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1323/18 mars 1918: (Aviation) mort du jeune Jean-Corentin Carré

Grève à l’usine Caudron

source: https://books.google.fr/books?id=lIcxNMpC10sC&pg=PA208&lpg=PA208&dq=18+mars+1918&source=bl&ots=KYIRRWM2yt&sig=AOazUqUQOuWT1oZY4j2pzpsqMpY&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwic_7GP66_ZAhWUa8AKHSM7DSw4ChDoAQgzMAI#v=onepage&q=18%20mars%201918&f=false

Mouvements sur le village de Carspach

Le 18 mars 1918, le front situé au nord du village de Carspach connut un regain d’activité. De 6 h à 9 h, l’artillerie allemande bombarda les positions de l’artillerie française située dans la forêt du Lerchenholz avec des obus à gaz ypérite. En représailles, les Français pilonnèrent les premières lignes allemandes de 12 h à 18 h. Ils le firent avec six mortiers lourds et dirigèrent les tirs à l’aide d’avions. L’artillerie allemande réussit, au bout de nombreux essai, à détruire trois d’entre eux. Les Français bombardèrent surtout la deuxième tranchée (C2) située à environ 150 m de la ligne de front. Les occupants de cette tranchée s’étaient réfugiés dans l’abri Kilian. Celui-ci, profondément enterré, était considéré comme sûr. En début d’après-midi, la partie gauche (côté Carspach) subit plusieurs coups au but successifs. La galerie constituant l’abri s’effondra sur une longueur de 60 m, ensevelissant 38 hommes. L’effondrement blessa également dix hommes et un autre fut tué par un tir de mitrailleuse.

source: https://www.lieux-insolites.fr/cicatrice/14-18/kilian/kilian.htm

lire aussi: http://www.carspach.fr/Historique/Les-Fouilles-du-KILIANSTOLLEN/Les-fouilles-du-KILIANSTOLLEN

Aviation (BD) mort du jeune Jean-Corentin Carré

Mais ce 18 mars 1918, à l’aube, il trouve la mort héroïquement dans un combat aérien au dessus de Souilly. Jean-Corentin Carré est tombé dans un traquenard par quatre avions. Cette action lui vaut une dernière citation à l’ordre de l’armée, cette fois-ci « S’est défendu énergiquement jusqu’à ce que son appareil soit abattu l’entraînant dans une mort glorieuse ».
Ainsi disparut à l’âge de 18 ans le « Petit Poilu du Faouët », l’un des plus jeunes soldats français de la Grande Guerre. Tout le monde le pleurait dans le pays. Les hautes autorités demandèrent qu’il soit enterré et porté au Panthéon. Un monument a été inauguré à ce jeune combattant juste avant la Seconde Guerre mondiale. Toutes les rues en Bretagne portent son nom. Jean-Corentin Carré est devenu un symbole et un exemple.

source: http://www.editionspaquet.com/catalogue-bd/t3-1917-1918

lire aussi https://www.soldatsdefrance.fr/22-03-1918-Corentin-Jean-CARRE-18-ans_a527.html

Courte reprise de Noyon aux Allemands

Le 18 mars 1917, le repli stratégique de l’armée allemande permet aux troupes françaises de reprendre Noyon. Au cours des journées précédentes, l’ennemi avait déclenché une série de destructions volontaires : incendies, dynamitage de ponts et de maisons, minages de plusieurs axes de communication, etc. Les dégâts restèrent limités mais occasionnèrent cependant des inondations dans la ville.

Au lendemain de la libération, la remise en état des voies de communication et des habitations endommagées fait suite aux défilés militaires et visites officielles. Le temps est à la réorganisation de la ville et de son ravitaillement. Le maire Ernest Noël, déporté en 1915, retrouve son siège quelques jours plus tard et reçoit la Légion d’honneur.

source: http://www.ville-noyon.fr/IMG/pdf/pg_centenaire_14-18_bd.pdf

(suite) La légion russe intégrée à la Division marocaine

Quand le commandement russe tentait de convaincre les anciens soldats du corps expéditionnaire de s’engager dans la légion des Volontaires russes :
« A bas les pelles, les pioches et autres outils, saisissez les armes et pour l’œuvre de droit et de justice, en avant dans les tranchées ! Non seulement vos chefs, mais aussi les gouvernements alliés prendront soin de vous et vous assureront votre avenir. La discipline sera la même que dans les régiments français. (…)Les comités, les assemblées et les résolutions ne sont pas des armes pour lutter contre un pareil ennemi ; seule une puissante armée, une discipline sévère, mais juste, peut en venir à bout. Donc, notre pauvre Patrie, vendue par les traîtres ne peut être sauvée que par une armée forte et réorganisée ».
Service Historique de la Défense, 17N 686, appel du 18 mars 1918

