberts sont équipés des fusils, musettes et casques des poilus français… Qui accueillent avec chaleur les quelque 2 000 Noirs du régiment.

Ignorant les recommandations des officiers américains qui les somment de « ne pas gâter les nègres » en « mangeant avec eux ou en leur serrant la main », le commandement français s’émerveille rapidement des compétences de ces soldats avides de combattre. De Massiges à Minancourt, de Château-Thierry au bois Belleau, le 369 e RIUS — dont l’insigne était un serpent à sonnette — passe 191 jours au front, plus qu’aucun autre régiment américain. Après l’offensive victorieuse de Maisons-en-Champagne, l’ensemble des soldats reçoit la croix de guerre, 171 d’entre eux la Légion d’honneur ! Et le 18 novembre 1918, une semaine après l’Armistice, Johnson et Roberts marchent en tête de la première unité alliée à atteindre le Rhin.

Ce régiment, l’un des plus décorés, sera pourtant exclu du triomphe… à la demande des Américains blancs, qui refuseront de défiler avec eux, le 14 juillet 1919, sur les Champs-Elysée. Une stèle unique leur rend hommage, à Séchault, dans les Ardennes. A eux, et aux 584 soldats noirs américains de la 93 e division, à laquelle ils appartenaient, qui ont perdu la vie dans les tranchées. Pour leur liberté, et la nôtre.

source: http://www.leparisien.fr/espace-premium/actu/les-poilus-noirs-d-amerique-ils-ont-introduit-le-jazz-en-france-a-la-fin-certains-ne-voulaient-plus-repartir-09-03-2014-3655755.php

Journal de guerre de 1918 du soldat Charles Robert Bottomley

17 mars 1918 — Suis allé à l’office derrière le QG divisionnaire. Le chanoine Scott a fait un sermon. Ai aussi reçu instruction d’aller relever l’artilleur Dobson auprès des pièces. Suis monté avec le chariot des vivres et suis arrivé vers 19 h. De garde de 22 h 30 à 1 h.

18 mars 1918 — Me suis levé à 7 h. Ai nettoyé la pièce et ai ensuite passé la journée à flâner. Suis allé porter un message à la brigade. Me suis couché à 21 h .

19 mars 1918 — Ai nettoyé une pièce et travaillé dans le trou. Il a plu pendant la journée.

20 mars 1918 — Ai nettoyé le trou et me suis occupé des pièces. Avons tiré 37 obus en exercice vers 6 h et quelques obus en après-midi. Avons aussi fait un exercice de tir à la mitrailleuse Lewis.

21 mars 1918 — Nettoyé la pièce et tiré quelques obus en après-midi. Avons aussi tiré un tir de barrage d’obus à gaz. Me suis couché vers une heure du matin. Avons tiré 5000 obus à gaz contre les Frisés et exécuté un barrage roulant afin de leur infliger des pertes pendant qu’ils se mettaient à l’abri. Gaz Tétrol.

22 mars 1918 — Me suis occupé de la pièce. Avons simplement tiré quelques obus contre une tranchée de mortiers allemands. Journée tranquille. Ai bien mangé pour dîner et me suis couché.

23 mars 1918 — Reçu instruction de descendre au secteur des chevaux à Neun Le Mines. Toute la batterie a été relevée par la 51e Batterie de la 5e Division. Avons quitté la position vers 2 h et sommes arrivés au secteur des chevaux vers 16 h. Ai bu du thé et suis allé en ville. Ai dormi à l’étage de la maison d’une famille française avec Roy Foly, Wright et le caporal Thackery.

source: http://www.veterans.gc.ca/fra/remembrance/those-who-served/diaries-letters-stories/first-world-war/Bottomley/march1918

Menaces de grèves à l’usine Renault

https://books.google.fr/books?id=BDQ_isgIDQsC

Parution du Miroir

Le journal de la Huronne

17 mars 1918.

Écrira-t-on la chronique des caves ?

Des communiqués officiels, vantant leur sécurité, invitent la population à s’y réfugier en cas d’alerte. Ces conseils sont écoutés. La coutume s’installe. Dès le premier cri de la sirène, les portes claquent à tous les étages. L’escalier s’emplit d’un continuel bruit de pas. Les locataires descendent en tenue d’alerte, les uns emportant une sacoche précieuse, les autres des pliants. Puis, dans la pénombre des couloirs voûtés, la foule résignée, somnolente, attend la fin de la canonnade, dont on entend par les soupiraux le roulement amorti. Seuls, les domestiques gardent quelque entrain. Ils transportent à la cave les potins de l’office, et — satisfaits peut-être d’étonner la galerie — ils étalent leurs prodigieuse connaissance de la vie secrète de leurs patrons.

