Archives du mot-clé littérature

1457/30 juillet 1918

Les américains dans la guerre

Les 29 et 30 juillet, plusieurs tentatives de l’infanterie sur le Bois Meunière avec ou sans artillerie restent sans résultat. Le Bois Meunière est bombardé jour et nuit par les batteries.

Le 31 juillet, les officiers de liaison signalent de bonne heure que des reconnaissances sont entrées dans le bois sans difficulté et que l’infanterie les suit. Les commandants de groupe se portent aussitôt en avant, et les batteries se tiennent prêtes à se déplacer. Une résistance se manifeste sur la ligne Ferme Reddy-Ferme Courteaux-Bois de Rognac, de nouvelles positions sont occupées (…)

La 3e D.I. U.S. est relevée à Ronchères

(…)Le 30 Juillet, la 3ème Division est relevée par la 32ème. La 3ème Division U.S. est restée en ligne depuis le début de Juin et a combattu superbement, ses pertes sont de 6600 tués ou blessés. Le même jour la 28 ème Division attaque, deux fois, après une courte mais intense préparation d’artillerie, après des combats à la baïonnette et avec l’aide de la 32 ème Division, elle prend enfin le bois. Dans son élan la 28ème Division atteint les premières maisons de Cierges mais doit se replier sur le bois d’où elle repousse une contre-attaque allemande à la tombée du jour (…)

Le Bois des Grimpettes. L’attaque de la 28e Divisions U.S

(….)Pendant la nuit du 30 au 31 Juillet la 32ème Division U.S. relève la 28ème D.I.U.S., qui vient de perdre, en 3 jours, 1400 tués ou blessés. Le soir de sa victoire le Colonel Martin déclare que la prise du « Bois des Grimpettes » s’est faite « comme à la parade » !

Le dossier et des témoignages à  lire sur http://1418bd.free.fr/labase/dospromVillers_sur_F_finjuillet1918.pdf

Mort du poète américain Joyce Kilmer

Le poète américain Joyce kilmer en tenue de sergent du 165e régiment d’infanterie en 1918 – (Source : Wikimedia Commons).

Le poète américain Joyce Kilmer, tué le 30 juillet 1918 à l’âge de 31 ans par un sniper allemand d’une balle dans la tête, est enterré dans le cimetière américain Oise-Aisne. La République française lui décerna la Croix de guerre à titre posthume.

source: https://www.guerre1914-1918.fr/tag/monuments-americains/

Pour en savoir davantage sur le poète américain Joyce Kilmer : (fr.wikipedia.org) et (en.wikipedia.org)

Reconnaissance des carrières aux environs de Dormans

Rapport du chef de bataillon Maugenest commandant le génie de la 73e DI au sujet de la reconnaissance des carrières prescrites par la lettre du 28 juillet 1918 du colonel commandant le génie du 3e CA

Les résultats de la reconnaissance à laquelle le commandant du génie divisionnaire a procédé le 30 juillet 1918 sont les suivantes :

Les carrières au nord ouest de Reuilly marquées sur la carte au 80.000e sont sans doute d’anciennes carrières, envahies par la végétation, elles ne comportent aucune trace d’exploitation, l’emplacement en est d’un accès difficile. Il résulte toutefois de l’examen des trous de projectiles que l’ouverture des carrières est possible dans toutes les collines au sud de la Marne.

Il en est du même des carrières marquées sur la carte au 80.000e au sud de Sauvigny, ce sont d’anciennes carrières envahies par le taillis et d’un accès difficile. De même les carrières situées au sud de Vassieux correspondent à d’anciennes exploitations dont l’emplacement est occupé par des vignes.

Par contre, les carrières situées à l’est du château de Dormans sur la route Champaillet-Dormans sont en pleine exploitation, une équipe du 24e RIT est en chantier ; il n’a pu être établi pour le compte de quel service cette exploitation était poursuivie. La pierre est de qualité variée de bons éléments et de matériaux sans consistance.

Une importante carrière marquée en A sur le plan ci-joint comporte 25 mètres cube de pierre extraite en carrière, 30 mètres cube sur le bord de la route. L’outillage comprend un chemin de fer funiculaire avec voie de 0,60, câble métallique de traction, treuil à engrenage pour régularisation de la traction et 86 bennes.

La voie ferrée a été coupée en 15 points par le bombardement, mais il existe un stock d’éléments de 2 mètres qui en permettra la réparation. Le câble métallique est coupé en 5 points. Sa réparation sera délicate en raison des épissures à créer.

Les stocks extraits sont très ordinaires, mais suffisants pour un empierrement de routes en temps de guerre.