– Lettre d’un soldat déporté en Algérie contre la Légion
« Comment pourrions-nous nous battre pour des gens qui ont supprimé notre discipline pour implanter la leur, qui nous ont enlevé nos soviets parce qu’ils avaient reconnu le gouvernement bolchevik ».
Service Historique de la Défense, extrait du rapport de la commission militaire de contrôle postal, mars 1918

– L’intégration de la Légion russe dans la Division marocaine.
« Les officiers et soldats qui composent le Bataillon Russe sont dans la situation suivante : ils faisaient partie de la Brigade Russe que nous avons remplacé en Champagne en Avril 1917 à Brimont où elle subi héroïquement des pertes énormes. Depuis ce moment, elle s’est dissociée comme toute l’Armée Russe. Les soldats ont été désarmés et employés provisoirement à des travaux divers.

La suite sur http://www.lacourtine1917.org/spip.php?article121

(…)Rudes combats dans le Nord

Le lendemain, 18 mars, une nouvelle patrouille offensive sur le même objectif, rassemble 24 chasseurs des 54ème et 84ème Squadron sur Sopwith Camel et du 5e Naval sur DH4 et décolle à 10h10 du matin. Mais cette fois, les Allemands ne se laissent pas surprendre. Le Jagdgeschwader 1, le « Cirque volant» de Manfred von Richthofen composé des Jasta 4, 6, 10 et 11 se porte au devant de la formation avec 50 appareils. La 4 a décollé de Lieu St-Amand, la 6 de Bouchain, la 10 d‘Iwuy et la 11 d’Avesnes le Sec et le combat s’engage à deux miles à l’est de Busigny jusqu’au-delà du Cateau.

Côté Britannique, le Lieutenant Norman CLARK du 54ème Squadron, sur le Sopwith B5421 est d’abord porté manquant. On apprend lors qu’il a en fait été abattu à 11h15 par un pilote dont on ne connaît pas l’identité mais dont la victoire est attribuée au Jagdgeschwader 1. Le Second Lieutenant G. RUSSEL, 30 ans sur le Sopwith C1566 du même Squadron, est abattu par le Vizefeldwebel Karl BOHNENKAMP de la Jasta 22 (As de l’aviation qui finira la guerre avec 15 vitoires homologuées) à 11h10. Il tombe non loin du point de chute de CLARK (bien que Bohnenkamp annonce sa victoire à St-Martin). RUSSEL meurt de ses blessures le même jour aux mains de l’ennemi. RUSSEL et CLARK sont alors inhumés dans le Cimetière Communal d’Awoingt.

Il y aura de nombreuses pertes de part et d’autres. Un autre Sopwith du 54e Squadron, le C1576, tombe à 11 h 15 à l’est de Bohain, victime du Lieutenant Edgar SCHOLTZ de la Jasta 11, lui aussi As de l’aviation avec 6 victoires (il trouvera la mort le 2 mai suivant lors d’un atterissage sur le terrain de Cappy).

Le 84ème Squadron perd également un As qui totalise 8 victoires : le second lieutenant McCUDDEN âgé de 20 ans. Il n’est autre que le frère de James, le plus célèbre As Britannique derrière MANNOCK (qui lui même perdra la vie quatre mois plus tard). John Anthony McCUDDEN, a été abattu par le lieutenant H. WOLFF de la Jasta 11. Il est inhumé à Saint-Souplet.

Bien d’autres encore tombent : un Camel au sud d’Awoingt, victime du Lt OPPENHORST (Jasta 5), un autre à Busigny, abattu par B. JEHLE (Jasta 16), un autre à Awoingt, non homologué celui-là mais revendiqué par le Lt FRIEDRICHS (Jasta 10), deux DH4 du 5e Naval tombent également à Prémont (victoire pour l’Hauptmann REINHARDT de la Jasta 6) et près de Beaurevoir.

La suite sur http://www.tank-cambrai.com/french/articles/dure-journee.php

Bombardement de la gare de Longuyon

Le 18 mars 1918, vers 23H00 un petit avion français lache une bombe sur la concentration de wagons qui se trouvent là. Elle atteint une citerne de benzol qui s’embrase et en embrase d’autres. Le petit avion revient et largue d’autres bombes au coeur du sinistre. Tout s’enflamme, avant une brutale déflagration qui secoue la ville : un wagon de munitions a explosé. Les explosions se succèdent et l’incendie fait rage jusqu’au lendemain matin.

