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1381/15 mai 1918

Les courriers de  Fernand Burniaux: « survivre à la guerre pour rencontrer sa fille « 

Le 15 mai 1918, il écrit: “Dans le courant de l’après-midi, deux de nos ballons sont incendiés par l’ennemi. Un peu plus tard, un troisième ballon est manqué et l’aviateur boche est atteint par les « scrapnells » de nos artilleurs. Il est obligé d’atterrir et vient s’abîmer dans le toit d’une maison où il reste perché comme un pigeon à l’entrée de son colombier. Belges, Français et Anglais s’élancent pour cueillir l’aviateur qui, immobilisé dans sa nacelle, attend avec une angoisse visible le sort qui décidera de sa personne. Belges et Français poussés par la haine pour tout ce qui est boche veulent lui « arranger son affaire » mais en sont empêchés par les officiers anglais qui parviennent non sans peine à embarquer l’aviateur dans une auto et l’évacuer sur l’arrière« .

Il évoque également la situation en pays occupé pour lequel il a la plus grande inquiétude. Il parle de « révolte de la faim » à Bruxelles mais sans beaucoup plus de détails car la censure guette.

Au printemps de la même année, les troupes autour de Fernand sont également touchées par des fièvres et évacuées vers les hôpitaux. S’agit-il de la grippe espagnole? Nul ne sait! Le 31 mai 18, il écrit sa lassitude: « Rester constamment sous la gueule des canons et attendre si le prochain obus sera ou non pour vous. Ce n’est pas gai! Et voilà 5 jours que cela dure!Je préférerais de beaucoup être en première ligne … »

Fernand développe aussi du ressentiment face à certaines injustices dont il est le témoin sur le front. L’armée a besoin de tous les bras disponibles et certains soldats blessés sont renvoyés plutôt hâtivement au front: « Il me semble que c’est là une triste manière de récompenser les braves qui donnent leur sang et surtout très peu encourageant pour ceux qui sont tenté de regarder un peu en arrière, même pour ceux qui se dévouent”.

Au fil des pages, on sent Fernand de plus en plus amer et découragé mais l’offensive finale va se charger de lui trouver une nouvelle source d’espoir et de concentration. Son écriture se fait plus rare. On le devine en train de se battre, n’ayant plus de temps ou d’endroit pour poser ses pensées sur le papier. Sans doute, pense-t-il toujours autant à sa famille mais ses souvenirs, Fernand les emportera avec lui au plein coeur des batailles…

source: https://www.rtbf.be/14-18/thematiques/detail_fernand-survivre-a-la-guerre-pour-rencontrer-sa-fille?id=8346072

Clément Duval condamné à mort

Clément Duval (né le 11 mars 1850 à Cérans-Foulletourte dans la Sarthe; mort le 29 mars 1935 à New York) est un anarchiste illégaliste français, membre du groupe « La Panthère des Batignolles », partisan de la « propagande par le fait » et de la « reprise individuelle ».

Procès Duval [l’affaire du « Bonnet Rouge » devant le conseil de guerre, 15 mai 1918, condamnation à mort] : [photographie de presse] / [Agence Rol]
Membre du groupe anarchiste « La Panthère des Batignolles », le 5 octobre 1886, Clément Duval cambriole, avec un complice nommé Turquais, un hôtel particulier, la rue de Monceau, appartenant à Mme Herbelin, qui l’habitait avec sa nièce, l’artiste peintre Madeleine Lemaire, dont Marcel Proust aimait les roses. Le 17 octobre 1886, lors de son arrestation chez un receleur, il poignarde le brigadier Rossignol, sans le tuer. Jugé le 11 janvier 1887, Clément Duval est condamné à mort puis gracié par le président de la République Jules Grévy.

source: https://fr.wikipedia.org/wiki/Clément_Duval

 Journal du mercredi 15 mai 1918

Nos patrouilles, opérant au nord du bois de Hangard vers Courcy et à l’ouest de la Meuse, ont ramené des prisonniers.
Nous avons aisément repoussé un coup de main ennemi sur nos petits postes au nord-ouest d’Orvillers-Sorel.
Lutte d’artillerie assez vive en Champagne dans le secteur de la Butte du Mesnil et dans les Vosges.
Une tentative allemande au nord de la Fecht a échoué sons nos feux.
Les troupes britanniques ont réussi un raid au nord-est de Robecq et fait quelques prisonniers sans subir de pertes. Un détachement ennemi a attaqué un poste anglais près de Merville. Il a été repoussé et décimé. L’artillerie ennemie a été active pendant la nuit dans les secteurs de la Somme et de l’Ancre.
Sur le front belge, faible activité d’artillerie. Lutte de bombes vers Nieuport et Langemarck.
Les Italiens ont arrêté par leurs feux des tentatives ennemies sur le mont Corno, à Dosso Casina, au val Calcino et au val Ornic.
Des patrouilles anglaises et italiennes ont fait irruption dans le village de Pedescala, infligeant des pertes à l’ennemi.
Canonnade dans le Tonale et au nord de Montello. Onze avions autrichiens ont été abattus.