Le commandant du génie divisionnaire, vu l’importance de l’outillage de la carrière en question, a prescrit au lieutenant commandant la compagnie 26/53 à Soilly de consacrer une section à la remise en état de la voie et du câble.

source: http://souterrains.vestiges.free.fr/spip.php?article76

Aviation: apparition du joker comme insigne

Le Ltt Paul Dumas demande au Sgt René Legrand, un pilote qui a fait les Beaux-Arts, de lui trouver un nouvel insigne. Il modifie un joker, la carte symbole de chance, en l’associant à son commandant d’unité, une manière de rappeler que son chef était un joueur de carte invétéré. Le 1st Ltn Arthur C. Kimber a été le premier pilote à voler avec cet insigne, le 30 juillet 1918 – Dessin Albin Denis.

source: http://albindenis.free.fr/Site_escadrille/escadrille085.htm

Dessin de guerre de Copieux

Albert COPIEUX (1885-1956), La Marche en avant. Une Route de la Victoire, 1918, gouache sur papier. © MuMa Le Havre / Charles Maslard

Ce dessin, daté du 30 juillet 1918, représente le moment de la sortie des tranchées, précédant l’attaque. À l’arrière-plan, des soldats marchent au pas, le fusil à l’épaule. Copieux, signale de manière grinçante la présence de la mort sur cette “Route de la Victoire” empruntée par les Poilus. Au premier plan, un sol ravagé, déformé par les batailles, les jets d’obus et parsemé de cadavres humains et animaux.

Petite contribution du Siam à la guerre

Lorsque le corps expéditionnaire siamois débarqua à Marseille le 30 juillet 1918, le sort de la guerre était déjà joué après l’échec de l’offensive allemande du printemps qui faillit bien changer le cours des événements malgré l’arrivée massive des Américains. Il n’en était de loin pas de même lorsqu’un an plus tôt le roi prit la décision de faire entrer son pays en guerre. La contribution de Siam fut certes mineure en termes d’effectifs envoyés au front, ne comprit pas de pertes au combat mais constitua cependant une étape cruciale dans la longue route de l’admission du Siam dans ce qu’il est convenu d’appeler « le concert des nations ». Le prix à payer fut celui de 19 morts, tous de jeunes hommes, tous volontaires, membres de la force expéditionnaire envoyée en France par le roi Rama VI en 1918. Leur souvenir perdure gravé dans la pierre du « monument des militaires volontaires » (อนุสาวรีย์ ทหาร อาสา anusawari thana asa) situé au centre de Bangkok, à l’angle nord-ouest de Sanam Luang (สนามหลวง – « le terrain royal »).

source: http://www.alainbernardenthailande.com/2015/02/le-memorial-de-bangkok-a-la-memoire-des-19-militaires-siamois-morts-au-cours-de-la-grande-guerre.html

Journal du mardi 30 juillet 1918

Au nord de la Marne, nos troupes ont continué leur marche en avant.
Dans la région de l’Ourcq, malgré la résistance de l’ennemi, qui s’efforçait d’empêcher le passage de la rivière, nous avons réussi à jeter des éléments avancés sur la rive nord. Nous avons pénétré dans Fère-en-Tardenois. Au nord-est de la forêt de Ris, nous avons atteint Champvoisy.
Sur notre droite, nos troupes ont enlevé Anthenay, Olizy-Violaine, et rapproché sensiblement leurs lignes de la route de Reims à Braisne.
En Champagne, deux tentatives ennemies précédées de bombardement, dans la région des Monts, ont été repoussées.
Les Anglais ont effectué des avances au sud est d’Arras et dans les environs de Loos. Ils ont fait des prisonniers et capturé des mitrailleuses. Dans le secteur de Givenchy leurs patrouiles ont ramené d’autres prisonniers et une mitrailleuse.
Les aviateurs britanniques ont attaqué les ouvrages militaires et les bâtiments ancrés dans le port de Cattaro. Des dommages importants ont pu être constatés, notamment à la station d’aviation et à celle des sous-marins.
Les aviateurs de la marine ont efficacement bombardé la station d’aviation de Zagosta où un incendie important a été observé.
Nos alliés, malgré le violent tir de l’ennemi, n’ont subi aucune perte au cours de ces opérations.

source: http://grande.guerre.pagesperso-orange.fr/juillet18.html

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1450/23 juillet 1918

Des américains à Château-Thierry (Aisne)

source: 14 / Référence : SPA 44 BO 2000 Dans Château-Thierry délivré, Aisne, Américain contemplant la destruction du pont. 23/07/1918, opérateur Maurice Boulay.