Le trafic ferroviaire est rétabli en fin d’après-midi.

source:http://www.ot-longuyon.fr/version-française-accueil/historique/1914-1918/

Une loi  réglementant la fabrication et la vente des sceaux, timbres et cachets officiels

Il est interdit de fabriquer les sceaux, timbres, cachets et marques de l’Etat ou d’une autorité quelconque sans l’ordre écrit des représentants attitrés de l’Etat ou de cette autorité. La livraison n’en pourra être faite qu’à ces représentants ou au siège même de l’autorité.

source: https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=5B20515665BA0EA0DB6632CAC1699412.tpdjo15v_1?cidTexte=JORFTEXT000000498448&dateTexte=20011231

https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexteArticle.do?idArticle=LEGIARTI000006503477&cidTexte=LEGITEXT000006071113&dateTexte=19180320

Alsace: l’enfer se déchaîne sur les Allemands

Article payant sur le site de l’Alsace

http://www.lalsace.fr/haut-rhin/2011/11/19/18-mars-1918-l-enfer-se-dechaine-sur-les-allemands

 

Journal du lundi 18 mars 1918

Sur la rive droite de la Meuse, le bombardement ennemi a revêtu une grande intensité et a été suivi d’une série de fortes attaques allemandes. Vers Samogneux, au nord du bois des Caurières et dans la région de Bezonvaux, de gros détachements ennemis ont abordé nos positions et réussi, en divers points, à pénétrer dans nos lignes. Sous la violence de nos feux, les assaillants ont subi de très lourdes pertes et n’ont pu se maintenir dans les éléments où ils avaient pris pied. La lutte d’artillerie continue, très vive, dans cette région.
Nos troupes ont pénétré dans la tranchée ennemie au bois de Malancourt sur une étendue de 1.400 mètres et une profondeur de 800. Le chiffre total des prisonniers que nous venons de faire sur la rive gauche de la Meuse est de cent soixante.
Nos pilotes ont détruit deux avions allemands; cinq autres appareils ennemis sont tombés dans leurs lignes à la suite de combats.
Les Anglais ont effectué avec succès des coups de main vers Epehy et Gavrelle. Une tentative de raid ennemi a échoué vers Lens.
Activité de l’artillerie allemande au sud de la route Bapaume-Cambrai, dans la vallée de la Scarpe et à l’est du bois du Polygone.
Les Belges ont procédé à des tirs de destruction vers Leke, Essen et Kuiksstraat.
Les aviateurs alliés ont bombardé les établissements ennemis dans les vallées de la Strouma et du Vardar, en Macédoine.

 

1322/17 mars 1918: les poilus noirs d’Amérique àGivry-en-Argonne

Les poilus noirs d’Amérique à Givry-en-Argonne

Le 17 mars 1918, le 15e de New York, rebaptisé 369 e régiment d’infanterie américain, débarque à Givry-en-Argonne (Marne). Henry Johnson et Needham Roberts sont équipés des fusils, musettes et casques des poilus français… Qui accueillent avec chaleur les quelque 2 000 Noirs du régiment.

Ignorant les recommandations des officiers américains qui les somment de « ne pas gâter les nègres » en « mangeant avec eux ou en leur serrant la main », le commandement français s’émerveille rapidement des compétences de ces soldats avides de combattre. De Massiges à Minancourt, de Château-Thierry au bois Belleau, le 369 e RIUS — dont l’insigne était un serpent à sonnette — passe 191 jours au front, plus qu’aucun autre régiment américain. Après l’offensive victorieuse de Maisons-en-Champagne, l’ensemble des soldats reçoit la croix de guerre, 171 d’entre eux la Légion d’honneur ! Et le 18 novembre 1918, une semaine après l’Armistice, Johnson et Roberts marchent en tête de la première unité alliée à atteindre le Rhin.

Ce régiment, l’un des plus décorés, sera pourtant exclu du triomphe… à la demande des Américains blancs, qui refuseront de défiler avec eux, le 14 juillet 1919, sur les Champs-Elysée. Une stèle unique leur rend hommage, à Séchault, dans les Ardennes. A eux, et aux 584 soldats noirs américains de la 93 e division, à laquelle ils appartenaient, qui ont perdu la vie dans les tranchées. Pour leur liberté, et la nôtre.

source: http://www.leparisien.fr/espace-premium/actu/les-poilus-noirs-d-amerique-ils-ont-introduit-le-jazz-en-france-a-la-fin-certains-ne-voulaient-plus-repartir-09-03-2014-3655755.php

Journal de guerre de 1918 du soldat Charles Robert Bottomley

17 mars 1918 — Suis allé à l’office derrière le QG divisionnaire. Le chanoine Scott a fait un sermon. Ai aussi reçu instruction d’aller relever l’artilleur Dobson auprès des pièces. Suis monté avec le chariot des vivres et suis arrivé vers 19 h. De garde de 22 h 30 à 1 h.

18 mars 1918 — Me suis levé à 7 h. Ai nettoyé la pièce et ai ensuite passé la journée à flâner. Suis allé porter un message à la brigade. Me suis couché à 21 h .

