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8/ Journal de la grande guerre: 12 août 1914 la bataille de Haelen

Suite de notre éphéméride de la guerre 14-18 à partir des informations de L’illustration et de documents personnels (Le Miroir, journal du 106ème RI etc)

Mercredi 12 août 1914

Bataille de Haelen en Belgique

Alors que dans L’illustration du 15 août écrit à propos de la Belgique: « Les forts de Liège tiennent toujours. Le ministère de la Guerre annonce que le mouvement de retraite des Allemands s’accentue de ce côté; ils semblent se retirer et se masser vers l’Est. Le gros des troupes allemandes est concentré entre Liège et Luxembourg.  Une grande bataille paraît imminente. » dans le N° suivant on prend connaissance des premiers combats violents qui se sont déroulés à Haelen.

R65 AOUT1914
Débris des harnachements de cavalerie allemande, ramassés dans un champ à Diest et gardés par une sentinelle belge

Premier combat sérieux en rase campagne entre Diest et Haelen entre 15.000 hommes. Extrait d’un article de Paul Erio: « le journal »

L'entrée du village de Haelen bombardé par les Allemands
L’entrée du village de Haelen bombardé par les Allemands

Nos amis belges avaient en face d’eux les cavaliers qui viennent de dragonner si sauvagement, pillant et massacrant tour à tour dans le Limbourg et le Brabant, autour de Jodoigne, Tirlemont, Hasselt, Louvain, et parmi eux, les funèbres hussards de la mort de Dantzig que commanda naguère le konprinz; leurs exactions sont maintenant châtiées. Mercredi les Allemands quittaient Hasselt, déclarant aller tout droit à Bruxelles. Malheureusement pour eux, il y avait sur la route ce « quelqu’un d’inattendu »dont parle le poète.

Ils partirent sans même s’éclairer, tellement ils étaient sûrs d’eux, à travers une contrée pourtant accidentée. Ils arrivèrent ainsi jusqu’à Haelen. Mais à peine le peloton de uhlans pénétrait-il dans ce village qu’il y était accueilli par un feu intense. Le peloton entier fut fauché: les cyclistes armés de mitrailleuses portatives Hotchkiss venaient de se révéler, et le premier coup qu’ils portaient était terrible. Un seul chargeur suffit à balayer la route disait le lendemain le capitaine de compagnie (…)Le flegme belge n’a rien à envier au flegme britannique »

Après la charge des dragons allemands sur la chaussée de Haelen, un cheval tué abandonné avec son harnachement et l'étui de carabine de son cavalier
Après la charge des dragons allemands sur la chaussée de Haelen, un cheval tué abandonné avec son harnachement et l’étui de carabine de son cavalier

Les allemands se rendant compte de la faiblesse des effectifs belges lancèrent leur cavalerie en trombe. « On nous envoya au feu comme à la manoeuvre, comme s’ils n’y avaient pas de balles dans les fusils »devait déclarer un des officiers allemands blessés.

A 200 contre 6.000

Les deux mitrailleuses de la compagnie cycliste entrèrent en action; les impétueux cavaliers aussitôt se replièrent. Alors l’agresseur fit donner le canon. Une pluie de mitraille écrasa le petit bourg, criblant les rues, les maisons, l’église. Bien abrités, habilement dissimulés, les cyclistes tinrent bon, jusqu’au moment où ils se virent être débordés par le nombre: à 200, ils avaient maintenu en respect 6.000 ennemis. Ils se replièrent-non sans que deux d’entre eux, fussent aller, faire sauter le pont de Haelen. Ils avaient admirablement rempli leur rôle. Les troupes belges massées en arrière se démasquèrent alors (…)L’effet des obus allemands était presque nul (…)Le tir des  Belges était, au contraire d’une précision merveilleuse. (…)

Pourtant à un moment, des dragons de Mecklembourg se lancèrent, comme dans un suprême effort, de Haelen sur la route de Diest, une belle allée bordée d’arbres, telle qu’on en voit dans les tableaux des vieux maîtres flamands. Ils n’allèrent pas loin. A L’entrée de Zelck-Haelen, une barricade se dressait en travers de la route. Des mitrailleurs cyclistes étaient embusqués derrière; d’autres dans les greniers des premières maisons du village, d’autres dans le clocher de l’église. Ils attendaient, tranquilles. Et quand les cavaliers aux flammes jaunes et noires ne furent plus qu’à 400 mètres, le crépitement des armes automatiques éclata en grêle. L’escadron fut fauché comme une gerbe. Seuls, deux pauvres chevaux emballés franchirent la barricade.

C’était pour les Allemands, la partie perdue. La retraite se dessina vers Saint-Trond. A la nuit il ne resta plus sur le terrain de la lutte qu’un amas de morts et de blessés, des armes abandonnées, lances, fusils, des accessoires d’équipement. L’ennemi avait laissé là plus de 3.000 hommes.

Ce fut, durant plusieurs jours, une vision infernale, un vrai charrier où les cadavres des chevaux se mêlaient à ceux des hommes. Les paysans n’arrivaient qu’avec peine à enterrer les uns et les autres, un moment être obligés de les brûler, ne pouvant suffire à la besogne.`

 

Blessé allemand ramassé sur le champ de bataille de Haelen et gardé dans une cour d'école
Blessé allemand ramassé sur le champ de bataille de Haelen et gardé dans une cour d’école

Quant aux blessés, on avait fait diligence pour les enlever,  les adversaires confondus, Belges et Allemands traités avec les mêmes soins. Et ces derniers n’en revenaient pas de se voir couchés dans les lits blancs de l’hospice civil de Diest. Car, afin de les mieux exciter au combat, leurs officiers n’avaient cessé de leur répéter que nos amis- comme nous – ne manqueraient pas de les achever s’ils tombaient frappés d’un coup (…)

Parmi les trophées de victoire que  cette magnifique journée rapportait aux Belges se trouvait l’étendard des hussards de la mort, le macabre étendard auquel il y a quelques mois, le konprinz adressait un si belliqueux au-revoir.

Sur d’autres fronts

  • Pont a Mousson bombarde
  • France.-Pont-à-Mousson est bombardé à 10 heures. Une centaine d’obus tombent sur la ville, tuant ou blessant quelques habitants et démolissant plusieurs maisons. Effet moral nul sur la population.

GOEBEN - Wiki.

Sur mer.-Les croiseurs Goeben et Breslau ont franchi les Dardanelles. le gouvernement ottoman déclare les avoir achetés,- ce qui est contraire à tous les traités internationaux.

http://www.imprescriptible.fr/documents/morgenthau/chapitre05.htm