Dans Château-Thierry libéré et en ruine, un officier américain regarde le pont détruit qui franchissait la Marne. Suite à l’offensive allemande du 15 juillet, les troupes franco-américaines retranchées dans les hauteurs de Château- Thierry, parviennent à repousser les assauts de l’ennemi. Le 21 juillet, après cinq jours de combats acharnés sur la cote 204, des bataillons de la 39e division d’infanterie française et de la 26e division d’infanterie américaine parviennent à contre-attaquer et à libérer Château-Thierry, qui est évacué par les Allemands dès le 20 juillet.

15 / Référence : SPA 44 BO 2003 Dans Château-Thierry délivré, vue du pont, Américains devant une barricade allemande. 23/07/1918, opérateur Maurice Boulay.

Dans les ruines de Château-Thierry libéré, des soldats américains de la 26e division posent devant une barricade allemande. Dès la chute de la ville en juin 1918, des combats de rue s’étaient déjà déroulés, où les marsouins du 53e régiment d’infanterie coloniale combattirent aux cotés des Américains. Derrière les deux Sammies se profile la façade de l’hôtel de ville. Grâce à la résistance de la 3e division américaine, les unités de la 26e division peuvent pénétrer dans la ville le 21 juillet, en grande partie détruite par les bombardements.

source: 16 / Référence : SPA 45 BO 2021 Château-Thierry

Certains habitants de Château-Thierry, restés chez eux pendant l’occupation allemande du 1er juin 1918 au 21 juillet 1918, subissent le pillage de leur maison. Les objets de valeur et autres pouvant être réutilisés par les industries de guerre allemandes sont rassemblés dans l’église Saint-Crépin pour être expédiés vers l’Allemagne.

Lili, l’ami de Pagnol meurt au front près de Vrigny (Marne)

David Magnan, dit « Lili des Bellons »

Comment ne pas évoquer tendrement leur amitié si forte et si sincère, née un beau matin d’été dans la garrigue, sans en ressentir une profonde émotion …
Marcel Pagnol disait de Lili qu’il était « son petit frère des collines »… « son cher Lili » …

Extraits des souvenirs d’Enfance,
(Le Château de ma mère) :
« C’était un petit paysan. Il était brun, avec un fin visage provençal, des yeux noirs et de longs cils de fille. »
« Avec l’amitié de Lili, une nouvelle vie commença pour moi. »
« Lili savait tout ; le temps qu’il ferait, les sources cachées, les ravins où l’on trouve les champignons, des salades sauvages, des pins amandiers, des prunelles, des arbousiers.

Avec un roseau, il faisait une flûte à trois trous.

Il me présenta au vieux jujubier de la Pondrane, au sorbier du Gour de Roubaud, aux quatre figuiers de Precatori, aux arbousiers de la Garette, puis, au sommet de Tête-Rouge, il me montra la Chante-pierre. »

Quand je randonne sur leurs sentiers tant aimés, je les imagine, chacun sur leur rocher, s’appeler en faisant résonner l’écho de leurs voix dans les vallons … Et la magie opère à chaque fois : ils sont là, pour toujours …

Lili n’échappa pas au sacrifice de la guerre et mourut au champ de bataille le 23 juillet 1918 « sous des touffes de plantes froides dont il ne savait pas les noms … »

Grâce aux Souvenirs d’enfance de Marcel Pagnol, Lili des Bellons est entré avec lui dans la légende …

source: https://www.facebook.com/MarcelPagnolNonOfficiel/posts/178537792340378

lire aussi: http://mondedestef.over-blog.com/article-lili-des-bellons-56309840.html

Journal du mardi 23 juillet 1918

Au cours de la nuit, l’ennemi s’est borné à réagir par son artillerie, au nord de l’Ourcq et entre la Marne et Reims, notamment dans les bois de Courton et du Roy.
Entre l’Ourcq et la Marne, nous avons brisé le fortes contre-attaques ennemies dans les régions de Grisolles et de Bézu-saint-Germain. Nous avons maintenu partout nos positions.
Les troupes britanniques ont gagné quelque terrain, au sud-est d’Hébuterne. Une attaque ennemie exécutée à la grenade dans cette région a été repoussée. Nos alliés ont capturé quelques prisonniers.
En coopération avec nous, ils ont exécuté avec succès un raid au sud de Villers-Bretonneux, capturant quelques prisonniers et des mitrailleuses.
Les patrouilles anglaises ont pénétré dans les tranchées ennemies à Neuville-Vitasse, à Calonne-sur-la-Lys, et au nord de Bailleul, ramenant des prisonniers. Un raid ennemi dans ce dernier secteur a été repoussé. L’artillerie ennemie a été active dans le secteur de Locre.
Les aviateurs anglais ont jeté 18 tonnes de bombes sur les voies ferrées de Courtrai et de Lille, les docks de Bruges, trois importants dépôts de munitions et des cantonnements ennemis sur divers points du front. Ils ont abattu quatorze apparei1s ennemis.