19 mars 1918 — Ai nettoyé une pièce et travaillé dans le trou. Il a plu pendant la journée.

20 mars 1918 — Ai nettoyé le trou et me suis occupé des pièces. Avons tiré 37 obus en exercice vers 6 h et quelques obus en après-midi. Avons aussi fait un exercice de tir à la mitrailleuse Lewis.

21 mars 1918 — Nettoyé la pièce et tiré quelques obus en après-midi. Avons aussi tiré un tir de barrage d’obus à gaz. Me suis couché vers une heure du matin. Avons tiré 5000 obus à gaz contre les Frisés et exécuté un barrage roulant afin de leur infliger des pertes pendant qu’ils se mettaient à l’abri. Gaz Tétrol.

22 mars 1918 — Me suis occupé de la pièce. Avons simplement tiré quelques obus contre une tranchée de mortiers allemands. Journée tranquille. Ai bien mangé pour dîner et me suis couché.

23 mars 1918 — Reçu instruction de descendre au secteur des chevaux à Neun Le Mines. Toute la batterie a été relevée par la 51e Batterie de la 5e Division. Avons quitté la position vers 2 h et sommes arrivés au secteur des chevaux vers 16 h. Ai bu du thé et suis allé en ville. Ai dormi à l’étage de la maison d’une famille française avec Roy Foly, Wright et le caporal Thackery.

source: http://www.veterans.gc.ca/fra/remembrance/those-who-served/diaries-letters-stories/first-world-war/Bottomley/march1918

Menaces de grèves à l’usine Renault

https://books.google.fr/books?id=BDQ_isgIDQsC

Parution du Miroir

Le journal de la Huronne

17 mars 1918.

Écrira-t-on la chronique des caves ?

Des communiqués officiels, vantant leur sécurité, invitent la population à s’y réfugier en cas d’alerte. Ces conseils sont écoutés. La coutume s’installe. Dès le premier cri de la sirène, les portes claquent à tous les étages. L’escalier s’emplit d’un continuel bruit de pas. Les locataires descendent en tenue d’alerte, les uns emportant une sacoche précieuse, les autres des pliants. Puis, dans la pénombre des couloirs voûtés, la foule résignée, somnolente, attend la fin de la canonnade, dont on entend par les soupiraux le roulement amorti. Seuls, les domestiques gardent quelque entrain. Ils transportent à la cave les potins de l’office, et — satisfaits peut-être d’étonner la galerie — ils étalent leurs prodigieuse connaissance de la vie secrète de leurs patrons.

Quelques propriétaires d’hôtels particuliers se sont aménagé un réduit souterrain selon le dernier cri du confort. Une de mes amies m’a fait visiter sa cave modèle. Rien n’y manque : divan-hamac, tables volantes, petite bibliothèque. Tout y est prévu : flacons d’hyposullite contre les effets d’un nouveau gaz vésicant, l’ypérite, dont les bombes seraient chargées ; lampes électriques portatives, destinées à remédier à la rupture du courant ; fourneau à pétrole, boîtes de conserves, qui permettraient de s’alimenter pendant un long ensevelissement ; même des sifflets d’argent pour appeler au secours, signaler qu’on est encore vivant sous les décombres.

Les gares du métro, tout au moins celles qui sont suffisamment profondes, servent aussi de refuge. Paron, surpris par une alerte dans une des stations de la périphérie, me décrivait la foule entassée sur les quais, pendant des heures. D’ignobles plaisanteries, des femmes étouffées, qui hurlent et s’évanouissent ; des enfants qui satisfont tous leurs besoins ; des mains audacieuses qui volent et qui violent ; et toute une population inquiétante, insoupçonnée, d’apaches et de vagabonds, que la peur a fait sortir du gîte.

Naturellement, il y a des héros qui ne descendent jamais à la cave. Ils disent le lendemain, d’un ton de fausse modestie : « Oh ! moi, je suis resté dans mon lit. » Ou bien : « J’ai tisonné, au coin du feu. » L’amour-propre continue. Quand les convives d’un dîner nombreux sont surpris par l’alerte, nul d’entre eux n’ose prendre l’initiative de la prudence. On se dupe mutuellement. Même le maître de la maison aime mieux exposer ses invités que de paraître avoir peur.

D’autres consentent à s’abriter, mais pavoisent leur attitude de raisons furieusement patriotiques. Une dame de la haute médecine déclarait : « Moi, je descends à la cave parce que j’aurais honte d’être assassinée par un Boche. » Quelle chance pour les prolongeurs de guerre que les soldats n’aient point de ces héroïques scrupules ! Mais voilà que je « huronne » encore. Où ai-je la tête ? Dès qu’on est vêtu de bleu horizon, on n’est plus honteusement assassiné par un boche, on est glorieusement tué à l’ennemi.