Quelques propriétaires d’hôtels particuliers se sont aménagé un réduit souterrain selon le dernier cri du confort. Une de mes amies m’a fait visiter sa cave modèle. Rien n’y manque : divan-hamac, tables volantes, petite bibliothèque. Tout y est prévu : flacons d’hyposullite contre les effets d’un nouveau gaz vésicant, l’ypérite, dont les bombes seraient chargées ; lampes électriques portatives, destinées à remédier à la rupture du courant ; fourneau à pétrole, boîtes de conserves, qui permettraient de s’alimenter pendant un long ensevelissement ; même des sifflets d’argent pour appeler au secours, signaler qu’on est encore vivant sous les décombres.

Les gares du métro, tout au moins celles qui sont suffisamment profondes, servent aussi de refuge. Paron, surpris par une alerte dans une des stations de la périphérie, me décrivait la foule entassée sur les quais, pendant des heures. D’ignobles plaisanteries, des femmes étouffées, qui hurlent et s’évanouissent ; des enfants qui satisfont tous leurs besoins ; des mains audacieuses qui volent et qui violent ; et toute une population inquiétante, insoupçonnée, d’apaches et de vagabonds, que la peur a fait sortir du gîte.

Naturellement, il y a des héros qui ne descendent jamais à la cave. Ils disent le lendemain, d’un ton de fausse modestie : « Oh ! moi, je suis resté dans mon lit. » Ou bien : « J’ai tisonné, au coin du feu. » L’amour-propre continue. Quand les convives d’un dîner nombreux sont surpris par l’alerte, nul d’entre eux n’ose prendre l’initiative de la prudence. On se dupe mutuellement. Même le maître de la maison aime mieux exposer ses invités que de paraître avoir peur.

D’autres consentent à s’abriter, mais pavoisent leur attitude de raisons furieusement patriotiques. Une dame de la haute médecine déclarait : « Moi, je descends à la cave parce que j’aurais honte d’être assassinée par un Boche. » Quelle chance pour les prolongeurs de guerre que les soldats n’aient point de ces héroïques scrupules ! Mais voilà que je « huronne » encore. Où ai-je la tête ? Dès qu’on est vêtu de bleu horizon, on n’est plus honteusement assassiné par un boche, on est glorieusement tué à l’ennemi.

À propos de la sécurité des abris voûtés, on colporte encore un mot de Clemenceau. Un de ses familiers, lui montrant la longue et courbe silhouette de Ribot, s’exclamait : « Comme il est voûté !… » À quoi Clemenceau : « Oui, mais ce n’est pas un abri sûr. »

source: https://fr.wikisource.org/wiki/Le_Journal_de_la_Huronne/La_Houille_rouge/Mars_1918

Journal du dimanche 17 mars 1918

Activité intermittente de l’artillerie sur la rive droite de la Meuse et en Woëvre.
Un coup de main ennemi dans le secteur de Flirey a échoué.
Les Gallois ont exécuté vers Armentières un raid qui leur a permis de ramener quinze prisonniers et deux mitrailleuses.
Nos alliés ont réussi un autre raid, au nord-est de 1a Vacquerie.
Activité de l’artillerie allemande au sud-est de Cambrai, vers la Scarpe, au nord de Lens, de part et d’autre du canal de la Bassée et dans le secteur de Messines.
Les tirs d’artillerie des Anglais ont incendié un important dépôt à l’est de Quéant.
Les aviateurs britanniques ont encore montré de l’activité. De nombreux combats se sont déroulés à l’est des lignes. Plus de douze tonnes de projectiles ont été jetées sur des cantonnements de repos, dépôts de munitions et champs d’aviation.
Un raid aérien a été exécuté sur les voies de garages d’Hirson : douze appareils allemands ont été abattus et sept autres contraints d’atterrir.
Quatorze bombes de gros calibre et dix de petit calibre, ont été jetées sur les casernes, les usines de munitions et la gare de Zwei-Brucken. Tous les avions anglais sont rentrés indemnes.
En Macédoine, canonnade réciproque. L’artillerie ennemie a jeté de nombreux obus asphyxiants sur Monastir.

 

1319/14 mars 1918:  les ouvrières tourangelles en grève

 Les ouvrières tourangelles en grève

Le 14 mars 1918, le commissaire Poirier adresse un nouveau rapport au maire, signalant « qu’un mouvement existe dans le personnel des ouvrières de l’habillement militaire ». La veille, « 500 femmes se sont réunies à la Bourse du travail  », provenant du Magasin régional, des ateliers de la rue Jehan Foucquet et de la rue Giraudeau, ou femmes travaillant à domicile.