source: http://grande.guerre.pagesperso-orange.fr/juillet18.html

1332/27 mars 1918:  les Allemands prennent Montdidier

Ecrivain mort à la guerre

Jacques De Champfeu. (1896-Tué le 27 mars 1918 à La Bossière. Son frère était mort du tétanos le 13 décembre 1917 suite à une blessure reçues à La Malmaison.

source:http://andrebourgeois.fr/ecrivains_morts_a_la_guerre.htm

http://data.bnf.fr/16109369/jacques_de_champfeu/

 Les Allemands prennent Montdidier

Le village de Dancourt se situe entre Roye et Montdidier, le 27 mars 1918 des poilus livrent là un combat désespéré à un contre cinq. Partis de la position Hindenburg, les Allemands progressent sans discontinuer depuis le 21 mars. Roye est tombé le 26 mars et Dancourt se trouve sur la ligne de front, à la jonction des 1ère et 3ème armées françaises.

Le 27 mars, les Allemands prennent Montdidier, et s’ouvrent une route vers Paris. De par sa rapidité et sa violence, l’attaque allemande sur la Somme menace dangereusement le dispositif français et britannique, risquant de provoquer la perte des Alliés.

10 / Référence : SPA 70 L 3386
Cousances-aux-Forges, Meuse, centre d’instruction de la 2e armée, classe 1918, l’exercice du fusil-mitrailleur.
28/03/1918, opérateur : Albert Samama-Chikli
Au camp d’instruction de la 2e armée de Cousances- aux-Forges dans la Meuse, les futures équipes de mitrailleurs s’exercent au maniement des armes et aux tactiques d’attaques. Le fusil-mitrailleur Chauchat modèle 1915 constitue une arme novatrice, adaptée pour offrir un appui continu aux troupes lors d’un assaut. Le pourvoyeur, situé à droite, s’entraîne à mettre en place le chargeur en demi-lune pouvant contenir 20 cartouches de 8 mm, donnant ainsi la possibilité d’ouvrir le feu tout en progressant.

source: http://archives.ecpad.fr/wp-content/uploads/2010/06/1918-03.pdf lire aussi: http://www.villerstournelle.com/Hist-Montdidier_3.64.htmlhttp://santerre1418.chez.com/fr/histoire/mars1918.htm

Journal du mercredi 27 mars 1918

La bataille a continué avec violence, l’ennemi multipliant ses attaques sur tout le front de Noyon à Chaulnes.
Notre artillerie, bien établie dans la région de Noyon, appuie efficacement notre infanterie dont la résistance et les fréquentes contre-attaques retardent la poussée des Allemands en leur infligeant des pertes élevées.
Noyon a été évacué pendant la nuit, dans le plus grand ordre. Nous tenons solidement la rive gauche de l’Oise.
Sur la partie britannique du front, des combats excessivement violents se sont déroulés toute la journée au sud de Péronne, ainsi qu’au sud et au nord de Bapaume.
Dans ces deux secteurs, l’ennemi, attaquant les positions anglaises, a mis en action de nombreuses troupes fraîches.
Nos alliés, en dépit de leur valeureuse résistance, ont dut céder du terrain.
L’ennemi occupe Nesle et Bapaume et de très durs combats se poursuivent.
Les aviateurs britanniques ont jeté plus de 1700 bombes sur les docks de Bruges, la gare d’Aulnoye, un camp au sud-est de Cambrai, des pièces à longues portées et des renforts ennemis.
Quarante-cinq avions allemands ont été abattus et vingt-deux contraints d’atterrir désemparés.
Des raids ont été opérés sur la gare de Cologne, sur celles de Luxembourg, de Courcelle, de Metz, enfin sur celle de Thionville.source: http://grande.guerre.pagesperso-orange.fr/mars18.html

1292/15 février 1918: prisonnier, l’aviateur Roland Garros parvient à s’échapper

(son) Prisonnier, l’aviateur Roland Garros parvient à s’échapper

garros

Prisonnier pendant trois ans, Roland Garros ronge son frein et voit s’accomplir les exploits, souvent sanglants, des as de l’aviation. Il tente de s’évader par tunnel, par avion, mais échoue. Il y parvient finalement le 15 février 1918, déguisé en officier allemand.