À propos de la sécurité des abris voûtés, on colporte encore un mot de Clemenceau. Un de ses familiers, lui montrant la longue et courbe silhouette de Ribot, s’exclamait : « Comme il est voûté !… » À quoi Clemenceau : « Oui, mais ce n’est pas un abri sûr. »

source: https://fr.wikisource.org/wiki/Le_Journal_de_la_Huronne/La_Houille_rouge/Mars_1918

Journal du dimanche 17 mars 1918

Activité intermittente de l’artillerie sur la rive droite de la Meuse et en Woëvre.
Un coup de main ennemi dans le secteur de Flirey a échoué.
Les Gallois ont exécuté vers Armentières un raid qui leur a permis de ramener quinze prisonniers et deux mitrailleuses.
Nos alliés ont réussi un autre raid, au nord-est de 1a Vacquerie.
Activité de l’artillerie allemande au sud-est de Cambrai, vers la Scarpe, au nord de Lens, de part et d’autre du canal de la Bassée et dans le secteur de Messines.
Les tirs d’artillerie des Anglais ont incendié un important dépôt à l’est de Quéant.
Les aviateurs britanniques ont encore montré de l’activité. De nombreux combats se sont déroulés à l’est des lignes. Plus de douze tonnes de projectiles ont été jetées sur des cantonnements de repos, dépôts de munitions et champs d’aviation.
Un raid aérien a été exécuté sur les voies de garages d’Hirson : douze appareils allemands ont été abattus et sept autres contraints d’atterrir.
Quatorze bombes de gros calibre et dix de petit calibre, ont été jetées sur les casernes, les usines de munitions et la gare de Zwei-Brucken. Tous les avions anglais sont rentrés indemnes.
En Macédoine, canonnade réciproque. L’artillerie ennemie a jeté de nombreux obus asphyxiants sur Monastir.

 

1319/14 mars 1918:  les ouvrières tourangelles en grève

 Les ouvrières tourangelles en grève

Le 14 mars 1918, le commissaire Poirier adresse un nouveau rapport au maire, signalant « qu’un mouvement existe dans le personnel des ouvrières de l’habillement militaire ». La veille, « 500 femmes se sont réunies à la Bourse du travail  », provenant du Magasin régional, des ateliers de la rue Jehan Foucquet et de la rue Giraudeau, ou femmes travaillant à domicile.

Ces femmes réclament le rappel à la date du 1er juin de l’application du salaire minimum basé à 4 francs, et le versement d’une indemnité de vie chère de 1,50 franc. Leurs revendications sont remises aux employeurs, avec demande de réponse pour le mercredi.

« Un certain nombre, du Magasin régional, voulaient se mettre en grève, mais la majorité n’a pas adhéré, pour le moment. Il a été décidé que mercredi prochain il y aurait une grande réunion, salle du Manège, au cours de laquelle on prendrait une décision. »

Le 20 mars à 20h, 2 000 femmes sont réunies salle du Manège, réclamant l’indemnité de vie chère qui leur avait été promise depuis le 1er janvier. Les ouvrières votent la grève pour le lendemain matin. Le secrétaire de la Bourse du travail obtient du maire de Tours que la salle du Manège puisse être utilisée pour y faire un « contrôle des grévistes » — ce qui consiste à dénombrer, parmi les personnes présentes, lesquelles sont effectivement en grève et lesquelles sont venues soutenir les grévistes ou simplement s’informer.

Ainsi, le 21 mars, on obtient les comptages suivants :

  • au Magasin Régional, situé place Velpeau, 230 ouvrières en grève sur 318 ;
  • au centre de tannage de la rue Mirabeau, 162 ouvrières en grève sur 164 ;
  • aux ateliers de la rue Victor Hugo, 275 grévistes, soit la presque totalité des ouvrières ;
  • aux établissement Defressines, quai de la Poissonnerie, 287 grévistes (144 ont rapidement repris le travail, apparemment après que deux agents de police en tenue se soient pointés, envoyés par le commissaire Poirier).

Comme en juin 1917, les ouvrières réclament le passage à la semaine anglaise. Le 21 mars à 13 heures, un piquet de grève quai de la Poisssonerie réunit 600 personnes. Le maintien de l’ordre est assuré par des agents de police, aidés par des soldats américains. Place Velpeau, environ 80 ouvrières sont réunies.