source: http://grande.guerre.pagesperso-orange.fr/mai18.html

1081/19 juillet 1917: comité secret au Sénat

Comité secret au Sénat

M. le président. (512). La parole est à M. Henry Bérenger.
M. Clemenceau. Je demande la parole pour une observation.
J’ai le devoir de faire connaître au Sénat que le rapport dont il va lui être donné lecture par l’honorable M. Henry Bérenger a été adopté à l’unanimité par la commission de l’armée, qui a voté à l’unanimité qu’il serait lu par le rapporteur à la tribune
du Sénat.
M. Monis (513). Je demande la parole pour une observation d’ordre. Je suis de ceux qui se réjouissent, et le Sénat tout entier s’en réjouira, de voir la position que prend dans ce douloureux débat notre commission de l’armée. Elle est résolue à apporter
sur ces tristes choses la lumière qu’elle a accumulée avec autant de dévouement que de labeur, et dont elle est dans cette assemblée (514) seule à disposer. Je m’en réjouis ; je fais cependant une observation sur la nature du document qui va être apporté.
C’est, ainsi que vient de le qualifier M. le président de la commission de l’armée, un rapport qui devient destiné au Sénat.
Or, aux termes de notre règlement, les documents de ce genre doivent être mis à la disposition de tous les membres de l’Assemblée (515/520) dans un délai déterminé. Je vise les articles 63 et 64 du règlement.
Je m’empresse (521) de dire que je tiens compte des circonstances.
Je ne demande pas une application littérale de notre
règlement, mais je demande au Sénat d’en conserver l’esprit.
L’esprit, c’est qu’un document de cette importance (522) doit être communiqué à tous les membres de cette Assemblée ; je demande que, pendant un délai de 24 heures, au moins, à partir de sa production à la tribune, ce document soit à la disposition
de tous les membres (523) de l’Assemblée qui voudront le connaître en détail.
Vous sentez, en effet, messieurs, que, si attentifs que nous soyons, une simple lecture ne peut pas suffire pour l’appréciation de ce document.
Dans tous les cas, je demande, (524) en mon nom personnel, à réserver mon droit de le connaître dans tous ses détails et d’en faire une étude complète. (Très bien ! très bien !)

La suite sur http://www.senat.fr/comptes-rendus-seances/5eme/pdf/1917/07/c19170719_0770_0775.pdf

Justice: une loi pour un cas particulier

Pour sortir de l’imbroglio judiciaire, les députés adoptent une proposition de loi, tendant à compléter l’article 445 du Code d’instruction criminelle.

Il s’agit d’une proposition de Jules Siegfried, député du Havre, qui vise à permettre à la Cour de Cassation de juger au fond un condamné devenu dément au cours de la procédure de révision.

source: https://www.julesdurand.fr/p%C3%A9riple-judiciaire/la-proc%C3%A9dure-de-r%C3%A9vision/

Une épouse conseille son mari militaire

Les dossiers de procédure correctionnelle permettent ensuite de mieux saisir le rôle des amis et de la famille à travers les affaires de complicité de désertion. Ces dossiers contiennent en effet toute sorte de documents (jugements, procès-verbaux de renseignements, d’interrogatoire ou de dépositions, mandats d’arrêt, correspondance, etc.) permettant de retracer une partie ou la totalité du parcours des déserteurs ou prétendus déserteurs. Ici, l’extrait traduit d’une lettre écrite en basque le 19 juillet 1917 qui révèle les conseils d’une femme invitant son époux à être prudent et à ne pas se « faire prendre » (3 U 5/837).

source: http://archives.le64.fr/decouvrir-les-archives/centenaire-14-18/document-du-mois/la-desertion.html

Mort de l’aviateur Marcel Gressard

source: http://www.corpusetampois.com/che-20-19170719gressard.html

 

Carnet du jeudi 19 juillet 1917 à travers Le Miroir

Activité des deux artilleries dans la région de Cerny-Ailles et sur le plateau de Californie.
En Champagne, l’ennemi a renouvelé ses attaques au nord du mont Téton et a repris pied sur certains points dans les éléments de tranchées que nous lui avons enlevés le 14.
Violente lutte d’artillerie dans le secteur du mont Haut, où nous organisons le terrain conquis.
Sur la rive gauche de la Meuse, nous avons exécuté avec plein succès une opération à la cote 304. Après une forte préparation d’ artillerie, nos troupes se sont portées à l’attaque avec une vigueur irrésistible. Malgré une défense énergique de l’ennemi, nous avons repris en quelques minutes les tranchées qu’il occupait depuis le 29 juin. Nous avons ensuite enlevé de haute lutte les positions allemandes situées au delà. Sur un front de 2500 mètres, la première ligne allemande est tombée tout entière entre nos mains. Notre avance en profondeur atteint un kilomètre. Nous avons infligé à l’ennemi de lourdes pertes, capturé 8 officiers et 417 soldats.
Les Russes ont ramené leurs lignes sur la rive droite de la Lomnitza et évacué Kalusz. Un violent combat s’est déroulé autour du village de Novitsa. Sur le front roumain, une colonne d’éclaireurs russes a pris le village de Donnaiwetz et capturé deux compagnies.
Les Italiens ont fait sauter un large four de mine au Colbricon. Une centaine d’Autrichiens y ont péri.
Canonnade en Macédoine, sur le vardar et autour de Monastir.

source: http://grande.guerre.pagesperso-orange.fr/juillet17.html