Sa captivité l’a marqué. Sa myopie s’est aggravée et il doit se cacher pour se faire faire des lunettes. Clémenceau tente de le garder au sol comme conseiller, mais sa volonté de remonter dans un avion est trop forte et le « Tigre » cède. Après une formation aux nouvelles techniques de combat aérien, qui évoluent au rythme très rapide des changements technologiques, il est affecté au groupe de combat n°12. L’escadrille monte au front sur le terrain de La-Noblette-en-Champagne.

Roland Garros est redevenu un fin pilote et il remporte le 2 octobre sa quatrième victoire. Le 5, au matin, il quitte le terrain aux commandes de son SPAD XIII. Le lendemain, il s’en doute, ses camarades prévoient de lui fêter son anniversaire. Il aura 30 ans.

source: https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/france-info-y-etait/8-octobre-1918-la-fin-de-roland-garros_1762027.html

Proust écrit à son frère et parle des « embusqués  » et des Poilus

proust(…)Rien de tel dans cette lettre adressée le 15 février 1918 à son frère Robert et qui illustre, à cette occasion, l’antagonisme important existant à l’époque entre les “embusqués” et les “poilus”: une problématique sociale qui sera magistralement développée à travers la chronique du Paris en guerre dans le futur Temps retrouvé .

Affectueux et compatissant aux souffrances de son frère qui se bat sur le front italien, Marcel, exempt de mobilisation en raison de sa constitution fragile, a soin de lui donner le plus de nouvelles possibles de la maison, de sa santé, comme de celle de leurs amis communs. Passées en vente à Drouot il y a quelques années, une série de lettres inédites envoyées de 1916 à 1919 à Madame Fournier – la maîtresse de Robert – montraient déjà combien l’auteur de la Recherche admirait le courage de son cadet mais s’inquiétait sans cesse de son sort sans oser trop le materner par crainte de se montrer envahissant. Parmi ses phrases suant l’angoisse, on y lisait, notamment, celle-ci : “J’ai longtemps cru que “l’absence était le plus grand des maux”. Je sais maintenant que c’est le danger couru par ceux qu’on aime.”

Mon cher petit Robert

« Ceci est un simple post-scriptum à une lettre que je t’avais envoyée il y a une quinzaine de jours. Dans cette lettre je me rappelle qu’il y avait une phrase assez vague où je te disais que Flers devrait bien me donner la critique littéraire du Figaro. Or je vois que cette critique n’est plus à prendre, elle est donnée à Hermant. Si donc tu n’as rien dit à Flers, ne lui en parle pas puisque ce serait sans utilité aucune, Hermant la gardera et certainement toujours et le fera d’ailleurs très bien. De plus étant en très bons termes avec lui, je serais désolé d’avoir l’air de songer même à la lui enlever ! Jamais je n’aurais pensé à cette critique si j’avais su qu’il était question de lui. Je ne m’en doutais pas. Et d’ailleurs c’est sans importance n’en ayant parlé qu’à toi. Si jamais tu me récris – mais c’est déjà trop beau d’avoir eu ces mots de toi si inespérés, et si souvent relus, dis moi si “le cas échéant” tu accepterais d’avoir Lucien Daudet comme secrétaire. (Il avait organisé une machine des … à … où il avait beaucoup travaillé, puis il s’est brouillé avec ses collaborateurs, et M. Godard l’a recueilli à Paris. Mais il s’y ennuie et je crois qu’il aimerait être avec toi. Mais il n’est je crois qu’infirmier de 2e classe, et de plus comme il a 40 ans et est exceptionnellement intelligent je pense qu’il voudrait un travail un peu relevé. Mais je te dis tout cela selon l’expression courante “incidemment”.) Mes yeux font de plus en plus mal et le nombre de mes épreuves s’accroit au fur et à mesure, ce qui m’inquiète non pour ma vue mais pour la possibilité de terminer mon ouvrage. La maison va être un hôpital car nous attendons le mari de Céleste, atteint d’un état vague qui est soit la fièvre des tranchées, soit le paludisme, soit de la tuberculose. (…)

La suite sur https://www.franceculture.fr/emissions/la-boite-lettres/marcel-proust-son-frere-robert

https://largonnealheure1418.wordpress.com/2015/02/03/garros-aviateur-abattu-argonne/

 

Parution de Vogue

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source: https://www.google.fr/search?q=15+f%C3%A9vrier+1918&safe=active&tbm=isch&source=iu&ictx=1&fir=rQC-kqdHLd-YCM%253A%252CIILhHx1ZJVz4mM%252C_&usg=__7_nXHuZqYti3nOG4fDPymtiBJNE%3D&sa=X&ved=0ahUKEwj44oD4lMjYAhUHalAKHcS-B3YQ9QEIWjAM#imgrc=rQC-kqdHLd-YCM:

 

Journal du mercredi 15 février 1918

Une tentative ennemie sur un de nos petits postes au nord de Pargny-Filain a échoué.
Vives actions des deux artilleries dans la région à l’est de Reims.
En Champagne, dans le coup de main de la veille, des batteries américaines ont prêté un appui très efficace. Nos troupes ont organisé les positions conquises au cours de cette journée dans la région au sud-ouest de la butte du Mesnil. Le chiffre des prisonniers dépasse 150.
Nos batteries ont pris sous leur feu et dispersé un fort rassemblement ennemi signalé au sud de la Dormoise.
Sur le front britannique, les troupes canadiennes ont exécuté avec succès un coup de main sur les tranchées ennemies à Lens; elles ont infligé de nombreuses pertes aux Allemands, fait quelques prisonniers et capturé deux mitrailleuses.
Les pilotes britanniques ont exécuté quelques reconnaissances et lancé des bombes sur divers objectifs.
En Macédoine, activité réciproque des artilleries à l’ouest du Vardar et dans la boucle de la Cerna.
Sur le front italien, canonnade dans le val Giudicaria.
Les Italiens ont réussi quelques coups de main audacieux, et détruit un poste avancé ennemi.

 

1280/3 février 1918; Blaise Cendras écrit « J’ai tué « dans « la main coupée »7

Blaise Cendras: « j’ai tué un boche »

Le 3 février 1918, Blaise Cendrars raconte : « J’ai tué le Boche. J’étais plus vif et plus rapide que lui. Plus direct. J’ai frappé le premier. J’ai le sens de la réalité, moi, poète. J’ai agi. J’ai tué » (J’ai tué, 1918, rééd. Fata Morgana, 2013).

source: https://lelephant-larevue.fr/lart-cicatrices-de-guerre/

Mort de l’as britannique Rupert Randolph Winter

Mort en combat aérien de Rupert Randolph Winter, « As » britannique de la WW1, 5 victoires aériennes au sein des 6N et 9N Sqns du RNAS, abattu dans son Sopwith « Camel » matricule B6430 entre Roulers et Poelkapelle, en Belgique, par l’as allemand de la Jasta 26, Otto Fruhner.

source: http://www.crash-aerien.news/forum/ww1-la-grande-guerre-t28679-315.html

Blaise Cendras écrit « J’ai tué « dans « la main coupée »

Si la guerre est un moment symbolique pour Blaise Cendrars, peut-on affirmer pour autant qu’elle a été une chance ? « À la veille de la guerre il craint, lui le poète, de s’enliser dans des conflits d’esthètes, dans des polémiques à coup de manifestes et de lettres ouvertes, d’entrer dans un milieu qui ne convient pas à son tempérament. D’une manière générale il n’aime pas les cadres. La déclaration de guerre est une occasion de sortir de l’ornière des conflits littéraires. C’est une chance pour lui parce qu’elle le sort des querelles stériles. Il découvre alors un autre monde, une autre vie, une autre relation, surtout avec des légionnaires. » J’ai tué, le premier texte que Blaise Cendrars consacre à la guerre, il l’écrit alors que celle-ci n’est pas terminée, le 3 février 1918.

«C’est, rappelle Claude Leroy, son premier grand texte avec “La Guerre au Luxembourg”, un poème paru en 1916. J’ai tué conduit à une inculpation universelle. C’est toute la civilisation moderne qui amène celui qui parle, le guerrier, à s’animaliser à nouveau et fait de lui un nettoyeur de tranchées, un tueur, pour vivre. C’est un réquisitoire qui montre que ce geste-là, ce geste terrible de tuer l’autre, est commandée par toute la civilisation.

source: http://actualites.ecoledeslettres.fr/litteratures/blaise-cendrars-la-main-coupee-et-autres-recits-de-guerre/