Le dossier à lire  sur https://larotative.info/1917-1918-les-ouvrieres-1886.html

Le camp des femmes à Holzminden

Le camp d’internement de Holzminden était un grand camp de détention (Internierungslager) de la Première Guerre mondiale situé en périphérie de la petite ville de Holzminden, dans le duché de Brunswick en Basse-Saxe, Allemagne, qui a existé de 1914 à 1918. Il reçut jusqu’à 10 000 internés civils des nations alliées

Il ne doit pas être confondu avec le camp de prisonniers de guerre de Holzminden, un camp beaucoup plus petit destiné aux officiers britanniques et de l’Empire britannique, qui occupait une ancienne caserne de cavalerie près du centre ville, et qui  a existé de septembre 1917 à décembre 1918.

source: https://fr.wikipedia.org/wiki/Camp_d%27internement_de_Holzminden

photo:   http://holzminden.free.fr/IMG/jpg/Camp_1914.jpg

Journal du jeudi 14 mars 1918

Au nord-ouest de Reims, les Allemands ont tenté, dans la région de Loivre, un coup de main qui a complètement échoué.
En Champagne, à la suite d’un bombardement violent de la région des Monts, les Allemands ont dirigé une attaque sur nos positions, à l’est de Vaudesincourt.
Après un vif combat, nos troupes ont rejeté l’ennemi de quelques éléments avancés où il avait pris pied, en lui infligeant des pertes sérieuses.
Assez grande activité des deux artilleries sur la rive gauche de la Meuse.
Un appareil allemand a été abattu. Trois autres, gravement endommagés sont tombés dans leurs lignes.
Sur le front britannique, un détachement ennemi, qui tentait d’aborder les lignes de nos alliés vers la Vacquerie, a été dispersé.
Un coup de main, effectué avec succès au nord de Lens, a permis aux Anglais de ramener des prisonniers.
Au sud d’Armentières, un poste britannique a été attaqué à la suite d’un violent bombardement, par un fort détachement ennemi.
Sur le front italien, canonnade dans la Haute Montagne (Tonale, Cristallo, Stelvio) et dans la plaine du Piave. Combats d’aviation dans la région du littoral.
Les troupes turques sont rentrées dans Erzeroum.
Les Austro-Allemands sont devant Odessa

source: http://grande.guerre.pagesperso-orange.fr/mars18.html

1027/26 mai 1917: Gabriel aux Bois des buttes près de Craonne

Parution du Rire rouge

En Champagne

source: http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/rire_rouge1917/0249?sid=733553bc14666a3a587627025c28b993

Les grèves continuent à Paris

Guerre 1914-1918. Les grèves à Paris, fin mai 1917, au sujet de la semaine anglaise et contre la vie chère. Les employées de la Société Générale réunies place de l’Opéra avant de se diriger vers la Bourse du Travail. Photographie parue dans le journal « Excelsior » du samedi 26 mai 1917.

Guerre 1914-1918. Les grèves à Paris, fin mai 1917, au sujet de la semaine anglaise et contre la vie chère. Les employées de la Société Générale réunies place de l’Opéra avant de se diriger vers la Bourse du Travail. Photographie parue dans le journal « Excelsior » du samedi 26 mai 1917.

© Excelsior – L’Equipe / Roger-Viollet

Gabriel aux Bois des buttes près de Craonne

Des camarades au Bois des Buttes (vue 1) ; devant l’entrée d’une sape

Le 4 mai, Gabriel est dans son dépôt à Orléans et se prépare à partir le lendemain au front. En arrivant au Bois des Buttes près de Craonne dans l’Aisne, il est assez impressionné par ce qu’il voit « Oh, quel spectacle ! Chers parents, je vous enverrai mes photos.  » (14 mai). Il loge dans une sape (sorte de tranchées creusées sous terre) et passe ses journées dans sa batterie. Pour lui, le plus dur est le manque d’hygiène et le fait de devoir garder ses vêtements tous les jours (vues 14-16).

Sa batterie bombarde les lignes allemandes :  » nous tirions par rafales, j’ai fait le chargeur. Il faut être vif et habile pour s’écarter du recul de la culasse et du renvoi de la douille  » (23 mai). Il décrit aussi son poste de tir :  » un groupe comprend quatre batteries soit seize canons, quatre par batteries « . Il doit souvent porter un masque à gaz à cause des obus à gaz allemands et trouve cela inconfortable pour écrire.
Il commente ses photographies :  » la petite colline que vous voyez dans certaines vues est le fameux Bois des Buttes percé de trois tunnels, du haut duquel nous pouvons voir Laon et le Chemin des Dames dont on parle tant  » (23 mai). Fin mai, il s’étonne du manque de réactions des Allemands, qui ne répondent pas à leurs tirs et pense que ces derniers préparent une offensive. Le moral des troupes est bas et à son goût, il entend trop souvent l’Internationale (31 mai). Le 3 juin, il reçoit l’ordre d’assurer la liaison entre le commandant et le colonel qui est à Pontavert (Aisne) ; surpris en chemin entre des tirs croisés, il se retrouve coincé dans les boyaux sous des feux, s’en sortant miraculeusement en se cachant dans une sape. Les Allemands sont de nouveau très actifs par leur artillerie et leur aviation.