Ces femmes réclament le rappel à la date du 1er juin de l’application du salaire minimum basé à 4 francs, et le versement d’une indemnité de vie chère de 1,50 franc. Leurs revendications sont remises aux employeurs, avec demande de réponse pour le mercredi.

« Un certain nombre, du Magasin régional, voulaient se mettre en grève, mais la majorité n’a pas adhéré, pour le moment. Il a été décidé que mercredi prochain il y aurait une grande réunion, salle du Manège, au cours de laquelle on prendrait une décision. »

Le 20 mars à 20h, 2 000 femmes sont réunies salle du Manège, réclamant l’indemnité de vie chère qui leur avait été promise depuis le 1er janvier. Les ouvrières votent la grève pour le lendemain matin. Le secrétaire de la Bourse du travail obtient du maire de Tours que la salle du Manège puisse être utilisée pour y faire un « contrôle des grévistes » — ce qui consiste à dénombrer, parmi les personnes présentes, lesquelles sont effectivement en grève et lesquelles sont venues soutenir les grévistes ou simplement s’informer.

Ainsi, le 21 mars, on obtient les comptages suivants :

  • au Magasin Régional, situé place Velpeau, 230 ouvrières en grève sur 318 ;
  • au centre de tannage de la rue Mirabeau, 162 ouvrières en grève sur 164 ;
  • aux ateliers de la rue Victor Hugo, 275 grévistes, soit la presque totalité des ouvrières ;
  • aux établissement Defressines, quai de la Poissonnerie, 287 grévistes (144 ont rapidement repris le travail, apparemment après que deux agents de police en tenue se soient pointés, envoyés par le commissaire Poirier).

Comme en juin 1917, les ouvrières réclament le passage à la semaine anglaise. Le 21 mars à 13 heures, un piquet de grève quai de la Poisssonerie réunit 600 personnes. Le maintien de l’ordre est assuré par des agents de police, aidés par des soldats américains. Place Velpeau, environ 80 ouvrières sont réunies.

Le dossier à lire  sur https://larotative.info/1917-1918-les-ouvrieres-1886.html

Le camp des femmes à Holzminden

Le camp d’internement de Holzminden était un grand camp de détention (Internierungslager) de la Première Guerre mondiale situé en périphérie de la petite ville de Holzminden, dans le duché de Brunswick en Basse-Saxe, Allemagne, qui a existé de 1914 à 1918. Il reçut jusqu’à 10 000 internés civils des nations alliées

Il ne doit pas être confondu avec le camp de prisonniers de guerre de Holzminden, un camp beaucoup plus petit destiné aux officiers britanniques et de l’Empire britannique, qui occupait une ancienne caserne de cavalerie près du centre ville, et qui  a existé de septembre 1917 à décembre 1918.

source: https://fr.wikipedia.org/wiki/Camp_d%27internement_de_Holzminden

photo:   http://holzminden.free.fr/IMG/jpg/Camp_1914.jpg

Journal du jeudi 14 mars 1918

Au nord-ouest de Reims, les Allemands ont tenté, dans la région de Loivre, un coup de main qui a complètement échoué.
En Champagne, à la suite d’un bombardement violent de la région des Monts, les Allemands ont dirigé une attaque sur nos positions, à l’est de Vaudesincourt.
Après un vif combat, nos troupes ont rejeté l’ennemi de quelques éléments avancés où il avait pris pied, en lui infligeant des pertes sérieuses.
Assez grande activité des deux artilleries sur la rive gauche de la Meuse.
Un appareil allemand a été abattu. Trois autres, gravement endommagés sont tombés dans leurs lignes.
Sur le front britannique, un détachement ennemi, qui tentait d’aborder les lignes de nos alliés vers la Vacquerie, a été dispersé.
Un coup de main, effectué avec succès au nord de Lens, a permis aux Anglais de ramener des prisonniers.
Au sud d’Armentières, un poste britannique a été attaqué à la suite d’un violent bombardement, par un fort détachement ennemi.
Sur le front italien, canonnade dans la Haute Montagne (Tonale, Cristallo, Stelvio) et dans la plaine du Piave. Combats d’aviation dans la région du littoral.
Les troupes turques sont rentrées dans Erzeroum.
Les Austro-Allemands sont devant Odessa

source: http://grande.guerre.pagesperso-orange.fr/mars18.html