Journal du dimanche 3 février 1918

Activité d’artillerie dans la région de Bunhaupt-le-Haut.
Un coup de main effectué par nous au nord du bois Mortier nous a permis de ramener quelques prisonniers.
Sur le front du bois des Caurières nous avons repoussé un détachement ennemi qui tentait d’aborder nos lignes.
Sur le front britannique, un détachement des troupes de Liverpool a exécuté avec succès un coup de main sur les tranchées allemandes au sud-est d’Armentières et ramené des prisonniers.
Un raid ennemi a été repoussé au nord de Passchendaele.
Sur le front italien, action d’artillerie, spécialement dans le secteur du plateau d’Asiago.
Des échanges de fusillades entre avant-postes se sont également produits.
Les vols de croisière des aviateurs italiens ont donné lieu à des combats aériens au cours desquels deux appareils ennemis ont été abattus et sont tombés près de Turteo, au sud d’Asiago et dans la vallée de la Brenta.
Des avions autrichiens ont attaqué Trévise et plusieurs centres habités dans la zone montagneuse sur la Brenta et sur la Piave, lançant de nombreuses bombes qui ont fait quelques blessés et causé de légers dommages à quelques édifices.

source: http://grande.guerre.pagesperso-orange.fr/fevrier18.html

(vidéo) Colette, journaliste de guerre

n 1914, Colette est âgée de 40 ans, divorcée de Willy, son 1er mari. Elle est connue pour sa production littéraire mais aussi pour les rôles qu’elle tient dans des spectacles de pantomime, de théâtre ou de danse.

Ses spectacles ont parfois fait scandale dans la haute bourgeoisie Parisienne. Pour gagner sa vie elle écrit aussi des nouvelles et des articles qui vont la conduire à devenir journaliste.

Colette, journaliste, affirme sa position de témoin privilégié. Dans ses papiers dont les premiers paraissent dans La Cocarde, le journal de Maurice Barrès, puis dans « La Fronde » un journal féministe, elle emploie souvent la première personne du singulier.

Au journal «  Le Matin » où elle commence à collaborer régulièrement fin 1910, elle fait des reportages d’actualité, des portraits d’hommes politiques, des chroniques. Le co-rédacteur en Chef, n’est autre qu’Henri de Jouvenel qu’elle épouse en 1912.

Pendant la guerre, Colette vit à Paris. Elle raconte après le départ des hommes mobilisés, les femmes qui travaillent, les blessés dans la capitale désertée par ses habitants qui ont fui pour se réfugier loin de l’avancée allemande. En 1915, elle va voir Henri de Jouvenel à Verdun, et pousse la curiosité un peu plus loin en Argonne. Ramenée « manu militari », elle rapporte des reportages de guerre pour « Le Matin ». Ils sont édités dans « les Heures Longues » en 1917.

La République, L’Éclair, La Vie parisienne, Marie-Claire, Paris-Soir veulent tous la signature de Colette. Elle publiera même dans Le Figaro. Colette a laissé un témoignage exceptionnel de la vie à l’arrière dans un recueil « La chambre éclairée » paru en 1922 qui réunit des textes publiés dans la presse des années 1917-1918.

La suite sur France 3 Bourgogne Franche-Comté

https://france3-regions.francetvinfo.fr/bourgogne-franche-comte/histoires-14-18-colette-journaliste-guerre-1395565.html

1173/19 octobre 1917: Pierre Loti et la grande guerre

Début de la guerre électronique

Après avoir constaté que les raids de zeppelins allemands utilisent pour se diriger le signal TSF émis par l’émetteur de la Tour Eiffel, les Français lancent des contre-mesures. Le signal que reçoivent dorénavant les dirigeables, leur indique Dijon au lieu de Paris. Le raid du 19 octobre (qui avait Londres pour cible) se solde par la perte des 2/3 des aéronefs allemands. Seuls 3 appareils réussissent à rallier l’Allemagne. La guerre électronique est née.

source: http://www.oragesdacier.info/2012/10/19-octobre-1917-debut-de-la-guerre.html

lire aussi: http://lzdream.net/dirigeables/template_airship.php?page=5zeppelins_index&menu=5zeppelins_menu

Les hackeurs de la tour Eiffel

Odieux Connard nous invite à nous cultiver un peu avec humour à travers une histoire méconnue de la Première guerre mondiale : les « hackeurs » de la tour Eiffel dont le but était de désorienter les Zeppelins de l’armée allemande, ce que l’on appellera plus tard la « guerre électronique ». Le 19 octobre 1917, un dirigeable allemand volait en direction de Paris pour bombarder la capitale. Grâce à son puissant émetteur, la station radio de la tour Eiffel a empêché le zeppelin de communiquer avec sa base en lui envoyant de fausses positions. Totalement désorienté, le dirigeable s’est finalement échoué en Haute-Marne sur les rives de l’Apance. Un autre jour, au retour d’une mission sur l’Angleterre, une escadre de zeppelins survolait la France en utilisant, cette fois-ci, l’émetteur de la tour Eiffel pour déterminer elle-même sa position. Le général français Gustave Ferrié, pionnier dans le domaine de la radiodiffusion, a alors donné l’ordre d’arrêter l’émetteur parisien et de la remplacer sur la même fréquence par un émetteur de la station T.S.F. de Lyon La Doua. Les dirigeables allemands ont ainsi effectué un important détour et l’un d’eux a été obligé de faire un atterrissage forcé dans la vallée de Sisteron.