source: http://recherche-archives.vendee.fr/archives/fonds/FRAD085_1Num416

Journal du samedi 26 mai 1917 à travers Le Miroir

A la suite d’un bombardement très violent de nos tranchées, au nord-ouest de Braye-en-Laonnois, les Allemands ont lancé trois fortes colonnes à l’assaut d’un saillant de notre ligne, dans le secteur du Panthéon, au nord du chemin des Dames. Malgré des pertes sanglantes, ils ont réussi, après plusieurs tentatives, à prendre pied en quelques points de nos tranchées avancées. Des contre-attaques immédiatement déclanchées, nous ont permis de reprendre la plupart des éléments conquis par l’ennemi. Nous avons fait, au cours de ces contre-attaques, 55 prisonniers et pris 2 mitrailleuses.
Au cours de l’attaque du 22 sur le plateau de Vauclerc, nos troupes ont capturé 3 canons de campagne.
Dans la région de Chevreux, l’ennemi a réagi seulement par son artillerie sur les positions conquises par nous.
Il se confirme que ses pertes ont été très lourdes au cours de cette attaque et 2 bataillons ont été presque entièrement anéantis. Nos pertes ont été inférieures au chiffre de prisonniers que nous avons faits en cette action, et qui s’élève a une trentaine.
En Argonne, nous avons réussi un coup de main près de la Fille-Morte.
Les Italiens ont élargi leurs succès du Carso, conquis de nouvelles cotes, repoussé des contre-attaques et porté à 10245, dont 316 officiers, le chiffre de leurs prisonniers.
La Chambre des Députés a discuté, en comité secret, la question de la guerre sous-marine au sujet de laquelle M. Lloyd George a fait, à Londres, une déclaration rassurante.

Le « Chemin des Dames » Bibliographie sur la 2e bataille de l’Aisne 1917 (ordre chronologique de publication)

« En marge des communiqués. La Prise de Cour-Soupir », Echo de Paris, 26 avril 17 Article cité par Palat

Charles Benoist, « Chronique de la Quinzaine », Revue des Deux Mondes, 1er mai 1917. Résultats qui « parurent d’abord médiocres au gré de notre impatience. Au gré aussi de notre ignorance… ». « Là semble d’arrêter, pour l’instant, ce qu’on appelle déjà la « bataille de France » » (232).

R.H., « Réflexions sur la discipline militaire », Revue de métaphysique et de morale, mai 1917

Capitaine X, « l’offensive du 16 avril 1917 entre Reims et Soissons (notes d’un témoin militaire) », L’Illustration, 5 mai 1917

Article cité par Palat pour raconter la prise de Loivre par la 14e DI.
Attaque du 44e RI (non cité, bien sûr) avec mention de la prise de Berméricourt par le 35e RI (très proche du récit de Charles Delvert, 1920)

« À l’assaut du Chemin des Dames », Écho de Paris, 5 mai 1917
Article cité par Palat. PREMIÈRE RÉDUCTION DE LA BATAILLE AU CHEMIN DES DAMES ?

« Les falaises de l’Aisne. La prise des trois éperons : les Grinons, le mont Sapin et le bois des Gouttes d’or » », L’Illustration, 12 mai 1917

Article cité par Palat pour raconter l’attaque du Balcon et des Gouttes d’or.
Attaque de tout le 6e CA (127e DI pour les Grinons et le mont Sapin, 56e DI pour les Gouttes d’Or).

Charles Benoist, « Chronique », R2M, 15 mai 1917
« En quelques jours, d’un succès inachevé nous avons fait un insuccès » (cité par Palat)

Capitaine X, « La Prise de Loivre (récit d’un témoin militaire) », L’Illustration, 19 mai 1917 Article cité par Palat.
Attaque du 133e RI, 41e DI.

G.D., « les débuts des chars d’assaut », L’Illustration, 26 mai 1917 2 pages avec photos et texte

Charles Benoist, « Chronique de la Quinzaine », Revue des Deux Mondes, 1er juin 1917 Offensives à vastes objectifs comme le 16 avril, à objectifs limités comme celle d’hier [20 mai à Moronvilliers], ou defensive active dans l’intervalle : « suite de succès continus qui ne forme en réalité que le développement d’un même succès »… D’où la nécessité de ne pas opposer deux périodes, deux méthodes, deux fortunes : derrière les changements de personnes « subsiste et s’affirme en permanence l’unité de pensée et d’action ».

« Les territoriaux bretons en Champagne », Bulletin des armées, juin 1917 Article cité par Palat pour faire de récit de la bataille des Monts.