source: https://www.koreus.com/video/hackeurs-tour-eiffel.html

Guynemer au Panthéon

Le 19 octobre 1917, la Chambre des Députés propose que le nom de Guynemer soit inscrit au Panthéon. Le 30 avril 1922, Raymond Poincaré, président du Conseil y inaugure une plaque qui porte l’inscription :
« À la mémoire de Georges Guynemer, symbole des aspirations et des enthousiasmes de l’armée de la Nation ».
Georges Guynemer est devenu un héros de l’armée de l’Air. Dans la plupart des bases aériennes, un bâtiment ou la cour d’honneur porten son nom. Aujourd’hui encore, chaque année, sa dernière citation est lue solennellement dans toutes les bases.

source: http://www.cheminsdememoire.gouv.fr/sites/default/files/editeur/BrochureGuynemerSGADMPA2007.pdf

Pierre Loti et la grande guerre

L’horreur allemande, VIII Les premières pluies du quatrième hiver (19 octobre 1917)

La désolation et l’horreur ! Elles oppressaient moins naguère encore, aux derniers beaux jours d’été, quand des fleurs égayaient nos ruines, quand des jasmins des vignes vierges tapissaient délicieusement les murs des maisons éventrées, les porches croulants des églises ; et puis nos soldats, en mouvement là partout, semblaient plus alertes et joyeux au clair soleil de septembre. Mais, aujourd’hui, l’emprise d’un quatrième automne a commencé, avec une brusquerie que l’on n’attendait pas, tout a changé sous la pluie glaciale et le ciel noir ; je ne les reconnais pour ainsi dire pas, ces mêmes cinquante kilomètres de ma zone actuelle, que j’ai déjà parcourus cent fois, — et qui ne sont du reste qu’une partie quelconque de nos immenses dévastations ; je croirais que ce soir mes yeux s’ouvrent sur un tout nouveau décor, dont l’aspect n’est plus tolérable, —  et l’indignation, la haine me remontent au cœur comme un flot… Fermes, vergers, hameaux, villages ou petites villes, c’est bien de fond en comble que tout a été saccagé, saccagé de manière que rien ne puisse servir à rien, et que rebâtir ne soit même plus possible, car tous les murs sont déjetés depuis la base et pas une pierre n’a été laissée en place ; quel acharnement il faut qu’ils y aient mis, et quelle patience infernale ! Le long de ce qui jadis fut des rues, les quelques lambeaux des façades, qui tiennent encore, vous regardent par des trous qui furent des fenêtres, mais n’ont plus ni contrevents, ni croisées et ressemblent à des orbites de morts n’ayant plus leurs yeux.

source:http://www.alienor.org/publications/loti-grande-guerre/ecriture.php

Journal du vendredi 19 octobre 1917 à travers Le Miroir

Sur le front au nord de l’Aisne, nos troupes ont repoussé une attaque dirigée contre nos positions du plateau de Vauclerc.
Actions d’artillerie vers Maisons-de-Champagne, au nord de Souain, dans la région des Monts et sur la rive droite de la Meuse, dans la région bois le Chaume-Bezonvaux.
Nancy est à nouveau bombardé par l’aviation allemande. Il y a des victimes.
Sur le front anglais, grande activité de l’artillerie allemande au nord-est d’Ypres et sur la côte. Activité de l’artillerie britannique sur le front de bataille.
Nos alliés ont exécuté avec succès une opération de bombardement sur territoire ennemi, et attaqué une usine à l’ouest de Sarrebruck, à 65 kilomètres de la frontière. De nombreuses bombes ont été jetées avec d’excellents résultats.
Canonnade en Macédoine sur le front du Vardar.
Les Russes ont livrés bataille à la flotte allemande dans le golfe de Riga. Après avoir chassé l’avant-garde ennemie, ils durent reculer devant la supériorité de portée de l’artillerie.
Le vaisseau de ligne Slava coula, mais presque tout son équipage fut sauvé. Les batteries de côtes russes placées à l’entrée du Mohn-Sund furent détruites. Au Mohn-Sund les tentatives allemandes échouèrent.
L’ennemi subit un autre échec, en renouvelant une opération de débarquement dans l’île de Dago.

source: http://grande.guerre.pagesperso-orange.fr/octobre17.html