Général Percin, « Les principes de la guerre ont-ils changé ? », Grande Revue, juin 1917
Selon J. Vic, conclut que non et qu’il faut continuer à attaquer. Participe d’une polémique sur la « guerre nouvelle » (livre de Georges Blanchon chez Armand Colin en 1916)

« Les Tanks dans le combat (à l’attaque du 5 mai) », L’Illustration, 2 juin 1917 Art. cité par Palat.
1 page avec une photo accompagnant le texte.

« Les Cuirassiers à pieds au moulin de Laffaux (5 et 6 mai) », L’Illustration, 16 juin 1917 Article cité par Palat

H., « un régiment à la bataille de l’Aisne », L’Illustration, 16 juin 1917
Auteur a rencontré des soldats permissionaires. Colonel Le Hagre, régiment du Nord [= 110e RI, 2e DI]. Pour eux « la Somme était moins dure ». Avance à l’Est de Corbeny. Mort de deux prètres dans le Régiment : abbé d’Anthenès et « petit basque » Lacroutzet. Raconte des morts d’oficiers.

« La Prise du bois des Buttes et de la Ville-aux-Bois », L’Illustration, 23 juin 1917 Article cité par Palat (concerne le 31e RI).

X, « Sur le plateau de Craonne. La journée du 3 juin (notes d’un témoin militaire) », L’Illustration, 30 juin 1917.
Attaque ennemie repoussée sur les plateaux de Californie et des Casemates par les 66e et 36e DI. Pour la seconde, exactement le même esprit que l’article de la Revue hebdomadaire : basque qui lancent la grenade comme la pelote.

« Histoires de grenadiers : plateau de Vauclerc (mai 1917) », notes d’un témoin militaire, Revue hebdomadaire, n°26, 30 juin 1917, pp. 686-692.

BNF : microfilm M-890
Considérations générales sur le grenadier.
Parle d’un régiment de Gascogne, pays Basque et Béarn, pour qui « la grenade est une autre espèce de pelote ». Episodes de combats singuliers, de preux qui vengent les naïfs tués par les méchants boches…
Raconte la prise du Wald-Tunnel à l’attaque du 5 mai.
300 grenadiers qui se rendent à une escouade (celle des valeureux grenadiers évoqués). Et la ruse du malin Sauvaget qui à miné le moral des Allemands de l’intérieur….
Peut-être soldats du 249e RI de Bayonne, 35e DI (éléments qui attaquent le Wald-Tunnel le 5 mai avec le 123e RI de la même division, mais lui de La Rochelle…).

XXX, « La bataille de l’Aisne et de Champagne, 16 avril-16 mai 1917 », Revue de Paris, 1er juillet 1917, p. 69
BNF : microfilm M-17000
Entreprise de transformation de l’échec en succès. Procédé de mise en contradiction des sources allemandes (presse notamment) avec la « réalité » et neutralisation du décalage entre les objectifs et les résultats. Mise en avant particulière de l’attaque de la 127e DI le 16 avril, et passe plus rapidement sur le reste.

« Un témoin », « La conquête du massif de Moronvilliers (17 avril-20 mai 1917) », L’Illustration, 4 août 1917, pp. 115-134.

Cité par Palat pour faire le récit de la bataille des monts.
Numéro spécial entier sur la prise du massif de Moronvilliers selon l’histoire d’Hanotaux. C’est en tout cas un très long article qui fixe le récit de l’épisode pour le ranger parmi les succès des opérations à « objectifs limités » (signé « un témoin » mais du tout le registre du témoignage). Description très précise, régiment par régiment et jour par jour en trois épisodes : 17-20 avril, premier assaut (le 95e RI mis en avant) ; 21 avril-19 mai : progression lente; 20 mai: achèvement de la conquête (le 1er zouaves mis en avant). Gros appareil d’illustrations : cartes, vues cavalières, photos, gravures.

Le Panorama de la Guerre (publication bi-mensuelle illustrée), Tallandier, date ?
Tome 5 couvre la période juillet 1916-juin 1917.
Publication de propagande (un récit unique avec de nombreuses photos et cartes, entrecoupé de reprise de témoignages ou de commentaires publiés ailleurs, dans la presse notamment).

Octave Béliard, « Sur le Chemin des Dames, notes d’un témoin », Lectures pour tous, 1er septembre 1917, pp. 1572-1581
BNF : microfilm 8-Z-14580
Témoignage d’un combattant (« major ») depuis la fin-mars jusqu’à la mi-mai : d’abord devant Laffaux, puis entre Cerny et Ailles du 18-19 avril au début mai.

Presque sûrement la 21e DI, et sans doute le 64e RI.

source:https://www.crid1418.org/doc/bdd_cdd/bibliographie/biblio_cdd.pdf